Chapitre 7
Versets 16-20
Nous sommes en pleine guerre de libération conduite par le chef juge Gédéon. Il a suivi toutes les directives de l'Éternel et avec seulement 300 hommes, s'est attaqué aux ennemis d'Israël d'une manière très peu orthodoxe. Ils ont d'abord cassé tous ensemble une cruche qu'ils portaient et qui cachait une torche allumée. 300 jets de lumière sont apparus d'un seul coup autour du camp ennemi. Alors tout de suite, chacun d'eux s'est mis à souffler à plein poumon dans son cor de guerre. Ce fut sans conteste un spectacle son et lumière de première qualité, mais pas une façon sérieuse de faire la guerre.
Versets 21-22
Je continue à lire dans le chapitre 7 du livre des Juges.
Les hommes dans le camp se mirent à courir, à crier et à se sauver. Les trois cents Israélites continuèrent à sonner du cor, et l'Éternel fit que dans tout le camp chacun tourne son épée contre son compagnon. Finalement, ils s'enfuirent tous jusqu'à Beth-Chitta, du côté de Tseréra et jusqu'aux abords de Abel-Mehola près de Tabbath (Juges 7.21-22).
Les Madianites, les yeux appesantis de sommeil, paniquent, et la plus grande confusion s'ensuit. Tous les Bédouins tirent leur épée et commencent à frapper la première silhouette qu'ils aperçoivent croyant que c'est un Israélite et ainsi s'autodétruisent. Les rescapés ne comprennent pas ce qui arrive, mais dans leur affolement c'est le sauve-qui-peut. Ils rassemblent leurs familles et troupeaux et sautent sur leurs chameaux pour déguerpir aussi vite que possible. Ils prennent la direction des gués du Jourdain qui se trouvent à 40 km au sud du lac de Galilée. S'ils peuvent les traverser, la route sera libre et ils pourront alors filer comme le vent et atteindre les confins du désert en un rien de temps.
Versets 23-25
Je continue jusqu'à la fin du chapitre 7.
Les hommes d'Israël se rassemblèrent, ceux des tribus de Nephtali, d'Aser et de tout Manassé s'unirent et se lancèrent à la poursuite des Madianites. Gédéon envoya des messagers dans toute la région montagneuse d'Éphraïm pour faire dire aux hommes de descendre afin de couper la retraite aux Madianites en occupant tous les points d'eau jusqu'à Beth-Bara et tous les gués le long du Jourdain. Tous les hommes d'Éphraïm se rassemblèrent et occupèrent les points d'eau jusqu'à Beth-Bara et les gués du Jourdain. Ils capturèrent deux chefs madianites appelés Oreb et Zeeb. Ils tuèrent le premier au rocher d'Oreb et le second au pressoir de Zeeb. Ils poursuivirent les Madianites et rapportèrent les têtes d'Oreb et de Zeeb à Gédéon qui se trouvait alors à l'est du Jourdain (Juges 7.23-25).
Les 300 hommes ne suffisent pas pour la poursuite. Alertés par des messagers, des renforts arrivent de toutes parts. Les habitants d'Éphraïm sont bien placés pour intercepter, aux gués du Jourdain, l'ennemi retardé par les femmes et les enfants, les vieillards et les troupeaux. C'est ainsi que ces deux bandits de grand chemin Oreb et Zeeb reçoivent la monnaie de leur pièce. Ces noms de guerre signifient respectivement corbeau et loup. C'est tout dire.
Chapitre 8
Versets 1-3
Nous voici arrivés au chapitre 8 qui continue l'histoire de Gédéon, mais commence par une altercation. Je commence à lire en compressant.
Les hommes d'Éphraïm dirent à Gédéon : Pourquoi as-tu agi de cette manière envers nous ? Pourquoi ne nous as-tu pas appelés en renfort quand tu es parti combattre les Madianites ? Gédéon leur répondit : Qu'ai-je fait en comparaison de vous ? Après tout : c'est à vous que Dieu a livré les chefs madianites Oreb et Zeeb. Ces paroles apaisèrent leur colère (Juges 8.1-3).
Les hommes de la tribu d'Éphraïm reprochent à Gédéon son initiative prise sans les consulter. Mais en fin diplomate, il ne rentre pas dans les détails de son appel par l'Éternel et les caresse dans le sens du poil. Il leur fait remarquer qu'ils sont arrivés pour l'opération finale de nettoyage, et qu'en s'emparant des deux chefs Oreb et Zeeb, ils ont accompli beaucoup plus que lui.
Versets 4-12
Je continue en compressant.
Lorsqu'il atteignit le Jourdain, Gédéon le traversa avec les trois cents hommes qui l'accompagnaient. Malgré leur fatigue, ils continuaient à poursuivre l'ennemi. Or, Zébah et Tsalmounna s'étaient retranchés à Qarqor avec leur troupe qui comprenait quinze mille hommes. C'était tout ce qui leur restait de la grande armée des bédouins de l'Orient. En effet, cent vingt mille soldats étaient déjà tombés. Gédéon prit la route des caravanes de nomades à l'est de Nobah et de Yogbeha et attaqua le camp ennemi qui se croyait en sécurité. Les deux rois de Madian, Zébah et Tsalmounna, s'enfuirent, Gédéon les poursuivit, il les captura tous les deux et sema la panique dans toute leur armée (Juges 8.4-12).
15 000 Madianites et leurs alliés campaient à l'est de la mer Morte ayant parcouru 200 km. Ils se croyaient maintenant en sécurité. Gédéon évite de traverser des villes et emprunte une route désertique pour surprendre et en finir avec les ennemis d'Israël. En cours de poursuite, lui et ses hommes avaient demandé l'hospitalité à deux villes israélites de la tribu de Gad. Mais celles-ci refusèrent ce qui signifiait qu'elles se comportaient comme des alliés des Madianites, en d'autres mots des traitres. Après sa victoire, Gédéon y retourne et châtie les notables avec une grande sévérité.
Versets 22-23
Je continue plus loin.
Après cela, les hommes d'Israël dirent à Gédéon : Règne sur nous, puisque tu nous as délivrés des Madianites. Ton fils, puis ton petit-fils te succéderont. Gédéon leur répondit : Non, je ne régnerai pas sur vous, et mon fils ne vous gouvernera pas non plus. C'est l'Éternel qui régnera sur vous (Juges 8.22-23).
Nous apprenons ici pour la première fois que les Israélites désiraient une monarchie héréditaire comme tous les autres peuples alentour. Gédéon refuse parce que cela implique le rejet de la royauté de l'Éternel sur Israël.
Versets 24-26
Je continue.
Puis il ajouta : J'aurais cependant une demande à vous faire : Donnez-moi chacun une boucle d'oreille en or prise sur votre butin. Les ennemis portaient, en effet, des boucles d'or, car ils étaient ismaélites. Très volontiers, lui répondirent-ils. Ils étendirent un manteau par terre, et chacun y jeta un anneau prélevé sur son butin. Les anneaux d'or que Gédéon avait demandés pesaient près de vingt kilogrammes en tout. Il reçut également les croissants d'or, les pendants d'oreilles et les manteaux de pourpre que portaient les rois madianites, ainsi que les colliers qui ornaient le cou de leurs chameaux (Juges 8.24-26).
Au passage, Gédéon prélève une taxe sur le butin des combattants israélites, et dans la foulée il récupère 20 kg d'or plus tout le reste, ce qui était l'équivalent d'une fortune.
Versets 27-28
Je continue.
Avec l'or, Gédéon fabriqua une statue qu'il installa dans son village, à Ophra. Tout Israël s'y prostitua, en lui rendant un culte, de sorte que cette statue devint un piège pour Gédéon et pour sa famille. Ainsi les Madianites furent affaiblis par les Israélites et ils ne se relevèrent pas de leur défaite. Aussi longtemps que Gédéon vécut, c'est-à-dire encore pendant quarante ans, le pays jouit de la paix (Juges 8.27-28).
Mais qu'est-ce qu'il lui a pris à Gédéon de retourner vers le syncrétisme religieux d'où l'Éternel l'avait tiré ? Pourquoi cette statuette et que représente-t-elle ? On se rend compte que l'idolâtrie était profondément ancrée dans les tripes des Israélites, même de ceux qui comme Gédéon avaient foi en l'Éternel. À cette époque, Israël avait la même tournure d'esprit et vision spirituelle du monde que les Cananéens. Cette idolâtrie grotesque structurait toute leur existence. C'était tellement dans leur conception de la vie qu'ils ne comprenaient ni leur erreur, ni combien ce qu'ils faisaient était mal aux yeux du Dieu d'Israël.
Dans sa grâce, l'Éternel tolérait ces pratiques pendant un temps. C'est ainsi qu'il accorda la délivrance puis la paix à son peuple qui ne le méritait absolument pas. Avant de jeter la pierre aux uns ou aux autres, il serait bon de considérer ce que nous faisons, nous les hommes civilisés du 21e siècle. Certes, l'idole très en vogue n'est ni Baal ou Astarté, mais Mammon, le dieu de l'argent.
Plus un pays est riche et plus ses habitants sont consacrés au matérialisme devant lequel ils s'inclinent bien bas en récitant dans leurs messes basses la prière : Je veux, je veux ! Pour ce qui est d'autres aspects du culte cananéen (la prostitution sacrée, l'homosexualité, la bestialité, le travestisme), je crois que notre culture est plus dévouée à ces pratiques qu'ils ne l'étaient.
Versets 29-32
Je continue.
Gédéon, fils de Joas, s'en retourna dans sa maison et y demeura. Il eut soixante-dix fils car il avait de nombreuses femmes. Une épouse de second rang habitant à Sichem lui donna aussi un fils qu'il appela Abimélek. Après une heureuse vieillesse, Gédéon, fils de Joas, mourut et fut enterré dans le tombeau de Joas son père, à Ophra de la famille d'Abiézer (Juges 8.29-32).
Bien qu'il ait refusé de devenir un monarque, Gédéon vivait comme un pacha avec un harem et des concubines qui typiquement demeuraient avec leurs parents. De temps en temps, leur maître, puisque c'est bien de cela qu’il s'agit, venait leur rendre visite pour la nuit. C'est ainsi qu'est né cet Abimélek de malheur et qui signifie : mon père est roi. Il faut bien noter que c'est Gédéon lui-même qui lui a donné son nom, comme s'il regrettait de ne pas avoir accepté l'offre que lui avaient faite les Israélites de régner sur eux.
Ce Gédéon a décidément plus d'une tare à son actif. Il a semé des germes néfastes sur le plan à la fois politique, religieux et moral. Il a commencé comme libérateur et quitte ce monde en laissant des pièges derrière lui : une statuette idolâtre et un fils despote. Tout cela met en place une nouvelle spirale infernale, un nouveau cycle typique qui commence bien sûr par l'idolâtrie. C'est toujours la même vieille histoire lamentable, sauf qu'après Gédéon, il n'y aura plus de période de paix continue pour Israël. Le déclin de la nation se poursuit inlassablement à tous les niveaux.
Versets 33-35
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Après la mort de Gédéon, les Israélites recommencèrent à se prostituer aux Baals et adoptèrent Baal-Berith comme dieu. Ils oublièrent l'Éternel leur Dieu qui les avait délivrés de tous les ennemis qui les entouraient. Ils ne témoignèrent aucune gratitude à la famille de Yeroubbaal-Gédéon pour tout le bien que celui-ci avait fait à Israël (Juges 8.33-35).
L'impression que donne le texte est que tout Israël attendait avec impatience la mort de Gédéon, cet empêcheur de tourner en rond, pour se donner à cœur joie et sans plus aucune retenue, à leur premier amour, les pratiques idolâtres des Cananéens.
Chapitre 9
Versets 1-6
Nous voici arrivés au chapitre 9 qui traite de la 5e apostasie du livre des Juges avec un tyran de marque et une guerre civile. Je commence à lire.
Abimélek, l'un des fils de Gédéon se rendit à Sichem auprès de ses oncles maternels, et leur dit en présence de tout le groupe familial de sa mère : Posez donc à tous les notables de Sichem la question suivante : « Que vaut-il mieux pour vous ? Être gouvernés par les soixante-dix fils de Gédéon ou par un seul homme ? Souvenez-vous que nous sommes du même sang, vous et moi ! » Ses oncles allèrent répéter ses paroles à tous les notables de Sichem. Ceux-ci décidèrent de suivre son parti puisqu'il était l'un des leurs. Ils lui donnèrent soixante-dix pièces d'argent prélevées dans le temple de Baal-Berith. Avec cet argent, Abimélek embaucha des vauriens et des aventuriers pour qu'ils le suivent. Puis il se rendit à Ophra où vivait la famille de son père et massacra ses soixante-dix frères, fils de Gédéon, en les tuant sur le même rocher. Seul Yotam, le plus jeune fils de Gédéon, échappa, car il s'était caché. Tous les notables de Sichem et de Beth-Millo se rassemblèrent et proclamèrent Abimélek roi, près du chêne de la stèle, aux environs de Sichem (Juges 9.1-6).
Cette fois-ci, au lieu de châtier Israël par un peuple étranger, l'Éternel suscite un despote de la pire espèce qui va entraîner une guerre civile. L'utilisation de mercenaires prêts à tous les coups de main était courante dans l'Antiquité. La tournure que ces événements prennent est une bonne illustration d'une parole qu'un prophète a déclarée concernant la souveraineté divine et qui laisse songeur. Je cite le passage :
Cette sentence est un décret de ceux qui veillent ; cette résolution est un ordre des saints, afin que tous les vivants sachent que le Très-Haut domine sur toute royauté humaine, qu'il accorde la royauté à qui il veut, et qu'il établit roi le plus insignifiant des hommes (Daniel 4.14).
Un peuple obtient généralement les chefs qu'il mérite. La suite de ce chapitre se poursuit par la première des paraboles des Écritures données par Yotam, le seul rescapé des fils de Gédéon. Il s'agit en fait d'une malédiction qu'il prononce contre Abimélek et la ville de Sichem.
Versets 22-24
Je continue plus loin.
Abimélek gouverna Israël pendant trois ans. Après quoi Dieu envoya un esprit de discorde entre Abimélek et les notables de Sichem qui se révoltèrent contre Abimélek. Ainsi les violences commises contre les soixante-dix fils de Gédéon et leur meurtre allait retomber sur Abimélek, parce qu'il avait tué ses frères, et sur les gens de Sichem parce qu'ils l'avaient soutenu pour commettre ce meurtre (Juges 9.22-24).
Aucune situation ni aucune personne n'échappent à la souveraineté de Dieu qui veut ici que le mal manifeste ses fruits empoisonnés et appelle le jugement sur lui-même. La suite du récit devient très complexe, un peu folklorique et surtout cruelle, car il va s'agir d'une guerre civile à l'intérieur des tribus d'Éphraïm et de Manassé, toutes deux issues de Joseph, fils de Jacob. Une bande de vauriens, rivale d'Abimélek, gagne la confiance des habitants de Sichem et tous décident de liquider le premier despote. Mais ce dernier a vent du complot.
Versets 44-51
Je continue plus loin avec quelques versets faisant état de la guerre civile.
Laissant deux groupes continuer le massacre dans la campagne, Abimélek et les siens vinrent prendre position à l'entrée de la ville. Il donna l'assaut et poursuivit son offensive durant toute la journée. Finalement, il s'empara de la ville et en massacra les habitants, puis il rasa la ville et répandit du sel sur son emplacement. Chacun coupa sa branche et suivit Abimélek. Ils allèrent entasser ces branches autour de la crypte du temple et l'incendièrent avec tous ceux qui s'y trouvaient. Ainsi périrent aussi tous les habitants de Migdal-Sichem : un millier d'hommes et de femmes. Après cela, Abimélek se dirigea sur Tébets. Il l'assiégea et la prit d'assaut. Au milieu de la ville se trouvait une tour fortifiée. Toute la population, hommes et femmes, courut s'y réfugier. Ils verrouillèrent les portes derrière eux et montèrent sur le toit de la tour (Juges 9.44-45, 50-51).
En réduisant Sichem en cendre, Abimélek accomplit bien malgré lui la malédiction prononcée contre la ville par Yotam, le plus jeune fils de Gédéon et le seul rescapé de la tuerie. Ensuite, il s'attaque à Tébets, une autre ville située à 15 km plus au nord, qui dépendait de Sichem et qui s'était également révoltée contre lui. Il veut répéter son exploit précédent en incendiant la tour où se sont réfugiés les habitants.
Versets 52-54
Je continue le texte.
Abimélek parvint jusqu'à la tour et l'attaqua. Déjà, il s'approchait de l'entrée pour y mettre le feu, lorsqu'une femme lui lança une meule de moulin sur la tête, qui lui fractura le crâne. Aussitôt, il appela le jeune homme qui portait ses armes et lui ordonna : Tire ton épée et tue-moi pour que l'on ne puisse pas dire que c'est une femme qui m'a tué. Alors son écuyer le transperça, et il mourut (Juges 9.52-54).
La tâche de moudre le grain était considérée comme trop humble pour les hommes ; elle était donc réservée aux femmes. L'une d'entre elles avait avec elle la pierre circulaire qui constituait la partie supérieure de son moulin à main et qui pesait plusieurs kilogrammes. Dans la providence divine, elle a fait mouche.
Versets 55-57
Je continue.
Quand les hommes d'Israël virent qu'Abimélek était mort, ils s'en allèrent chacun chez soi. Ainsi Dieu fit retomber sur Abimélek tout le mal qu'il avait commis à l'égard de son père en tuant ses soixante-dix frères. Il fit aussi retomber leurs crimes sur les gens de Sichem. De cette manière se réalisa la malédiction que Yotam, fils de Gédéon, avait prononcée contre eux (Juges 9.55-57).
Cette histoire met une fois de plus en avant la souveraineté de Dieu dans les affaires des hommes ; c'est lui qui installe au pouvoir les tyrans les plus vils et qui les dépose au moment qu'il juge opportun. C'est dur à entendre et à comprendre, car cela soulève pas mal de questions, mais tel est l'enseignement des Écritures.