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Émission 358 - Actes 25:10 - 26:9

By Chemins de VIE
Créé 14/05/2008 - 05:00

Chapitre 25

Versets 10-11

Tout prisonnier est obsédé par les barres d'acier et il veut sortir coûte que coûte. Emprisonné, l'apôtre Paul ne cherche pas d'abord à être libre, c'est secondaire. La geôle romaine est pour lui une porte ouverte à l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ tout autour de lui. Il exploite à fond sa situation, et ce n'est qu'après avoir épuisé toutes les opportunités que sa situation de prisonnier lui offrait qu'il décide de poursuivre sa route. Il demande son transfert.

Versets 12-13

Je continue la lecture du chapitre 25 du livre des Actes.

Alors Festus, après avoir délibéré avec ses conseillers, décida : — Tu en as appelé à l'empereur ; tu comparaîtras donc devant l'empereur. Quelque temps plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée pour rendre visite à Festus (Actes 25.12-13).

Ce roi, qui avait alors dans les 30 ans, est le fils d'Hérode Agrippa 1er et le petit-fils d'Hérode le Grand. Il régnait sur une région située au nord de la Palestine. Bérénice et Drusille étaient ses sœurs. On est donc en famille. Comme Drusille, Bérénice était très belle, et l'une des femmes aux mœurs les plus dissolues de l'Empire ; elle se mariera plusieurs fois, sera la maîtresse de l'empereur Vespasien, puis de son fils Titus. À cette époque, elle avait une relation incestueuse avec son frère le roi Agrippa ; comme quoi il n'y a rien de nouveau sous le soleil, car même aujourd'hui on ne fait pas mieux.

Versets 14-17

Je continue.

Leur séjour dura plusieurs jours. Festus en profita pour exposer au roi Agrippa le cas de Paul : — J'ai là un homme, dit-il, que mon prédécesseur Félix a laissé en prison. Lors de mon passage à Jérusalem, les chefs des prêtres et les responsables de la nation juive sont venus porter plainte contre lui et ils m'ont demandé de le condamner. Mais je leur ai répondu que les Romains n'ont pas coutume de livrer un prévenu avant de l'avoir confronté avec ses accusateurs et de lui avoir donné l'occasion de se défendre de leurs accusations. Ils sont donc venus ici avec moi. Je n'ai pas voulu remettre l'affaire à plus tard et, dès le lendemain, j'ai tenu audience et donné l'ordre d'amener cet homme (Actes 25.14-17).

Dans son discours, Festus se met largement en valeur. Il reprend une affaire que son prédécesseur n'a pas su résoudre. Il tient tête aux pressions des autorités juives. Il se présente comme garant du droit. Il veille à ce que la justice soit promptement rendue. En réalité, alors qu'il sait Paul innocent, il n'a pas le courage de rendre son verdict.

Versets 18-19

Je continue.

Je m'attendais à ce que ses accusateurs le chargent de toutes sortes de crimes graves. Il n'en fut rien. Il ne s'agissait que de discussions au sujet de leur propre religion et d'un certain Jésus qui est mort et dont Paul dit qu'il est vivant (Actes 25.18-19).

Une chose est sûre, l'apôtre Paul a témoigné de la résurrection du Christ à Festus qui par ailleurs n'en comprend pas le sens. Cependant, son procès rappelle, à plusieurs égards, celui de Jésus : ils ont en commun les différentes auditions ; la double intervention juive et romaine ; la nature des charges, ou plutôt l'absence de celles-ci ; les déclarations d'innocence et le manque de courage de la part du gouverneur romain chargé de mener l'enquête. Par ailleurs, le fait que Festus ne semble pas avoir entendu parler de Jésus révèle son manque de connaissance de la situation de la province qu'il est censé gouverner. Ça ne fait pas sérieux.

Versets 20-21

Je continue.

Je me suis trouvé dans l'incapacité de prendre une décision dans un débat de ce genre. J'ai donc demandé à Paul s'il consentait à monter à Jérusalem pour que son affaire y soit jugée. Mais il a préféré user de son droit d'appel et il a demandé que sa cause soit portée devant le tribunal de l'empereur. J'ai donc ordonné de le garder en prison jusqu'à ce que je puisse l'envoyer à César (Actes 25.20-21).

Festus confesse franchement qu'il est incapable de s'occuper de cette affaire. D'autre part, il ne trouvait pas de tort chez Paul, mais les Juifs étaient si véhéments, qu'il n'était pas sûr de ne pas se tromper. Le roi Agrippa, étant Juif de naissance, serait mieux à même de comprendre le différent qui opposait Paul et le Grand-Conseil. D'autre part, il pourrait aider Festus à formuler les accusations nécessaires afin d'envoyer Paul devant le tribunal de l'empereur.

Versets 22-23

Je continue.

Alors Agrippa dit à Festus : — J'aimerais bien entendre cet homme, moi aussi. — Tu pourras l'entendre dès demain, lui répondit Festus. Le lendemain, donc, Agrippa et Bérénice arrivèrent en grand apparat et firent leur entrée dans la salle d'audience, suivis des officiers supérieurs et des notables de la ville. Sur un ordre de Festus, Paul fut introduit (Actes 25.22-23).

Il est tout à fait intéressant de voir comment cette rencontre entre Agrippa et l'apôtre fut organisée. En fait, ce n'était que l'accomplissement d'une partie de la prophétie du Seigneur concernant Paul. Le compte-rendu qui nous est donné de cette audience a évidemment été rédigé par un témoin oculaire. Le mesquin Agrippa ainsi que sa sœur et maîtresse Bérénice saisit cette occasion pour parader. Et c'est ainsi que le roi, le gouverneur et une princesse, tous revêtus d'habits splendides, prennent place en grande pompe.

Toute l'intelligentsia est également présente : les autorités romaines de la ville, les hérauts, les licteurs, les gardes en armes, ainsi que les officiers supérieurs qui commandaient les 5 cohortes de 1 000 hommes qui étaient stationnées à Césarée. Les officiels jouent chacun pour leur part la fameuse scène : M'as-tu vu, mais regarde-moi donc ! Le but de chaque comédien étant de faire une profonde impression, d'en mettre plein la vue aux autres. Là-dessus, Paul le pauvre prisonnier minable est amené devant le gratin, ce rassemblement tous feux toutes flammes de la royauté et du pouvoir.

Versets 24-27

Je finis ce chapitre.

— Roi Agrippa, dit alors le gouverneur, et vous tous qui êtes ici présents, vous avez devant vous l'homme au sujet duquel toute la foule des Juifs est venue me trouver, à Jérusalem aussi bien qu'ici, pour crier qu'il n'avait plus le droit de vivre. Or, en ce qui me concerne, je n'ai rien trouvé dans son cas qui puisse mériter une condamnation à mort. Cependant, puisqu'il en a appelé à l'empereur, j'ai décidé de le lui envoyer. Seulement, je ne dispose d'aucun fait précis à écrire à l'empereur. C'est pourquoi je le fais comparaître devant vous, et tout spécialement devant toi, roi Agrippa, afin d'avoir quelque chose à écrire après cet interrogatoire. Car il est absurde, me semble-t-il, d'envoyer ainsi un prisonnier à Rome sans pouvoir préciser les accusations dont il est l'objet (Actes 25.24-27).

La déclaration d'innocence de Festus est importante parce qu'elle confirme celle de Félix. Tout le monde considère que Paul est innocent et lui espère bien que l'empereur le reconnaîtra aussi. À cette époque, Néron était encore un souverain potable, et avait la réputation de rendre une justice équitable. Cependant, puisque Paul avait demandé à être jugé par César, le gouverneur ne pouvait pas l'envoyer à Rome sans un chef d'accusation, l'empereur n'apprécierait guère cette plaisanterie et ce pourrait être très préjudiciable à la carrière de Festus. Il pourrait se retrouver dans un coin de bureau sans fenêtre, par exemple. Festus espérait donc que le roi Agrippa, avec sa connaissance des coutumes et des lois juives, l'aiderait à rédiger un acte contre Paul.

Chapitre 26

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 26 du livre des Actes dans lequel le roi Agrippa entend l'apôtre Paul. Ce dernier ne va pas tellement chercher à se défendre, car les dés étaient déjà jetés. En effet, le cas de ce prisonnier ne reposait plus entre les mains ni du gouverneur ni du roi parce qu'il avait fait appel à César. Les officiels ne pouvaient donc ni le condamner, ni le relâcher. En conséquence, Paul va saisir cette opportunité en or qui lui est donnée non pour se tirer d'affaire, mais pour présenter son témoignage et par la même occasion la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et en particulier l'espérance de la résurrection.

À cette époque, le christianisme que tout le monde appelait La voie faisait parler les gens, mais la plupart d'entre eux avaient des idées fausses qui étaient répandues par les mauvaises langues des religieux juifs. Festus et Agrippa étaient curieux d'en savoir plus de la part d'un spécialiste de la question. Et c'est ainsi que tous les grands de la Palestine se sont rassemblés pour écouter un prisonnier notoire qui a parcouru toute la partie orientale de l'Empire afin d'y prêcher la Voie.

La salle de réception du palais d'Hérode, dans laquelle a lieu la scène, est d'un faste inouï, du Versailles avant l'heure, remplie de somptueux tapis d'Orient. Le pourpre du roi Agrippa et les perles de sa sœur et maîtresse Bérénice sont d'un luxe qui jette des étoiles aux yeux de tout gratin ici présent. Tout le clinquant des galons dorés, casques de cuivre, des tambours et trompettes et autres étalages de luxe et de prestige était au rendez-vous. Quand les portes de la salle du trône furent ouvertes, on vit s'avancer un simple prisonnier enchaîné à un garde. Il contrastait brutalement avec l'assemblée bigarrée, les décorations scintillantes et le parterre multicolore. Trapu, il n'était pas du tout impressionnant, au contraire.

Et pourtant, c'était bien lui qui annonçait partout la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Messie des Juifs. Il prêchait sa mort, son ensevelissement et insistait surtout sur sa résurrection. L'assemblée allait l'écouter, car tous savaient Paul très instruit et intelligent, un homme qui avait du talent. Il n'était plus le Saul de Tarse qui persécutait les chrétiens, mais le grand apôtre Paul.

Dans ses fers, il faisait face à Agrippa assis sur un trône, une couronne sur la tête, et revêtu de tous ses habits d'apparat. Mais malgré les apparences, ce roi était un esclave de ses passions tandis que le prisonnier avait trouvé la vraie liberté en se confiant en Jésus-Christ selon les paroles mêmes du Seigneur que je cite :

Si vous croyez en moi, si vous demeurez dans mes paroles, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché (Jean 8.32, 34).

Verset 1

Je commence maintenant à lire ce chapitre 26.

Agrippa dit à Paul : — Tu as la parole : tu peux présenter ta défense. Alors Paul étendit la main et présenta ainsi sa défense (Actes 26.1).

Le mouvement de la main de Paul était un geste caractéristique des orateurs de cette époque avant qu'ils ne commencent leur discours. Celui-ci va comprendre plusieurs parties :

Et enfin auront lieu des joutes oratoires avec Festus et Agrippa.

Versets 2-3

Je continue le texte.

— Roi Agrippa ! Je m'estime heureux de pouvoir aujourd'hui me défendre devant toi de toutes les accusations que les Juifs ont portées contre moi, car tu connais parfaitement toutes leurs coutumes et leurs discussions. Veuille donc, je te prie, m'écouter avec patience (Actes 26.2-3).

Contrairement aux autorités romaines qui ne comprenaient strictement rien à la religion juive, Agrippa la connaissait parfaitement bien. Il avait donc la compétence pour juger l'accusation portée contre Paul comme quoi il avait trahi la religion et la Loi de ses ancêtres. L'apôtre était sincère dans son compliment. Il estimait que comparaître devant Agrippa était un privilège, car il avait en face de lui quelqu'un apte à décider si sa prédication était contraire à Moïse et aux prophètes, ou au contraire si elle en était l'accomplissement. Il laisse aussi entendre qu'il risque de parler assez longuement. Cette allocution sera le point culminant de toutes les défenses de Paul rapportées dans le livre des Actes. En fait, ce discours est sans conteste son chef-d'œuvre.

Versets 4-8

Je continue.

Tous mes compatriotes savent comment j'ai vécu, dès ma jeunesse, au sein de mon peuple, à Jérusalem. Ils me connaissent depuis longtemps et ils peuvent témoigner, s'ils le veulent bien, que j'ai conduit ma vie selon les principes du parti le plus strict de notre religion : celui des pharisiens. Et maintenant, si je suis traduit en justice, c'est à cause de mon espérance dans la promesse de Dieu à nos ancêtres. Nos douze tribus espèrent voir son accomplissement, en rendant leur culte à Dieu nuit et jour. Oui, c'est à cause de cette espérance que je suis mis en accusation, par des Juifs, ô roi ! Et pourtant ! trouvez-vous incroyable que Dieu puisse ressusciter des morts ? (Actes 26.4-8).

En résumé, Paul affirme que depuis sa jeunesse il a vécu de manière fidèle à la Loi et aux traditions juives. Il était même membre des Pharisiens, la secte la plus rigide du judaïsme. D'entrée, l'apôtre mentionne la résurrection du Christ comme étant l'espérance de la nation d'Israël. Pour défendre l'idée que les morts ressuscitent devant le parti des Sadducéens qui n'y croyaient pas, Jésus avait cité une parole de Moïse où l'Éternel lui avait dit :

Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob (Exode 3.6).

Or ces patriarches étaient enterrés depuis fort longtemps. Mais l'Éternel s'était formellement engagé à leur égard en leur promettant qu'ils entreraient un jour dans le futur royaume messianique. Cette promesse n'ayant jamais été révoquée, elle reste toujours valable. Cependant, son accomplissement ne peut avoir lieu que si les patriarches ressuscitent d'entre les morts. Il en est de même pour les Juifs pieux qui attendent l'espérance d'Israël, c'est-à-dire l'accomplissement des promesses de l'Ancien Testament et la vie éternelle. Il est évidemment nécessaire qu'eux aussi reviennent à la vie s'ils veulent entrer dans le futur royaume messianique.

Mais que ce soit ma résurrection ou celle des Juifs, elle ne pourra avoir lieu que si Jésus-Christ est bel et bien ressuscité des morts. Ceci, Moïse et les prophètes l'avaient bien dit, et pourtant les concitoyens de Paul niaient la résurrection, comme étant une chose incroyable. Or c'était pour cette espérance d'un Rédempteur ressuscité que Paul prêchait qu'il était mis en accusation.

Versets 9-12

Je continue le texte.

Pour moi donc, j'ai d'abord pensé que je devais m'opposer par tous les moyens au nom de Jésus de Nazareth. C'est ce que j'ai fait à Jérusalem : j'ai jeté en prison, en vertu des pouvoirs que j'avais reçus des chefs des prêtres, un grand nombre de ceux qui appartenaient à Dieu et, lorsqu'il s'agissait de les condamner, j'ai voté leur mise à mort. Je passais d'une synagogue à l'autre pour les faire punir et essayer de les contraindre à renier leur foi ; dans l'excès de ma fureur, j'allais les traquer jusque dans les villes étrangères. C'est ainsi qu'un jour, muni des pleins pouvoirs que m'avaient accordés les chefs des prêtres en me donnant cette mission, je me suis rendu à Damas (Actes 26.9-12).

Non content d'avoir été engagé à fond dans le judaïsme, Paul montre qu'il était animé d'un zèle sans frein en décrivant son passé de persécuteur des chrétiens. Il était alors tout à fait conscient de s'opposer à Jésus-Christ. Il ne cache pas le fait qu'il était même un fanatique enragé. C'était dans cet état d'esprit qu'il faisait route pour la ville de Damas en Syrie. Et c'est sur ce chemin poussiéreux, sous un soleil de plomb que sa vie a basculé, qu'il a découvert sa voie, qu'il a trouvé la justice qu'il cherchait à acquérir en étant un religieux de premier ordre.

C'est d'ailleurs de cette expérience de Saul de Tarse qui est devenu le grand apôtre Paul que nous avons l'expression «  chercher son chemin de Damas  ». Je me souviens encore comme si c'était hier du temps où moi aussi j'essayais de donner un sens à cette vie qu'était la mienne. Et puis au fil des circonstances, quelqu'un a ouvert un Évangile devant moi et a pointé une conversation toute simple entre le Christ et l'apôtre Thomas qu'on surnomme le douteur. Il posait une question essentielle à son maître. Il voulait en effet connaître le chemin du ciel. Ce à quoi Jésus a répondu :

Le chemin, c'est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi (Jean 14.6).

La question qui se pose maintenant est celle-ci : Cherchez-vous votre chemin de Damas ?


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