logo
Publié par Chemins de VIE (http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie)

Émission 316 - Juges 6:25 - 7:16

By Chemins de VIE
Créé 17/03/2008 - 05:00

Chapitre 6

Versets 25-27

L'histoire du chef-juge Gédéon racontée dans le livre des Juges, est des plus captivantes. Craintif et très hésitant tout au début de son appel par l'Éternel, il lui a finalement fait confiance. Alors, n'écoutant que son courage, pendant la nuit et à l'aide de ses serviteurs il réduit en poussière les idoles présentes dans son village. Bien sûr, le réveil va être brutal pour tout le monde, aussi bien les habitants que notre héros malgré lui.

Versets 28-31

Je continue le texte dans le chapitre 6.

Le lendemain matin, les gens du village découvrirent que l'autel de Baal avait été démoli, que le poteau sacré était abattu et qu'un taureau avait été offert en holocauste sur l'autel qui venait d'être construit. Ils se demandèrent les uns aux autres : Qui a fait cela ? Alors qu'ils cherchaient à se renseigner, on leur dit que c'était Gédéon, le fils de Joas, qui avait fait cela. Alors ils dirent à Joas : Fais sortir ton fils et il mourra, car il a démoli l'autel de Baal et abattu le poteau sacré qui se trouvait à côté. Mais Joas répondit à tous ceux qui se tenaient autour de lui : Est-ce à vous de défendre la cause de Baal ? Est-ce à vous de lui venir en aide ? Celui qui prendra parti pour Baal sera mis à mort avant demain matin. Si Baal est dieu, qu'il se défende lui-même, puisqu'on a démoli son autel (Juges 6.28-31).

La déchéance de ces Israélites est telle qu'ils veulent appliquer au défenseur de la Loi de Moïse la peine que celle-ci prévoyait pour les idolâtres. C'est quand même fort et une drôle d'histoire. Le père de Gédéon retourne sa veste. Il a un changement brusque d'allégeance et prend parti pour son fils de manière astucieuse en proclamant : Si Baal est dieu, qu'il se défende lui-même . Cet homme, Joas, devait être un des chefs du village, car sa parole est respectée.

Versets 33-35

Je continue plus loin.

Les Madianites, les Amalécites et les nomades de l'Orient rassemblèrent leurs troupes, traversèrent le Jourdain et installèrent leur camp dans la vallée de Jizréel. L'Esprit de l'Éternel s'empara de Gédéon qui se mit à sonner du cor. Alors les hommes de la famille d'Abiézer [dont faisait partie son village] se rassemblèrent pour le suivre. Gédéon envoya des messagers dans tout le territoire de Manassé. Là aussi, les hommes se rassemblèrent pour marcher avec lui. Il envoya de même des messagers dans les tribus d'Aser, de Zabulon et de Nephtali, et tous vinrent le rejoindre (Juges 6.33-35).

L'heure de la délivrance a sonné au bon moment, juste avant que les pilleurs tels des sauterelles n'envahissent le pays pour leur rapine périodique. Rempli de l'Esprit de l'Éternel, Gédéon passe à l'action et apparaît sans peur et sans reproche. Il convoque tout le monde grâce au son du cor qui précédait les actions militaires. La tribu d'Aser qui n'avait prêté aucune attention à la convocation du juge Débora répond cette fois-ci à celle de Gédéon.

Versets 36-40

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Gédéon dit à Dieu : Si réellement tu veux délivrer Israël par mes soins, comme tu l'as dit, voici ce que je te demande : j'étendrai une toison de laine sur le sol de l'aire où l'on bat le blé. Si la rosée se dépose seulement sur la toison, et si tout le sol autour reste sec, je saurai que c'est par mes soins que tu veux délivrer Israël, comme tu l'as déclaré. C'est exactement ce qui arriva. Le lendemain, il se leva de bon matin, pressa la toison et en fit sortir assez de rosée pour remplir d'eau tout un bol. Alors il dit à Dieu : Ne te fâche pas contre moi si je t'adresse encore une fois une demande, permets-moi seulement une dernière épreuve avec la toison : qu'elle seule reste sèche et que la rosée mouille le sol tout autour. Et Dieu fit cette nuit-là ce que Gédéon lui avait demandé : seule la toison resta sèche, alors que tout le sol reçut de la rosée (Juges 6.36-40).

Dans les Écritures, la rosée est toujours un symbole de bénédiction divine. Je cite quelques passages :

Moi l'Éternel, je serai pour Israël semblable à la rosée, il fleurira comme le lis, et s'enracinera comme les cèdres du Liban. L'Éternel bénit son pays par la rosée précieuse qui vient du ciel. La faveur du roi est comme la rosée sur l'herbe. Par sa science, l'Éternel a fait jaillir l'eau des sources et ordonné aux nuages de répandre la rosée (Osée 14.6 ; Deutéronome 33.13 ; Proverbes 19.12 ; 3.20).

Chacun de nous, à un moment ou à un autre de sa vie, se sent devenir aride. C'est alors que j'ai besoin de la rosée du ciel, celle que l'Éternel seul peut m'envoyer. Cela dit, et pour revenir au texte, la demande d'une intervention miraculeuse est généralement mal considérée dans les Écritures, parce qu'elle est la preuve d'un manque de foi. Jésus-Christ a reproché cette attitude incrédule à sa génération. Je le cite :

Ces gens de notre temps qui sont mauvais et infidèles à Dieu réclament un signe miraculeux ! (Matthieu 12.39).

De plus, Gédéon avait déjà reçu une confirmation que c'était bien l'Éternel qui l'envoyait en mission. Mais selon toute apparence, ce brave homme manque singulièrement de confiance en Dieu. Pourtant, dans le Nouveau Testament, Gédéon figure sur une liste de héros de la foi que je cite :

C'est parce qu'ils ont eu cette foi que les hommes des temps passés ont été approuvés par Dieu. Que dirai-je encore ? Le temps me manquerait si je voulais parler en détail de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel et des prophètes (Hébreux 11.2, 32).

Il se peut aussi que ce soient les officiers de Gédéon qui l'ont poussé à mettre ainsi l'Éternel à l'épreuve. Ce qu'il y a de sûr, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à l'aube de la bataille, et rassemblés sous la bannière de Gédéon, les combattants israélites n'en menaient pas large. Ils n'étaient pas très rassurés. Quoi qu'il en soit, l'Éternel est très patient avec son serviteur et condescend à sa double demande.

Chapitre 7

Versets 1-3

Nous voici arrivés au chapitre 7 qui poursuit l'histoire de Gédéon. Je commence à lire.

Le lendemain matin, Yeroubbaal, c'est-à-dire Gédéon, se mit en route avec toutes ses troupes et ils établirent leur camp près de Eyn-Harod. L'armée des Madianites était campée plus au nord dans la vallée qui s'étend au pied de la colline de Moré. L'Éternel dit à Gédéon : Ton armée est trop nombreuse pour que je te donne la victoire sur les Madianites. Sinon les Israélites s'en vanteraient à mes dépens, en pensant que c'est par leurs propres forces qu'ils se sont délivrés. Fais donc la proclamation suivante à tes troupes : « Qui d'entre vous a peur au point de trembler ? Qu'il s'éloigne du mont Galaad et rentre chez lui. » Vingt-deux mille hommes de son armée s'en allèrent, et il en resta dix mille (Juges 7.1-3).

Plus loin dans le livre nous apprenons que la coalition madianite qui campait à 5 km des Israélites était forte de 135 000 hommes. La situation se gâte encore pour notre héros malgré lui. Non seulement Gédéon a 6 fois moins de combattants que ses ennemis, mais Dieu décide qu'ils sont beaucoup trop nombreux. Un vrai cauchemar qui logiquement ne laisse aucun doute sur l'issue du combat. Il n'est pas étonnant que Gédéon eût des sueurs froides et qu'il ait demandé un signe à 3 reprises. Je crois qu'à sa place, c'est toutes les 10 minutes que j'aurais voulu une preuve de la présence de l'Éternel à mes côtés. Selon la Loi qu'il avait donnée à Moïse, ceux qui avaient peur de combattre avaient le droit de retourner chez eux après avoir répondu à l'ordre de mobilisation. Je lis le passage :

Puis les officiers diront encore aux soldats : Quelqu'un parmi vous a-t-il peur et manque-t-il de courage ? Qu'il rentre chez lui, pour ne pas démoraliser ses compagnons d'armes ! (Deutéronome 20.8).

C'est ainsi que plus des deux tiers de ses effectifs se retirent du jeu. Ça a quand même dû lui filer un gros coup au moral. Lorsque Gédéon annonça : Qui d'entre vous a peur au point de trembler ? On est en droit de se demander s'il n'a pas été tenté d'ajouter : J'ai plus peur que n'importe lequel d'entre vous, suivez-moi, car je rentre à la maison ! Mais il avait reçu une mission à accomplir, alors il est resté sur la brèche. C'est là que sa confiance en l'Éternel a pris le dessus et qu'il est devenu un héros de la foi. Mais je me demande quand même ce qu'il a dû penser de la stratégie divine. D'un côté, il comprenait que l'Éternel désirait tout le crédit de la victoire encore à venir, mais d'un autre, je suis sûr que s'il en avait eu le loisir, il aurait préféré se trouver à 100 lieues du front ; chez lui par exemple, à regarder les informations à la télé et voir se dérouler tous ces événements sur le petit écran, plutôt que d'en être l'acteur principal.

Versets 4-7

Je continue le texte.

Mais l'Éternel dit à Gédéon : Les troupes sont encore trop nombreuses. Fais-les descendre au bord du torrent, et là je les trierai pour toi. Ceux que je désignerai pour t'accompagner iront avec toi, mais ceux dont je te dirai qu'ils ne doivent pas t'accompagner n'iront pas avec toi. Gédéon fit descendre ses hommes au bord du torrent, et l'Éternel lui dit : Tu mettras d'un côté tous ceux qui lapent l'eau avec la langue comme les chiens, et de l'autre côté ceux qui s'agenouillent pour boire. Il y eut trois cents hommes qui prirent de l'eau dans leurs mains pour la porter à leur bouche et la laper, et tous les autres s'agenouillèrent pour boire. L'Éternel dit à Gédéon : C'est avec ces trois cents hommes qui ont lapé l'eau dans leurs mains que je vous délivrerai des Madianites en vous donnant la victoire sur eux. Que tous les autres rentrent chez eux ! (Juges 7.4-7).

Bonjour l'angoisse ! La foi de Gédéon est testée un maximum. Il se retrouve avec les effectifs d'une colonie de vacances pour se battre contre 135 000 hommes aguerris. Ceux qui prenaient l'eau avec une main gardaient l'autre sur leur épée. Ils se montraient ainsi vigilants, sur le qui-vive, vis-à-vis d'une possible attaque de la part de l'ennemi et ils avaient confiance que Gédéon les conduisait au nom de l'Éternel. Les autres (la majorité) n'avaient pas osé dire qu'ils avaient peur. Ils s'agenouillèrent et trempèrent leur visage dans le torrent pour boire. Ils tournaient ainsi le dos à la bataille à venir, montrant par là une certaine désinvolture ; une façon de dire qu'ils ne voulaient pas y participer, parce qu'ils ne croyaient pas à la possibilité d'une victoire. Chacun a librement choisi sa méthode pour boire, et Dieu opta pour les 300 hommes qui avaient démontré qu'ils étaient prêts à se battre. Ces combattants voulaient attaquer les Madianites, non parce qu'ils étaient des têtes brûlées, mais parce qu'ils étaient consacrés et déterminés. Ils y croyaient à la victoire.

Versets 8-11

Je continue.

Les trois cents hommes reçurent les provisions et les cors des autres et Gédéon renvoya le gros des hommes d'Israël chez eux, en ne retenant que les trois cents hommes. Or, le camp des Madianites était en dessous du sien dans la vallée. Cette nuit-là, l'Éternel dit à Gédéon : Va, descends attaquer le camp madianite, car je le livre en ton pouvoir. Cependant, si tu as peur d'y aller, vas-y d'abord avec ton serviteur Poura. Écoute ce qu'ils disent, et cela t'encouragera ; tu descendras ensuite attaquer le camp. Gédéon descendit donc avec son serviteur Poura jusqu'aux avant-postes du camp (Juges 7.8-11).

Malgré toutes les assurances qu'il a données à Gédéon, l'Éternel sait très bien que son serviteur a peur d'attaquer 135 000 hommes avec ses 300 volontaires. Il ne faut pas trop lui en vouloir, car il n'existe pas de manuel de tactique militaire qui explique comment s'en tirer dans une situation pareille. Les troupes en campagne transportaient leurs provisions dans des cruches qui avec la sonnerie des cors, vont jouer un rôle essentiel dans le combat de l'Éternel. Donc, Gédéon suit les conseils de Dieu et descend avec son serviteur dans la vallée remplie des Madianites voraces qui se préparent à ravager Israël. Il arrive aux avant-postes où sont stationnées les troupes d'élite dont le rôle est de protéger la masse de femmes, d'enfants et de troupeaux, ceux qu'ils ont déjà volés aux Israélites.

Versets 12-15

Je continue.

Les Madianites, les Amalécites et les nomades de l'Orient étaient répandus dans la vallée en aussi grand nombre qu'une nuée de sauterelles, et leurs chameaux étaient innombrables comme le sable au bord de la mer. Gédéon s'approcha et il entendit un homme raconter un rêve à son camarade. Écoute, disait-il, j'ai fait un rêve. Je voyais une miche de pain d'orge rouler à travers le camp de Madian ; arrivée à la tente, elle l'a frappée de plein fouet, l'a fait tomber et l'a renversée sens dessus dessous, si bien que la tente était par terre. Son camarade répondit : Cela ne représente rien d'autre que l'épée de Gédéon, fils de Joas, homme d'Israël à qui Dieu donne la victoire sur Madian et toute l'armée. Lorsque Gédéon eut entendu le récit du rêve et son interprétation, il se prosterna, puis il retourna au camp d'Israël et cria : Tout le monde debout, car l'Éternel vous donne la victoire sur l'armée de Madian ! (Juges 7.12-15).

Dieu utilise parfois les songes pour communiquer des révélations. Ici, chose exceptionnelle et preuve de sa souveraineté sur tous les humains, le rêve et son interprétation juste proviennent de non-Israélites. Décidément, c'est l'Éternel qui fait tout. Gédéon arrive juste au bon moment pour entendre la conversation des deux soldats. Le pain d'orge est un produit agricole destiné aux pauvres, car il ne valait que la moitié du prix du blé. Il représente la faiblesse des Israélites affamés tandis que la tente symbolise les Madianites nomades. Gédéon se rend compte que les troupes de choc de la confédération de Bédouins sont terrorisées sans aucune raison valable. C'est donc que l'Éternel est bel et bien à ses côtés. Rassuré, il croit enfin à la victoire, remonte dans son camp et rassemble tous ses soldats.

Versets 16-20

Je continue.

Gédéon divisa les trois cents hommes en trois groupes et remit à chaque soldat un cor et une cruche vide dans laquelle on mettait une torche allumée. Il leur dit : Vous me regarderez faire et vous ferez exactement comme moi. Je vais m'avancer jusqu'aux abords du camp. Quand j'y serai arrivé, vous n'aurez qu'à m'imiter. Quand je sonnerai du cor avec ceux de mon groupe, vous sonnerez aussi du cor tout autour du camp et vous crierez : « Pour l'Éternel et pour Gédéon ! » Peu avant minuit, Gédéon et les cent hommes de son groupe arrivèrent aux abords du camp. On venait juste de remplacer les sentinelles. Soudain, ils sonnèrent du cor et cassèrent les cruches qu'ils tenaient à la main. Les trois groupes sonnèrent du cor et cassèrent leurs cruches. De la main gauche, ils brandirent les torches, et de la droite ils tenaient les cors pour en sonner, et ils crièrent : « À vos épées, pour l'Éternel et pour Gédéon ! » tout en restant chacun à sa place autour du camp (Juges 7.16-20).

Gédéon divise sa poignée d'hommes en trois compagnies. Il va adopter une stratégie qu'utiliseront par la suite, plusieurs généraux israélites. Leurs armes, des cors retentissants et des cruches avec une torche allumée à l'intérieur, sont plutôt inhabituelles. Il n'est pas minuit, mais cela fait bien deux bonnes heures que les Bédouins sont endormis et rêvent de leurs conquêtes prochaines. Une profonde torpeur pèse sur le camp. Tout d'un coup, Gédéon et ses troupes cassent leurs cruches qui révèlent la lueur de leurs torches et sonnent simultanément du cor. Ils déclenchent un ramdam faramineux qui déchire et éclaire la nuit d'une pénombre. L'effet de surprise est immédiat, car les Madianites ne s'attendaient absolument pas à être attaqués comme ça dans leur sommeil par les Israélites qu'ils savaient affaiblis. Tous ces cors qui retentissent laissent croire à la présence d'un très gros contingent de soldats donnant un assaut massif.

Ce spectacle son et lumière a lieu tout autour du camp, mais les ombres se reflètent sur les tentes ce qui donne l'impression que les Israélites avaient déjà pénétré à l'intérieur du cordon de protection assuré par les troupes d'élite. C'est littéralement l'Éternel qui a envahi le camp ennemi et qui va donner la victoire au peuple d'Israël. Ce qui me paraît incompréhensible c'est que malgré les interventions sans cesse répétées de Dieu en leur faveur, comme dans l'histoire précédente, les Israélites rebelles n'ont jamais voulu comprendre qu'avec Dieu ils étaient bénis alors qu'en pratiquant l'idolâtrie, ils étaient maudits. Je les trouve particulièrement durs de la tête et du cœur. Mais avant de leur jeter la pierre, je devrais considérer ma vie en toute honnêteté, à la lumière des Écritures, et en extirper d'abord toutes mes idoles.


Source URL:
http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie/node/846