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Diffusé le 29 mai 2008 - ::
Quand on étudie l'histoire de France, on est frappé du fait qu'elle se compose essentiellement de guerres. Ce n’est pas très élogieux pour nous, mais on peut se consoler en se disant qu'il en est de même pour tous les peuples. Israël ne fait pas l'exception et c'est d'ailleurs pour cette raison que le peuple a opté pour la royauté. Ils veulent un roi qui marche à leur tête dans les combats. Alors, l'Éternel leur a donné Saül qui pour l'instant est encore un paisible agriculteur, mais les choses vont changer à toute vitesse.
Je continue à lire en compressant tout au long, dans le chapitre 11 du premier livre de Samuel où la ville de Yabéch est en très mauvaise posture, encerclée par Nahach l'Ammonite, un sinistre personnage particulièrement sanguinaire qui veut bien épargner la ville à condition de crever un œil à tous les habitants.
Les responsables de Yabéch lui dirent : — Accorde-nous un délai de sept jours. Nous enverrons des messagers dans tout le territoire d'Israël, et si personne ne vient à notre secours, nous nous rendrons à toi. Les messagers arrivèrent à Guibea, la ville de Saül, et exposèrent aux gens ce qui se passait. Tous les habitants se mirent à se lamenter et à pleurer. Juste à ce moment, Saül revenait des champs derrière ses bœufs. Il demanda : — Qu'a donc le peuple à pleurer ainsi ? On lui raconta ce qu'avaient dit les messagers de Yabéch. Lorsqu'il eut entendu cela, l'Esprit de Dieu tomba sur lui et il entra dans une violente colère. Il prit une paire de bœufs et les découpa en morceaux qu'il envoya dans tout le territoire d'Israël par des messagers chargés de proclamer : — Celui qui ne suivra pas Saül et Samuel au combat verra ses bœufs traités de la même manière. Alors une frayeur venant de l'Éternel s'empara du peuple, qui se mit en marche comme un seul homme (1Samuel 11.3-7).
À cette époque, on prenait tout son temps pour faire la guerre. Les Ammonites sont tellement sûrs que personne ne viendra au secours de Yabéch qu'ils veulent bien attendre. Quant au roi Saül, il a suivi le conseil de Samuel et avait repris ses occupations ordinaires en attendant que l'Éternel lui dévoile ce qu'il attendait de lui. Voilà qui est donc fait. Saül se fâche rouge parce que ses ancêtres provenaient de cette ville attaquée. Les messagers courent annoncer aux gens de Yabéch que tout Israël va venir à leur secours. Le rassemblement des troupes a lieu à 70 km au nord de Jérusalem, à l'ouest du Jourdain, mais relativement près de Yabéch assiégée.
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Saül les recensa ; il en compta 300 000 des tribus du nord et 30 000 de la tribu de Juda. Les messagers venus de Yabéch furent chargés de dire à leurs compatriotes : — Demain, quand le soleil donnera toute sa chaleur, vous serez délivrés. Les gens de Yabéch firent transmettre aux Ammonites : — Demain nous nous rendrons à vous et vous nous traiterez comme il vous plaira. Le lendemain matin, Saül répartit ses hommes en trois compagnies qui investirent le camp ennemi à la dernière veille de la nuit. Ils battirent les Ammonites jusqu'au moment de la plus grande chaleur. Les rescapés furent si bien dispersés qu'il n'en resta pas deux ensemble. Le prophète Samuel dit alors : — Venez et allons à Guilgal pour y confirmer la royauté ! Tout le peuple se rendit à Guilgal, ils y établirent Saül pour roi devant l'Éternel et ils offrirent des sacrifices de communion devant l'Éternel. Ensuite Saül et tous les gens d'Israël se livrèrent là à de grandes réjouissances (1Samuel 11.8-15).
Après avoir marché toute une nuit, les Israélites ont anéanti les Ammonites au petit matin grâce à l'intervention bienveillante de l'Éternel. Cette victoire aussi éclatante que rapide était une attestation divine du choix de Saül qui a ainsi assis son autorité sur Israël. Tout le peuple reconnaissait désormais qu'il était le roi légitime.
Nous voici rendus au chapitre 12 qui commence par le chant du cygne de Samuel. Je commence à lire.
Samuel dit à tout le peuple d'Israël : — Vous avez vu que je vous ai accordé tout ce que vous m'avez demandé : j'ai établi un roi sur vous. Maintenant, voici le roi qui vous dirigera. Quant à moi, je suis devenu vieux, mes cheveux ont blanchi et mes fils sont parmi vous. Je vous ai dirigés depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour (1Samuel 12.1-2).
Samuel est au crépuscule de sa vie. Ça fait peut-être bien 50 ans qu'il dirige la nation. Bien que le choix d'Israël se soit porté sur un roi plutôt que sur l'Éternel, il était malgré tout prêt à accorder sa bénédiction à son peuple dans la mesure où celui-ci accepte de lui obéir, à ne rendre de culte qu'à lui seul, et donc à ne pas se tourner vers les idoles qui étaient de toutes parts dans le pays de Canaan.
Je continue.
Je me tiens aujourd'hui devant vous. Répondez-moi devant l'Éternel et devant celui qui a reçu son onction : De qui ai-je pris le bœuf ? De qui ai-je pris l'âne ? Ai-je exploité ou opprimé l'un de vous ? De qui ai-je accepté un présent pour fermer les yeux sur sa conduite ? Dites-le, et je vous rendrai tout ce que j'aurais pris injustement. Ils lui répondirent : — Tu ne nous as ni exploités, ni opprimés, et tu n'as jamais rien accepté de personne. Il reprit : — L'Éternel est donc témoin devant vous, et celui qui a reçu l'onction de sa part l'est aussi aujourd'hui : vous n'avez rien trouvé à me reprocher. Le peuple confirma : — Oui, il en est témoin (1Samuel 12.3-5).
Samuel était un homme intègre. Sa vie publique a été impeccable. De nos jours, lorsqu'un homme entre en politique, il chatouille les oreilles des électeurs en leur faisant miroiter tout plein de réformes et en promettant un comportement au-dessus de tout soupçon. S'il est élu, des journalistes spécialisés fouillent dans ses affaires pour découvrir quelques vérités peu reluisantes concernant son passé et son présent. Avec Samuel, ils n'ont rien trouvé. Personne ne se lève pour dire : Samuel tu as reçu des pots-de-vin, tu as usurpé la justice dans telle ou telle circonstance ! Quel exemple de droiture ! Par ses propos, Samuel veut donner une leçon de conduite au nouveau roi.
Les questions qu'il pose au peuple sont au sujet de différents cas spécifiques soulevés par la Loi de Moïse. Dans la suite du texte, Samuel passe en revue l'histoire d'Israël, afin de bien mettre en avant la fidélité et la miséricorde de l'Éternel à l'égard de son peuple. Samuel a la dent dure et il enfonce le clou. Il souligne à nouveau que c'est Dieu qui a dirigé et protégé Israël depuis sa sortie d'Égypte, et qu'il n'avait donc pas besoin d'un autre roi que lui. Il rappelle que c'est la menace des Philistins à l'ouest et des Ammonites à l'est qui leur a servi de prétexte pour chercher une certaine sécurité dans un roi humain et non en l'Éternel. Et pourtant, Dieu avait bien fait ses preuves tout au long de leur histoire. Cette demande d'un roi était prématurée et sans raison valable.
Je continue le texte plus loin.
Eh bien, maintenant, voici votre roi selon ce que vous avez choisi et demandé. C'est l'Éternel qui l'a établi sur vous. Si désormais vous révérez l'Éternel, si vous lui rendez votre culte, si vous lui obéissez sans vous révolter contre ses paroles et si vous et votre roi qui règne sur vous, vous suivez l'Éternel votre Dieu, tout ira bien. Mais si vous n'écoutez pas l'Éternel et si vous êtes rebelles à ses commandements, l'Éternel vous frappera sévèrement, ainsi que votre roi, comme il a frappé sévèrement vos ancêtres (1Samuel 12.13-15).
Malgré le caractère condamnable du désir des Israélites d'avoir un roi, tout n'est pas perdu s'ils se montrent soumis à leur Dieu. Comme l'avait fait en son temps Moïse, Samuel met le peuple face à ses responsabilités. Il leur rappelle les obligations de l'alliance, et les conséquences de l'obéissance ou de la rébellion. Ce qui est fondamental dans la structure socio-politique d'Israël n'est pas tant d'avoir ou non un roi, mais d'être fidèle à l'Éternel, le véritable souverain d'Israël.
Je continue.
Maintenant, restez encore là, et observez la chose extraordinaire que l'Éternel va accomplir sous vos yeux. Ne sommes-nous pas actuellement au temps de la moisson des blés ? Eh bien, je vais invoquer l'Éternel et il fera tonner et pleuvoir pour que vous soyez bien conscients que vous avez commis une grave faute aux yeux de l'Éternel en demandant un roi. Alors Samuel invoqua l'Éternel, et l'Éternel fit tonner et pleuvoir ce jour-là. Tout le peuple fut saisi d'une grande crainte à l'égard de l'Éternel et de Samuel (1Samuel 12.16-18).
La moisson des blés s'étendait de mi-avril à mi-juin. À cette époque de l'année, il est très rare qu'il pleuve en Palestine. Mais en réponse à la prière de Samuel, le tonnerre gronda et il plut. Ce craquement du ciel résonna comme un immense Amen divin sur le ministère du prophète Samuel. C'était aussi un grand reproche audio que l'Éternel adressait à son peuple.
Je continue.
Tous supplièrent Samuel : — Intercède pour tes serviteurs auprès de l'Éternel ton Dieu afin que nous ne mourions pas, car nous avons ajouté à toutes nos fautes celle de demander un roi pour nous. Samuel rassura le peuple : — Soyez sans crainte ! Oui, vous êtes bien coupables de ce mal, mais ne vous détournez pas de l'Éternel et servez-le de tout votre cœur. Ne vous éloignez pas de lui, sinon vous courrez après des choses de néant qui sont inutiles et incapables de secourir, parce qu'elles ne sont que néant. Il a plu à l'Éternel de faire de vous son peuple. C'est pourquoi il ne vous abandonnera pas, car il tient à faire honneur à son grand nom (1Samuel 12.19-22).
Une fois de plus, les Israélites se repentent. Ils n'auraient pas dû demander un roi et rejeter par la même la souveraineté de l'Éternel sur eux. Mais Samuel les console. C'est vrai que le passé ne pouvait être changé, mais le futur était encore plein de promesses. La bénédiction de Dieu est toujours possible à condition que le peuple se montre fidèle à son Dieu, et qu'il n'aille pas renouer avec les choses de néant, c'est-à-dire les idoles de leur passé. Dans sa miséricorde, l'Éternel voulait bien passer l'éponge en l'honneur de son nom, à cause de qui il est.
Je finis ce chapitre.
En ce qui me concerne, que l'Éternel me garde de commettre une faute contre lui en cessant de prier pour vous. Je continuerai à vous enseigner le bon et droit chemin. De votre côté, révérez l'Éternel et servez-le sincèrement de tout votre cœur en considérant les grandes choses qu'il a accomplies pour vous. Mais si vous faites le mal, vous serez détruits, vous et votre roi (1Samuel 12.23-25).
Comme je l'ai déjà fait remarquer, Samuel fait partie des grands intercesseurs du peuple d'Israël. Avec ces exhortations se termine la deuxième partie du livre consacrée à l'établissement de Saül comme premier roi d'Israël. À partir de maintenant, la royauté et le ministère de Samuel vont se côtoyer, mais c'est toujours le prophète qui demeure le véritable guide du peuple. C'est lui qui intercède pour lui et l'exhorte à demeurer fidèle à l'Éternel ; c'est là le devoir sacré de Samuel.
Comme je l'ai déjà dit, la demande par Israël d'un roi est à la fois l'expression d'un rejet de l'Éternel, une ingratitude envers son action passée et un manque de confiance en lui pour l'avenir. Cependant, la royauté en elle-même ne constitue pas un obstacle pour Israël de demeurer fidèle à l'Éternel. Il suffit que le roi et le peuple acceptent de se soumettre et d'obéir à Dieu, le grand Roi d'Israël.
Nous voici arrivés au chapitre 13 où commence à se révéler la véritable personnalité de Saül. En apparence, et physiquement, il avait la majesté d'un roi, mais sa position suprême lui est rapidement montée à la tête. Je commence à lire en compressant tout au long.
Saül était âgé de 30 ans à son avènement. Quand il eut régné deux ans sur Israël, il sélectionna trois mille soldats d'Israël, deux mille pour rester avec lui à Mikmach et dans la région montagneuse de Béthel, et mille qu'il plaça sous les ordres de son fils Jonathan à Guibea de Benjamin. Les autres soldats furent renvoyés dans leurs foyers (1Samuel 13.1-2).
Ayant tiré leçon de ce qui s'était passé avec les Ammonites, Saül décide de constituer une petite armée de métier forte de 3 000 hommes, une force d'action rapide en quelque sorte. Il les place stratégiquement afin de se protéger des Philistins. Mikmach était situé à 12 km au nord de Jérusalem sur une chaîne de collines s'étendant au nord-ouest, et Guibéa se trouvait au sud-ouest.
Je continue.
Jonathan abattit la stèle dressée par les Philistins à Guibéa. Alors se répandit rapidement parmi les Philistins la nouvelle que les Hébreux s'étaient révoltés (1Samuel 13.3).
La dernière fois que nous avons rencontré les Philistins, ils avaient subi une cuisante défaite contre Israël grâce à l'intercession de Samuel. Puis le temps a passé et il se trouve qu'ils dominaient à nouveau une partie de la tribu de Benjamin. Pour bien s'affirmer, ils avaient dressé une sorte de monument. Jonathan dirige un corps d'armée qui s'attaque à la garnison des Philistins et qui lui permet de détruire cette stèle, symbole de leur présence. Cette action va précipiter la première des 3 grandes batailles qui auront lieu sous le règne de Saül. Jonathan va jouer un rôle central dans toutes les guerres contre les Philistins.
Je continue.
Tout Israël apprit que Saül avait abattu la stèle des Philistins, et qu'Israël s'était ainsi rendu odieux aux Philistins. Tout le peuple se rassembla donc à Guilgal pour aller combattre avec Saül (1Samuel 13.4).
Saül, le père de Jonathan endosse la responsabilité de l'action de son fils contre les Philistins sans que le texte en précise la raison. C'était soit pour le protéger, soit pour usurper son acte de courage à son profit. Quoi qu'il en soit, cette action d'éclat déclenche les hostilités contre Israël.
Je continue.
Les Philistins mobilisèrent leurs troupes pour combattre Israël. Ils avaient trois mille chars de guerre et six mille soldats sur char, ainsi qu'une multitude de fantassins, nombreux comme les grains de sable des mers. Les hommes d'Israël virent qu'ils étaient dans une situation extrêmement critique, car ils étaient serrés de près par l'ennemi. Ils se cachèrent dans les grottes, les buissons, les cavernes, les souterrains et les citernes. Pendant ce temps, Saül était toujours à Guilgal, au milieu de son armée qui tremblait d'épouvante. Il attendit sept jours le rendez-vous fixé par Samuel. Celui-ci n'arrivant pas, les soldats commencèrent à abandonner Saül et à se disperser. Alors Saül offrit lui-même l'holocauste. Au moment où il achevait de l'offrir, Samuel arriva et lui demanda : — Qu'as-tu fait ? Saül répondit : — Je me suis dit : « Les Philistins vont tomber sur moi à Guilgal avant que j'aie pu implorer l'Éternel. » Alors je me suis fait violence et j'ai offert l'holocauste (1Samuel 13.5-12).
Saül avait reçu l'ordre d'attendre Samuel afin qu'il offre le sacrifice à l'Éternel de manière à ce qu'Israël ait la victoire sur ses ennemis. Mais il n'en peut plus de se ronger les ongles et décide d'immoler lui-même les animaux sur l'autel des holocaustes, ce qui lui était strictement interdit ; seul un prêtre avait ce droit. Saül a offensé l'Éternel. Il s'est tout permis parce qu'il était roi. Pour lui, ces sacrifices correspondaient ni plus ni moins à accomplir des actes magiques.
Les pratiques idolâtres cananéennes avaient déteint sur les Israélites au point où ils en étaient à voir leur Dieu de la même manière dont les peuplades autour d'eux considéraient leurs idoles. Ils ne croyaient pas vraiment que l'Éternel était le Seigneur du ciel et de la terre. Cet état de délabrement spirituel explique pourquoi Saül, à l'image des rois des peuples environnants, pense qu'il est tout à fait justifié de prendre les choses en main : quelques incantations, deux petits tours de passe-passe, et l'affaire est dans le sac. Et puis Samuel, le prêtre de service, n'avait qu'à être à l'heure ; non, mais ! Qui est le roi ici ? Il faut dire, presque à sa décharge, qu'il était particulièrement stressé, vu que ses soldats commençaient à déserter et que l'ennemi montrait les dents.
Malheureusement pour Saül, selon la Loi de Moïse, il a commis une action particulièrement grave qui marque le début de la fin de sa royauté. Plus que tout, Dieu a en horreur l'arrogance ; un petit passage du livre des Proverbes dit ceci :
Il se moque des moqueurs, mais il accorde sa faveur aux humbles (Proverbes 3.34).