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Diffusé le 12 mars 2008 - ::
Israël est spirituellement en chute libre. Bien sûr, la situation sociale et politique s'est, elle aussi, fortement dégradée. Alors, l'Éternel exprime son mécontentement aux Israélites. Heureusement, cette histoire du peuple d'Israël racontée par le livre des Juges ne me concerne pas directement, sauf que si j'étais personnellement appelé à comparaître devant mon Créateur aujourd'hui même, que me dirait-il ? Je commence à lire le chapitre 2 du livre des Juges.
L'ange de l'Éternel monta de Guilgal à Bokim et déclara au peuple d'Israël : Je vous ai fait sortir d'Égypte et je vous ai amenés dans le pays que j'ai solennellement promis à vos ancêtres. J'ai déclaré que je ne romprais jamais mon alliance avec vous. Et vous de même, vous ne conclurez pas d'alliance avec les habitants de ce pays et vous démolirez leurs autels. Or, vous ne m'avez pas obéi. Pourquoi avez-vous fait cela ? Aussi ai-je résolu de ne pas déposséder les habitants du pays en votre faveur. Ils resteront pour vous des adversaires et leurs dieux seront un piège pour vous (Juges 2.1-3).
L'Ange de l'Éternel s'exprime exactement comme Dieu lui-même en demandant des comptes à Israël. Il ne peut donc s'agir que de l'une des 3 personnes de la Trinité. Il est plus que probable que cette apparition soit celle du Fils de Dieu. Plus loin dans le livre, ce sera un prophète, puis un inconnu parlant au nom de l'Éternel, qui eux aussi feront de sévères reproches à Israël. L'alliance que devait respecter le peuple élu excluait tout accord avec des peuples idolâtres. La sanction tombe. C'est l'arrêt de la conquête pendant tout le temps de l'apostasie et le maintien des Cananéens au milieu du peuple infidèle, ce qui sera pour eux un piège qui entraînera leur chute spirituelle dans l'apostasie. Maintenant, va commencer la spirale descendante d'Israël. Mais avant cela, le texte passe en revue les hauts faits de Josué.
Je continue plus loin en compressant et jusqu'à la fin du chapitre 2.
Tous ceux de la génération de Josué disparurent à leur tour. Une nouvelle génération se leva, qui ne connaissait pas l'Éternel, et n'avait pas vu les œuvres qu'il avait accomplies en faveur d'Israël. Alors les Israélites firent ce que l'Éternel considère comme mal, et ils se mirent à rendre un culte aux dieux Baals. Chaque fois qu'ils entreprenaient une campagne, l'Éternel intervenait contre eux pour leur malheur, comme il le leur avait déclaré, et même annoncé par serment. Ainsi ils furent réduits à la plus grande détresse. Alors l'Éternel leur suscita des chefs qui les délivrèrent des pillards. Il aidait cet homme, et il délivrait les Israélites de leurs ennemis pendant toute la vie de ce chef. En effet, lorsque l'Éternel entendait son peuple gémir sous le joug de ses oppresseurs et de ceux qui le maltraitaient, il avait pitié d'eux. Mais après la mort du chef, le peuple recommençait à se corrompre encore plus que les générations précédentes. L'Éternel laissa donc subsister, sans se presser de les déposséder, ces nations qu'il n'avait pas livrées au pouvoir de Josué (Juges 2.10-23).
Voilà exactement comment les choses se passèrent durant les 3 siècles que couvre l'époque des Juges. La disparition de l'ancienne génération d'Israélites, qui avait vécu des prodiges extraordinaires, entraîna un changement radical de climat. Les jeunes loups considéraient leurs aînés comme ringards et ne voyaient pas les Cananéens comme des ennemis à éliminer au plus vite. Au contraire, ils adoptèrent leur idolâtrie, ce que le texte appelle de la prostitution, une manière métaphorique de désigner l'apostasie. Mais cela correspond en même temps à une réalité puisque le culte cananéen comportait des rites de prostitution sacrée.
Nous voici rendus au chapitre 3 dans lequel ont lieu les deux premières apostasies. Je commence à lire.
Voici quelles nations l'Éternel laissa subsister pour mettre à l'épreuve les Israélites qui n'avaient pas participé aux guerres pour la conquête de Canaan. Il voulait que les nouvelles générations d'Israélites, qui n'avaient pas connu la guerre, apprennent ce qu'est la guerre. L'Éternel laissa donc dans le pays les cinq principautés philistines, tous les Cananéens et les Sidoniens, les Héviens qui habitaient la chaîne du Liban. Ces nations servirent à éprouver les Israélites pour savoir s'ils obéiraient aux commandements que l'Éternel avait donnés à leurs ancêtres par Moïse (Juges 3.1-4).
L'Éternel voulait que les Israélites apprennent la guerre, pas le maniement des armes, mais qu'ils comprennent et participent au combat que livrait l'Éternel contre les idoles que servaient des populations moralement dégénérées. Chaque génération aura l'occasion soit de se rebeller comme leurs ancêtres immédiats, soit d'obéir à l'Éternel et de garder sa Loi en prenant position contre l'idolâtrie cananéenne. Les Héviens vivaient dans ce qui est aujourd'hui la plaine de la Bekaa au Liban. Les Sidoniens sont un autre nom pour les Phéniciens qui étaient sur la côte méditerranéenne au sud de Beyrouth aujourd'hui. Les Philistins étaient aussi au bord de la mer, mais dans le sud du pays. Toutes ces peuplades sont souvent mentionnées dans l'Ancien Testament.
Je continue en compressant.
Ainsi les Israélites habitèrent au milieu des Cananéens, des Hittites, des Amoréens, etc. Ils épousèrent leurs filles, donnèrent leurs propres filles à leurs fils et adorèrent leurs dieux. Les Israélites firent ce que l'Éternel considère comme mal (Juges 3.5-7).
Voilà maintenant que commence le cycle type du livre des Juges. Les Israélites vivent parmi les Cananéens, s'entremarient avec eux et deviennent idolâtres comme tout le monde dans ce pays. Ils entretiennent de cette manière d'excellentes relations avec ceux qu'ils auraient dû chasser.
Je continue en compressant.
L'Éternel se mit en colère contre Israël et il les livra au pouvoir de Kouchân-la double méchanceté, roi de Mésopotamie. Les Israélites lui furent assujettis pendant huit ans. Ils implorèrent l'Éternel et celui-ci leur suscita un libérateur en la personne d'Otniel, fils de Qenaz, qui était le frère cadet de Caleb. L'Esprit de l'Éternel vint sur lui et il prit la direction d'Israël. Il partit en guerre contre Kouchân-la double méchanceté, roi de Mésopotamie, et l'Éternel lui donna la victoire sur lui. Après cela, la région fut en paix pendant quarante ans ; puis Otniel mourut (Juges 3.8-11).
Le cycle continue. L'Éternel punit son peuple. Ne voulant pas de sa seigneurie, les Israélites devront subir celle de leurs ennemis. Ils vont croquer à pleines dents les fruits amers de leur désobéissance, et subir les conséquences de leurs rébellions incessantes. Ce roi très méchant, car c'est là son nom, venait de très loin, du nord pour envahir les territoires d'Israël. Il pouvait le faire, car à l'époque, l'Égypte était particulièrement affaiblie ; or c'est elle qui exerçait, en théorie du moins, un certain contrôle sur le pays de Canaan qui s'étendait presque devant sa porte.
Dans sa détresse, le peuple de Dieu se souvient de l'Éternel et l'invoque. Il leur suscite alors un libérateur et la première boucle est fermée. Ce juge-chef n'avait pas l'envergure d'un Moïse ou d'un Josué. Il était ordinaire comme vous et moi, mais il fut apparemment le seul, malgré son âge avancé, à oser affronter un envahisseur malveillant. Ce qui le distinguait de la foule c'était sa foi en l'Éternel, et c'est ce qui a permis à Dieu de l'utiliser pour le bien de son peuple. Sous la direction d’Otniel, un combattant qui avait déjà fait ses preuves, et grâce à l'aide de l'Éternel, le roi méchant est vaincu. Après cet exploit, le juge-chef administra les affaires du peuple jusqu'à sa mort.
Je continue le texte.
Les Israélites recommencèrent à faire ce que l'Éternel considère comme mal. À cause de cela, l'Éternel fortifia Églôn, roi de Moab, et le dressa contre Israël. Églôn s'allia aux Ammonites et aux Amalécites, et ils attaquèrent les Israélites, les battirent et s'emparèrent de la ville des palmiers. Pendant dix-huit ans, les Israélites furent assujettis à Églôn, roi de Moab. Alors ils implorèrent l'Éternel, et celui-ci leur suscita un libérateur en la personne d'Éhoud, fils de Guéra, de la tribu de Benjamin, un homme qui était gaucher. Les Israélites le chargèrent de porter le tribut à Églôn, roi de Moab (Juges 3.12-15).
Les Moabites et les Ammonites étaient de lointains cousins des Israélites. Ils étaient installés à l'est du Jourdain et cherchaient à élargir leur territoire aux dépens d'Israël. Ils ont asservi la tribu de Benjamin qui occupait la ville de Jéricho ainsi qu'une partie de celle d'Éphraïm. Éhoud est sans aucun doute un des responsables de sa tribu. Il va aller payer les impôts au despote qui les opprime. Ce tribut se composait de troupeaux, d'argent et d'or.
Je continue le récit qui curieusement donne beaucoup de détails.
Éhoud se fabriqua une épée à deux tranchants d'environ cinquante centimètres de long et il la ceignit sous ses vêtements, le long de la cuisse droite. Il alla remettre le tribut à Églôn, roi de Moab qui était très gros. Lorsqu'il eut fini de présenter le tribut, il renvoya les hommes qui l'avaient apporté. Il dit au roi : « Majesté, j'ai un message secret à te communiquer. » Le roi ordonna à tous ceux qui se tenaient autour de lui de le laisser, et tous ses familiers se retirèrent. Alors Éhoud s'approcha du roi qui était assis dans la chambre haute qu'il s'était réservée sur la terrasse, au frais. Éhoud lui dit : J'ai pour toi un message de Dieu. Le roi se leva de son siège. De sa main gauche, Éhoud saisit l'épée qu'il portait sur sa cuisse droite et l'enfonça dans le ventre du roi. La poignée elle-même pénétra après la lame, et la graisse se referma sur la lame, car Éhoud laissa l'arme dans le ventre du roi, puis il sortit par le vestibule, après avoir fermé les portes de la chambre haute à clé derrière lui. Quand il fut sorti, les serviteurs du roi revinrent et ils constatèrent que les portes de la chambre haute étaient fermées à clé. Ils attendirent, se disant que le roi était en train de faire ses besoins dans la chambre d'été. Ils attendirent un bon moment. Enfin, ne sachant plus que penser, et comme il n'ouvrait toujours pas les portes, ils prirent la clé et ouvrirent eux-mêmes et voici que leur maître était étendu à terre, mort. Pendant qu'ils s'étaient ainsi attardés, Éhoud s'était échappé. Il dépassa les idoles de pierre et s'enfuit. Il sonna du cor dans les montagnes d'Éphraïm. Les Israélites descendirent des collines et il se mit à leur tête. Suivez-moi, leur dit-il, car l'Éternel vous donne la victoire sur vos ennemis les Moabites. Ils le suivirent donc et ils occupèrent les gués du Jourdain pour couper le passage aux Moabites, ne laissant personne traverser la rivière. Ils tuèrent ce jour-là environ dix-mille hommes de Moab, tous robustes et aguerris et ils ne laissèrent aucun rescapé. Moab fut affaibli à partir de là par les Israélites et la région connut la paix pendant quatre-vingts ans (Juges 3.16-30).
Ce n'étaient pas des tendres à cette époque. Le deuxième chef juge suscité par l'Éternel expose sa vie et emploie la ruse pour mettre à mort le roi moabite oppresseur et jeter ainsi la confusion parmi les ennemis d'Israël. Éhoud avait certainement été fouillé par les gardes du roi, mais très mal, et du mauvais côté. De plus, il avait très bien préparé l'assassinat, sa fuite, ainsi que la tactique qu'il allait suivre pour éclipser définitivement la menace des Moabites. Il a réussi à rallier ses compatriotes passifs sous sa bannière. Le son du cor était utilisé pour appeler Israël au combat dans les guerres de l'Éternel.
En occupant les gués du Jourdain, le seul endroit où il était possible de traverser le fleuve, Éhoud contrôlait toutes les allées et venues de ses ennemis. C'est ainsi que les Israélites empêchèrent les renforts d'arriver et coupèrent la retraite à ceux qui étaient en territoire benjamite. Ce fut une grande victoire suivie d'une période de paix qui dura 80 ans, la plus longue enregistrée dans le livre des Juges.
Je finis le chapitre 3.
Après Éhoud, vint Chamgar, fils d'Anath. Il tua six cents Philistins avec un aiguillon à bœufs. Lui aussi fut un libérateur d'Israël (Juges 3.31).
Rien d'autre ne nous est dit sur ce troisième chef juge. Ce qui est extraordinaire, c'est que lorsque quelqu'un est consacré à Dieu comme ce Chamgar, n'importe quoi peut faire l'affaire entre ses mains. Les Philistins faisaient des razzias en territoire israélite pour leur voler du bétail et tout ce qu'ils pouvaient trouver.
Nous voici maintenant arrivés au chapitre 4 dont l'histoire se passe sous une magistrature féminine. Il y a eu des femmes de très haute stature dans l'histoire ; pensons à Jeanne d'Arc, par exemple. Ce fut le cas de Débora, le 4e juge de ce livre, et dont le nom signifie abeille . Elle exerça dans les tribus du nord, alors que les trois premiers juges-chefs étaient dans le sud du pays. Je commence à lire.
Après la mort d'Éhoud, les Israélites recommencèrent à faire ce que l'Éternel considère comme mal. Alors l'Éternel les livra au pouvoir de Yabîn, un roi cananéen qui régnait sur la ville de Hatsor. Le chef de son armée s'appelait Sisera et demeurait à Harocheth-Goïm. Yabîn possédait neuf cents chars bardés de fer et il opprima durement les Israélites pendant vingt ans. Alors ceux-ci implorèrent l'Éternel (Juges 4.1-3).
Un nouveau cycle commence. L'attitude des Israélites est fatigante et pathétique. Dès qu’Éhoud disparaît, ils recommencent leur pratique idolâtre. Cela faisait maintenant 2 siècles que l'Éternel avait délivré Israël de l'esclavage égyptien. Ici, il fait le contraire et les asservit aux Cananéens. La ville de Hatsor mentionnée ici avait été incendiée par Josué et son roi exécuté. Les Cananéens la reconstruisirent et elle devint la plus importante ville de la Galilée, la région où Jésus exerça en priorité son ministère. Au vu du nombre de chars de combat, la coalition de Cananéens qui tient Israël en esclavage depuis 20 ans est importante et redoutable. Sans intervention divine, il n'y a aucune issue possible.
Je continue.
À cette époque, Débora, une prophétesse femme de Lappidoth, administrait la justice en Israël. Elle siégeait sous le palmier qui, depuis lors, porte son nom, entre Rama et Béthel, dans la région montagneuse d'Éphraïm. Les Israélites se rendaient auprès d'elle pour régler leurs litiges. Un jour, elle envoya chercher Baraq, fils d'Abinoam, de Qédech en Nephtali, et lui dit : Voici ce que t'ordonne l'Éternel, le Dieu d'Israël : « Va recruter dix mille hommes dans les tribus de Nephtali et de Zabulon et conduis-les sur le mont Thabor. Je mènerai au torrent de Qichôn, Sisera, le chef de l'armée de Yabîn, avec ses chars et ses troupes, et je te donnerai la victoire sur lui » (Juges 4.4-7).
Débora était à la fois juge et prophétesse. Ces deux activités présentaient quelque affinité : par sa parole, elle exhortait ses compatriotes à revenir au respect des termes de l'alliance ; par ses verdicts judiciaires, elle appliquait les normes de la Loi de Moïse. Elle reçoit donc un message de Dieu qu'elle transmet à ce dénommé Baraq qui habitait tout au nord dans ce qui est aujourd'hui Tel Qedech sur la frontière israélienne avec le Liban ; elle-même se trouvait dans le centre du pays. Cette convocation d'un chef habitant si loin atteste le rayonnement et l'autorité de la prophétesse.
Le mont Thabor mentionné ici s'élève à environ 400 m de hauteur et se trouvait à la jonction des trois tribus d'Issacar, Nephtali et Zabulon. À cet endroit escarpé, les chars de guerre cananéens étaient inefficaces, ce qui convenait bien pour un rassemblement de troupes en toute sécurité, mais qui représentait un défi manifeste lancé aux armées ennemies. Bien entendu, ce Baraq connaissait bien Débora et croyait que ses paroles prophétiques venaient de l'Éternel ; sinon elle ne se serait pas adressée à lui. On verra qu'il va marcher, mais à une condition. Il veut s'assurer du concours de l'Éternel, de sa présence à ses côtés et je le comprends tout à fait. Moi, dans ses sandales, j'aurais fait pareil.