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Diffusé le 6 mai 2008 - ::
À la lecture du livre des Actes, il apparaît que personne ne restait indifférent à l'écoute de l'apôtre Paul. Soit ses auditeurs acceptaient le message de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, soit ils déclenchaient une révolte. Malgré des difficultés à n'en plus finir, Paul, tel un rouleau compresseur, poursuit son troisième voyage missionnaire. Rien ne l'arrête. Mieux encore, dès qu'il y a une accalmie, il écrit des lettres d'encouragement aux différentes Églises qu'il avait implantées un peu partout en Asie Mineure.
Je commence à lire le chapitre 20.
Quand le tumulte se fut apaisé, Paul convoqua les disciples pour les encourager. Puis il prit congé d'eux et partit pour la Macédoine. En parcourant cette province, il eut de nombreuses occasions d'encourager les croyants. De là, il passa en Grèce où il demeura trois mois (Actes 20.1-2).
Luc couvre, on ne peut plus brièvement, cette portion du voyage de Paul. Dans ses lettres, l'apôtre nous donne davantage de détails que nous couvrirons en temps voulu. Nous savons qu'il a bien sûr rendu visite à toutes les Églises qu'il avait implantées en Grèce, dont Corinthe où il séjourna pendant trois mois. Mais il semble aussi qu'il ait été jusqu'en Illyrie, une province romaine qui correspondait en gros à l'ancienne Yougoslavie.
Je continue.
Au moment où il allait s'embarquer pour la Syrie, il apprit que les Juifs avaient formé un complot contre lui. Il décida alors de repasser par la Macédoine (Actes 20.3).
Alors qu'il est sur le point de quitter Corinthe pour Antioche en Syrie, Paul a vent d'un complot. Manifestement, les Juifs avaient prévu de l'assassiner à bord du bateau et de jeter son corps aux requins. C'est toujours le même refrain : on veut faire la peau à l'apôtre. Il doit donc abandonner son projet d'être à Jérusalem à temps pour la Pâque et se rend alors de Corinthe à Philippes par voie de terre. Aujourd'hui, ce trajet prend 9 heures en voiture ; alors à pied, ça faisait loin.
Je continue.
Ses compagnons étaient Sopater, fils de Pyrrhus, originaire de Bérée, Aristarque et Secondus de Thessalonique, Gaïus, de Derbe, Timothée, et enfin Tychique et Trophime de la province d'Asie. Ils prirent les devants pour aller nous attendre à Troas. Quant à nous, nous nous sommes embarqués à Philippes après la fête des pains sans levain et, après une traversée de cinq jours, nous les avons rejoints à Troas où nous avons passé une semaine (Actes 20.4-6).
L’auteur Luc avait été un compagnon de Paul, mais était resté à Philippes lorsque celui-ci avait continué sa route lors de son voyage missionnaire précédent. Maintenant, ils sont à nouveau ensemble, et c'est la raison pour laquelle le texte passe à la première personne du pluriel. Maintenant commence une nouvelle section du livre avec nous pour sujet.
À cette époque, les chrétiens de Jérusalem étaient dans la disette à cause d'une famine, ce que Luc choisit de ne pas mentionner. C'est pourquoi une collecte de fonds avait été réalisée en leur faveur auprès des Églises de la Macédoine, en Grèce donc, et de l'Asie Mineure, c'est-à-dire la Turquie actuelle. Celles-ci avaient alors délégué ces hommes pour accompagner Paul, car il s'agissait d'une forte somme d'argent et les routes n'étaient pas sûres. La stratégie de l'apôtre était de toujours concentrer son ministère dans les grandes villes et d'y former des évangélistes qui iraient ensuite essaimer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans les petites bourgades des environs. Ces hommes qui allèrent avec Paul lui étaient sans aucun doute familiers ; peut-être les avait-il même tous enseignés à un moment ou à un autre.
La fête des pains sans levain avait lieu au printemps et cela, 50 jours avant la Pentecôte, date à laquelle Paul désirait être de retour à Jérusalem. La traversée de Philippes en Grèce jusqu'à Troas, un port au nord-ouest de la Turquie aurait dû durer deux jours, mais en a pris 5, parce que les vents étaient sans doute contraires.
Je continue.
Le dimanche, nous étions réunis pour rompre le pain. Comme il devait partir le lendemain, Paul s'entretenait avec les assistants et prolongea son discours jusque vers minuit (Actes 20.7).
Les croyants de l'Église primitive se réunissaient le dimanche parce que c'était le jour de la semaine où Jésus était ressuscité des morts, et aussi le jour où il s'était montré vivant pour la seconde fois aux apôtres, une semaine plus tard. De plus, c'est aussi un dimanche que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres et qu'ainsi l'Église est née. C'était le jour de la Pentecôte.
Cette réunion se prolongea tard dans la nuit parce que c'était la dernière fois que Paul était en compagnie de ces croyants. Le but principal de leur réunion était de rompre le pain ensemble. Pour un groupe de chrétiens, cela signifie commémorer la mort du Seigneur Jésus-Christ en prenant du pain et du vin d'une manière très solennelle.
Je continue.
Nous étions réunis à l'étage supérieur de la maison, éclairé par de nombreuses lampes. Un jeune homme nommé Eutychus s'était assis sur le rebord de la fenêtre et, comme Paul prolongeait encore l'entretien, il s'endormit profondément. Soudain, dans son sommeil, il perdit l'équilibre et tomba du troisième étage. Quand on le releva, il était mort (Actes 20.8-9).
Il se faisait tard et la fatigue d'une journée de travail pesait sur les paupières. L'atmosphère lourde du dehors et la présence de pas mal de monde dans une même pièce éclairée par beaucoup de lampes contribuaient à créer une ambiance soporifique, parce que l'oxygène se trouvait raréfié. Il faisait chaud, même avec une fenêtre ouverte. De plus, le son de la voix de Paul, qui discourait sur des sujets théologiques pas forcément faciles à comprendre, a eu raison du jeune homme de cette histoire et ce fut le drame. Luc, le médecin, est allé constater sa mort suite à sa chute.
Je continue.
Paul descendit, se pencha vers lui, le prit dans ses bras et dit : — Ne vous inquiétez pas ! Il est encore en vie. Il remonta, rompit le pain, mangea, et continua de parler jusqu'au point du jour. Puis il partit. Quant au jeune homme, il fut ramené chez lui indemne, au grand réconfort de tous (Actes 20.10-12).
Heureusement pour ce jeune homme, son nom Eutychus signifie chanceux. En effet, il a eu la chance de mourir en présence de Paul qui l'a ressuscité des morts. Ce texte fait miroir à celui dans lequel l'apôtre Pierre ressuscita une femme au nom de Dorcas. Cet événement a encouragé Paul à poursuivre son enseignement jusqu'à l'aube. Moi j'admire les gens qui sont restés à l'écouter jusqu'au petit matin. C'est sûr que Paul devait avoir des choses captivantes à dire, mais quand même, passer toute une nuit à rester alerte pour suivre un orateur, c'est remarquable.
Je continue.
Pour nous, nous avons pris les devants, et nous nous sommes embarqués sur un bateau qui nous a amenés à Assos, où nous devions prendre Paul, conformément à ce qu'il avait décidé. Car il voulait faire la route à pied jusque-là. Quand il nous eut rejoints à Assos, nous avons repris la mer ensemble. Après une escale à Mytilène, nous avons passé le lendemain au large de Chio. Le jour suivant, nous jetions l'ancre à Samos et, un jour plus tard, nous abordions à Milet (Actes 20.13-15).
Paul demeura manifestement à Troas plus longtemps qu'il ne l'avait prévu à l'origine. Pour compenser son retard, il envoya le reste du groupe devant lui. Par voie maritime, il y avait 50 km de Troas à Assos et seulement 25 par voie terrestre. Ils se sont retrouvés à Assos où ils ont tous pris le bateau, faisant successivement escale à Mytilène, Chio et Samos, trois îles de la mer Égée à l'extrême ouest de la Turquie actuelle. Elles portent encore les mêmes noms aujourd'hui. Chaque voyage durait un jour. Le groupe voguait en allant vers le sud, direction la Méditerranée, puisqu'ils se dirigeaient vers la Palestine. Finalement, ils débarquent à Milet dans le sud-ouest de l'Asie Mineure.
Je continue.
Paul avait, en effet, décidé de dépasser Éphèse sans s'y arrêter pour ne pas risquer de s'attarder dans la province d'Asie. Il se hâtait pour être à Jérusalem, si possible, le jour de la Pentecôte. Pendant l'escale à Milet, il envoya quelqu'un à Éphèse pour demander aux responsables de l'Église de venir le rejoindre (Actes 20.16-17).
Éphèse se trouvait à une cinquantaine de kilomètres au nord de Milet. Paul aurait probablement perdu encore plus de temps s'il s'était lui-même rendu à Éphèse où il était resté trois ans et connaissait beaucoup de monde. Il demande donc aux responsables de l'Église de venir le rejoindre. Au temps des apôtres, il existait une pluralité d'anciens dans chaque Église ; ceux-ci avaient la charge d'évêques, c'est-à-dire de surveillants. Ils ne formaient pas un ordre épiscopal distinct des membres réguliers. Celui-ci fut créé au cours du second siècle de notre ère après le martyre des apôtres Paul, Pierre et Jacques. On suppose qu'il s'est alors fait sentir la nécessité d'une supervision générale, ce qui a amené la création d'évêques diocésains, un ordre épiscopal qui apparut donc après la disparition des apôtres.
Je continue le texte.
Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit : — Vous savez comment je me suis comporté pendant tout le temps que j'ai passé parmi vous, depuis le jour de mon arrivée dans la province d'Asie. J'ai servi le Seigneur en toute humilité, avec des larmes, au milieu d'épreuves suscitées par les complots des Juifs. Vous savez aussi que, sans rien vous cacher, je vous ai annoncé et enseigné tout ce qui pouvait vous être utile, soit publiquement, soit dans vos maisons. Sans cesse, j'ai appelé Juifs et Grecs à se tourner vers Dieu et à croire en Jésus, notre Seigneur (Actes 20.18-21).
Ici commence un discours pastoral que l'apôtre Paul adresse à des responsables d'Église pour qui il avait beaucoup d'affection. Il leur rappelle son enseignement et son exemple. À Éphèse comme ailleurs, les Juifs avaient comploté contre Paul. Durant tout son ministère, sa vie ne tenait qu'à un fil bien mince. Cependant, envers et contre tout, il s'est montré fidèle et leur a exposé tout le conseil de Dieu : pendant trois mois dans la synagogue, deux ans dans l'école de Tyrannus, sans compter son enseignement dans les réunions publiques et dans les assemblées-maison.
Je continue.
Et maintenant, me voici en route pour Jérusalem. L'Esprit m'y oblige, mais j'ignore ce qui m'y arrivera. Tout ce que je sais, c'est que le Saint-Esprit m'avertit de ville en ville que je dois m'attendre à être emprisonné et à connaître bien des souffrances. Ma vie m'importe peu, je ne lui accorde aucun prix ; mon but c'est d'aller jusqu'au bout de ma course et d'accomplir pleinement le service que le Seigneur m'a confié c'est-à-dire de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Et maintenant, je le sais : vous tous, au milieu de qui j'ai passé en prêchant le règne de Dieu, vous ne me reverrez plus (Actes 20.22-25).
À cause de l'avertissement qu'il avait reçu, et qui émanait de frères qui possédaient le don de prophétie, Paul a la conviction que les anciens d'Éphèse ne le reverraient plus. Il se rendait à Jérusalem afin d'y apporter les offrandes des Églises d'Asie Mineure et de la Macédoine. Bien qu'il ait été averti que de graves difficultés l'attendaient, il était déterminé à s'y rendre quand même par sens du devoir.
Dans ce passage, Paul met sur le même plan la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu et son règne, sous-entendant celui sur terre, puisque c'était là l'espérance d'Israël promise par l'Éternel et annoncée par l'ensemble de l'Ancien Testament. En d'autres mots, le Seigneur dans sa miséricorde a accordé aux non-Juifs de croire en Jésus, ce qui leur confère le privilège d'avoir la vie éternelle et d'entrer dans le règne millénaire du Christ.
Je continue.
C'est pourquoi je vous le déclare solennellement aujourd'hui : je suis dégagé de toute responsabilité à votre égard, car je vous ai annoncé tout le plan de Dieu, sans rien passer sous silence (Actes 20.26-27).
Tout au long de ce discours aux responsables de l'Église, Paul utilise différents mots pour exprimer qu'il avait prêché, annoncé et solennellement témoigné à tous, Juifs et Grecs, de tout le conseil divin sans rien omettre. C'est pour cela qu'il se déclare dégagé de toute responsabilité aussi bien morale que spirituelle à l'égard des habitants d'Éphèse.
Je continue.
Veillez donc sur vous-mêmes et sur tout le troupeau de l'Église que le Saint-Esprit a confié à votre garde. Comme de bons bergers, prenez soin de l'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son sacrifice (Actes 20.28).
Maintenant, Paul regarde les futures responsabilités des anciens d'Éphèse. Ils devront premièrement prendre bien soin d'eux-mêmes puis de ceux qui sont sous leur protection de la même manière dont un berger s'occupe de ses brebis. Dans l'Ancien Testament, le peuple de Dieu est comparé à un troupeau. Ici, ces dirigeants ne sont pas appelés anciens, mais évêques. Le mot a donné en français épiscopal.
Les Grecs l'utilisaient pour bien souligner la responsabilité attachée à une fonction, à savoir ici veiller sur les autres, sur le troupeau du Seigneur. Sa valeur est ici particulièrement mise en relief du fait que Paul l'appelle l'Église de Dieu, et qu'il mentionne qu'elle a été acquise par son sacrifice . Il s'agit bien entendu du sacrifice de la croix du Christ. L'homme Jésus est appelé Dieu puisqu'il en est le Fils, la deuxième personne de la Trinité.
Je continue.
Je le sais : quand je ne serai plus là, des loups féroces se glisseront parmi vous, et ils seront sans pitié pour le troupeau. De vos propres rangs surgiront des hommes qui emploieront un langage mensonger pour se faire des disciples. Soyez donc vigilants ! Rappelez-vous que, pendant trois années, la nuit comme le jour, je n'ai cessé de vous conseiller un à un, et parfois même avec larmes (Actes 20.29-31).
L'histoire des premières communautés chrétiennes révèle que le danger vint aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. Les faux frères qu'ils se disent prophètes ou docteurs-enseignants sont comparés à des loups cruels. Paul fait ici référence aux erreurs doctrinales qui seront introduites dans l'Église naissante au fil des années par toutes sortes de gens jouissant d'un grand charisme et qui se diront inspirés de Dieu. Paul les avait déjà avertis de ces dangers à plusieurs reprises avec larmes.
Je continue.
Et maintenant il ne me reste plus qu'à vous confier à Dieu et à sa Parole de grâce. Il a le pouvoir de vous faire grandir dans la foi et de vous assurer l'héritage qu'il vous réserve avec tous ceux qui lui appartiennent. Je n'ai désiré ni l'argent, ni l'or, ni les vêtements de personne. Regardez mes mains : ce sont elles, vous le savez bien, qui ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons (Actes 20.32-34).
Paul n'agissait jamais par motif d'intérêt personnel. C'était un pur comme il n'en existe plus guère. Plusieurs textes montrent qu'il a souvent travaillé de ses mains pour subvenir à ses besoins. Dans d'autres cas, il a jugé qu'il pouvait recevoir des dons lorsque ceux-ci ne provenaient pas des Églises qu'il était en train de fonder. Ce qui n'avait pas été mentionné ailleurs, c'est que ce travail permettait aussi à Paul de subvenir aux besoins de ses compagnons de service. Finalement, l'apôtre recommande ces responsables de l'Église d'Éphèse à la grâce de Dieu et à sa Parole. Bien que la confiance en Dieu soit essentielle, elle doit aussi être accompagnée d'obéissance, et c'est ce que Paul leur rappelle.
Je finis ce chapitre.
Je vous ai montré partout et toujours qu'il faut travailler ainsi pour aider les pauvres. Souvenons-nous de ce que le Seigneur Jésus lui-même a dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. » Après avoir ainsi parlé, Paul se mit à genoux et pria avec eux. Tous, alors, éclatèrent en sanglots et ils se jetaient au cou de Paul pour l'embrasser. Ce qui les affligeait surtout, c'était de l'avoir entendu dire qu'ils ne le reverraient plus. Puis ils l'accompagnèrent jusqu'au bateau (Actes 20.35-38).
C'est ainsi que se termine le long séjour de Paul à Éphèse, son ministère dans cette ville et ses environs ayant porté beaucoup de fruits. Cette rencontre avec les responsables de l'Église fut chargée en émotions fortes. Ces hommes s'appréciaient mutuellement et s'étaient attachés les uns aux autres. La suite du récit du livre des Actes est remplie d'expressions affectueuses semblables à l'égard de l'apôtre.
Quel contraste avec les Juifs qui dans leur majorité cherchaient continuellement à lui faire la peau. Leur arrogance et incrédulité endémique apparaît presque génétique. Parmi les païens et généralement parlant, Paul a été reconnu pour ce qu'il était, un très grand homme de Dieu. En fait par rapport aux autres, il est comme un séquoia qui s'élève à 150 m de haut au-dessus des petits bosquets.