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Émission 366 - 1SAMUEL 4:1 - 6:13

Diffusé le 26 mai 2008 - ::

Chapitre 4

Introduction

Tout au long des Textes Sacrés, on se rend compte que l'Éternel prend son temps avant d'agir, et c'est quelques fois bien troublant. Ainsi, les fils du grand-prêtre Éli sont des hommes iniques de la pire espèce, mais ils sont quand même au service du Tabernacle depuis fort longtemps et le châtiment qu'ils méritent se fait attendre. Le chapitre 4 du premier livre de Samuel commence très mal pour Israël, qui subit une défaite cuisante aux mains de ses ennemis héréditaires, les Philistins.

Versets 1-5

Je commence à lire en compressant tout au long de ce chapitre.

Samuel transmettait à tout Israël la parole que l'Éternel lui adressait. En ce temps-là, les Philistins se rassemblèrent pour faire la guerre à Israël et les Israélites se mirent en campagne pour les affronter. Le combat s'amplifia, les Philistins défirent les Israélites et tuèrent dans leurs rangs environ quatre mille hommes sur le champ de bataille. Lorsque le peuple regagna le camp, les responsables d'Israël se demandèrent : — Pourquoi l'Éternel nous a-t-il fait battre aujourd'hui par les Philistins ? Allons chercher le coffre de l'alliance de l'Éternel à Silo et ramenons-le au milieu de nous pour qu'il nous délivre de nos ennemis. On envoya donc des gens à Silo et ils en ramenèrent le coffre de l'alliance de l'Éternel, le Seigneur des armées célestes qui trône entre les chérubins. Les deux fils d'Éli, Hophni et Phinéas, accompagnèrent le coffre de l'alliance de Dieu. Dès que le coffre arriva au camp, tous les Israélites poussèrent de si grands cris de joie que la terre en fut ébranlée (1Samuel 4.1-5).

Une fois de plus donc, les Philistins décident d'attaquer Israël et se rassemblent à Apheq, environ 40 km à l'ouest de Silo, la ville où se trouvait le Sanctuaire de l'Éternel. Après une défaite en règle, les Israélites se regroupent et boudent. Je les comprends. Alors, ils se rappellent que le coffre de l'alliance était présent sur les champs de bataille lors de victoires mémorables dans leur passé. Ils pensent détenir l'arme absolue. Les responsables du peuple croient que l'intervention de l'Éternel en faveur de son peuple est automatiquement garantie par la présence du coffre sacré. Influencés par les croyances des païens qui identifient la divinité avec sa représentation visuelle, ils pensent s'assurer ainsi le secours du Dieu d'Israël.

C'est oublier que l'Éternel est libre, qu'il ne se laisse pas manipuler, et que sa bénédiction dépend de l'obéissance de son peuple. En fait, les Israélites révèlent à quel point ils sont superstitieux et ont foi en des pratiques magiques. En effet, en allant chercher le coffre de l'alliance, ils essaient de forcer la main à l'Éternel. C'est ce que les Textes Sacrés appellent tenter Dieu. Ce faisant, ils le rabaissent au niveau d'une patte de lapin, un talisman ou autre porte-bonheur. C'est à la fois pathétique et dramatique. Les Israélites sont tout aussi idolâtres que les Cananéens ou les Philistins.

Versets 6-11

Je continue.

En entendant ces acclamations, les Philistins se demandèrent ce que signifiaient ces grands cris dans le camp des Hébreux. Ils apprirent que le coffre de l'Éternel était arrivé au camp. Alors ils prirent peur car ils se disaient : — Dieu est venu dans le camp des Hébreux ! Et ils ajoutaient : Malheur à nous ! Il n'en était pas ainsi auparavant. Malheur à nous ! Qui nous délivrera de ces dieux puissants ? Ce sont ces dieux-là qui ont infligé toutes sortes de coups aux Égyptiens dans le désert. Philistins, soyez forts, soyez des hommes, sinon vous deviendrez les esclaves des Hébreux comme ils ont été les vôtres. Soyez donc des hommes et combattez ! Les Philistins livrèrent bataille et Israël fut vaincu. Chacun s'enfuit sous sa tente et ce fut une très lourde défaite : Israël perdit trente mille hommes. Le coffre de Dieu fut pris par les Philistins et les deux fils d'Éli, Hophni et Phinéas, moururent (1Samuel 4.6-11).

Ce passage m'en rappelle un autre dans le Nouveau Testament qui dit :

Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).

Les Israélites et les deux fils d'Éli ont récolté le fruit amer de leur perfidie. Les Philistins étaient polythéistes et croyaient qu'Israël servait plusieurs dieux. Ils connaissaient également l'histoire de ces Hébreux qui étaient sortis d'Égypte il y a plus de 3 siècles, grâce à des fléaux surnaturels qui anéantirent l'armée de pharaon. Alors, ils tremblent. Mais ils rassemblent leur courage, vont à nouveau au combat, et sont vainqueurs. Dans la foulée, ils récupèrent le coffre de l'alliance, le symbole de l'Éternel.

Versets 12-18

Je continue.

Un homme de Benjamin s'échappa du champ de bataille et courut jusqu'à Silo le jour même ; il avait déchiré ses vêtements et couvert sa tête de poussière en signe de deuil. Au moment où il arriva, Éli était assis sur son siège, aux aguets près de la route, car il était très inquiet au sujet du coffre de Dieu. L'homme vint annoncer la nouvelle dans la ville, et tous les habitants se mirent à pousser de grands cris. Quand Éli entendit ces cris, il demanda : — Que signifie ce tumulte de la foule ? L'homme se dépêcha de venir lui annoncer la nouvelle. Or Éli était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, il avait les yeux éteints, il était complètement aveugle. L'homme dit à Éli : — J'arrive du champ de bataille. Je m'en suis enfui aujourd'hui même. Israël a pris la fuite devant les Philistins ; nous avons subi une terrible défaite ; même tes deux fils Hophni et Phinéas sont morts, et le coffre de Dieu a été pris. Lorsque le messager fit mention du coffre de Dieu, Éli tomba de son siège à la renverse, il se brisa la nuque et mourut, car il était âgé et lourd. Il avait dirigé Israël pendant quarante ans (1Samuel 4.12-18).

Visiblement, Éli ne partageait pas la foi superstitieuse des responsables d'Israël qui croyaient que la présence d'un objet sacré sur le champ de bataille leur garantirait la victoire. Malgré toutes ses faiblesses, en particulier en tant que père de famille, le grand-prêtre avait un réel souci pour Israël et pour l'honneur de l'Éternel. Lorsqu'on lui annonce la mort de ses fils, il conserve son sang-froid. Il est, en effet, moins préoccupé par le sort de ses fils que par celui du coffre, dont la disparition signifierait que l'Éternel a bel et bien abandonné son peuple. Le choc de cette nouvelle fatale a tellement secoué Éli que le pauvre homme est tombé par terre et en est mort.

Versets 19-22

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Quand sa belle-fille, la femme de Phinéas qui arrivait au terme de sa grossesse, entendit que le coffre de Dieu avait été pris et que son beau-père ainsi que son mari étaient morts, elle chancela et, brusquement prise de contractions, elle accoucha. Comme elle était près de mourir, les femmes qui l'entouraient lui dirent : — Rassure-toi : c'est un garçon. Mais elle y fut indifférente et ne répondit rien. Elle donna à l'enfant le nom d'I-Kabod (Plus de gloire), en expliquant : — La gloire divine a quitté Israël. Elle pensait au coffre de Dieu qui avait été pris, à son beau-père et à son mari. Elle s'écria encore : — Oui, la gloire a quitté Israël, car le coffre de Dieu a été pris (1Samuel 4.19-22).

Dans la pensée païenne de l'époque, il était concevable que des dieux pouvaient être kidnappés et emmenés en exil, car dans leur conception du monde, l'idole se conformait à l'image de ses adorateurs et était à leur service. Les Israélites auraient quand même dû savoir que l'Éternel étant omnipotent et omniprésent, il n'était pas un objet qu'on manipule et dont on dispose à sa guise. Cependant, la femme de Phinéas considérait le Dieu d'Israël comme les païens voyaient les leurs. Cela montre combien la perception israélite de l'Éternel était païenne. Cela dit, le Seigneur s'était bel et bien retiré d'Israël à cause de sa désobéissance et surtout de son idolâtrie, mais le peuple ne le savait pas. La perte du coffre de l'alliance ne faisait que concrétiser cette vérité.

Chapitre 5

Versets 1-5

Nous voici arrivés au chapitre 5 de ce livre de Samuel dans lequel les Philistins apprennent à connaître le Dieu d'Israël à leurs dépens. Je commence à lire.

Après s'être emparés du coffre de Dieu, les Philistins l'emportèrent à Asdod. Là, ils le mirent dans le temple de leur dieu Dagôn et l'installèrent à côté de la statue de l'idole. Le lendemain matin, les habitants d'Asdod découvrirent Dagôn étendu par terre sur sa face devant le coffre de l'Éternel. Ils le relevèrent et le remirent en place. Le jour suivant, de bonne heure, ils trouvèrent encore Dagôn par terre sur sa face devant le coffre de l'Éternel, sa tête et ses deux mains coupées gisaient sur le seuil de la pièce, seul le tronc était resté là. C'est pour cette raison que, jusqu'à ce jour, les prêtres de Dagôn et tous ceux qui entrent dans son temple à Asdod évitent de poser leur pied sur le seuil (1Samuel 5.1-5).

Asdod était l'une des cinq villes principales des Philistins, située à 55 km à l'ouest de Jérusalem, près de la Méditerranée. Après s'être emparés du coffre de l'alliance, les Philistins l'ont traité comme un trophée de guerre et un objet porte-bonheur, une très mauvaise idée. Ils vont vite apprendre que l'Éternel n'apprécie pas que son symbole soit placé à côté de Dagôn. Alors, ils retrouvent leur idole inclinée en signe de soumission devant le coffre, puis en morceaux sur le seuil. C'était vraiment embarrassant.

Versets 6-12

Je continue.

Puis l'Éternel frappa très sévèrement les Asdodiens et fit des ravages parmi eux en les frappant de tumeurs ; des rats apparurent dans le pays, semant la mort et la destruction. En voyant ce qui leur arrivait, les gens d'Asdod déclarèrent : — Le coffre du Dieu d'Israël ne restera pas plus longtemps chez nous, car il nous frappe très sévèrement, nous et Dagôn notre dieu. Les princes des Philistins décidèrent de le transférer à Gath. Mais quand on l'eut transféré là-bas, l'Éternel intervint contre les habitants de la ville, et y sema la terreur. En effet, l'Éternel les frappa tous, quelle que soit leur condition sociale, et ils furent atteints de tumeurs. Alors ils expédièrent le coffre de Dieu à Ékron. Mais lorsqu'il arriva là-bas, les Ékroniens protestèrent : — Renvoyez le coffre du Dieu d'Israël et qu'il retourne dans son pays pour qu'il ne nous fasse pas mourir toute la population. Une peur mortelle régnait dans toute la ville, car Dieu la frappait sévèrement. Les gens qui avaient échappé à la mort étaient atteints de tumeurs et les cris de détresse de la ville montaient jusqu'au ciel (1Samuel 5.6-12).

Les mots utilisés pour décrire les fléaux dont l'Éternel affligea les Philistins ne sont pas clairs. Selon la tradition rabbinique, ce seraient des hémorroïdes, tandis que l'historien juif Josèphe parle de dysenterie. En fait, il s'agissait certainement de tumeurs dues à la peste bubonique propagée par les rats. Le coffre de l'alliance apparaît vite comme un objet qui brûle les doigts et particulièrement dangereux pour les Philistins, qui se l'envoient de ville à ville, tentant de s'en débarrasser.

Chapitre 6

Versets 1-5

L'histoire continue dans le chapitre suivant que je commence à lire.

Pendant sept mois le coffre de l'Éternel fut dans le pays des Philistins. Alors les Philistins convoquèrent leurs prêtres et leurs devins pour leur demander : — Que ferons-nous du coffre de l'Éternel ? Si vous renvoyez le coffre du Dieu d'Israël, dirent-ils, ne le renvoyez pas à vide. Faites-le accompagner d'un présent pour expier votre faute ! Alors vous serez guéris et vous saurez pourquoi il n'a cessé de sévir contre vous. Vous ferez cinq représentations en or des tumeurs qui vous ont affligés et cinq rats en or selon le nombre des princes des Philistins, car le même fléau a atteint tout le monde y compris vos princes. Vous fabriquerez donc des effigies de vos tumeurs et des rats qui dévastent le pays, et vous les offrirez en hommage au Dieu d'Israël. Peut-être cessera-t-il de vous frapper sévèrement, vous, vos dieux et votre pays (1Samuel 6.1-5).

Les Philistins reconnaissent officiellement que le fléau est le fait du Dieu d'Israël. En accord avec les superstitions de ce temps, on consulte les prêtres et les devins qui sont censés savoir ce que veulent les dieux. Leur idée est conforme à une pratique païenne répandue selon laquelle on représentait, en ex-voto offert à la divinité, le mal dont on avait été délivré, ou dont on voulait être délivré.

Versets 6-12

Je continue.

Ne vous obstinez pas comme les Égyptiens et le pharaon. Rappelez-vous qu'après avoir été malmenés par ce Dieu, ils ont dû laisser partir les Israélites. Maintenant donc, fabriquez un chariot neuf et prenez deux vaches qui allaitent et qui n'ont pas encore porté le joug. Attelez-les au chariot et séparez-les de leurs petits que vous ramènerez à l'étable ! Prenez le coffre de l'Éternel et placez-le sur le chariot ! Déposez dans un coffret que vous mettrez à côté de lui les objets d'or que vous offrez à Dieu pour réparer votre faute, ensuite vous laisserez partir l'attelage. Si les vaches se dirigent vers la frontière du pays d'Israël, cela veut dire que c'est leur Dieu qui nous a infligé tous ces grands malheurs ; sinon, nous conclurons que cela nous est arrivé par hasard. Les Philistins suivirent ces instructions. Les vaches prirent tout droit la direction de Beth-Chémech en Israël, elles suivirent en meuglant toujours le même chemin, sans en dévier ni à droite ni à gauche ; les princes des Philistins marchèrent derrière elles jusqu'à la frontière (1Samuel 6.6-12).

La mission religieuse de renvoyer l'arche dans le territoire d'Israël est à haut risque. Elle nécessite des animaux et un matériel qui n'ont pas été souillés par un usage profane. C'est aussi un dernier test qui confirmera que les malheurs dont ont souffert les Philistins provenaient bien du Dieu d'Israël. Les vaches allèrent contre leur instinct naturel en s'éloignant volontairement de leurs veaux, ce qu'elles exprimèrent en meuglant de mécontentement. C'est ainsi que le coffre sacré alla dans une ville située à 25 km de Jérusalem près de la frontière philistine.

Versets 13-21

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Les habitants de Beth-Chémech étaient en train de moissonner les blés dans la vallée. Tout à coup, ils aperçurent le coffre et s'en réjouirent. L'attelage arriva au champ de Josué et s'arrêta là à côté d'une grande pierre. On fendit le bois du chariot et l'on offrit les vaches en holocaustes à l'Éternel. Ce même jour, les habitants offrirent des holocaustes et d'autres sacrifices à l'Éternel. L'Éternel frappa soixante-dix habitants de Beth-Chémech parce qu'ils avaient regardé dans le coffre de l'Éternel. Le peuple prit le deuil à cause de ce grand fléau que l'Éternel leur avait infligé. Les gens dirent : — Qui pourrait subsister devant l'Éternel, ce Dieu saint ? Chez qui pourrions-nous envoyer le coffre sacré pour le faire partir de chez nous ? Ils envoyèrent des messagers aux habitants de Qiryath-Yearim pour leur dire : — Les Philistins ont restitué le coffre de l'Éternel, venez donc le chercher pour l'emporter chez vous (1Samuel 6.13-21).

Finalement, ce coffre décidément bien encombrant est envoyé dans une ville à 13 km au nord-ouest de Jérusalem et qui aujourd'hui s'appelle Abu Ghosh. Les habitants avaient offert un holocauste à l'Éternel, ce qui est bien, encore que normalement ce sacrifice aurait dû avoir lieu à Silo où se trouvait le sanctuaire. Mais la vraie raison du châtiment divin contre ces 70 personnes est qu'elles avaient commis un sacrilège en regardant à l'intérieur du coffre sacré, ce que nul, pas même les prêtres, n'avait le droit de faire.

Lorsque les Lévites emballaient les choses sacrées, ils laissaient tomber sur elles le rideau qui séparait les Lieux saint du très saint puis les enveloppaient. Ainsi, ils ne les voyaient jamais. Le Grand-prêtre seul apercevait l'extérieur du coffre une fois par an lors de la fête des expiations appelée Yom Kippour. Ce jour-là, il entrait dans le Lieu très saint avec du sang qui servait à faire l'expiation des fautes du peuple. Bref, ces habitants se sont crus au cirque et ont manqué de respect envers leur Dieu. Leur voyeurisme malsain fut un crime de lèse-majesté qui leur coûta la vie. On ne se moque pas de l'Éternel.