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Émission 364 - 1SAMUEL 1:19 - 2:22

By Chemins de VIE
Créé 22/05/2008 - 05:00

Chapitre 1

Versets 19-20

Dans la société israélite antique, ne pas pouvoir concevoir d'enfants était la plus grande catastrophe possible. La seule solution pour les femmes stériles était la prière. Ce recours peut faire sourire ceux qui ont pleine confiance en nos arsenaux médicaux, et pourtant je connais des couples qui sont devenus parents de cette manière. En tout cas, le petit Samuel est né suite à la prière fervente d'Anne, une Israélite qui était stérile. Chaque année, cette famille avait coutume de se rendre dans la ville de Silo où se trouvait alors le temple portable du peuple d'Israël.

Versets 21-23

Je continue la lecture du premier chapitre du premier livre de Samuel.

L'année suivante, Elqana se rendit de nouveau à Silo avec toute sa famille pour offrir à l'Éternel le sacrifice annuel et pour accomplir le vœu qu'il avait fait. Mais Anne ne l'accompagna pas. Elle dit en effet à son mari : — J'attends que l'enfant soit sevré, alors je l'emmènerai à Silo pour le présenter à l'Éternel et il restera là-bas pour toujours. Son mari lui dit : — Fais comme tu le juges bon et attends de l'avoir sevré. Que l'Éternel te donne d'accomplir ta promesse. Anne resta donc à la maison pour allaiter son enfant jusqu'à ce qu'il soit sevré (1Samuel 1.21-23).

L'année suivante, la famille retourne au sanctuaire de l'Éternel à Silo, sauf Anne, qui cette fois-ci ne veut pas y aller. Elle ne quittera plus la maison jusqu'à ce que son fils soit sevré, ce qui à cette époque se faisait aux environs de l'âge de trois ans. De toute façon, selon la Loi, seuls les hommes devaient se rendre au sanctuaire afin d'y célébrer les trois fêtes obligatoires.

Les femmes pouvaient y aller si elles le désiraient, mais elles n'y étaient pas contraintes. Il faut comprendre Anne. Une fois qu'elle amènera Samuel à Silo pour qu'il y soit au service des Lévites et des prêtres, il ne reviendra plus chez lui, sinon pour une visite de temps en temps. C'était là une des stipulations du vœu qu'Anne avait fait.

Versets 24-28

Je continue.

À ce moment-là, lorsqu'il fut sevré, elle l'emmena avec elle au sanctuaire de l'Éternel à Silo, en apportant un taureau de trois ans, dix kilogrammes de farine et une outre de vin. Le garçon était encore tout jeune. Ils offrirent le taureau en sacrifice et présentèrent l'enfant à Éli. Anne lui dit : — Excuse-moi, Monseigneur, aussi vrai que tu vis, Monseigneur, je suis cette femme qui se tenait près de toi, ici même, pour prier l'Éternel. C'était pour obtenir cet enfant que je priais, et l'Éternel m'a accordé ce que je lui demandais. À mon tour, je veux le consacrer à l'Éternel : pour toute sa vie, il lui sera consacré. Là-dessus, ils se prosternèrent là devant l'Éternel (1Samuel 1.24-28).

Dès que l'enfant a un minimum d'autonomie, Anne accomplit son vœu et le donne pour le service du sanctuaire de l'Éternel, pas pour quelque temps, mais durante vita , pour toute sa vie. Ce n'était pas peu de chose pour cette mère que de se séparer ainsi de lui, surtout qu'à trois ans, un petit garçon c'est mignon au possible. Cette attitude d'Anne prouve qu'elle vénérait vraiment l'Éternel. Bien sûr, mère et fils se voyaient de temps en temps. Elle reprit son habitude de se rendre au sanctuaire plusieurs fois par an lors des fêtes, et puis une fois adolescent, Samuel allait périodiquement voir ses parents, monté sur son âne.

Chapitre 2

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 2 du 1er livre de Samuel dans lequel Anne rend grâce à l'Éternel dans une longue prière qui est parfois appelée le Magnificat de l'Ancien Testament. C'est un chant de louanges et de remerciements dont on perçoit un écho certain dans les cantiques de la vierge Marie et du vieillard Zacharie lorsqu'il vit l'enfant Jésus au temple, et que nous rapporte l'Évangile selon Luc. Il est intéressant de noter que l'auteur a encadré entre deux cantiques l'ensemble de ses récits.

Ici, pratiquement au début du 1er livre de Samuel se trouve le chant de louange d'Anne, tandis qu'à la fin du deuxième livre de Samuel, c'est le roi David qui rend grâce à l'Éternel de tout son cœur. Samuel a voulu cet arrangement structurel afin de bien montrer que l'œuvre de Dieu sur la terre suscite l'adoration. C'est aussi ainsi qu’Anne annonce prophétiquement un tournant important dans l'histoire d'Israël : celui de l'établissement de la royauté dont son fils sera le principal artisan.

Verset 1

Je commence à lire.

Alors Anne prononça cette prière : La joie remplit mon cœur, c'est grâce à l'Éternel ; oui, grâce à l'Éternel, mon front s'est relevé et j'ai de quoi répondre à ceux qui me blessaient. Oui, je jubile, car Dieu m'a secourue (1Samuel 2.1).

Quelle revanche sur sa rivale qui la tournait en ridicule à cause de sa stérilité ! Non seulement l'Éternel a ôté le déshonneur de Anne, mais son fils deviendra un des plus grands hommes de l'histoire d'Israël, pratiquement au même niveau que Moïse ou Josué.

Versets 2-5

Je continue.

Nul ne l'égale. L'Éternel seul est saint, et, à part lui, il n'y a pas de Dieu, pas de rocher semblable à notre Dieu. Que cessent donc, vos paroles hautaines et les bravades sortant de votre bouche ! Car l'Éternel est un Dieu qui sait tout, c'est lui qui pèse les actes des humains. Voilà brisé l'arc des guerriers ! Ceux qui chancellent sont armés de vigueur. Tous les repus s'embauchent pour du pain, les affamés seront comblés de biens et la stérile met sept enfants au monde, alors que celle qui en avait beaucoup sera flétrie (1Samuel 2.2-5).

À lire ce cantique de louanges, on se dit : quel rapport avec la présente situation de Anne ? Assez peu ! Mais c'est ainsi qu'en général étaient construites les prophéties de l'Ancien Testament. Les premières paroles se rapportent à un événement donné local et au fur et à mesure que le prophète parle, il se détache de la réalité présente et s'envole, pourrait-on presque dire, pour affirmer des vérités absolues qui concernent le caractère de Dieu et aussi pour annoncer des événements futurs. Tout se passe comme si dans son état d'extase, il avait le droit de soulever un bout du voile qui nous cache l'au-delà pour entrevoir le monde spirituel et lire dans le livre du futur. Anne compare Dieu à un rocher. Cette image est fréquente dans l'Ancien Testament, car elle exprime la force et la stabilité de l'Éternel, source de sécurité pour tous ceux qui se confient en lui.

Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ est appelé la pierre angulaire (1Pierre 2.6) et il dit de lui-même qu'il est le roc sur lequel il a construit son Église. Sous le régime de l'Ancienne Alliance, les gens pieux s'appuyaient sur l'Éternel. Maintenant, c'est en la personne de Jésus que les croyants placent leur foi. Alors qu'il parcourait les chemins de la Palestine, Jésus-Christ a invité les foules hagardes à se confier en lui. Je cite ce passage :

Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d'un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos que vous cherchez (Matthieu 11.28).

Par ce cantique et toute une série d'exemples tirés de la vie quotidienne, Anne met en avant le fait que Dieu se plaît à renverser les situations ; ce qui lui est arrivé personnellement en est une illustration. Quand elle parle des guerriers ou des repus qui sont affamés, ce n'est plus une référence directe à sa rivale, mais des généralités qui reflètent la façon habituelle d'agir de Dieu. Quant à Anne qui était stérile, elle n'a pas mis 7 enfants au monde, mais ce chiffre indique la plénitude. Elle ressent la même satisfaction et est aussi reconnaissante que si elle avait tout plein de gosses. En fait, elle va en avoir encore 5.

Verset 6

Je continue le texte de ce cantique.

C'est l'Éternel qui fait mourir et vivre, il fait descendre dans le séjour des morts et en fait remonter (1Samuel 2.6).

Ces paroles témoignent de l'espérance de la résurrection. Le séjour des morts est le lieu où se trouvent tous ceux qui sont décédés depuis le commencement, les bons et les méchants. Cet endroit était séparé en deux, un côté s'appelait le sein d'Abraham ou paradis, et l'autre était l'antichambre du jugement. Depuis la mort et la résurrection du Christ, tous ceux qui étaient dans le sein d'Abraham ont été admis en la présence de Dieu.

Versets 7-8

Je continue.

L'Éternel seul dépouille et enrichit, il humilie, et il élève aussi. De la poussière, il arrache le pauvre, et il relève l'indigent de la fange pour l'installer au milieu des puissants et lui donner une place d'honneur. À l'Éternel sont les fondements de la terre, et c'est sur eux qu'il a posé le monde (1Samuel 2.7-8).

Tout ce cantique est un hymne qui célèbre la souveraineté de Dieu. En arrière-plan, dans les coulisses, il fait comme bon lui semble. Il n'y a pas de hasard. C'est lui qui en dernier recours décide de tout. Je sais bien que cette affirmation soulève des questions fondamentales sans réponses, surtout à la lumière des innombrables injustices impies et impunies qui ont lieu sans cesse et partout à la surface du globe.

Par exemple, cette idée trop souvent exprimée, ce cliché qui dit que les riches s'enrichissent encore, alors que les pauvres continuent à s'appauvrir toujours davantage. Et pourtant, c'est vrai, c'est ainsi que notre monde tourne.

Anne fait aussi référence aux fondements de la terre sur lesquels est posé le monde. Cette image familière de l'Ancien Testament évoque la solidité et la stabilité de la création parce qu'elle a été faite par Dieu. De la même manière dont nous parlons du soleil qui se lève, les auteurs des Textes Sacrés utilisent souvent le langage courant et imagé pour exprimer leurs pensées sans que cela implique nécessairement une théorie cosmologique particulière. De manière similaire, en parlant de Dieu, le psalmiste dit par exemple :

Il t'abrite de son aile et, caché sous son plumage, tu trouves un refuge sûr (Psaumes 91.4).

Cette affirmation ne veut évidemment pas dire que Dieu est un oiseau. Je crois, mais je ne suis pas sûr qu'on appelle ce genre littéraire anthropomorphisme.

Versets 9-10

Peu importe, je continue le texte.

Il gardera les pas de ses fidèles, mais les méchants périront dans la nuit, car aucun homme n'est vainqueur par la force. Ceux qui contestent contre Dieu sont brisés. Du haut du ciel, il tonnera contre eux. Il jugera les confins de la terre, toutes ses nations et tous ses peuples ; il donnera la puissance à son roi et il élèvera l'homme qui, de sa part, a reçu l'onction d'huile (1Samuel 2.9-10).

Ces paroles d'Anne sont prophétiques et pointent vers l'établissement de la royauté en Israël. Jacob, petit-fils d'Abraham et le père de la nation, avait prophétisé l'avènement d'un roi du sein de la tribu de Juda ; Balaam, le prophète renégat, avait été forcé par l'Éternel à faire de même ; et Moïse a stipulé dans la Loi les règles de la royauté lorsque celle-ci fera son apparition. Cependant, derrière le roi humain, ces paroles d'Anne envisagent déjà le Fils de Dieu qui héritera du trône de David et qui éventuellement établira son royaume de justice sur terre, qu'on appelle le millénium.

Je m'explique en étant un tout petit peu technique. C'est dans ce texte qu'apparaît pour la première fois le mot hébreu Masiah , dont la translittération française est Messie et qui est traduite ici par : l'homme qui a reçu l'onction d'huile. Masiah est aussi traduit en grec par Christos, d'où nous avons bien sûr le mot Christ.

Versets 11 et 26

Je continue.

Après cela, Elqana retourna chez lui à Rama, et le jeune garçon fut au service de l'Éternel auprès du prêtre Éli. Le jeune Samuel continuait à croître et il gagnait de plus en plus la faveur de Dieu et celle des hommes (1Samuel 2.11, 26).

Il y a dû y avoir des serrements de cœur. J'ai du mal à m'imaginer ce que représentait ce départ aussi bien pour la maman que pour le fiston seulement âgé de 3 ans. Quoi qu'il en soit, dès que ses parents furent partis, Samuel commença son éducation sous la direction du grand-prêtre en exercice. Un peu plus loin, le texte confirme bien que la bénédiction de l'Éternel reposait sur le petit Samuel.

Versets 12-17

Je continue.

Les fils d'Éli étaient des vauriens qui ne se souciaient pas de l'Éternel. En effet, voici comment ils agissaient à l'égard du peuple. Chaque fois que quelqu'un offrait un sacrifice, au moment où la viande cuisait, un de leurs serviteurs arrivait, une fourchette à trois dents à la main. Il piquait dans la casserole, la marmite, le chaudron ou le pot, et prenait pour le prêtre tout ce que la fourchette ramenait. C'est ainsi qu'ils procédaient envers tous les Israélites qui venaient à Silo. Et même parfois, avant que l'on fasse brûler la graisse, le serviteur du prêtre arrivait et disait à l'homme qui offrait le sacrifice : — Donne-moi de la viande à rôtir pour le prêtre, car il n'acceptera de toi que de la viande crue, il ne veut pas de viande cuite. Si l'offrant objectait : « Il faut d'abord brûler la graisse, ensuite tu pourras prendre ce que tu voudras », le serviteur lui répondait : — Tu m'en donnes immédiatement, sinon j'en prends de force. Le péché de ces jeunes gens était très grave aux yeux de l'Éternel, car ils profanaient les offrandes faites à l'Éternel (1Samuel 2.12-17).

À partir d'ici, l'auteur souligne le contraste entre l'attitude fidèle de Samuel, qui sert l'Éternel, et celle des fils pervers du grand-prêtre Éli, qui utilisent le culte pour leur propre intérêt en abusant autant qu'ils le pouvaient de tous ceux qui venaient adorer Dieu. Ils volaient de force les offrandes des adorateurs qui revenaient au peuple. Ils exigeaient même d'être servis en premier, avant Dieu, c'est-à-dire avant que la graisse de la victime soit brûlée sur l'autel des sacrifices. L'état spirituel d'Israël était alors catastrophique ; c'était aussi la déchéance au niveau moral, social et politique. À la fin du livre des Juges, il nous est dit :

À cette époque, chacun faisait comme il lui semblait bon (Juges 21.25).

La situation de la prêtrise allait dans le même sens que tout Israël ; elle était pareillement pervertie. Éli, bien que lui-même un homme relativement droit, avait perdu le contrôle de ses fils.

Versets 22-25

Je continue le texte sur ce même sujet.

Éli était très âgé. Il entendait dire comment ses fils agissaient envers les Israélites, et même qu'ils couchaient avec les femmes qui servaient à l'entrée de la tente de la Rencontre. Il leur dit : — Pourquoi agissez-vous ainsi ? J'apprends de tout le peuple votre mauvaise conduite. Cessez donc, mes fils, car ce que j'entends raconter n'est pas beau. Vous détournez de la bonne voie le peuple de l'Éternel. Si un homme pèche contre un autre, Dieu est là pour arbitrer, mais si quelqu'un pèche contre l'Éternel lui-même, qui interviendra en sa faveur ? Mais les fils ne tinrent aucun compte de l'avertissement de leur père, car l'Éternel voulait les faire mourir (1Samuel 2.22-25).

Apparemment, à cette époque, des femmes servaient au sanctuaire bien que rien ne soit dit sur ce genre de service dans la Loi de Moïse. Quoi qu'il en soit, le péché des fils d'Éli était très grave, car ils profanaient le lieu saint. Non seulement ils s'adonnaient à des viols, mais ils le faisaient en imitant les pratiques rattachées aux temples idolâtres païens. C'est comme s'ils avaient organisé leur propre prostitution sacrée à l'intérieur du parvis du Sanctuaire.

En commettant ce sacrilège, ils s'étaient rendus coupables d'un péché à main levée contre l'Éternel pour lequel il n'y avait pas de pardon. C'est ainsi qu'ils signèrent leur arrêt de mort. Éli était lui aussi coupable. Son laisser-faire était une participation passive aux crimes de ses fils. Ce brave homme était un pionnier de la doctrine : faites l'amour et pas la guerre. Son intervention faible et indulgente auprès de ses fils fut bien trop tardive, car ayant persisté dans leurs voies abjectes, ils avaient dépassé depuis longtemps le point de non-retour ; la repentance n'était plus possible.

J'ai déjà eu l'occasion de dire à plusieurs reprises tout au long de ces études qu'on ne se moque pas de Dieu impunément. Il est en effet très dangereux de le rejeter indéfiniment, car sa patience a une limite. Certes, celle-ci varie selon les individus, mais elle est bel et bien réelle. Hermann Göring devint le 2e personnage du Reich après Hitler. Il fut jugé et condamné à mort lors du procès de Nuremberg. Avant son exécution, l'aumônier de la prison eut un très long entretien avec lui essayant de le préparer à rencontrer Dieu. Bien que sa petite-fille soit croyante, Göring a tourné les avertissements bibliques en ridicule et refusé le salut que lui offrait le Christ. Ses dernières paroles à l'aumônier furent : la mort est la mort ! Moins d'une heure plus tard, il se suicidait. Göring avait préféré se donner la mort plutôt que de se repentir de tout le mal qu'il avait fait. Il est plus que probable que vis-à-vis de Dieu, ce despote avait dépassé le point de non-retour. Un texte tiré du livre des Proverbes de l'Ancien Testament dit ceci :

Un homme, qui mérite d'être repris et qui raidit la nuque, sera brisé tout d'un coup et sans remède (Proverbes 29.1).

Braver Dieu est une attitude tout ce qu'il y a de plus irrationnel, stupide et suicidaire, et pourtant, c'est le plus grand dénominateur commun de la race humaine.


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