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Émission 353 - Actes 20:35 - 21:20

By Chemins de VIE
Créé 07/05/2008 - 05:00

Chapitre 20

Versets 35-38

Parmi les grands voyageurs que notre monde a connus, on pense tout de suite aux explorateurs Marco Polo ou Christophe Colomb. L'apôtre Paul ne cherchait pas de nouveaux horizons, mais c'était un homme avec une mission ; il était à la conquête des âmes pour le royaume de Dieu. Inlassablement, il parcourait l'Empire romain et surtout l'Asie Mineure, c'est-à-dire la Turquie aujourd'hui. Il vient de passer trois années dans la ville d'Éphèse, ce qui constitue la dernière grande étape de sa vie missionnaire. Ensuite, il va aller à Rome, mais ce sera en tant que prisonnier de guerre, pourrait-on dire, dans la mesure où on considère notre planète comme un immense champ de bataille où s'affrontent le royaume de Dieu et celui des ténèbres.

Éphèse est une ville importante dans le Nouveau Testament. C'est là qu'est apparu un groupe de disciples qui avaient connu le baptême de Jean-Baptiste. On savait déjà que ce dernier, par son ministère, avait préparé la voie du Seigneur Jésus en Palestine. On découvre que ses disciples avaient également répandu le baptême de la repentance parmi les Juifs de la diaspora, apprêtant ainsi le terrain pour l'annonce de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ.

À Éphèse, Paul a vécu un temps fructueux d'enseignement, mais de plus, et à travers lui, le Seigneur a également fait des miracles extraordinaires. Luc insiste sur ce point afin de contrer la situation locale d'une ville connue pour ses pratiques magiques. Le succès de la mission de Paul fut tel qu'il a renversé l'échelle de valeurs de ses habitants. Ceux-ci ont commencé à déserter en masse les cultes païens pour se tourner vers le christianisme. Bien sûr, cela n'était pas du goût des commerçants et des artisans liés au puissant culte de la déesse Artémis aussi appelée Diane, alors ils ont déclenché une révolte.

Le discours d'adieu de Paul, ainsi que ses dernières instructions aux responsables de l'Église d'Éphèse, est un testament spirituel qui annonce les difficultés qui l'attendent personnellement ainsi que les dangers qui menacent l'Église. L'avenir prouvera qu'il disait vrai. La suite de l'histoire de la communauté d'Éphèse peut se lire dans le Nouveau Testament.

Chapitre 21

Versets 1-2

L'apôtre Paul va maintenant poursuivre son voyage en direction de Jérusalem où, comme prévu, les choses vont se gâter. Je commence à lire le chapitre 21.

Après nous être séparés d'eux, nous avons pris la mer et nous avons mis directement le cap sur l'île de Cos, puis le lendemain, nous avons continué sur Rhodes et, de là, vers Patare. Pendant notre escale, nous avons trouvé un navire en partance pour la Phénicie. Nous nous y sommes embarqués et nous avons pris le large (Actes 21.1-2).

Paul et ses compagnons s'embarquent et contournent le sud-ouest de l'Asie Mineure. Ils vont d'abord jusqu'à l'île de Cos, à 60 km de Milet, puis jusqu'à celle de Rhodes 80 km plus loin. Cet endroit est célèbre, car il fut vaillamment défendu par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem contre les Turcs. Aujourd'hui, cette île est un haut lieu de la Grèce touristique.

À cette époque, les petits bateaux du genre de celui qu'emprunta Paul longeaient les côtes et s'arrêtaient pour la nuit dans le port le plus proche. Le petit groupe continue ainsi jusqu'à Patare qui est un port d'Asie Mineure situé de l'autre côté de la Méditerranée, juste en face de la ville d'Alexandrie. De là, ils s'embarquent sur un plus gros navire pour la longue traversée qui doit les amener à Tyr en Phénicie, aujourd'hui au Liban.

Versets 3-4

Je continue.

Arrivés en vue de Chypre, nous l'avons laissée sur notre gauche et nous avons continué notre route vers la Syrie, pour débarquer à Tyr où le navire devait livrer sa cargaison. Il y avait là des disciples. Après les avoir trouvés, nous sommes restés sept jours avec eux. Or ceux-ci, poussés par l'Esprit, conseillaient à Paul de ne pas se rendre à Jérusalem (Actes 21.3-4).

En passant au large de l'île de Chypre, Paul a dû se souvenir qu'il y avait débarqué pour la première fois 14 ans auparavant. Ils ne se sont pas arrêtés, mais ont continué jusqu'à Tyr, leur destination finale. Lors de la persécution de Jérusalem, les croyants s'étaient enfuis un peu partout et certains atterrirent dans cette ville où ils avaient implanté une Église. Quand il le pouvait, Paul restait suffisamment longtemps sur place afin de participer au culte du dimanche. Il était poussé par l'Esprit à se rendre à Jérusalem. Pourtant en cours de route, il est averti à plusieurs reprises par des gens inspirés de Dieu et bien intentionnés qui le mettent en garde contre ce qui l'attend.

Cependant, cela ne voulait pas dire que Paul devait abandonner son projet, c'était seulement l'interprétation logique que les croyants faisaient de la connaissance prophétique qu'ils avaient reçue. Ils avaient peur pour la vie de l'apôtre qu'ils savaient menacée. Cependant, Paul faisait bien la volonté de Dieu en allant à Jérusalem. Quand il s'était converti, il devint aveugle. Le Seigneur avait alors demandé à un disciple qui s'appelait Ananias d'aller le chercher. Bien sûr, ce dernier n'était pas très chaud, connaissant la réputation d'inquisiteur féroce de Paul qui s'appelait alors Saul de Tarse. Alors, le Seigneur lui avait répondu par des paroles prophétiques que je suis sûr Paul connaissait. Je les rappelle :

Mais le Seigneur lui dit : — Va ! car j'ai choisi cet homme pour me servir : il fera connaître qui je suis aux nations étrangères et à leurs rois, ainsi qu'aux Israélites. Je lui montrerai moi-même tout ce qu'il devra souffrir pour moi (Actes 9.15-16).

En conséquence, souffrir faisait simplement partie de la mission de Paul, rien de plus, et ce n'est pas cette perspective qui allait l'arrêter. Et puis il lui fallait encore témoigner devant des rois et des Grands de ce monde, ce qui ne s'était pas encore produit. De plus, lorsque plus tard dans l'histoire il comparaîtra devant la cour suprême juive pour être interrogé, il apparaîtra très sûr de lui, montrant ainsi qu'il se savait dans la volonté de Dieu. Je cite le passage :

Paul fixa ses regards sur tous les membres du Grand-Conseil et déclara : — Mes frères, j'ai vécu devant Dieu jusqu'à ce jour avec une conscience parfaitement pure (Actes 23.1).

Ce n'est pas tout. Un peu plus tard, alors qu'il dormait, le Seigneur est venu l'encourager. Là encore, je cite le passage :

La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul et lui dit : — Courage ! Tu as été mon témoin à Jérusalem, il faut que tu le sois aussi à Rome (Actes 23.11).

Cette vision ne lui épargnera pas la prison, mais une fois enfermé, Paul va écrire plusieurs lettres, dont une à l'Église de Philippes, dans laquelle il écrit :

Je tiens à ce que vous le sachiez, frères : ce qui m'est arrivé a plutôt servi la cause de l'Évangile. En effet, toute la garde prétorienne et tous les autres savent que c'est parce que je sers le Christ que je suis en prison. De plus, mon emprisonnement a encouragé la plupart des frères à faire confiance au Seigneur ; aussi redoublent-ils d'audace pour annoncer sans crainte la Parole de Dieu (Philippiens 1.12-14).

Les malheurs qui frappèrent l'apôtre Paul n'entravèrent en rien l'expansion de l'Évangile, au contraire.

Versets 5-7

Je continue.

Malgré cela, une fois cette semaine écoulée, nous sommes partis pour continuer notre voyage. Ils nous ont accompagnés, tous, avec leurs femmes et leurs enfants, à quelque distance de la ville. Là, nous nous sommes agenouillés sur le rivage pour prier. Puis, après avoir pris congé les uns des autres, nous sommes montés à bord du bateau, et les croyants s'en sont retournés chez eux. Nous avons terminé notre voyage par mer en allant de Tyr à Ptolémaïs. Dans cette ville, nous avons salué les frères et passé une journée avec eux (Actes 21.5-7).

C'était la première fois que Paul faisait connaissance de cette Église de Tyr, et pourtant, après seulement une semaine, de profonds liens d'amour s'étaient tissés entre eux. Après s'être quitté, le petit groupe a repris le bateau vers le sud en direction de Jérusalem. Ils ont débarqué 30 km plus loin à Ptolémaïs, ville construite par le pharaon Ptolémée Soter, et qui se trouve aujourd'hui en Israël au nord du port de Haïfa et s'appelle Acre. Dans cette ville aussi se trouvait une Église qui était le résultat de la persécution qui avait eu lieu à Jérusalem quelque temps après la Pentecôte.

Versets 8-9

Je continue.

Dès le lendemain, nous sommes repartis pour Césarée. Nous nous sommes rendus à la maison de Philippe, l'évangéliste — c'était l'un des sept hommes que l'on avait élus à Jérusalem —, et nous avons logé chez lui. Il avait quatre filles non mariées qui avaient le don de prophétie (Actes 21.8-9).

La voie terrestre étant accidentée, Paul reprend la mer pour une promenade de 50 km direction le port de Césarée, d'accès facile. Cet endroit sympa était aussi la résidence habituelle des gouverneurs romains. C'est ainsi que le petit groupe arrive chez Philippe l'évangéliste, dont le ministère a été décrit précédemment dans le livre des Actes. Cela faisait près de 20 ans qu'il s'était installé en bon père de famille dans cette ville portuaire. Le don de prophétie n'était pas exclusif au sexe masculin ni dans l'Ancien, ni dans le Nouveau Testament. La façon dont Luc parle de ces filles indique qu'elles avaient un ministère qui les occupait à un tel point, qu'elles ne pouvaient se marier, du moins pour l'instant.

Versets 10-11

Je continue.

Nous étions déjà là depuis plusieurs jours, lorsqu'arriva de Judée un homme appelé Agabus qui avait ce même don. Il vint nous trouver, prit la ceinture de Paul et s'en servit pour s'attacher les pieds et les mains. — Voici ce que déclare l'Esprit Saint, dit-il. L'homme à qui appartient cette ceinture sera attaché de cette manière par les Juifs à Jérusalem, puis ils le livreront entre les mains des païens (Actes 21.10-11).

Agabus exprime sa prophétie par des actes dramatiques. Ce symbolisme était courant dans l'Ancien Testament. Paul sera effectivement arrêté d'abord par les Juifs puis par les Romains. Dieu voulait ainsi le préparer mentalement et spirituellement à ce qui l'attendait. Il l'avertissait de cette manière afin qu'il n'ait pas l'impression d'avoir été pris au piège. C'est d'ailleurs ainsi que l'apôtre sera amené à témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ devant des rois et des gouverneurs.

Versets 12-14

Je continue.

En entendant cette déclaration, nous avons supplié Paul, nous et les croyants de Césarée, de ne pas monter à Jérusalem. Mais il nous répondit : — Que faites-vous là ? Voulez-vous me briser le cœur avec vos larmes ? Je suis tout à fait prêt, moi, non seulement à aller en prison, mais même à mourir à Jérusalem pour le Seigneur Jésus. Comme nous n'arrivions pas à le faire changer d'avis, nous n'avons plus insisté et nous nous sommes contentés de dire : — Que la volonté du Seigneur soit faite ! (Actes 21.12-14).

Pour les motifs précédemment cités, Paul n'allait pas changer d'avis. Et puis la principale raison pour laquelle ce voyage à Jérusalem était important pour lui est qu'il apportait une offrande qui venait d'Églises païennes aux croyants de Jérusalem en majorité juifs. Paul voulait ainsi mettre en pratique une de ses thèses chrétiennes fondamentales : l'unité des Juifs et des païens en Jésus-Christ. Il avait un profond sens du devoir que ce soit en tant que persécuteur des chrétiens ou apôtre. Or, l'Église de Jérusalem était à cette époque noyautée par des judaïsants qui prêchaient qu'il fallait que les païens se soumettent aux rites de la Loi de Moïse avant de se faire baptiser, ce qui était un anathème pour Paul, un non-sens.

Versets 15-16

Je continue.

Après avoir passé ces quelques jours à Césarée, nous avons fait nos préparatifs et nous avons pris le chemin de Jérusalem. Quelques disciples de Césarée nous ont accompagnés et nous ont emmenés chez un certain Mnason, originaire de Chypre, chrétien depuis longtemps déjà, qui allait nous loger (Actes 21.15-16).

Finalement, le petit groupe parcourt les derniers 105 km et arrive enfin à sa destination finale. Pareillement à Jésus qui était allé à Jérusalem afin d'y subir la croix, Paul s'y est rendu tout en sachant que de graves ennuis l'attendaient. Les Juifs, encore eux, vont comploter contre lui et il va être livré entre les mains, décidément très sales, des Romains ; ces événements seront la copie conforme à ce qui est arrivé au Christ. Ce n'est pas étonnant que Jésus ait pleuré sur la ville sainte disant :

Ah, Jérusalem ! Jérusalem ! toi qui fais mourir les prophètes et qui tues à coups de pierres ceux que Dieu t'envoie ! Combien de fois j'ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l'avez pas voulu ! (Matthieu 23.37).

Versets 17-19

Je continue le texte.

À notre arrivée à Jérusalem, les frères nous accueillirent avec joie. Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, où tous les responsables de l'Église se rassemblèrent aussi. Après les avoir salués, Paul exposa en détail tout ce que Dieu avait accompli par son ministère parmi les païens (Actes 21.17-19).

Dès que possible, Paul et son groupe ont une audience avec Jacques, le chef de l'Église de Jérusalem, et avec ses responsables. De toute évidence, c'est à ce moment-là qu'en présence de tous, l'apôtre a présenté l'argent destiné aux pauvres chrétiens de Jérusalem. Luc reste délibérément silencieux sur ce sujet sans doute pour ne pas attiser certains problèmes dus à des questions de fric et puis son sujet portait sur l'expansion de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ allant des Juifs aux païens, pas sur des histoires de gros sous.

Versets 20-21

Je continue.

En l'écoutant, ils louaient Dieu, puis ils dirent à Paul : — Vois-tu, frère, combien de milliers de Juifs sont devenus croyants, et tous sont très attachés à la Loi de Moïse. Or, ils ont entendu dire que tu enseignes à tous les Juifs disséminés à l'étranger d'abandonner les prescriptions de Moïse en leur disant de ne plus faire circoncire leurs enfants et, d'une manière générale, de ne plus suivre les coutumes juives (Actes 21.20-21).

Les Juifs qui étaient devenus chrétiens continuaient à respecter les rites cérémonials de la Loi de Moïse mis à part les sacrifices. Ils ne comprenaient pas que les païens ne soient pas obligés d'en faire autant. L'apôtre Pierre lui-même ne mangeait rien de ce qui était rituellement impur et a eu un comportement hypocrite des plus déplorables envers les païens selon un passage d'une des lettres de Paul. Toutes ces histoires de rites sont des plus gnangnan. Cela dit, ce que les croyants juifs qui étaient zélés pour la Loi de Moïse avaient entendu dire concernant Paul ne correspondait pas à son enseignement. Jacques et les responsables de l'Église de Jérusalem en étaient conscients ; mais cette rumeur peut s'expliquer par l'enseignement que Paul donnait aux non-Juifs.

Il les instruisait dans la grâce de Dieu, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas d'obligation par rapport à la Loi ; le fait de faire circoncire leurs fils n'avait aucune conséquence sur le plan de la foi et il ne leur parlait pas des coutumes juives. Cependant, Paul n'avait jamais dit aux Juifs de ne pas circoncire leurs garçons ou de ne pas se conformer aux rites typiquement juifs. En fait, dans une de ses lettres, il dit ceci :

Quelqu'un était-il circoncis lorsqu'il a été appelé ? Qu'il ne cherche pas à le dissimuler. Ou quelqu'un était-il incirconcis lorsque Dieu l'a appelé ? Qu'il ne se fasse pas circoncire. Que l'on soit circoncis ou non n'a aucune importance. Ce qui importe, c'est l'obéissance aux commandements de Dieu. Que chacun demeure dans la situation qui était la sienne lorsque Dieu l'a appelé (1Corinthiens 7.18-20).

Ce n'est pas tout. Dans les villes de l'Empire, les convertis d'origine païenne avaient une influence sur ceux qui venaient du judaïsme concernant la pratique de la Loi. Ainsi, certains Juifs commençaient déjà à rejeter le carcan pesant de leur héritage. L'enjeu de ces questions était important, car l'époque à laquelle Paul arrive à Jérusalem est particulièrement troublée ; aux tensions religieuses s'ajoutent celles qui sont d'origine politique.

Nous sommes en l'an 58 de notre ère et l'opposition contre l'occupant romain est vive ; les tendances nationalistes juives sont particulièrement affirmées ; la répression romaine ne fait qu'exacerber les sentiments antipaïens. De toutes parts se multiplient les représailles, genre assassinats dans un coin de rue, contre les Juifs qui pactisent avec l'ennemi.

C'est dans ce contexte pourri que de nouvelles agressions contre l'apôtre Paul se préparent. Mais lui poursuit son œuvre. Il persévère dans des situations épouvantables parce qu'il a en vue un trophée, ce qu'il appelle lui-même le prix de sa course. Voici d'ailleurs ce qu'il dit à la veille de son exécution par l'empereur Néron :

J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course. Désormais la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera en ce Jour-là (2Timothée 4.7-8).


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