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Émission 371 - 1SAMUEL 15:3 - 16:6

Diffusé le 2 juin 2008 - ::

Chapitre 15

Verset 3

Les hommes au pouvoir ont une fâcheuse tendance à l'arrogance ; ça, je l'ai déjà dit. Ce n'est pas tout. Ils aiment aussi le prestige et soignent donc leur grandeur. De plus, ils font leur maximum pour se remplir les poches. Ainsi en est-il en tout cas de Saül, le premier roi d'Israël.

Versets 4-9

Je continue à lire, en compressant tout au long, dans le chapitre 15 du premier livre de Samuel.

Saül mobilisa son armée et la passa en revue ; il compta deux cents détachements de soldats des provinces du nord et dix détachements de Juda. Il les conduisit jusqu'à la ville d'Amalec et plaça une embuscade dans le ravin. Puis il fit dire aux Qéniens : — Partez, séparez-vous des Amalécites pour que je ne vous fasse pas subir le même sort qu'à eux, car vous avez été bons envers les Israélites quand ils venaient d'Égypte. Il extermina toute la population qui ne s'était pas échappée. Saül et ses soldats épargnèrent Agag roi d'Amalec ainsi que les meilleurs animaux du butin : moutons, chèvres et bœufs, bêtes grasses et agneaux ; ils ne voulurent pas les vouer à l'Éternel. Par contre, ils détruisirent tout ce qui était méprisable et sans valeur (1Samuel 15.4-9).

Saül désobéit aux ordres de l'Éternel et garde pour lui le butin, les bêtes bien grasses et le roi d'Amalec comme trophée de guerre afin de le parader dans les rues et augmenter ainsi son prestige. Les Qéniens étaient une tribu de Bédouins du Sinaï. La femme de Moïse en faisait partie. Certains d'entre eux avaient même accompagné les Israélites jusqu'en Canaan.

Versets 10-12

Je continue.

L'Éternel parla à Samuel et lui dit : — Je décide d'annuler ce que j'ai fait en établissant Saül roi, car il s'est détourné de moi et il n'a pas tenu compte de mes ordres. Samuel en fut bouleversé et il implora l'Éternel toute la nuit. Le lendemain matin, il partit trouver Saül (1Samuel 15.10-12).

Saül continue à transgresser le pacte conclu avec l'Éternel lors de l'institution de la royauté en étant rebelle à ses commandements. Par contre, il veille avec une attention toute particulière à soigner sa gloire personnelle. Le prophète Samuel apprend qu'après sa victoire sur les Amalécites le roi était allé ériger un monument à son honneur. C'est une nouvelle preuve du caractère mégalomane de Saül. Il est atteint de la folie des grandeurs.

Versets 13-16

Je continue.

Finalement, Samuel le rejoignit. Saül l'aborda par ces mots : — Que l'Éternel te bénisse ! J'ai exécuté l'ordre de l'Éternel. Mais Samuel lui demanda : — D'où viennent donc ces bêlements de moutons qui résonnent à mes oreilles et ces mugissements de bœufs que j'entends ? Saül répondit : — Ils les ont ramenés de chez les Amalécites, car les soldats ont épargné les meilleures bêtes parmi les moutons et les bœufs pour les offrir en sacrifice à l'Éternel ton Dieu ; le reste nous l'avons totalement détruit. — Assez, interrompit Samuel (1Samuel 15.13-16).

Avec le plus grand aplomb, Saül salue bien bas le prophète Samuel comme si tout allait bien. Au lieu de détruire tous les biens des Amalécites comme l'Éternel le lui avait ordonné, le roi a pris pour lui le butin, ce qu'il y avait de meilleur et a supprimé ce qui pour lui n'avait pas de valeur ; et il a le culot d'essayer de se justifier devant Samuel qui le reprend pour sa désobéissance. Saül tente de rationaliser sa conduite et rejette en même temps la responsabilité de la présence de ces animaux sur ses soldats. Il justifie son action sous un masque pieux : ces bêtes sont pour des sacrifices à l'Éternel.

Il croit pouvoir jeter de la poudre dans les yeux de Samuel et de Dieu en usant de ce subterfuge pour masquer sa désobéissance flagrante. Son hypocrisie ne connaît pas de limites. Que Saül pense pouvoir tromper Samuel, passe encore, mais l'Éternel ? Cette attitude est tout à fait incompréhensible. Cependant, sa conscience le travaille, preuve en est qu'il fait référence à l'Éternel comme étant le Dieu de Samuel et non pas le sien. Sa façon de parler est révélatrice de l'éloignement qu'il ressent envers l'Éternel à qui il vient de désobéir de manière effrontée.

Versets 19-21

Je continue la lecture en compressant.

Alors pourquoi n'as-tu pas obéi à l'ordre de l'Éternel ? Pourquoi as-tu fait ce qu'il considère comme mal en te précipitant sur le butin ? Saül répliqua : — Mais si, j'ai obéi à l'ordre de l'Éternel et j'ai accompli la mission qu'il m'avait confiée : j'ai ramené Agag, roi d'Amalec, et j'ai exterminé les Amalécites. Mais les soldats ont prélevé sur le butin les meilleurs moutons et les meilleurs bœufs qui devaient être voués à l'Éternel par destruction, pour les offrir en sacrifice à l'Éternel ton Dieu à Guilgal (1Samuel 15.19-21).

Le roi persiste et signe. Quelle arrogance ! Son défi insolent est difficile à comprendre, sinon qu'il prouve que Saül ne prenait pas du tout Dieu au sérieux.

Verset 22

Je continue.

Samuel lui dit alors : Les holocaustes et les sacrifices font-ils autant plaisir à l'Éternel que l'obéissance à ses ordres ? Non ! Car l'obéissance est préférable aux sacrifices, la soumission vaut mieux que la graisse des béliers (1Samuel 15.22).

Samuel répond en énonçant un principe qui transcende l'espace et le temps. L'obéissance et la soumission valent mieux que les actes religieux. Samuel ne veut cependant pas dire que les sacrifices ne servent à rien, mais qu'ils n'ont pas de valeur aux yeux de Dieu s'ils ne découlent pas d'une attitude générale d'obéissance à son égard. Quelqu'un peut être bouddhiste sans connaître quoi que ce soit de Bouddha ; quelqu'un d'autre sera disciple de Confucius en ignorant tout de lui et il en est de même pour un hindou ou pour tout adhérent de n'importe quel système religieux.

Cependant, il ne m'est pas possible d'être chrétien comme le Nouveau Testament le définit, sans avoir une connaissance intime du Seigneur Jésus-Christ ; et le connaître, c'est la même chose que de posséder la vie éternelle. Je veux d'ailleurs citer le passage qui l'affirme :

Or, la vie éternelle consiste à te connaître, toi le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ (Jean 17.3).

Il en ressort que Saül n'avait pas de foi personnelle en l'Éternel ; c'est pour cela qu'il s'est montré indifférent, voire même arrogant à son égard. En conséquence, Dieu l'a rejeté, ce qui a d'ailleurs beaucoup affligé Samuel.

Verset 23

Je continue la remontrance de Samuel.

Car l'insoumission est aussi coupable que le péché de divination et la désobéissance aussi grave que le péché d'idolâtrie. Puisque tu as rejeté les ordres de l'Éternel, lui aussi te rejette et te retire la royauté (1Samuel 15.23).

La divination était une pratique païenne considérée comme une très grave offense à l'égard de l'Éternel. Éventuellement et en désespoir de cause, le roi déchu y aura recours. En comparant la désobéissance envers Dieu aux péchés de divination et d'idolâtrie, Samuel montre la gravité de la faute commise par Saül. L'Éternel, par l'entremise de Samuel, vient de déposer officiellement le roi.

Ce jugement va plus loin que celui énoncé précédemment ; car non seulement sa lignée, mais Saül lui-même est rejeté et sera privé de la royauté. Bien que Saül va encore régner pendant 15 ans, le prophète Samuel ne lui rendra plus jamais visite. Dieu en a fini avec lui.

Versets 24-30

Je continue.

Alors Saül répondit à Samuel : — J'ai péché, car j'ai transgressé l'ordre de l'Éternel et tes instructions, parce que j'ai eu peur de mécontenter mes soldats, et j'ai cédé à leurs demandes. À présent, je t'en prie, pardonne ma faute ; et reviens avec moi pour que je me prosterne devant l'Éternel. — Non, répliqua Samuel. Je n'irai pas avec toi, car tu as rejeté les ordres de l'Éternel, c'est pourquoi l'Éternel te rejette aussi et te retire la royauté sur Israël. Sois-en certain : Celui qui est la gloire d'Israël ne ment pas et ne se rétractera pas, car il n'est pas comme un être humain pour se rétracter. Saül répéta : — J'ai péché ! Toutefois, en ce moment, je t'en supplie, continue à m'honorer devant les responsables de mon peuple et devant Israël. Reviens avec moi et je me prosternerai devant l'Éternel ton Dieu ! (1Samuel 15.24-30).

Les confessions de Saül sont artificielles puisqu'il tente encore et toujours de se justifier en essayant de faire porter le chapeau à ses soldats. Ce n’est pas moi, c'est eux. Il regrette seulement de s'être fait prendre. Il me fait penser à Judas qui ne s'est pas vraiment repenti, mais qui a seulement éprouvé du remords ; ce n'est pas pareil.

De plus, ce que Saül redoute plus que tout, c'est une rupture publique avec Samuel, ce qui inévitablement affaiblirait son autorité royale. Il veut avant tout sauver les apparences, se comporter pieusement en public au côté de Samuel que tout le peuple reconnaissait comme le prophète de l'Éternel. Alors, Samuel accepte de l'accompagner encore cette fois, mais ce sera la dernière.

Versets 31-35

Je finis le chapitre.

À la fin, Samuel l'accompagna et Saül se prosterna devant l'Éternel. Samuel ordonna : — Amenez-moi Agag, roi d'Amalec ! Celui-ci arriva d'un air content, car il se disait : « Certainement l'amertume de la mort s'est éloignée. » Mais Samuel lui déclara : — Ton épée a privé bien des femmes de leurs enfants, à présent c'est ta mère qui sera privée de son fils ! Et Samuel exécuta Agag devant l'Éternel à Guilgal. Puis il retourna à Rama, et Saül rentra chez lui. Samuel n'alla plus voir Saül jusqu'au jour de sa mort ; mais il était dans l'affliction à son sujet parce que l'Éternel avait décidé d'annuler ce qu'il avait fait en l'établissant roi sur Israël (1Samuel 15.31-35).

C'est ainsi que se termine cette section du livre qui relate les premières années du règne de Saül. Le récit s'attache à souligner tout particulièrement l'échec et le rejet du premier roi d'Israël. En effet, même si le texte fait quelques remarques positives sur ce premier roi telles que ses combats courageux et victorieux, le narrateur met surtout en avant le fait que Saül ne se montre pas du tout à la hauteur d'un roi serviteur exemplaire de Dieu. Son action s'avère souvent hâtive, inadaptée et marquée par un certain orgueil.

Mais le pire, c'est qu'à plusieurs reprises Saül a fait preuve de désobéissance envers l'Éternel, rompant ainsi le pacte régissant l'exercice de la royauté conclu avec le Dieu d'Israël, entraînant ainsi son rejet. En le faisant roi, l'Éternel avait accédé aux désirs du peuple, ce qui rendait déjà son pouvoir problématique. Cependant, Saül avait été averti que s'il se soumettait à Dieu, sa royauté serait affermie pour toujours. Malheureusement, il a voulu utiliser sa position de chef pour son profit personnel. Alors, il a été jugé et doit maintenant en assumer les fruits amers.

Les chapitres suivants vont préciser cette condamnation et ce rejet, ainsi que décrire l'ascension de David, le troisième personnage important du livre. Depuis la fin de la conquête sous Josué, Israël en tant que théocratie est en faillite à tous les niveaux. La période des chefs juges, celle du sacerdoce d'Éli et enfin la royauté de Saül sont des fiascos complets. C'est sur ce fond d'échecs successifs, qu'entre en scène celui qui deviendra le plus grand roi d'Israël.

Chapitre 16

Introduction

Le chapitre 16 introduit David, le personnage principal des écrits du prophète Samuel. Saül n'en finit pas de désobéir à l'Éternel. Sa dernière rébellion en date a été la goutte qui a fait déborder le vase, pourrait-on dire. Maintenant, l'Éternel l'a rejeté de manière totale et définitive. Le prophète Samuel reçoit l'ordre de partir à la recherche du futur roi d'Israël qui va succéder à Saül et qui sera un homme conforme aux souhaits de Dieu.

La faillite morale et spirituelle du premier roi d'Israël n'a pas pris l'Éternel par surprise et ne l'a pas forcé à passer à un plan de rechange. La désobéissance de Saül lui donne simplement l'occasion d'appliquer ce qu'il avait de toute façon décidé de toute éternité. Jusque-là, il avait permis que le peuple obtienne le roi de leur choix. Maintenant que cette grossière erreur est manifeste pour tous, Dieu va prouver sa sagesse infinie en choisissant lui-même un roi qui sera l'accomplissement de sa volonté.

Verset 1

Je commence à lire tout en compressant.

L'Éternel dit à Samuel : — Combien de temps encore vas-tu pleurer sur Saül, alors que moi, je l'ai rejeté pour lui retirer la royauté sur Israël ? Remplis ta corne d'huile et va à Bethléhem, je t'envoie chez Isaï, car je me suis choisi pour moi un roi parmi ses fils (1Samuel 16.1).

Bethléhem est une ville de Juda à environ 9 km au sud de Jérusalem, connue aussi sous le nom d'Éphrata et appelée plus tard la ville de David. C'est là que naîtra le Christ. Isaï, le père de David, est aussi appelé Jessé afin de ne pas le confondre avec le prophète Ésaïe, lui aussi appelé Isaïe. Il est facile de confondre tous ces noms propres, c'est pourquoi une bonne compréhension des Écritures demande du soin et de l'attention. Cela dit, Jessé, le père de David, était le petit-fils de Ruth et Boaz et l'accomplissement de la prière des responsables de Bethléhem lorsque Boaz accepta de prendre Ruth la Moabite pour épouse. Je lis ce passage :

Que l'Éternel rende la femme qui entre dans ta famille semblable à Rachel et à Léa qui, à elles deux, ont donné naissance à tout le peuple d'Israël ! Puisses-tu toi-même prospérer à Éphrata et devenir célèbre à Bethléhem ! (Ruth 4.11).

Effectivement, c'est avec un des fils de Jessé que va commencer la dynastie de David qui descendra jusqu'au Seigneur Jésus-Christ.

Versets 2-3

Je continue le texte.

Samuel répondit : — Comment puis-je faire cela ? Saül l'apprendra et il me fera mourir ! L'Éternel lui dit : — Tu emmèneras une génisse et tu diras que tu vas m'offrir un sacrifice. Tu inviteras Isaï à y assister et je t'indiquerai alors ce que tu devras faire. Tu conféreras de ma part l'onction à celui que je te désignerai (1Samuel 16.2-3).

Pour aller de Rama à Bethléhem, il fallait passer par Guibéa où résidait Saül. Or le roi déchu savait que Dieu avait choisi quelqu'un pour le remplacer, mais il ne savait pas qui. La suite montrera que Samuel avait de bonnes raisons de redouter la jalousie et la violence de Saül. Comme une des activités cultuelles normales de Samuel était d'offrir des sacrifices, c'est ce que l'Éternel lui demande de faire pour le moment, un point c'est tout. Il ne lui dit rien d'autre ; de cette manière, il pourra dire à Saül que Dieu lui a demandé d'immoler une génisse et c'est la vérité. Ne sachant pas quelle sera la suite des événements, Samuel ne peut rien dire d'autre au roi s'il lui demande. Ce manque de connaissance de ce que Dieu va faire protégera le prophète contre Saül.

Versets 6-7

Je continue plus loin.

Samuel remarqua Éliab (un des fils de Jessé) et se dit : — Certainement, c'est celui qui se tient maintenant devant l'Éternel qu'il a choisi pour lui donner l'onction. Mais l'Éternel lui dit : — Ne te laisse pas impressionner par son apparence physique et sa taille imposante, car ce n'est pas lui que j'ai choisi. Je ne juge pas de la même manière que les hommes. L'homme ne voit que ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur (1Samuel 16.6-7).

Le nouveau roi ne ressemblera pas au précédent ; il ne dépassera pas tout le monde d'une tête. Dans cette section du livre de Samuel, nous trouvons d'excellents principes de vie. Précédemment, Samuel avait dit à Saül :

L'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'observation de sa Parole vaut mieux que la graisse des béliers (1Samuel 15.22).

En d'autres mots, ce ne sont pas les formes extérieures de la religion qui comptent pour Dieu, mais l'attitude de cœur envers lui. Dans le cas présent, les 7 fils de Jessé qui étaient tous mieux les uns que les autres sont un à un disqualifiés par l'Éternel. Dieu dit alors à son prophète qu'il ne faut pas se fier aux apparences ou comme va le dicton : l'habit ne fait pas le moine .

Nous avons, en effet, la fâcheuse tendance à évaluer les gens en fonction de leur apparence physique, la façon dont ils sont habillés, leur profession, rang social, leur logement, leurs biens, la voiture qu'ils conduisent, ou que sais-je encore. Faire son trou et son chemin dans la vie, avoir sa place au soleil, ce sont certes des choses importantes et appréciables. Néanmoins, elles sont aussi temporelles ; tous ces acquis s'évanouissent en fumée dès que je suis frappé par le malheur ou que la dame à la faux sectionne ma vie. Ça me rappelle une parole de Jésus qui a dit :

Si un homme parvient à posséder le monde entier, à quoi cela lui sert-il s'il perd sa vie ? (Matthieu 16.26).