Chapitre 6
Versets 13-21
Beaucoup de gens disent : Ah ! Si seulement je pouvais voir Dieu ! C'est exactement ce que 70 Israélites ont essayé de faire en regardant à l'intérieur du coffre sacré, le symbole de la présence divine, et ils sont morts. On ne peut voir Dieu et vivre, car il est trois fois saint et moi, je suis souillé par le péché. Après avoir été capturé par les Philistins, ce coffre sacré retourne finalement à Israël.
Chapitre 7
Versets 1-2
Je commence à lire le chapitre 7 du livre de Samuel en compressant le texte ici et là.
Les gens de Qiryath-Yearim vinrent prendre le coffre de l'Éternel et le transportèrent dans la maison d'Abinadab sur la colline. Ils établirent son fils Éléazar comme gardien du coffre de l'Éternel. Vingt ans s'écoulèrent. L'ensemble du peuple d'Israël aspirait à revenir à l'Éternel (1Samuel 7.1-2).
Cet Abinadab hérite du coffre sacré parce qu'il était soit prêtre, soit Lévite. En conséquence, il avait le droit de le manipuler tant qu'il était enveloppé. D'après d'autres textes, le coffre de l'alliance restera en possession de cette famille de 1104 jusqu'en 1003 av. J-C, moment où le roi David le fera chercher pour l'amener à Jérusalem. Vingt années s'écoulent quand enfin la nation d'Israël est à nouveau animée d'un élan spirituel vers son Dieu.
Versets 3-4
Je continue.
Alors Samuel dit à tous les Israélites : — Si c'est de tout votre cœur que vous voulez revenir à l'Éternel, faites disparaître de chez vous les dieux étrangers et les idoles d'Astarté, et attachez-vous de tout votre cœur à l'Éternel et rendez-lui un culte à lui seul. Alors il vous délivrera des Philistins. Les Israélites firent disparaître de chez eux les Baals et les Astartés, et ils ne rendirent plus de culte qu'à l'Éternel (1Samuel 7.3-4).
Astarté, qui est Aphrodite chez les Grecs, était une divinité cananéenne liée à l'amour, à la fertilité et à la guerre. Elle était adorée sous diverses formes dans le Proche-Orient ancien et souvent associée à un dieu mâle, notamment Baal avec qui elle faisait l'objet d'un culte à caractère sexuel. Les rapports d'Astarté et de Baal produisaient de façon magique la fertilité du sol et de ses habitants. Au niveau religieux, ça volait particulièrement bas à cette époque.
Versets 5-9
Je continue.
Samuel leur dit alors : — Assemblez tout Israël à Mitspa, je prierai l'Éternel pour vous. Ils s'assemblèrent à Mitspa, puisèrent de l'eau et la répandirent sur le sol devant l'Éternel ; ils jeûnèrent ce jour-là et confessèrent : — Nous avons péché contre l'Éternel. C'est là, à Mitspa, que Samuel fut le juge du peuple d'Israël. Lorsque les Philistins apprirent que les Israélites s'étaient réunis à Mitspa, leurs cinq princes décidèrent de les attaquer. Les Israélites en furent informés et ils prirent peur des Philistins. Ils dirent à Samuel : — Ne cesse pas de supplier l'Éternel notre Dieu en notre faveur pour qu'il nous sauve des Philistins ! Samuel prit un agneau de lait et l'offrit entièrement en holocauste à l'Éternel ; puis il supplia l'Éternel de venir en aide à Israël, et l'Éternel exauça sa prière (1Samuel 7.5-9).
Mitspa se trouve à 12 km au nord de Jérusalem et s'appelle aujourd'hui Tell en Nasbeh. Ce rite de répandre de l'eau devant l'Éternel n'apparaît nulle part ailleurs dans les Écritures. En général, l'eau symbolise la purification. Ici, elle représente sans doute les larmes de repentance versées par les Israélites à cause de leur longue infidélité ainsi que l'épanchement de leur cœur. C'est maintenant que va commencer le ministère important du prophète Samuel. Il sera le dernier chef juge avant que la monarchie ne soit établie. Ses prières sont mentionnées à plusieurs reprises dans le livre. Dans la mémoire d'Israël, Samuel figurera, au côté de Moïse, parmi les grands intercesseurs auprès de l'Éternel et en faveur du peuple.
Versets 10-14
Je continue.
Pendant que Samuel offrait l'holocauste, les Philistins s'approchèrent pour attaquer Israël. Mais à ce moment-là, l'Éternel fit tourner contre les Philistins un puissant tonnerre qui les mit en déroute, de sorte qu'ils furent battus par les Israélites. Ces derniers sortirent de Mitspa, et battirent les Philistins en les poursuivant. Samuel prit alors une pierre, la dressa et l'appela du nom d'Ében-Ézer (ce qui veut dire : la Pierre du Secours), en disant : « Jusqu'ici l'Éternel nous a secourus. » Les Philistins furent humiliés par cette défaite. Ils ne pénétrèrent plus à l'intérieur des frontières d'Israël, car l'Éternel intervint contre eux pendant toute la vie de Samuel. Les villes que les Philistins avaient prises à Israël, revinrent aux Israélites, qui libérèrent tout leur territoire de leur emprise. La paix régna également entre Israël et toutes les populations de Canaan (1Samuel 7.10-14).
Cette pierre du secours est un mémorial afin que les Israélites se souviennent qu'ils ont été délivrés des Philistins lorsqu'ils se sont montrés fidèles à l'Éternel et qu'ils ont crié à lui. Je me dis que je devrais aussi avoir ma propre pierre du souvenir. Placée sur mon bureau, elle me rappellerait que comme Dieu est intervenu en ma faveur dans le passé, il continuera à le faire à l'avenir parce qu'il est fidèle et immuable. Or, le futur est important pour chacun de nous, parce que c'est là que nous allons passer le reste de notre vie.
Versets 15-17
Je finis ce chapitre.
Samuel continua à exercer le pouvoir judiciaire en Israël durant toute sa vie. Chaque année, il faisait un circuit, s'arrêtant à Béthel, à Guilgal et à Mitspa, et il rendait la justice pour les Israélites en chacun de ces endroits. Puis il revenait à Rama où il demeurait. Là aussi, il rendait la justice pour les Israélites. Il y avait bâti un autel à l'Éternel (1Samuel 7.15-17).
Le circuit itinérant de Samuel faisait une boucle de 80 km. Ce résumé de ses activités sert de conclusion à la première partie du livre. Jusqu'à présent, l'auteur nous a donné le contexte historique du récit. Il relate l'échec du sacerdoce d'Éli et de ses fils. Il présente aussi le personnage central, Samuel, qui occupe maintenant le devant de la scène, le rôle prépondérant en Israël et y exerce une influence bienfaisante.
À la suite de Moïse et de Josué, mais dans un contexte très différent, il est le véritable porte-parole de l'Éternel et le conducteur du peuple. Par son intermédiaire, Israël délaisse les idoles et revient à son Dieu qui lui donne la victoire sur les Philistins et la paix avec ses voisins. L'Éternel règne donc à nouveau sur son peuple grâce au ministère de Samuel. Cette situation va convenir à Israël pour un temps.
Chapitre 8
Introduction
Nous voici arrivés au chapitre 8 du 1er livre de Samuel. Après la bataille contre les Philistins qui eut lieu aux alentours de 1084 av. J-C, les Israélites suivent la direction de Samuel pendant environ 30 ans. Le peuple avait bien déjà essayé de faire roi un de leurs précédents chefs juges, mais ce dernier avait refusé. Sous le régime de la théocratie, la demande d'un souverain est contraire à l'idéal de la royauté de l'Éternel, à moins que Dieu n'opte pour un changement de gouvernement.
Versets 1-3
Je commence à lire.
Samuel, devenu vieux, confia à ses fils l'administration de la justice en Israël. L'aîné s'appelait Joël et le cadet Abiya. Ils s'établirent à Beer-Chéba pour y rendre la justice. Mais ils ne suivaient pas les traces de leur père : comme ils étaient corrompus par l'amour de l'argent, ils acceptaient des pots-de-vin et faussaient le droit (1Samuel 8.1-3).
Rebelote ! Les fils de Samuel sont pratiquement la copie carbone de ceux d'Éli. C'est incroyable ! Samuel a pourtant vu de ses yeux tout le mal que faisaient ces deux sales bougres et comment ils ont fini tués par les Philistins ! Mais malgré cela, il s'est lui comporté en père indigne, incapable de discipliner ses gosses. Lui-même fut un homme de foi remarquable, mais dans son foyer c'était le désastre ; il était beaucoup trop laisser-faire. Ses fils exerçaient à 70 km au sud-ouest de Jérusalem, donc loin de la région où Samuel rendait la justice ; c'est donc pour compléter son action juridique qu'il institua ses fils, et non pour le remplacer ou lui succéder.
Versets 4-9
Je continue.
C'est pourquoi tous les responsables d'Israël se réunirent auprès de Samuel à Rama. Ils lui déclarèrent : — Te voilà devenu âgé, et tes fils ne suivent pas tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour qu'il nous dirige comme cela se fait dans toutes les autres nations. Cette demande d'établir sur eux un roi pour les diriger déplut à Samuel et il pria l'Éternel. L'Éternel lui répondit : — Écoute ce peuple et accepte toutes leurs demandes. En effet, ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi : ils ne veulent plus que je règne sur eux. Ils agissent à ton égard comme ils n'ont cessé d'agir envers moi depuis le jour où je les ai fait sortir d'Égypte jusqu'à aujourd'hui : ils m'ont abandonné pour rendre un culte à d'autres dieux. Maintenant, fais donc ce qu'ils te demandent, mais avertis-les bien en leur faisant connaître les droits du roi qui régnera sur eux (1Samuel 8.4-9).
Les Israélites utilisent l'excuse de la perversité des fils de Samuel pour justifier leur requête. En réalité, Israël voulait être comme les autres nations, car le roi symbolisait à leurs yeux la puissance et l'unité d'un peuple. La royauté humaine n'était pas nécessairement contraire à la volonté de Dieu, car elle était prévue par la loi de Moïse. Elle pouvait être une bonne chose tant que le roi se soumettait à l'Éternel.
Mais à cette occasion, la motivation du peuple est mauvaise. C'est une façon de rejeter la souveraineté de leur Dieu. En effet, ils veulent un roi parce qu'il y a des bruits de bottes à leur frontière ; ils savent qu'ils sont à la veille d'une guerre contre les Ammonites. Malgré la victoire que l'Éternel leur a donnée contre les Philistins sous la direction de Samuel, ils n'ont pas confiance ni en Dieu ni en Samuel, et préfèrent un roi humain faillible. Malgré tout, Dieu va accéder à leur demande, quoiqu’à contrecœur, ce qu'exprimera d'ailleurs un des futurs prophètes que je cite :
Je t'ai donné un roi dans ma colère, je te l'ôterai dans ma fureur (Osée 13.11).
Puisque les Israélites veulent absolument un roi comme les autres nations, il s'ensuit que ce dernier imitera la conduite despote de ceux des peuples environnants. Ce sera un dictateur qui leur imposera des impôts exorbitants et s'enrichira sur leur dos. Comme quoi les politiciens d'aujourd'hui n'ont rien inventé de nouveau, mais suivent une vieille tradition. Nous en France, on a les affaires. Je ne voudrais pas citer des noms ni des livres, mais je dois avouer que j'ai les lèvres qui me démangent. Je continue le texte qui prédit en détail comment ça va se passer, c'est-à-dire plutôt mal.
Versets 10-22
Je lis jusqu'à la fin du chapitre.
Samuel rapporta au peuple qui lui demandait un roi toutes les paroles de l'Éternel. Il leur dit : — Voilà quels seront les droits du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils pour en faire ses soldats et les affectera au service de ses chars de guerre et de ses chevaux, et ils auront à courir devant son char personnel. Il choisira certains parmi eux pour en faire des officiers commandant de « milliers » et de « cinquantaines ». Il en prendra d'autres pour labourer ses champs et récolter ses moissons, ou pour fabriquer ses armes et l'équipement de ses chars. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos meilleurs oliviers pour les donner à ses hauts fonctionnaires. Il prélèvera une redevance de dix pour cent sur les produits de vos champs et de vos vignes et il la distribuera à ses courtisans et à ses hauts fonctionnaires. Il prendra vos serviteurs, vos servantes et vos jeunes gens vigoureux, et même vos ânes, et il s'en servira pour ses propres travaux. Il prélèvera une bête sur dix dans vos troupeaux et vous deviendrez ses serviteurs. Ce jour-là, vous vous lamenterez à cause du roi que vous aurez choisi, mais l'Éternel ne vous écoutera pas. Le peuple refusa de tenir compte des avertissements de Samuel. Les Israélites insistèrent en déclarant : — Qu'importe ! Nous voulons quand même un roi. Nous voulons, nous aussi, être dirigés comme tous les autres peuples. Notre roi rendra la justice parmi nous et prendra notre commandement pour nous mener au combat (1Samuel 8.10-20).
Les milliers et les cinquantaines sont des régiments et des compagnies de soldats regroupés par unités comportant respectivement quelques centaines et quelques dizaines d'hommes. Les parfumeuses étaient des jeunes filles au service des femmes du harem du roi. Le prélèvement royal annuel de 10 % s'ajoutait aux trois dîmes, deux annuelles et une tri-annuelle consacrées à l'Éternel. On ne peut pas dire que les Israélites n'ont pas été avertis des implications qu'aura leur requête. Ils veulent un bâton pour se faire battre. Ils vont obtenir ce qu'ils réclament, mais plus tard ils vont subir des guerres désastreuses puis la captivité, en partie à cause du gouvernement inique de leurs rois qui se seront détournés de l'Éternel. Alors, il ne restera plus aux Israélites que les yeux pour pleurer, mais ils ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes.
Chapitre 9
Introduction
Nous voici maintenant au chapitre 9 où débute la deuxième section majeure de ce livre. L'accent ne va plus porter sur Samuel, mais sur Saül, le premier roi d'Israël. C'est un individu énigmatique comme il y en a eu plusieurs, impénétrables et mystérieux, aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament. On ne peut vraiment les comprendre, car ils agissent de manière irrationnelle. Ils apparaissent soudainement dans les pages des Écritures, vivent dans une atmosphère nébuleuse, puis comme une marmotte qui retourne dans sa tanière, ils disparaissent pour ne plus jamais refaire surface.
Versets 1-2
Je commence à lire.
Un homme de la tribu de Benjamin nommé Qich était un vaillant guerrier. Il avait un fils nommé Saül. C'était un beau jeune homme, aucun Israélite n'avait plus belle allure que lui ; il les dépassait tous de la tête (1Samuel 9.1-2).
Dans le livre des Juges, une action des plus viles avait été commise sur le territoire de Benjamin dans la ville de Guiboa. Ses responsables refusèrent cependant de punir les coupables, et il s'ensuivit une guerre civile particulièrement meurtrière du type Verdun, et qui se termina avec Benjamin pratiquement rayé de la carte. Il ne restait plus que 600 hommes en vie. Mais les siècles ont passé, et depuis, cette tribu s'est refait une santé. On apprend plus loin que Saül était justement originaire de Guiboa.
Des excavations réalisées à Tel el-Ful, à 5 km au nord du centre de Jérusalem, ont déterminé que ce site était celui de l'ancienne ville de Guiboa. Apparaît Saül ; sa seule caractéristique remarquable est son aspect physique tape-à-l'œil impressionnant. Il était grand, il était beau, il aurait pu être une star, une vedette de télé ou de cinéma. Mais c'est un peu léger pour faire de quelqu'un le roi. Cependant, comme les Israélites étaient plutôt du genre superficiel, ils fonctionnaient au niveau des apparences. Donc pour eux, Saül avait le physique de l'emploi.
Verset 3
Je continue.
Un jour, les ânesses de son père s'égarèrent et Qich lui dit : — Mon fils, emmène l'un des serviteurs et pars à la recherche des ânesses ! (1Samuel 9.3).
En ce temps-là, l'ânesse était la monture habituelle, et aussi le signe d'une certaine prospérité. Dans sa recherche, Saül s'éloigne considérablement de chez lui et arrive à proximité de Rama, la ville où résidait Samuel. Il semble qu'ici, Dieu ait créé une situation humoristique. En effet, Saül est à la recherche des ânesses de son père, tandis que les ânes d'Israël cherchent un roi. Ils sont donc destinés à se rencontrer et c'est ce qui va se produire. Malheureusement, la suite sera moins drôle, car Saül fut le premier d'une longue liste de mauvais rois qui firent le malheur d'Israël.