logo
Publié par Chemins de VIE (http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie)

Émission 354 - Actes 21:20 - 22:10

By Chemins de VIE
Créé 08/05/2008 - 05:00

Chapitre 21

Versets 20-21

S'attaquer à la religion, aux croyances de quelqu'un, c'est toucher un nerf à vif, et c'est exactement l'accusation qui était portée à tort contre l'apôtre Paul. Selon les responsables de l'Église de Jérusalem, les Juifs prétendaient que Paul enseignait l'abandon de la Loi de Moïse ; or ils étaient prêts à mourir pour la défendre. Cette situation sentait fortement la poudre, et il suffirait d'une étincelle pour provoquer une émeute.

Versets 22-24

Je continue le texte du chapitre 21 des Actes.

Que faire donc ? Car, naturellement, ils vont apprendre ton arrivée. Eh bien, voici ce que nous te conseillons : nous avons parmi nous quatre hommes qui ont fait un vœu. Prends-les avec toi, participe avec eux à la cérémonie de la purification, et pourvois à leurs dépenses pour qu'ils se fassent raser la tête. Ainsi tout le monde saura que les bruits répandus sur ton compte n'ont aucun fondement, mais qu'au contraire, tu continues toi-même à observer les prescriptions de la Loi (Actes 21.22-24).

Les responsables de l'Église de Jérusalem proposent à Paul de s'associer publiquement à des croyants encore attachés à la Loi de Moïse, et même de les encourager dans leur pratique. Ce geste avait pour but d'apaiser les chrétiens d'origine juive. Bien que les détails du vœu nous soient inconnus, il s'agit de toute évidence du naziréat qui est détaillé dans l'Ancien Testament. En gros, ce vœu impliquait de ne pas consommer d'alcool, de raisins sous n'importe quelle forme, de se laisser pousser les cheveux et de ne pas toucher un cadavre. Il se terminait par le rasage de la tête, en brûlant la chevelure à titre d'offrande, et par des sacrifices d'animaux qui coûtaient très cher. Or ces quatre hommes étaient manifestement trop pauvres pour les payer. C'est là qu'interviennent la bonne volonté et le portefeuille de Paul, manifestant ainsi sa sympathie envers ceux qui étaient zélés pour la Loi de Moïse.

Paul a sans doute bien fait. Il a montré qu'il était vraiment libre soit d'ignorer les prescriptions de la Loi, soit de les suivre. Il confirmait ainsi un des principes de son ministère qui était d'être comme Juif pour gagner ceux-ci à Jésus-Christ, et de se dépouiller des rites de la Loi en compagnie des païens afin de leur présenter la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Le geste de Paul contribuait à l'objectif de son voyage à Jérusalem : l'unification des Juifs et des païens. Quant aux sacrifices d'animaux, pour l'apôtre ils représentaient une commémoration de l'œuvre du Christ sur la croix.

En fait, de telles cérémonies auront lieu durant le millénium. Ces histoires sont abracadabrantes pour quiconque n'est pas de culture israélite, mais en vérité elles peuvent être très dangereuses, car certaines offenses à Dieu ne peuvent être pardonnées. L'auteur qui a écrit la lettre adressée aux Hébreux dans le Nouveau Testament affirme de la manière la plus solennelle que quiconque retournerait aux sacrifices de l'Ancienne Alliance dans le but express d'obtenir la rémission de ses fautes, est maudit à tout jamais sans possibilité de repentance. Ça vous fait froid dans le dos.

Versets 25-26

Je continue le texte.

Quant aux païens devenus croyants, voici les recommandations que nous leur avons données par lettre à la suite de nos délibérations : qu'ils ne mangent ni viande sacrifiée à des idoles, ni sang, ni viande d'animaux étouffés, et qu'ils s'abstiennent de toute inconduite sexuelle. Le lendemain donc, Paul emmena ces hommes et participa avec eux à la cérémonie de la purification. Puis il entra dans la cour du Temple où il déclara à quelle date la période de la purification serait achevée, c'est-à-dire à quel moment on offrirait le sacrifice pour chacun d'eux (Actes 21-26).

Les responsables rappellent la décision du concile de Jérusalem en ce qui concerne les païens, puis Paul accepte de se soumettre à la coutume juive qui était purement rituelle et ne procurait pas la moindre grâce particulière de la part de Dieu. Magnanime, il se plie aux exigences de la paix et de l'unité, car il n'était pas bon pour l'Église que les Juifs puissent penser que Paul était devenu un renégat de leur race. Ces grands hommes ici rassemblés étaient dans une situation difficile. Le fanatisme de la nation juive était intense, au point où il s'est transformé en guerre quelques années plus tard. Ce nationalisme exacerbé nécessitait la plus grande prudence dans l'Église.

Paul a agi en conformité avec la loi de la bienveillance chrétienne, qui demande le respect des faiblesses et des préjugés des autres, dans la mesure où les exigences de l'Évangile sont respectées. Les chrétiens juifs ne se sont émancipés de leur tradition étouffante que très lentement. En fait, ils n'ont été fermement convaincus de l'inutilité de la Loi et des sacrifices, qu'une fois le temple détruit.

Versets 27-29

Je continue.

La semaine exigée pour la purification allait s'achever, lorsque des Juifs de la province d'Asie virent Paul dans la cour du Temple. Ils ameutèrent toute la foule et se jetèrent sur lui en criant : — Israélites ! Au secours ! Le voilà, celui qui ne cesse de prêcher partout et à tout le monde contre notre peuple, contre la Loi de Moïse et contre ce Temple ! Et même, à présent, il a introduit des païens dans l'enceinte sacrée ; il a souillé ce saint lieu ! Ils disaient cela parce qu'ils avaient vu Trophime d'Éphèse en ville avec lui, et ils s'imaginaient que Paul l'avait fait entrer dans la cour intérieure du Temple (Actes 21.27-29).

Les Gentils, un autre nom pour les païens, avaient le droit de pénétrer dans la cour extérieure qui ne faisait pas partie du Temple proprement dit, mais il leur était formellement interdit d'entrer plus avant sous peine de mort. Selon l'historien juif Josèphe, les autorités romaines étaient si désireuses de ménager les susceptibilités religieuses des Juifs, qu'elles sanctionnaient l'exécution des citoyens romains eux-mêmes pour cette offense. Afin que nul ne puisse plaider l'ignorance, des pancartes rédigées en grec et en latin avaient été fixées à la barricade qui séparait la cour intérieure de l'enceinte extérieure. L'archéologue Clermont-Ganneau découvrit en 1871 à Jérusalem une de ces inscriptions, conservée aujourd'hui à Istanbul, et sur laquelle on peut lire :

Aucun étranger n'est autorisé à pénétrer au-delà de la barricade qui entoure le temple et son enceinte. Quiconque sera pris en flagrant délit de contravention sera mis à mort et ne pourra s'en prendre qu'à lui-même.

Une autre copie a été découverte à Jérusalem en 1931. Elle se trouve au Musée Archéologique de Palestine à Jérusalem. Tout ceci explique, sans pour autant la justifier, cette violence qui fut orchestrée par des incroyants juifs de la province romaine appelée Asie, et dont Éphèse était la capitale. Comme Paul avait passé trois ans dans cette ville et avait connu un très grand succès, ces Juifs le connaissaient bien et le surveillaient de près, cherchant une occasion pour lui faire la peau. Ils se trouvaient eux aussi à Jérusalem afin d'y célébrer la fête de la Pentecôte. Or ils avaient vu Paul en ville en compagnie de Trophime, un Grec d'Éphèse. Alors, le prétexte est bon. Ils mentent carrément en portant des accusations tout à fait fausses contre l'apôtre afin d'exciter la populace contre lui. Rien ne pouvait attiser davantage le fanatisme juif que la pensée de Paul faisant pénétrer des païens à l'intérieur de l'enceinte sacrée. En attendant, c'est maintenant la sixième fois que Paul déclenche une émeute ; un record, et ce n'est pas fini.

Versets 30-32

Je continue.

L'agitation gagna la ville tout entière et le peuple accourut en foule de toutes parts. On s'empara de Paul et on le traîna hors de la cour du Temple dont on ferma immédiatement les portes. On cherchait à le mettre à mort, quand le commandant de la garnison romaine fut informé que tout Jérusalem était en effervescence. Aussitôt, il rassembla des soldats avec leurs officiers et se précipita vers la foule. Dès qu'on aperçut le commandant et les soldats, on cessa de battre Paul (Actes 21.30-32).

Paul qui se trouvait dans la cour intérieure du Temple en fut chassé, et les portes fermées, par crainte que les cours sacrées ne soient polluées par le sang de l'apôtre que les Juifs étaient sur le point de répandre. Alors, remplis de haine, ils le traînent dehors pour le tuer sans crainte de profanation. Ils voulaient bien assassiner Paul, mais pas salir leur temple. Heureusement pour lui, ajointe à l'enceinte sacrée, se trouvait une forteresse dans laquelle était cantonnée une cohorte romaine chargée de maintenir l'ordre, surtout pendant les fêtes, périodes particulièrement propices aux émeutes. L'officier qui commandait s'est donc précipité avec au moins deux cents soldats le couteau entre les dents, ce qui a suffisamment refroidi la foule pour qu'on arrête d'assassiner Paul.

Versets 33-36

Je continue.

Alors le commandant s'approcha, fit saisir Paul et donna ordre de le lier avec une double chaîne, puis il demanda qui il était et ce qu'il avait fait. Mais dans la foule, les uns criaient une chose, les autres une autre, et le commandant ne put rien savoir de sûr de ce tumulte. Alors il ordonna de conduire Paul à la forteresse. Quand Paul commença à gravir les marches de l'escalier, les soldats, devant la violence de la foule, se virent obligés de le porter à bras-le-corps. En effet, tout le peuple le suivait en hurlant : — À mort ! (Actes 21.33-36).

La violence de la foule rappelle ce qui s'était passé pour le Christ. Le commandant ignorait tout de Paul et assume qu'il est un bandit quelconque de grand chemin.

Versets 37-38

Je continue.

Au moment où on allait le faire entrer dans la citadelle, Paul demanda au commandant : — M'est-il permis de te dire quelque chose ? — Comment, fit l'autre, tu sais le grec ! Tu n'es donc pas cet Égyptien qui a provoqué une émeute dernièrement et qui a entraîné quatre mille rebelles au désert ? (Actes 21.37-38).

L'épisode en question est rapporté par l'historien juif Josèphe et a eu lieu en l'an 54 ap. J-C. Durant cette période troublée surgissaient de faux prophètes qui tentaient de soulever le peuple contre les Romains. Ça se soldait toujours par un échec lamentable, et le pire était à venir, puisqu'en l'an 70 auront lieu un immense bain de sang, une nouvelle diaspora et la destruction de Jérusalem et de son temple, tout comme Jésus l'avait prédit.

Versets 39-40

Je finis le chapitre.

— Non, répondit Paul, je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, et citoyen d'une ville assez importante. Je te prie, permets-moi de dire quelques mots au peuple. Le commandant lui en accorda la permission. Alors Paul, debout sur les marches, fit signe de la main à la foule. Il se fit un grand silence, et Paul leur adressa la parole en araméen (Actes 21.39-40).

Paul commence à sortir ses cartes de visite. Il assure le commandant qu'il était Juif, ce qui lui donnait le droit d'être dans le temple. Il était originaire de Tarse, une ville universitaire en plein essor et un centre culturel de réputation internationale. C'est là qu'il avait suivi ses premières études en langue grecque. Paul ne met pas toutes ses cartes sur la table d'un seul coup. Il garde le meilleur atout pour plus tard ; il ne dit pas encore qu'il a la citoyenneté romaine et mettra cette cerise sur le gâteau quand la nécessité s'en fera sentir, et cela ne saurait tarder.

Chapitre 22

Versets 1-2

Le chapitre 22 continue la défense de Paul devant la foule qui bave de haine. Il va d'abord parler de sa conduite en tant que jeune loup et inquisiteur sanglant, puis de sa conversion à Jésus-Christ, et enfin de son appel à exercer un ministère au service du Christ. Je commence à lire ce nouveau chapitre.

— Mes frères et mes pères, dit-il, écoutez, je vous prie, ce que j'ai à vous dire pour ma défense. Lorsqu'ils l'entendirent parler en araméen, le calme se fit plus grand encore (Actes 22.1-2).

Paul s'exprima en un dialecte de l'ancien hébreu, ce qui surprit agréablement les auditeurs dont la plupart ne parlaient pas le grec. Les 5 premiers mots de sa défense sont exactement les mêmes que ceux d'Étienne, le premier martyre de l'Église dont Paul avait approuvé le meurtre. Sa mort et son discours avaient marqué l'apôtre d'une trace indélébile. Paul va maintenant défendre son ministère devant une foule assoiffée de sang.

Verset 3

Je continue le texte.

— Je suis Juif. Je suis né à Tarse en Cilicie, mais j'ai été éduqué ici à Jérusalem. C'est Gamaliel qui fut mon maître ; il m'a enseigné avec une grande exactitude la Loi de nos ancêtres, et j'étais un partisan farouche de la cause de Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui (Actes 22.3).

Paul s'identifie tout à fait à ses auditeurs leur disant qu'il était comme eux, mu par un zèle ardent. Il les comprend et sait exactement ce qu'ils éprouvent. Gamaliel était un rabbin très estimé. Quiconque étudiait sous sa direction avait une belle carrière devant lui. L'apôtre s'exprime avec amour voulant gagner les Juifs à Jésus-Christ.

Versets 4-9

Je continue.

Paul reprit : J'ai combattu à mort ce qu'on appelle la Voie, en faisant enchaîner et jeter en prison des hommes et des femmes. Le grand-prêtre et tout le Conseil des responsables du peuple peuvent témoigner que je dis vrai. Car c'est d'eux, précisément, que j'avais reçu des lettres de recommandation pour nos frères. Je suis alors parti pour Damas, bien résolu à faire enchaîner et à ramener à Jérusalem, afin de faire punir tous les adhérents de cette Voie que je trouverais là-bas. Comme j'étais en chemin et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une vive lumière a resplendi du ciel et m'a enveloppé. Je suis tombé à terre et j'ai entendu une voix qui me demandait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Je me suis écrié : « Qui es-tu Seigneur ? » Alors la voix m'a dit : « Je suis, moi, Jésus de Nazareth, que tu persécutes. » Ceux qui étaient avec moi ont bien vu la lumière, mais n'ont pas compris celui qui me parlait (Actes 22.4-9).

Paul montre qu'il était entièrement consacré à la Loi de Moïse et à l'élimination du christianisme. Sa détermination était si enracinée que seule une transformation radicale et surnaturelle pouvait lui faire changer d'idée. Il commence alors à raconter les événements entourant sa conversion. C'était la première fois qu'il avait l'occasion d'expliquer au peuple de Jérusalem la raison qui l'a fait devenir chrétien.

Versets 10-16

Je continue.

J'ai demandé : « Que dois-je donc faire, Seigneur ? » Et le Seigneur m'a dit : « Relève-toi, va à Damas, et là, on te dira tout ce que tu devras faire ! » Mais je n'y voyais plus : l'éclat de cette lumière m'avait aveuglé. Alors mes compagnons m'ont pris par la main pour me conduire, et c'est ainsi que je suis arrivé à Damas. Il y avait là un certain Ananias, un homme pieux, qui observait fidèlement la Loi. Il était estimé de tous les Juifs de la ville. Il est venu me trouver, s'est tenu près de moi et m'a dit : « Saul, mon frère, recouvre la vue ! » À l'instant même, je vis de nouveau et je l'ai vu. Alors il m'a dit : « Le Dieu de nos ancêtres t'a choisi d'avance pour te faire connaître sa volonté, pour que tu voies le Juste et que tu entendes sa voix, car tu seras son témoin devant tous les hommes pour leur annoncer tout ce que tu as vu et entendu. Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi, fais-toi baptiser et sois lavé de tes péchés en te confiant dans le Seigneur. » (Actes 22.10-16).

Le discours de Paul est très juif afin de bien communiquer avec son auditoire. Ananias qui est venu le chercher après sa conversion est décrit comme un homme pieux, qui observait fidèlement la Loi ; il parle du Dieu de nos ancêtres et appelle Jésus le Juste, un titre qui dans l'Ancien Testament fait référence au Messie. Le récit de la conversion de Saul de Tarse qui devint le grand apôtre Paul est répété à plusieurs reprises dans le livre des Actes, parce que cet événement est capital à plus d'un titre.

Il explique le revirement extraordinaire de ce grand inquisiteur violent, mais aussi de grande culture et intelligence, et très érudit. Saul était alors en passe de devenir un des principaux chefs de la nation juive quand Jésus-Christ l'a arrêté net dans son élan. D'un point de vue humain, on peut dire que Paul a eu beaucoup de chance. Dieu l'a choisi pour deux raisons que l'apôtre nous donne lui-même dans ses écrits. Je les cite :

Mais Dieu m'avait mis à part dès avant ma naissance et, dans sa grâce, il m'a appelé à le connaître. Moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme emporté. Mais il m'a été fait miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité (Galates 1.15 ; 1Timothée 1.13).

D'une part, c'est le Dieu souverain qui de toute éternité avait choisi Paul, et d'autre part, il ne lui a pas été tenu compte de sa conduite passée pourtant fortement entachée de violence. Si Saul de Tarse a pu recevoir la vie éternelle, le chemin du ciel est véritablement ouvert à quiconque. Il suffit de faire comme lui, de s'humilier devant le Christ.


Source URL:
http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie/node/832