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Émission 355 - Actes 22:10 - 23:16

By Chemins de VIE
Créé 09/05/2008 - 05:00

Chapitre 22

Versets 10-16

Parmi les multiples injustices de ce bas monde, tout en haut de la liste est celle qui consiste à devoir se justifier pour une mauvaise action ou intention qu’on n’a pas commise. J'ai eu le triste privilège de me trouver dans cette situation. C'est aussi l'expérience répétée de l'apôtre Paul qui est poursuivi comme un malfaiteur dans tout l'Empire romain. Il est sans cesse obligé de se défendre pour un oui ou pour un non, devant les uns et les autres. Ici, c'est une foule en délire.

Versets 17-21

Je continue à lire dans le chapitre 22 du livre des Actes.

Un jour, après mon retour à Jérusalem, pendant que je priais dans la cour du Temple, je suis tombé en extase et j'ai vu le Seigneur. Il m'a dit : « Hâte-toi de quitter Jérusalem, car ses habitants n'accepteront pas ton témoignage à mon sujet. » J'ai répondu : « Mais, Seigneur, ils savent pourtant que j'allais de synagogue en synagogue pour faire emprisonner et fouetter ceux qui croient en toi. Lorsqu'on a versé le sang d'Étienne, ton témoin, j'étais là, en personne, j'approuvais ce qui se passait et je gardais les vêtements de ses meurtriers. » Le Seigneur m'a dit alors : « Va, je vais t'envoyer au loin vers les païens? » (Actes 22.17-21).

Paul voulait d'abord évangéliser ceux de la race d'Israël, mais qu'alors qu'il priait dans le temple, il eut une vision du Seigneur qui lui a montré que les Juifs le rejetteraient et que son ministère serait parmi les païens. Il est très honnête, même candide face à son auditoire qui jusqu'ici était calme et l'écoutait. Mais ses dernières paroles «  Va, je vais t'envoyer au loin vers les païens ?  » vont à nouveau mettre le feu aux poudres.

Versets 22-23

Je continue.

La foule l'avait écouté jusque là, mais, à ces mots, ils se mirent tous à crier : — À mort ! Qu'on débarrasse la terre d'un tel individu ! Il n'a pas le droit de vivre ! Ils hurlaient de plus en plus fort, agitaient leurs vêtements et jetaient de la poussière en l'air (Actes 22.22-23).

La foule est à nouveau et soudainement folle de rage. Cette furie est due au fait que d'après les paroles de Paul, les païens et les Juifs sont égaux devant Dieu. Cette réaction a scellé le sort d'Israël, parce qu'elle montre que le peuple avait irrévocablement refusé la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pour en rester à la Loi de Moïse. Moins de 20 ans plus tard, la ville de Jérusalem sera rasée.

Versets 24-28

Je continue le texte.

Alors le commandant donna l'ordre de faire entrer Paul dans la citadelle et de le soumettre à la torture à coups de fouet, afin de savoir pourquoi les Juifs criaient ainsi contre lui. On était en train de l'attacher avec des courroies, quand il demanda à l'officier de service : — Avez-vous le droit de fouetter un citoyen romain, et sans même l'avoir jugé ? Quand l'officier entendit cela, il courut avertir le commandant : — Sais-tu ce que tu allais faire ? Cet homme est citoyen romain. Le commandant se rendit aussitôt auprès de Paul et lui demanda : — Dis-moi, es-tu vraiment citoyen romain ? — Oui, répondit-il. — Moi, reprit le commandant, j'ai dû payer très cher pour acquérir ce titre. — Et moi, dit Paul, je le tiens de naissance (Actes 22.24-28).

Sous le règne de l'empereur Claude, il était possible d'acheter la citoyenneté. Les fonctionnaires chargés de ce travail faisaient une mine d'or grâce aux pots-de-vin qu'ils recevaient en plus du prix fixé par l'Empire. C'est pour cela que ce commandant dit que d'acheter la citoyenneté lui avait coûté les yeux de la tête. Quoi qu'il en soit, cet officier qui ne comprenait pas l'hébreu est désemparé devant tout ce tapage. Alors, il décide de faire donner le fouet à son prisonnier pour obtenir de lui la vérité.

Paul est vraiment malmené dans cette affaire : d'abord, la foule se laisse berner par les Juifs d'Éphèse, et croit qu'il avait introduit un Grec dans l'enceinte du temple. Ensuite, le commandant pensait qu'il était un Égyptien fauteur de trouble qui méritait la torture. Heureusement, il reste un gros atout entre les mains de Paul ; alors, il abat ses cartes et coupe le jeu. Il est citoyen romain. Or il était interdit de flageller un Romain sous peine de poursuites judiciaires sévères.

Versets 29-30

Je continue jusqu'à la fin.

Aussitôt, ceux qui allaient le torturer le laissèrent. Le commandant lui-même commença à s'inquiéter à l'idée qu'il avait bel et bien fait enchaîner un citoyen romain. C'est pourquoi, dès le lendemain, il voulut éclaircir l'affaire et savoir au juste de quoi les Juifs accusaient Paul. Il le fit délier et, après avoir convoqué les chefs des prêtres et tout le Grand-Conseil, il le fit descendre et le plaça en face d'eux (Actes 22.29-30).

Le commandant a des sueurs froides parce qu'il avait enfreint la loi romaine en faisant enchaîner Paul. Il sait maintenant que les accusations portées contre son prisonnier sont liées à la religion juive. Alors, afin d'en avoir le cœur net, le commandant traîne Paul devant le Grand-Conseil juif. S'il a commis quelque acte répréhensible contre Rome, il sera transféré devant le gouverneur ; si ce n'est que des histoires liées à la religion, il sera libéré.

Chapitre 23

Versets 1-2

Cela nous conduit au chapitre 23 qui raconte comment l'apôtre Paul tente de s'expliquer devant le Grand Conseil. À partir d'ici, sa vie va être celle d'un prisonnier ; ça va commencer par environ 2 ans à Césarée, qui se trouve à 105 km au nord de Jérusalem. Là, il comparaîtra devant plusieurs grands personnages qui gouvernaient la Palestine. Ensuite, comme il fera appel à César, il sera transféré à Rome où s'achève le livre des Actes. Je commence à lire.

Paul fixa ses regards sur tous les membres du Grand-Conseil et déclara : — Mes frères, j'ai vécu devant Dieu jusqu'à ce jour avec une conscience parfaitement pure. Mais le grand-prêtre Ananias ordonna à ceux qui étaient près de Paul de le frapper sur la bouche (Actes 23.1-2).

Ananias fut grand-prêtre de l'an 47 à 59, année où il fut déposé par le roi Agrippa. L'historien juif Josèphe mentionne sa malhonnêteté et sa brutalité. C'était un homme insolent, colérique, impie et cupide. Humainement parlant, Paul est dans de sales draps. Mais lui, il va tirer profit de cette situation pour témoigner en faveur de Jésus-Christ. Il étudie attentivement son auditoire, recherchant sans doute d'anciennes connaissances parmi les membres du Conseil.

Des années auparavant, il était un de leurs agents de confiance, leur grand inquisiteur pour exécuter leurs ordres contre les chrétiens. Maintenant, il fait partie de ceux qu'ils sont fermement décidés à supprimer. Leur haine était si intense qu'ils ne pouvaient écouter calmement sa défense, et c'est pour cela qu'il reçut une gifle.

Verset 3

Je continue.

Paul lui dit alors : — Dieu lui-même va te frapper, muraille blanchie ! Tu sièges là pour me juger selon la Loi, et voilà que tu violes la Loi en ordonnant de me frapper ! (Actes 23.3).

L'ordre illégal du Grand Prêtre déclenche l'explosion de colère de Paul indigné par ce mépris de la justice. Jésus également fut frappé sur la bouche et lui aussi mit en question la légalité de ce geste. Les paroles de Paul furent de nature prophétique. En effet, parce qu'il collaborait avec Rome, Ananias fut assassiné par des nationalistes sionistes en l'an 66. En Orient, on blanchissait les murailles pour en cacher les défauts. Jésus aussi mentionna cette coutume lorsqu'il proféra une imprécation à l'encontre des chefs religieux de son époque. Je le cite :

Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Vous êtes comme ces tombeaux crépis de blanc, qui sont beaux au-dehors. Mais à l'intérieur, il n'y a qu'ossements de cadavres et pourriture (Matthieu 23.27).

Paul dénonce donc l'hypocrisie du Grand-Prêtre qui en apparence représentait la justice, mais qui en fait était dégénéré à l'intérieur. Selon la loi juive, l'accusé était présumé innocent tant que sa culpabilité n'était pas établie, mais Ananias préférait les méthodes païennes expéditives. Les lois ne fonctionnent que dans la mesure où on les respecte ; et encore, elles sont généralement très déficientes. Cependant, le fond du problème ne provient pas du système de gouvernement qui les a établies, et ce n'est pas en changeant de structure politique que les choses s'amélioreront de manière durable et égalitaire.

Selon l'enseignement des Textes Sacrés, la racine du mal réside dans le cœur de l'homme qui est tordu par-dessus tout et méchant. C'est la nature humaine qui demande à subir une métamorphose, une refonte totale. C'est ce que les Écritures appellent la nouvelle naissance.

Versets 4-5

Je continue.

Les assistants s'écrièrent : — Tu oses injurier le grand-prêtre de Dieu ! — Frères, reprit Paul, j'ignorais que c'était le grand-prêtre, car je sais bien qu'il est écrit : Tu n'insulteras pas le chef de ton peuple (Actes 23.-5).

Paul ne connaissait pas personnellement le Grand-Prêtre et comme celui-ci n'avait pas revêtu ses vêtements sacerdotaux, il n'était pas facilement identifiable, surtout pour quelqu'un comme Paul qui selon ses propres dires avait une mauvaise vue. Une fois que l'apôtre sait à qui il a à faire, il présente ses excuses parce que selon la Loi de Moïse, il était interdit de dire du mal des dirigeants du peuple. Je cite le passage :

Tu n'insulteras pas Dieu et tu ne maudiras pas celui qui gouverne ton peuple (Exode 22.27).

De plus, Paul lui-même écrivit plus tard que les êtres humains ont pour devoir de respecter l'autorité en place. Là aussi, je cite le passage :

Rendez donc à chacun ce qui lui est dû : les impôts et les taxes à qui vous les devez, le respect et l'honneur à qui ils reviennent (Romains 13.7).

Ces paroles sont particulièrement significatives quand on sait que lorsque Paul les écrivit, c'était Néron qui était empereur. Or, ce sinistre personnage était déjà devenu une brute sanguinaire qui avait perdu la raison. Son règne se caractérisait par les excès les plus abominables. Son passe-temps favori était de torturer les chrétiens, soit en les livrant aux lions, soit en les transformant en torches vivantes.

Versets 6-9

Je continue le texte.

Paul savait que le Conseil était composé pour une part de sadducéens, pour l'autre de pharisiens, et il s'écria au milieu du Conseil : — Frères, je suis pharisien et fils de pharisien. Si je suis mis en accusation, c'est pour notre espérance de la résurrection des morts. Ces mots provoquèrent une dispute entre pharisiens et sadducéens, et l'assemblée se divisa en deux camps. Les sadducéens, en effet, déclarent qu'il n'y a pas de résurrection, pas plus que d'anges ou d'esprits, et les pharisiens affirment le contraire. Le ton monta considérablement. Quelques spécialistes de la Loi qui étaient du parti des pharisiens se levèrent pour protester avec énergie en faveur de l'accusé : — Vraiment, nous ne trouvons rien à reprocher à cet homme. Après tout, qui sait ? Peut-être un esprit ou un ange lui a-t-il parlé ? (Actes 23.6-9).

Au vu de la situation, il n'y avait aucun espoir pour que Paul soit jugé équitablement. Il changea alors complètement de tactique pour défendre sa cause, et exploita la fameuse maxime «  Diviser pour régner  ! » Il proclame donc bien haut qu'il appartient à la secte religieuse des pharisiens et qu'il croit en la résurrection des morts. Là, il a fait mouche. Il n'en fallait pas tant pour qu'une dispute éclate entre les deux clans qui étaient toujours à couteaux tirés. C'est la guerre des blocs, ce qui arrête net la procédure judiciaire. En ayant recours à ce coup de maître, Paul a réussi non seulement à diviser ses ennemis, mais à ce que les scribes, c'est-à-dire les spécialistes de l'interprétation de la Loi, prennent partie pour lui. Le tribunal s'est transformé en une immense échauffourée.

Verset 10

Je continue.

La dispute s'envenimait et le commandant craignit que son prisonnier ne soit tué par ces gens. Alors il fit signe à un détachement de soldats de descendre dans la salle pour tirer Paul du milieu d'eux et le ramener à la citadelle (Actes 23.10).

La vie de Paul étant en danger, le commandant le fait chercher pour le ramener en lieu sûr. Il était bien davantage en danger au milieu des Juifs que dans une prison romaine, ce qui est tout de même un comble. Décidément, les Israélites faisaient tout pour provoquer leur Dieu, et ils y réussirent. Cela leur valut la mise à sac totale de Jérusalem en l'an 70.

Verset 11

Je continue.

La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul et lui dit : — Courage ! Tu as été mon témoin à Jérusalem, il faut que tu le sois aussi à Rome (Actes 23.11).

En moins de deux jours, Paul a échappé à la mort à deux reprises, et ce n'est pas fini. Alors qu'il commençait à se poser des questions, le Seigneur lui apparaît pour la 4e fois afin de lui rappeler que malgré les circonstances contraires, tout se déroulait comme prévu. Non seulement cette visite l'encourage, mais en plus elle confirme les plans et la volonté de l'apôtre de se rendre à Rome.

Versets 12-13

Je continue.

Le lendemain matin, au petit jour, les Juifs formèrent un complot. Ils firent le serment de ne rien manger ni boire avant d'avoir tué Paul. Plus de quarante hommes participaient à cette conjuration (Actes 23.12-13).

La haine contre Paul était si grande que ces 40 et quelques fanatiques font des imprécations contre eux-mêmes jusqu'à ce qu'ils aient accompli leur sale besogne. Littéralement, le texte dit qu'ils se sont placés sous un anathème, c'est-à-dire, une malédiction s'ils n'accomplissaient pas leur vœu.

Versets 14-15

Je continue.

Ils allèrent trouver les chefs des prêtres et les responsables du peuple et leur déclarèrent : — Nous nous sommes engagés par un serment solennel à ne rien manger ni boire tant que nous n'avons pas tué Paul. À vous d'agir maintenant avec l'appui du Grand-Conseil : intervenez auprès du commandant et proposez-lui de faire comparaître Paul devant vous sous prétexte que vous voulez instruire son cas de plus près. De notre côté, nous avons pris nos dispositions pour le supprimer avant qu'il n'arrive ici (Actes 23.14-15).

La complicité des responsables du peuple révèle à la fois leur manque d'arguments légitimes contre Paul, puisqu'ils participent à cette tentative d'assassinat, et leur caractère ignoble. Ces 40 hommes avaient prévu de maîtriser la garde romaine, ce qui signifie qu'ils étaient prêts à subir de lourdes pertes. Ces Juifs avaient le même état d'esprit que les commandos-suicides qui commettent des actes terroristes.

Versets 16-22

Je continue.

Mais le fils de la sœur de Paul entendit parler du guet-apens. Il se rendit à la citadelle, y entra, et prévint Paul de ce qui se tramait. Alors Paul fit appeler un officier de service et lui dit : — Conduis ce garçon auprès du commandant, je t'en prie, il a quelque chose à lui dire. L'officier l'emmena donc avec lui et l'introduisit auprès du commandant en disant : — Le détenu Paul m'a fait appeler et m'a demandé de t'amener ce jeune homme qui a quelque chose à te dire. Le commandant, prenant le garçon par la main, se retira avec lui à l'écart et lui demanda : — Qu'as-tu à me dire ? Alors le neveu de Paul raconta : Les Juifs ont convenu de te demander de leur amener Paul, demain, au Grand-Conseil. Ils disent qu'ils veulent examiner son cas de plus près. Mais surtout, ne te laisse pas prendre. Ils sont à plus de quarante qui préparent un guet-apens contre lui. Ils ont juré de ne rien manger ni boire avant de l'avoir tué. Tout est prêt. Ils n'attendent plus que ton accord. Le commandant laissa repartir le garçon. Mais il lui fit d'abord cette recommandation : — Surtout ne va dire à personne que tu m'as prévenu de cette affaire (Actes 23.16-22).

On apprend ici que Paul avait un neveu. Ce passage soulève certaines questions liées à Paul en tant qu'individu. D'où sort-il donc ce garçon ? Était-il chrétien et comment a-t-il eu cette information ? Et la sœur de Paul, que faisait-elle à Jérusalem ? Et si l'apôtre avait de la parenté en ville, pourquoi n'habitait-il pas avec elle ? Le texte ne répond à aucune de ces questions. On reste sur sa faim.

Par contre, ce que l'on sait est que Paul était citoyen de l'Empire, ce qui veut aussi dire qu'il devait être traité avec courtoisie selon la loi romaine. De plus, il avait le droit de recevoir autant de visiteurs qu'il le désirait. L'apôtre utilise les privilèges liés à sa naissance, ainsi que ses relations familiales et donc la connaissance du complot dirigé contre lui pour essayer de se tirer d'affaire. Il aurait pu tout aussi bien dire : Je ne fais rien et j'attends que le Seigneur agisse en ma faveur ! Mais un tel raisonnement reviendrait à mettre Dieu à l'épreuve en lui forçant la main pour ainsi dire, essayant de l'obliger à intervenir.

Mais loin de Paul une telle façon d'agir, il fait preuve d'un bon sens pratique et on peut être sûr qu'il faisait pleinement confiance à Dieu, croyant dur comme fer que son neveu avait eu vent du complot grâce à une intervention surnaturelle. Le croyant se trouve à la charnière du ciel et de la terre ; il vit dans deux mondes à la fois. Pour tout ce qui concerne sa vie, que ce soient les grandes décisions ou les petits détails, il dépend à 100 % de Dieu, mais compte tout autant sur lui-même.


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