Chapitre 19
Versets 1-30
Nous arrivons à la fin du livre des Juges. Avec le chapitre 19, on avance encore plus loin dans l'horreur. L'histoire passe maintenant de l'apostasie spirituelle à la décadence morale totale. Je lis ce chapitre en le résumant.
À cette époque où il n'y avait pas de roi en Israël, un lévite qui résidait dans l'arrière-pays de la région montagneuse d'Éphraïm prit pour épouse de second rang, une femme de Bethléhem en Juda. Mais celle-ci se livra à la prostitution et le quitta pour retourner chez son père. Son mari alla la trouver pour lui parler et la persuader de revenir chez lui. Ils partirent et arrivèrent près de Guibea, une ville de la tribu de Benjamin, quand le soleil se couchait. Le lévite entra dans la ville et s'arrêta sur la place, mais personne ne leur offrit l'hospitalité pour la nuit dans sa maison. Finalement, un vieillard rentra tard dans la soirée de son travail des champs. Il dit alors : La paix soit avec toi ! Sois le bienvenu ! Laisse-moi pourvoir à tous tes besoins, tu ne vas pas passer la nuit sur la place. Pendant qu'ils se donnaient du bon temps, des hommes de la ville, une bande de vauriens, encercla la maison. Ils frappaient violemment à la porte et criaient au vieillard, propriétaire de la maison : Fais sortir l'homme que tu as reçu chez toi pour que nous en jouissions. Le maître de la maison sortit vers eux et leur dit : Non, mes amis, ne commettez pas de mal, je vous prie ! Puisque cet homme est l'hôte de ma maison. Écoutez : j'ai une fille qui est encore vierge, l'homme a une épouse de second rang avec lui, je vous les amènerai, vous pourrez en disposer et les traiter comme vous jugerez bon. Mais ne commettez pas une action si infâme envers cet homme. Alors le lévite prit son épouse et la fit sortir vers eux. Ils la violèrent et abusèrent d'elle toute la nuit jusqu'au matin. Le matin venu, son mari se leva, ouvrit la porte de la maison et sortit pour continuer son voyage, quand il vit cette femme, affalée à l'entrée de la maison, il lui dit : Lève-toi et partons ! Mais il n'y eut pas de réponse. Alors le mari la chargea sur l'un de ses ânes et se remit en route pour rentrer chez lui. Arrivé dans sa maison, il saisit un coutelas, prit le corps de la femme et le découpa membre par membre en douze morceaux, qu'il envoya dans tout le territoire d'Israël. À tous ceux qui voyaient cela, les émissaires demandaient : A-t-on jamais vu un crime aussi horrible depuis que les Israélites sont sortis d'Égypte ? Réfléchissez, consultez-vous, et prenez une décision ! (Juges 18.1-30).
Les Benjamites sont aussi dégénérés que les Cananéens. Déjà, ils ont failli au devoir sacré de l'hospitalité, ça encore, passons. Mais le pire c'est que l'homosexualité était devenue rampante. Le scénario a des relents de ce qui s'est passé à Sodome qui fut détruite à cause de cette pratique. Le caractère sordide de l'épisode est accru par le fait que deux hommes sont prêts à livrer cyniquement deux femmes aux pires supplices pour sauver leur honneur. Ça se passe de commentaires. L'envoi du corps dépecé est destiné à réveiller Israël de sa léthargie morale.
Chapitre 20
Versets 1-14
Cette ignoble histoire se poursuit dans le chapitre suivant avec l'anarchie politique et beaucoup de sang versé. Je résume la suite.
Les chefs de tout le peuple, de toutes les tribus d'Israël, prirent part à cette assemblée du peuple de Dieu composée de quatre cents « milliers » de fantassins portant l'épée. Tous les hommes d'Israël se rassemblèrent pour marcher contre la ville, unis comme un seul homme. Les différentes tribus envoyèrent d'abord des messagers dans toute la tribu de Benjamin pour leur dire : Comment un crime aussi horrible a-t-il pu être commis chez vous ? Maintenant, livrez-nous sans tarder ces vauriens qui sont à Guibea pour que nous les exécutions et que nous fassions disparaître le mal du milieu d'Israël ! Mais les Benjaminites ne voulurent pas écouter leurs compatriotes israélites. Au contraire, ils quittèrent leurs villes et se rassemblèrent à Guibea pour partir en guerre contre les Israélites (Juges 20.2-14).
Benjamin était une tribu guerrière qui comptait non seulement des archers, mais aussi des frondeurs entraînés qui pouvaient projeter une pierre d'un demi-kilo à la vitesse de 150 km heure et avec la précision d'une arme à feu. La guerre civile éclate. Tout d'abord, les 11 tribus subissent deux défaites et perdent 40 000 hommes. L'Éternel voulait par là les conduire à une sincère repentance, car ils ne valaient pas mieux que leurs frères coupables. C'est ce qui se passe, car le second échec produit une réaction plus intense que le premier : aux larmes s'ajoute le jeûne en signe d'humiliation.
Finalement, la totalité de l'armée de Benjamin est exterminée à l'exception de 600 hommes qui s'étaient réfugiés dans une forteresse du désert. C'est tout ce qu'il restait de cette tribu, car les Israélites leur infligèrent le traitement prévu pour les Cananéens dont ils avaient adopté les mœurs. Toutes les villes de Benjamin furent détruites et les populations massacrées. Décidément, ils n'y allaient pas de main morte à cette époque.
Chapitre 21
Versets 6-7
Le chapitre 21, le dernier de ce livre, continue encore cette sordide histoire. Je lis des extraits.
Les Israélites furent pris de pitié pour les Benjaminites, leurs frères. Ils disaient : Aujourd'hui, une tribu a été retranchée d'Israël. Que ferons-nous pour que les survivants d'entre eux aient des femmes ? Car nous avons juré par l'Éternel de ne pas leur donner nos filles en mariage (Juges 21.6-7).
Israël est maintenant confronté à un nouveau problème dû à leur serment irréfléchi de ne pas donner leurs filles aux Benjaminites. Alors, comment faire pour que survive la tribu quasi anéantie ? Avant de partir en guerre, ils avaient fait un autre vœu, déclarant que quiconque refuserait de se joindre au combat serait puni de mort. Or aucun homme de Yabéch, une ville à l'est du Jourdain, ne s'était joint à la guerre. Ils envoient donc 12 000 hommes pour exterminer la population et en ramener les jeunes filles.
Versets 13-14
Je continue le texte plus loin en compressant.
Toute l'assemblée envoya des messagers auprès des Benjaminites pour faire la paix avec eux. Ceux-ci retournèrent aussitôt chez eux. On leur donna les filles qui avaient été épargnées à Yabéch en Galaad, mais il ne s'en trouva pas assez pour eux tous (Juges 21.13-14).
Il manque en effet 200 jeunes filles.
Versets 15-25
Je résume la suite jusqu'à la fin.
Ils dirent alors qu'on allait bientôt célébrer comme chaque année la fête de l'Éternel à Silo, alors ils ordonnèrent aux Benjaminites : Allez vous mettre en embuscade dans les vignes. Lorsque vous verrez les filles de Silo sortir de la ville pour danser leurs rondes, vous surgirez des vignes, chacun de vous enlèvera une fille et l'emmènera dans le pays de Benjamin pour en faire sa femme. Si leurs pères ou leurs frères viennent se plaindre à nous, nous leur répondrons : « Soyez compréhensifs envers eux, puisque nous n'avons pas pris une femme pour chacun d'eux lors de l'expédition contre Yabéch. D'ailleurs vous n'êtes pas coupables de parjure, puisque ce n'est pas vous qui les leur avez données. » Les Benjaminites suivirent ce conseil, ils prirent le nombre de femmes voulues parmi les jeunes filles qui dansaient. Ils les enlevèrent et partirent avec elles dans leur territoire. Ils rebâtirent leurs villes et s'y établirent. Les autres Israélites quittèrent ces lieux pour regagner leurs tribus et leurs familles ; de là, chacun rentra dans son territoire (Juges 21.19-24).
L'idée est alors d'enlever de force des jeunes filles parmi celles qui viendront danser lors d'une fête en l'honneur de l'Éternel ; puisqu’il n’y en avait pas assez avec celles qui provenaient de la ville israélite précédemment rasée. En agissant ainsi, les pères ne seront pas coupables d'avoir rompu leur serment de ne pas donner leurs filles en mariage aux Benjaminites. Ceux-ci qui n'ont de toute façon guère le choix suivirent le conseil. C'était l'anarchie complète comme le souligne encore une fois la dernière phrase du livre :
En ces temps-là, il n'y avait pas de roi en Israël. Chacun faisait ce qu'il jugeait bon (Juges 21.25).
JUGES — ENREGISTREMENTS
311Fin de Josué + Intro Juges (supprimé, voir Josué)
312Intro Juges -1.35
3132.1-4.7
3144.8-5.31
3156.1-6.27
3166.28-7.20
3177.21-9.57
31810.1-11.38
31911.39-14.9
32014.10-16.21
32116.22-18.31
32219.1-21-25 + Introduction à Ruth