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Émission 350 - Actes 18:7 - 19:8

By Chemins de VIE
Créé 02/05/2008 - 05:00

Chapitre 18

Versets 7-11

À plusieurs reprises dans ses écrits, l'apôtre Paul nous fait part de ce qu'était son ministère. À un moment donné, il dit ceci :

Et voici comment nous nous recommandons nous-mêmes en toutes choses comme serviteurs de Dieu : c'est en vivant avec une persévérance sans faille dans les détresses, les privations, les angoisses, dans les coups, les prisons, les émeutes, dans les fatigues, les veilles, les jeûnes (2Corinthiens 6.4-5).

Paul avait tellement d'ennuis divers et variés qu'il en a oubliés dans sa liste. Alors qu'il est à enseigner dans la ville de Corinthe en Grèce, l'apôtre est traîné devant un tribunal et faussement accusé.

Verset 12

Je continue à lire dans le chapitre 18 du livre des Actes :

À l'époque où Gallion était gouverneur de la province d'Achaïe, les Juifs se mirent d'accord pour se saisir de Paul et ils l'amenèrent devant le tribunal (Actes 18.12).

D'après une inscription de l'époque, Gallion fut en fonction à Corinthe de mai 50 à mai 51. Il était proconsul et tout jugement qu'il prononcerait établirait un précédent. De plus, il était le frère de Sénèque, un philosophe qui à cette époque avait beaucoup d'influence à Rome. Plus tard, ce dernier deviendra le tuteur de Néron qui le fera exécuter ; comme quoi certaines occupations sont plus dangereuses que d'autres. Je me souviens bien d'un prof de physique qui ne me convenait pas beaucoup, mais de là à lui faire la peau, quand même pas.

Versets 13-16

Je continue le texte.

Là, ils l'accusèrent ainsi : — Cet homme cherche à persuader les gens de servir et d'adorer Dieu d'une façon contraire à la loi. Paul se préparait à répondre, quand Gallion dit aux Juifs : — Écoutez-moi, ô Juifs, s'il s'agissait d'un délit ou de quelque méfait punissable, j'examinerais votre plainte comme il convient. Mais puisqu'il s'agit de discussions sur des mots, sur des noms, et sur votre loi particulière, cela vous regarde ; je ne veux pas en être juge. Là-dessus, il les renvoya du tribunal (Actes 18.13-16).

La loi romaine accordait au judaïsme le statut de religion autorisée . Selon leur approche communautariste de l'existence des minorités au sein de l'Empire, les Romains laissaient ces groupes vivre et s'organiser selon leurs propres règles, pourvu que celles-ci ne s'opposent pas à la loi romaine. Les Juifs accusent Paul d'introduire une nouvelle doctrine, ce qui était fortement interdit par Rome et qui constituait un crime capital.

Cependant, Gallion voit les choses d'un autre œil. Pour lui, le christianisme tombait sous l'égide du judaïsme et ne constituait donc pas une affaire à régler devant un tribunal civil. Il ne voulait pas y mêler la loi romaine et s'immiscer dans ce qu'il considérait comme des affaires juives. Il n'a pas pris parti pour Paul non plus, mais le laissa tranquille tout le temps de son séjour. Gallion est le premier haut magistrat à avoir prononcé une séparation de l'Église et de l'État ; sa décision de débouter les Juifs fut une victoire pour le christianisme qui était ainsi juridiquement légitimé aux yeux de Rome.

Versets 17-18

Je continue.

Alors la foule s'en prit à Sosthène, le chef de la synagogue, et le roua de coups devant le tribunal, sans que Gallion s'en mette en peine. Après cet incident, Paul resta à Corinthe le temps qui lui parut nécessaire, puis il prit congé des frères et s'embarqua pour la Syrie, emmenant avec lui Priscille et Aquilas. Avant de quitter le port de Cenchrées, Paul se fit raser la tête car il avait fait un vœu (Actes 18.17-18).

Après que le chef de la synagogue Crispus se soit converti à Jésus-Christ, il fut remplacé par ce Sosthène qui avait dirigé les Juifs dans l'accusation contre Paul. Les païens de Corinthe étaient antisémites et s'étaient donc attroupés devant le tribunal par curiosité pour voir quelle serait la décision de Gallion. Ils profitèrent de la fin de non-recevoir prononcée par le gouverneur contre les Juifs, qui ne devaient pas avoir sa faveur, pour administrer une raclée magistrale à Sosthène, leur chef. Cet incident n'affecta aucunement la durée du séjour de Paul à Corinthe, mais finalement le moment vint pour lui de quitter cette ville. Il laissa Silas et Timothée sur place et en compagnie du couple Priscille et Aquilas il alla jusqu'au port de Cenchrées situé à 7 km de Corinthe et qui s'ouvrait sur la mer Égée.

C'est là, au moment de s'embarquer pour retourner en Palestine que Paul se fit raser la tête. Il avait probablement fait le vœu de naziréat qui était une consécration particulière à l'Éternel. Ce vœu consistait, pendant un temps donné, à se laisser pousser les cheveux, à ne consommer ni alcool, ni quoi que ce soit qui soit en rapport avec le raisin, et à ne pas toucher de cadavres ; les détails se trouvent dans l'Ancien Testament (Nombres 6).

Sous le régime de la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ, le croyant qui le désire est libre de faire ou pas un vœu. C'est son affaire. Il n'y a aucune obligation d'une manière ou d'une autre. C'est la même chose en ce qui concerne manger de la viande ou être végétarien ; observer certains rites et que sais-je encore. Voilà ce que l'apôtre Paul écrit à ce sujet :

Si je mange en remerciant Dieu, pourquoi serais-je critiqué au sujet d'un aliment pour lequel je rends grâce à Dieu ? Ainsi, que vous mangiez, que vous buviez, bref, quoi que ce soit que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Mais que rien, dans votre comportement, ne soit une occasion de chute, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour les membres de l'Église de Dieu (1Corinthiens 10.30-32).

Versets 19-22

Je continue le texte.

Ils arrivèrent à Éphèse, où Paul laissa ses compagnons. Quant à lui, il se rendit à la synagogue pour y discuter avec les Juifs. Ceux-ci l'invitèrent à prolonger son séjour, mais il refusa. En les quittant il leur dit toutefois : — Je reviendrai vous voir une autre fois, s'il plaît à Dieu. Il repartit donc d'Éphèse par mer. Il débarqua à Césarée et, de là, il monta à Jérusalem où il alla saluer l'Église. Puis il redescendit à Antioche (Actes 18.19-22).

Paul fait escale à Éphèse sur la côte occidentale de la Turquie actuelle, où il trouve des Juifs bien disposés vis-à-vis de l'Évangile. Mais il ne veut pas rester, car selon la tradition, il avait hâte d'aller à Jérusalem pour y célébrer une fête juive, soit la Pâque, soit la Pentecôte. Cependant, il laisse derrière lui Priscille et Aquilas qui visiblement vont faire un travail d'évangélisation à Éphèse. Paul reprend le bateau et parcourt 800 km jusqu'à Césarée sur la côte palestinienne et à une centaine de kilomètres au nord de Jérusalem. Il a sans aucun doute fait un rapport de ses pérégrinations à l'Église et aux apôtres, et puis il a repris son bâton de pèlerin, direction Antioche en Syrie, sa base d'opérations d'où il était parti à deux reprises pour ses deux premiers voyages missionnaires. Il vient de conclure un périple qui lui a pris au moins 3 ans et sans doute plus.

Verset 23

Je continue.

Après avoir passé un certain temps à Antioche, Paul repartit et parcourut de lieu en lieu la région galate de la Phrygie, en affermissant tous les disciples dans la foi (Actes 18.23).

C'est d'une façon des plus concises que Luc démarre la première partie du troisième voyage missionnaire de Paul. Il n'est décidément pas resté longtemps à Antioche qu'il était pressé de quitter à nouveau. Il donne l'impression d'avoir des fourmis dans les pieds. En fait, il avait hâte de revoir les premières Églises qu'il avait implantées et désirait aller à Éphèse parce que lors de son premier passage dans cette ville il s'était rendu compte que les Juifs qui y résidaient étaient plutôt bien disposés à l'égard de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ.

Il quitte donc Antioche, remonte vers le nord et contourne par l'ouest ce qui s'appelle aujourd'hui le golfe d'Alexandrette. Il traverse la Galatie puis la Phrygie dans le centre-sud de l'Asie Mineure. C'était la région qu'il avait parcourue en compagnie de Barnabas lors de son premier voyage missionnaire.

Verset 24

Je continue.

Un Juif nommé Apollos, originaire d'Alexandrie, était arrivé à Éphèse. C'était un homme très éloquent, qui connaissait très bien les Écritures (Actes 18.24).

Après le départ de Paul et sous l'influence du couple Priscille et Aquillas, une Église avait vu le jour à Éphèse. Avant que Paul n'y revienne arrive Apollos qui connaissait très bien l'Ancien Testament. Il venait d'Alexandrie sur la côte égyptienne et où se trouvait une communauté juive importante. Cette ville établie par Alexandre le Grand était un haut lieu de la culture grecque et abritait la plus importante bibliothèque de l'Antiquité. C'est là que fut rédigée la Septante, c'est-à-dire la version grecque de l'Ancien Testament par les 70 plus grands érudits juifs de l'époque. Alexandrie deviendra un centre intellectuel de l'Église primitive.

Versets 25-26

Je continue.

Apollos avait été instruit de la Voie du Seigneur et parlait avec enthousiasme de Jésus. L'enseignement qu'il apportait sur lui était d'une grande exactitude. Mais il ne connaissait que le baptême de Jean. Il se mit donc à parler avec assurance dans la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l'eurent entendu, ils le prirent avec eux et lui expliquèrent plus précisément la voie de Dieu (Actes 18.25-26).

Apollos avait reçu un enseignement sur Jésus par les disciples de Jean-Baptiste qui s'étaient rendus chez les Juifs de la diaspora pour y prêcher le baptême de repentance de Jean et transmettre ce qu'il avait dit concernant Jésus. Apollos savait et croyait que Jésus était le Messie, mais il n'avait pas été baptisé du Saint-Esprit. C'est donc le couple Priscille et Aquilas qui ont parfait ses connaissances en ce qui concerne la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ.

Versets 27-28

Je finis ce chapitre.

Comme il avait l'intention de se rendre en Achaïe, les frères l'y encouragèrent vivement et écrivirent aux disciples de Corinthe de lui faire bon accueil. Dès son arrivée là-bas, il fut, par la grâce de Dieu, d'un grand secours pour les croyants, car il réfutait avec vigueur, en public, les arguments des Juifs, et démontrait par les Écritures que Jésus est le Messie (Actes 18.27-28).

La Grèce avait deux provinces à cette époque : la Macédoine dans le nord et l'Achaïe dans le sud, dont Corinthe était la capitale romaine. La lettre de recommandation disait en substance que le porteur était digne de confiance. Elle allait permettre à Apollos d'être accepté par une communauté qui ne le connaissait pas et d'y recevoir l'hospitalité. Étant un orateur hors pair et bien versé dans les Écritures, il fut un atout considérable pour l'Église de Corinthe.

Chapitre 19

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 19 des Actes des Apôtres, qui raconte la suite de l'histoire de Paul. L'apôtre commence par retracer une partie de ses voyages précédents avant de se rendre à Éphèse, qui devint sa base d'opérations au cours de son troisième périple missionnaire. C'est dans cette ville que se trouvait le temple de Diane, une des sept merveilles du monde antique. D'après les ruines qui en restent, son temple était énorme occupant une surface de presque 10 000 m², c'est-à-dire quatre fois celle du Parthénon d'Athènes. Éphèse était le principal centre commercial d'Asie Mineure.

Versets 1-3

Je commence à lire le texte.

Pendant qu'Apollos se trouvait à Corinthe, Paul, après avoir traversé la région montagneuse d'Asie Mineure, descendit à Éphèse. Il y rencontra un petit groupe de disciples et leur demanda : — Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous êtes devenus croyants ? Ils lui répondirent : — Nous n'avons même pas entendu dire qu'il y ait un Saint-Esprit. — Quel baptême avez-vous donc reçu ? poursuivit Paul. — Celui de Jean-Baptiste, lui répondirent-ils (Actes 19.1-3).

Comme Apollos précédemment, ces disciples de Jean-Baptiste connaissaient l'importance de Jésus sans toutefois être devenus chrétiens. Ils croyaient en un sauveur à venir, mais ignoraient tout de sa mort et surtout de sa résurrection. Ils représentent les Juifs pieux croyants qui flottaient entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. C'est comme s'ils étaient assis entre deux chaises en quelque sorte. Ils sont sur la bonne voie, mais leur connaissance est incomplète.

Leur situation théologique ambiguë montre cependant que le christianisme est la suite logique de l'Ancien Testament et du ministère de Jean-Baptiste. Le message de repentance de ce dernier avait atteint les Juifs de la diaspora dans tous les coins de l'Empire : aussi bien Alexandrie dans le nord de l'Afrique qu’Éphèse, au sud-ouest de la Turquie actuelle. Ces disciples ignoraient tout des événements de la Pentecôte parce qu'ils habitaient à 2 000 km de Jérusalem, et qu'à cette époque les gens ne recevaient évidemment pas des nouvelles instantanées dans leur salon par le biais de la télé ou de l'internet. Il fallait des semaines pour qu'un événement de quelque importance qui avait eu lieu en un endroit quelconque du monde méditerranéen atteigne les différentes provinces de l'Empire.

Versets 4-5

Je continue.

— Oui, reprit Paul, Jean baptisait les Israélites pour indiquer qu'ils changeaient de vie, mais il leur disait aussi de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus. Après avoir entendu cela, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus (Actes 19.4-5).

Les disciples de Jean avaient été baptisés comme signe de repentance seulement et non pas au nom de Jésus, ce qui fait toute la différence entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. C'est le seul endroit dans le Nouveau Testament où il est question de personnes qui se sont fait rebaptiser. Cette histoire des disciples de Jean-Baptiste est due au fait que Jean-Baptiste était un précurseur du Messie, et que son ministère était transitoire, en attendant que ne vienne sur scène le Fils de Dieu. Jésus-Christ est l'accomplissement non seulement d'innombrables prophéties de l'Ancien Testament, mais aussi de la prédiction de Jean-Baptiste.

Versets 6-7

Je continue.

Paul leur imposa les mains et le Saint-Esprit descendit sur eux : ils se mirent à parler dans diverses langues et à prophétiser. Il y avait là environ douze hommes (Actes 19.6-7).

Ces 12 hommes apparaissent ici pour la première fois puis disparaissent du récit. Néanmoins, ils ont très certainement participé à l'évangélisation de l'Asie Mineure à commencer par Éphèse, une ville très cosmopolite. Comme ils ont reçu le pouvoir surnaturel de parler des langues qu'ils ne connaissaient pourtant pas, cela leur fut certainement fort utile. Tant qu'ils conservèrent cette faculté, ils purent répandre la Bonne Nouvelle auprès des différents groupes d'étrangers qui transitaient par Éphèse.

Dans le livre des Actes, le don des langues accompagne toujours la réception du Saint-Esprit. Cependant, celle-ci ne suit pas un modèle précis ; ainsi, le Saint-Esprit vint sur des croyants quelques fois avant le baptême, soit au moment de celui-ci ou encore juste après et par l'imposition des mains des apôtres. Mais vu que le livre des Actes qui retrace la constitution de l'Église dans l'Empire romain est un livre historique, tout ce récit est par définition de nature transitoire, limité dans le temps et dans l'espace. Par exemple, la Pentecôte n'a eu lieu qu'une seule fois, et les pouvoirs miraculeux des apôtres n'ont duré que pendant une partie de leur vie et de leur ministère.

Verset 8

Je continue le texte.

Paul se rendit ensuite à la synagogue où, pendant trois mois, il prit la parole avec une grande assurance ; il y parlait du règne de Dieu et s'efforçait de convaincre ses auditeurs (Actes 19.8).

En accord avec la promesse qu'il avait précédemment faite, Paul revint à Éphèse où il restera 3 ans. C'est là qu'il exerça un ministère le plus longtemps. Ces années furent relativement tranquilles et celles qui, de la carrière missionnaire de Paul, produisirent le plus de satisfaction et de succès. Dès qu'il fut arrivé sur place et selon sa coutume, il se rendit d'abord à la synagogue où il discourra en toute liberté pendant 3 mois sans déclencher la moindre émeute. C'était une sorte de record pour Paul, vu que d'habitude il devait prendre la fuite pour sauver sa vie, après seulement deux ou trois prêches.

La nature très cosmopolite de la ville avait certainement amené les Juifs qui y habitaient à se montrer plus tolérants que ceux des autres villes. Paul discourait sur le règne de Dieu, c'est-à-dire la restauration du royaume de David. C'était en effet l'espérance de tous les Israélites de tous les temps depuis qu'ils avaient été emmenés en captivité par le roi de Babylone en 586 av. J-C. Cet événement se réalisera avec l'instauration par Jésus-Christ du millénium sur terre.

Quand je suis allé au catéchisme, je me souviens d'avoir appris la fameuse prière du Notre Père dont la deuxième requête est :

Que ton règne vienne ! (Matthieu 6.10).

Ces paroles sont tirées de l'Évangile selon Matthieu. Lorsque Jésus parlait du royaume à ses apôtres, il faisait référence à celui du roi David et c'est exactement ce qu'ils comprenaient. Partout où il allait, l'apôtre Paul expliquait donc que c'était Jésus-Christ qui devait hériter du royaume de David. Le millénium est l'instauration de son royaume sur terre, et fait partie du rétablissement de toutes choses telles que Dieu désire qu'elles soient. C'est pour cela d'ailleurs que la troisième requête de la prière du Notre Père est :

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel (Matthieu 6.10).


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