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Émission 360 - Actes 27:3 - 27:41

Diffusé le 16 mai 2008 - ::

Chapitre 27

Verset 3

Quand on pense « voyage », il s'agit en général de vacances avec la découverte de nouveaux horizons, des couleurs, des repas exotiques et tout ça. L'apôtre Paul est lui aussi en vadrouille. Il a entrepris une croisière sur la Méditerranée la traversant dans le sens de la longueur depuis la Palestine jusqu'à Rome. Il fait escale ici et là, change de bateau, rencontre de nouvelles gens et ainsi de suite. Seulement lui, il a les fers aux pieds et ses compagnons d'infortune sont comme lui prisonniers et destinés aux jeux du cirque où ils devront affronter les bêtes sauvages ou bien combattre jusqu'à mort s'en suive, pour le plus grand plaisir et l'amusement de la cour impériale et du gratin de la ville : une charmante perspective ! Cependant, Paul n'est absolument pas chagriné par sa condition. Au contraire, il y voit une opportunité en or d'annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à l'empereur Néron. Il sait qu'il est au centre de la volonté de Dieu.

Versets 4-8

Je continue à lire dans le chapitre 27 du livre des Actes.

Une fois repartis de là, nous avons longé la côte de Chypre pour nous protéger des vents contraires. Puis nous avons traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, et nous avons débarqué à Myra, en Lycie. Là, l'officier a trouvé un bateau d'Alexandrie qui était sur le point de partir pour l'Italie et il nous a fait monter à son bord. Pendant plusieurs jours, nous avons navigué lentement et c'est avec beaucoup de peine que nous sommes parvenus à la hauteur de Cnide. Mais le vent ne nous permettait plus d'avancer dans cette direction, et nous sommes passés au sud de la Crète, en doublant le cap Salmoné. Nous avons eu du mal à longer la côte et nous sommes arrivés à un endroit appelé « Beaux Ports », près de la ville de Lasée (Actes 27.4-8).

La plupart de ces noms ne me sont pas familiers. Après avoir quitté Sidon, ils ont longé la côte de la Syrie vers le nord, puis viré à l'ouest longeant l'Asie Mineure et s'abritant le plus possible derrière les îles pour se protéger du vent du nord-ouest. Ils ont ainsi contourné Chypre par le nord et ont débarqué à Myre, aujourd'hui Finike, dans le sud-ouest de la Turquie. De là, ils ont trouvé un navire venant d'Égypte, qui était considéré comme le grenier de Rome, et qui transportait du blé vers l'Italie.

À cette époque, les céréaliers étaient d'imposants navires puisque celui-ci a pu accommoder 276 passagers, ce qui est précisé plus loin. Luc met bien en évidence la difficulté de naviguer d'est en ouest contre les vents dominants. Ils ont continué ainsi le long de la côte de l'Asie Mineure avec grande peine puisqu'il leur a fallu plusieurs jours pour couvrir les 250 km qui les rapprochèrent du port de Cnide, à l'extrême sud-ouest de l'actuelle Turquie. Ils ont alors viré de bord et pris la direction sud-ouest jusqu'à l'île de Crête qu'ils ont contournée par le sud et où ils ont débarqué dans une petite rade.

Versets 9-12

Je continue.

Beaucoup de temps s'était écoulé ainsi, et la navigation devenait dangereuse, car l'époque du grand jeûne d'automne était déjà passée. Alors Paul leur a donné cet avertissement : — Mes amis, je considère que, si nous continuons notre voyage, non seulement la cargaison et le bateau subiront de grands dommages, mais nous-mêmes nous risquerons notre vie. Mais l'officier romain se fiait plus à l'opinion du pilote et du patron du bateau qu'aux paroles de Paul. De plus, comme le port ne convenait pas à un hivernage, la majorité a décidé d'en repartir pour gagner, si possible, Phénix, un port de Crète orienté vers le sud-ouest et le nord-ouest, et d'y passer l'hiver (Actes 27.9-12).

Le grand jeûne d'automne correspond au Yom Kippour, le grand jour des expiations où le grand-prêtre offrait un sacrifice pour tous les péchés du peuple. Il a lieu début octobre. D'après Luc, l'arrière-saison est passée et l'hiver approche. Alors, la navigation est difficile non seulement à cause des tempêtes, mais aussi des nuages et de l'obscurité. À cette époque, les marins ne connaissaient pas la boussole et avaient donc besoin du soleil et des étoiles pour se repérer. Paul donne son avis comme quoi il vaudrait mieux rester sur place, mais il n'est pas écouté. C'est Julius qui en dernier ressort décide, parce que les céréaliers étaient alors considérés au service de Rome.

Il est somme toute logique que l'officier romain ait plutôt suivi les conseils du patron du navire et du pilote que celui de l'apôtre. En théorie, les marins aguerris en connaissent plus long sur la navigation que les prédicateurs. Cependant, la supériorité du grand apôtre Paul, toutes disciplines confondues, va se faire de plus en plus sentir au fur et à mesure qu'on avance dans le récit. D'ici peu, les événements vont confirmer qu'il avait raison, car ils ne parviendront pas à atteindre Phénix, le port où ils voulaient hiverner.

Versets 13-16

Je continue.

Une légère brise du sud s'était levée et ils voyaient déjà leur projet réalisé. Ils ont donc levé l'ancre et longé la côte de Crète au plus près. Mais peu de temps après, un vent violent comme un typhon, connu sous le nom d'euraquilon, s'est mis à souffler des hauteurs de l'île. Le bateau était entraîné au large : il ne pouvait pas résister au vent et nous avons dû nous laisser emporter à la dérive. Nous avons passé ainsi au sud d'une petite île appelée Cauda. Comme elle nous abritait un peu du vent, nous en avons profité pour nous rendre maîtres du canot de sauvetage. Nous sommes parvenus, à grand-peine, à le hisser à bord (Actes 27.13-16).

Se croyant maître de leur destinée, ils prennent la mer quand soudain se lève un fort vent de tempête venant du nord-est, qui les empêche de se rendre à Phénix et les force à dériver jusqu'à la petite île de Cauda à 40 km de la côte Chypre et qui s'appelle Gozo aujourd'hui. Je trouve cet incident symbolique.

En effet, ma vie est comme une frêle embarcation qui flotte sur une mer imprévisible. Je peux naviguer en me servant seulement de ma boussole, de ma jugeote, mais tôt ou tard la tempête se lèvera, et alors, que va devenir ma petite coque de noix ? Paul, lui était parfaitement serein et confiant que cet épisode fâcheux n'était qu'un contretemps. En effet, quand le Seigneur lui était apparu, alors qu'il était en prison à Jérusalem, il lui avait dit :

Courage ! Tu as été mon témoin à Jérusalem, il faut que tu le sois aussi à Rome (Actes 23.11).

Il savait donc que tôt ou tard il atteindrait la côte de l'Italie. En attendant, et pendant un bref répit alors qu'ils étaient abrités par l'île Cauda, les marins ont monté la chaloupe sur le pont. Elle était normalement remorquée, mais devait être pleine d'eau et gênait les manœuvres de l'équipage.

Verset 17

Je continue.

Puis on a eu recours à des moyens de fortune : on a ceinturé tout le bateau de cordages. Comme on avait peur d'échouer sur les bancs de sable de la Syrte, on abaissa la voile et jeta l'ancre flottante et l'on continuait ainsi à dériver (Actes 27.17).

Ils ont d'abord ceinturé la coque avec des cordes ou des chaînes afin d'en consolider sa structure. Ce procédé est encore utilisé de nos jours pour les navires en bois en cas de grand péril en mer. Puis ils ont ferlé les voiles afin d'offrir le moins de résistance possible à la tempête et ont jeté l'ancre flottante, une pièce de bois remorquée par le bateau pour lui permettre de rester dans l'axe du vent. Les marins craignaient les bancs de sable de la Syrte qui se trouvent au large des côtes de la Lybie. Ils étaient très redoutés des anciens navigateurs.

Versets 18-26

Je continue.

Le lendemain, comme la tempête n'arrêtait pas de secouer le bateau avec violence, on l'a délesté d'une partie de sa cargaison. Le troisième jour, les matelots ont jeté, de leurs propres mains, tous les agrès du bateau à la mer. Pendant plusieurs jours, on ne voyait plus ni le soleil ni les étoiles. La tempête continuait de faire rage et nous finissions par perdre tout espoir d'en sortir sains et saufs. Il y avait longtemps qu'on n'avait plus rien mangé. Alors Paul, debout au milieu d'eux, leur a dit : — Mes amis, vous auriez mieux fait de m'écouter et de ne pas quitter la Crète. Vous auriez évité tous ces dégâts et toutes ces pertes. Mais maintenant, je vous invite à reprendre courage, car aucun de vous n'y perdra la vie ; seul le bateau sera perdu. En effet, cette nuit, un ange du Dieu à qui j'appartiens et que je sers, s'est présenté devant moi et m'a dit : « Paul, ne crains rien ! Il faut que tu comparaisses devant l'empereur, et Dieu t'accorde la vie sauve pour tous tes compagnons de voyage. » Courage donc, mes amis ! J'ai confiance en Dieu : tout se passera comme il me l'a dit. Nous devons échouer quelque part sur une île (Actes 27.18-26).

La tempête continuait à faire rage. Ils étaient enfermés dans une purée de pois, sans soleil et sans étoiles, ce qui fait qu'ils ne savaient ni où ils étaient ni dans quelle direction ils dérivaient. La situation était critique ; non seulement la cargaison était perdue, mais les marins craignaient également pour leurs vies.

C'est alors qu'intervient Paul qui commence par sermonner les responsables du navire de ne pas avoir suivi son conseil. Il enfonce le clou parce qu'il veut que cette fois-ci on l'écoute. Puis il leur fait part de la visite angélique qu'il a reçue. La promesse qui lui avait été faite par le Seigneur, le Dieu à qui il appartient et qu'il sert est à nouveau confirmée. Il ira à Rome afin de témoigner de Jésus-Christ devant l'empereur. Il tente donc de transmettre à tous les passagers cette confiance qu'il avait lui-même que tous seraient sains et saufs.

Versets 27-32

Je continue.

C'était la quatorzième nuit que nous étions ainsi ballottés sur l'Adriatique quand, vers le milieu de la nuit, les marins ont eu l'impression qu'on approchait d'une terre. Ils ont jeté la sonde et ont découvert que le fond était à trente-sept mètres. Un peu plus loin, ils ont recommencé et trouvé le fond à vingt-huit mètres. Comme ils avaient peur de voir le bateau s'écraser sur quelque récif, ils ont jeté quatre ancres à l'arrière en attendant avec impatience la venue du jour. Alors les marins, qui voulaient s'enfuir du bateau, ont commencé à mettre à la mer le canot de sauvetage, sous prétexte d'aller amarrer une ancre à l'avant. Mais Paul a dit à l'officier romain et aux soldats : — Attention, si ces hommes ne restent pas à bord, vous ne pourrez plus être sauvés. Alors les soldats ont coupé les cordages retenant le canot et l'ont laissé tomber à la mer (Actes 27.27-32).

À l'origine, l'Adriatique désignait le bassin méditerranéen entre l'Italie, la Grèce, l'île de Malte et la Crête. En pleine nuit, les marins entendent un bruit qui leur est familier, celui des vagues se brisant sur les récifs. Ne pouvant rien voir, ils ne peuvent guider le navire, alors ils l'immobilisent au milieu des flots au moyen de 4 ancres. Les membres de l'équipage, se sachant perdus, se sont alors concertés et ont décidé de sauver leur peau, et tant pis pour les autres. C'est la vie !

Mais Paul en a eu la révélation et il avertit l'officier qui lui fait maintenant confiance et adieu la chaloupe. En effet, l'expérience de ces marins allait être nécessaire pour manœuvrer le navire à l'approche du rivage. Tous ceux qui étaient à bord ne pouvaient maintenant compter que sur le Seigneur pour leur délivrance.

Versets 33-36

Je continue.

En attendant que le jour paraisse, Paul a encouragé tout le monde à manger : — Voilà quatorze jours, leur a-t-il dit, que vous êtes dans l'attente, sans rien prendre à manger ! Je vous encourage donc vivement à prendre de la nourriture maintenant. Vous en avez besoin pour vous tirer de là. Encore une fois, croyez-moi : aucun de vous ne perdra un cheveu de sa tête. Après avoir ainsi parlé, il a pris du pain et il a remercié Dieu devant tous ; puis il a rompu le pain et a commencé à manger. Alors tous les autres ont repris courage et se sont aussi mis à manger (Actes 27.33-36).

Paul qui a pris les opérations en main continue. C'est lui qui cette fois-ci encore encourage tout le monde, les exhortant à manger afin de se préparer à l'épreuve qui les attend. Et puis il donne l'exemple tout en témoignant publiquement de sa foi en Dieu.

Versets 37-40

Je continue.

Nous étions en tout deux cent soixante-seize personnes à bord. Une fois rassasiés, ils ont continué à délester le bateau en jetant le reste des provisions de blé à la mer. Mais lorsque le jour était venu, aucun des membres de l'équipage ne reconnaissait l'endroit. Ils entrevoyaient seulement, au fond d'une baie, une plage de sable. Ils ont alors décidé d'y faire échouer le bateau, si c'était possible. Les matelots ont coupé les câbles des ancres qu'ils ont abandonnées à la mer ; en même temps, ils ont délié les courroies de deux grandes rames servant de gouvernails et hissé au vent la voile de misaine au mât d'artimon (Actes 27.37-40).

Ils ont tout jeté par-dessus bord afin d'alléger le navire au maximum de manière à pouvoir naviguer en eau peu profonde. Quand le bateau était ancré côté poupe, l'arrière du navire, les rames servant de gouvernail étaient immobilisées hors de l'eau afin qu'elles ne se prennent pas dans les cordages des ancres. Maintenant, elles sont détachées pour pouvoir naviguer. C'est un peu compliqué tout ça, j'en conviens.

Versets 41-44

Je finis le chapitre.

Ils avaient mis le cap sur la plage quand le bateau a touché un banc de sable battu des deux côtés par la mer et s'y est échoué. L'avant s'est enfoncé dans le sol, s'immobilisant définitivement, tandis que l'arrière commençait à se disloquer sous la violence des vagues. Les soldats avaient l'intention de tuer tous les prisonniers, de peur d'en voir s'échapper à la nage. Mais l'officier désirait sauver Paul et les a empêchés d'exécuter leur projet. Il a donné ordre à ceux qui savaient nager de sauter à l'eau les premiers pour gagner la terre ferme. Les autres suivraient en s'agrippant à des planches ou à des épaves du bateau. C'est ainsi que tous sont arrivés sains et saufs sur le rivage (Actes 27.41-44).

C'est l'agonie du navire. Tout le monde va devoir le quitter. Mais comme les prisonniers n'étaient pas enchaînés, ils auraient pu s'échapper et disparaître dans la nature. Pour les soldats qui les gardaient, cela signifiait couic ! C'est pour cela qu'ils n'ont pas l'intention de faire dans le détail, mais veulent liquider leur cargaison humaine en deux temps trois mouvements. Les bons sentiments et les scrupules ne faisaient pas partie du savoir-faire des soldats romains.

Paul se retrouve toujours dans des situations où pour une raison ou pour une autre, quelqu'un veut lui faire la peau, il doit trouver ça fatiguant à la fin. Heureusement pour lui, Dieu veille et l'officier Julius qui l'a pris en amitié veut l'épargner à tout prix. Cet homme a eu tout loisir d'apprécier sa valeur et sa loyauté ; peut-être était-il même devenu chrétien au contact de l'apôtre, ou tout au moins sympathisant, qui sait ? En tout cas, il a pleinement foi en la parole de Paul qui a prophétisé que tout le monde sortirait vivant de ce naufrage, mais que le bateau et sa cargaison seraient perdus.

Finalement, tout se passe comme Paul a dit, et tout le monde aborde sur une île, sain et sauf. Le moins qu'on puisse dire est que l'apôtre ne menait pas une vie morne et ennuyante ; la routine ne faisait pas partie de son programme. D'ailleurs quand il se levait le matin, il ne savait vraiment pas ce que Dieu avait préparé pour lui. Par contre, il avait la certitude que de nouvelles occasions de présenter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ se présenteraient à lui.

Mais il y avait un prix à payer : Paul ignorait tout de ce que c'était que d'être tranquille. Mais peu lui importait, parce que son objectif de vie était de présenter la personne de Jésus-Christ à tout être humain qui se trouvait sur sa route quelles qu'en soient les conséquences, car sa vie n'avait à ses yeux aucune valeur ; Paul se considérait comme un condamné à mort en puissance. D'ailleurs, voilà ce qu'il dit lui-même dans un de ses écrits :

Car ce que j'attends et que j'espère de toutes mes forces, c'est de n'avoir à rougir de rien mais, au contraire, maintenant comme toujours, de manifester en ma personne, avec une pleine assurance, la grandeur du Christ, soit par ma vie, soit par ma mort. Pour moi, en effet, la vie, c'est le Christ, et la mort est un gain (Philippiens 1.20-21).