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Émission 349 - Actes 17:18 - 18:7

By Chemins de VIE
Créé 01/05/2008 - 05:00

Chapitre 17

Verset 18

Que diriez-vous d'avoir l'occasion d'exposer ce qui vous tient le plus à cœur aux plus grands penseurs et philosophes de votre époque ? C'est exactement l'opportunité qui s'est présentée à l'apôtre Paul alors qu'il était à Athènes lors d'une tournée missionnaire ; et c'est avec une pleine assurance qu'il a présenté la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ.

Versets 19-21

Je continue à lire dans le chapitre 17 des Actes.

Pour finir, ils l'emmenèrent et le conduisirent devant l'Aréopage. — Pouvons-nous savoir, lui dirent-ils alors, en quoi consiste ce nouvel enseignement dont tu parles ? Les propos que tu tiens sonnent de façon bien étrange à nos oreilles. Nous désirons savoir ce qu'ils veulent dire (Il se trouve, en effet, que tous les Athéniens, et les étrangers qui résidaient dans leur ville, passaient le plus clair de leur temps à dire ou à écouter les dernières nouvelles) (Actes 17.19-21).

Cette ville devait avoir la plus grande concentration d'oisifs de la terre. L'Aréopage est une colline dominant Athènes où se réunissait le Conseil de la ville. Sous la botte de Rome, ces Sages avaient perdu leur autorité sur les questions judiciaires et législatives, mais ils étaient encore responsables de la religion et de l'éducation dans leur ville. Paul fut conduit sur cette colline pour une réunion tout ce qu'il y avait d'impromptu et d'informel.

Verset 22

Je continue.

Alors Paul se leva au milieu de l'Aréopage et dit : — Athéniens, je vois que vous êtes, à tous égards, extrêmement soucieux d'honorer les divinités (Actes 17.22).

L'apôtre Paul va annoncer la Bonne Nouvelle qui réside en la personne de Jésus-Christ, dans la capitale littéraire de l'ancien monde, dans la cité la plus cultivée de la terre, la résidence des philosophes, des orateurs, des sculpteurs, des peintres et des poètes. Paul se trouve au siège de la plus prestigieuse université dans laquelle venaient étudier des milliers d'étrangers ainsi que tout Romain qui souhaitait parfaire son éducation.

Paul, qui était un maître orateur, commence son discours par un chef d'œuvre d'adresse, une expression à double sens qui est un compliment sans en être un. Les Athéniens entendent : vous êtes fermes dans l'adoration de vos divinités. Mais Paul, tout en caressant ses auditeurs dans le sens du poil, leur laissait subtilement entendre que derrière leurs innombrables idoles se trouvaient des esprits méchants. En effet, ses mots pouvaient aussi être traduits par : vous révérez des démons.

Versets 23-25

Je continue.

En effet, en parcourant les rues de votre ville et en examinant vos monuments sacrés, j'ai même découvert un autel qui porte cette inscription : À un dieu inconnu. Ce que vous révérez ainsi sans le connaître, je viens vous l'annoncer. Dieu, qui a créé l'univers et tout ce qui s'y trouve, et qui est le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite pas dans des temples bâtis de mains d'hommes. Il n'a pas besoin non plus d'être servi par des mains humaines, comme s'il lui manquait quelque chose. Au contraire, c'est lui qui donne à tous les êtres la vie, le souffle et toutes choses (Actes 17.23-25).

Soucieux de n'oublier personne, les Athéniens avaient l'esprit large. Au milieu d'une forêt d'idoles, ils construisirent un autel à un dieu qu'ils ne connaissaient pas, mais qui devait sans aucun doute exister quelque part. Ça me fait penser à la tombe du Soldat inconnu qui englobe tous les combattants qui ont disparu. Quoi qu'il en soit, n'importe quel étranger en visite à Athènes pouvait se recueillir devant cet autel dédié à son idole particulière. Paul fait appel à son observation de la culture religieuse athénienne et tente d'établir des ponts entre elle et l'Évangile.

Ainsi, cette curieuse enseigne «  À un dieu inconnu  » lui servit de tremplin pour commencer à parler du seul vrai Dieu, l'Éternel. La grande religiosité des Athéniens ne leur a pas permis de connaître Dieu ; malgré leur grande culture philosophique, ils vivent dans l'ignorance. Au cœur de son discours, Paul affirme l'existence du Créateur qui est à l'origine de toutes choses et dont tout dépend : aussi bien le temps que l'histoire des hommes et du monde. Il enseigne que Dieu se suffit à lui-même, qu'il n'a nullement besoin des hommes ou de quoi que ce soit.

Il présente aux Athéniens un Dieu libre et souverain, dont la Providence accorde aux êtres humains ce qui leur est nécessaire à la vie. Un Dieu aussi grand n'habite pas dans des ouvrages construits. C'est d'ailleurs exactement ce qu'avait dit le grand roi Salomon lors de la dédicace du temple qu'il avait construit. Je le cite :

Mais est-ce qu'en vérité Dieu habiterait sur la terre, alors que le ciel dans toute son immensité ne saurait le contenir ? Combien moins ce Temple que je viens de te construire ! (1Rois 8.27).

Le contenu du discours de Paul est très différent de ce qu'il dit habituellement aux Juifs ; il ne cite pas l'Ancien Testament, mais fait allusion à des poètes grecs. Cependant, son discours n'en demeure pas moins incisif. Afin de gagner l'écoute de ses auditeurs, il commence par exprimer des idées qui étaient conformes à la fois à celles des Épicuriens et des Stoïciens. Les premiers croyaient que les divinités étaient au-dessus des affaires des hommes, et les seconds disaient qu'il fallait aligner sa vie sur le dessein du principe divin impersonnel.

Verset 26

Je continue la prédication de Paul.

À partir d'un seul homme, Dieu a créé tous les peuples pour qu'ils habitent sur toute la surface de la terre ; il a fixé des périodes déterminées et établi les limites de leurs domaines (Actes 17.26).

Là encore, l'idée de l'existence d'un monde organisé dans le temps et dans l'espace était conforme à la pensée stoïcienne. Cependant, le fait que tous les hommes étaient issus d'Adam portait un rude coup à l'orgueil des Athéniens qui se croyaient une race supérieure aux autres. En affirmant que le Créateur a fixé les temps de gloire des nations ainsi que les limites de leur territoire, Paul fait une déclaration fascinante. Il dit que c'est Dieu qui a attribué aux différents peuples leur lieu d'implantation. Quand on y pense, souvent les guerres ont eu pour cause le désir expansionniste d'un peuple aux dépens d'un autre. Si les nations avaient accepté la place qui leur avait été assignée, il n'y aurait pas eu autant de conflits dans l'histoire de l'humanité.

Versets 27-29

Je continue le texte.

Par tout cela, Dieu invitait les hommes à le chercher, et à le trouver, peut-être, comme à tâtons, lui qui n'est pas loin de chacun de nous. En effet, « c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être », comme l'ont aussi affirmé certains de vos poètes, car « de lui nous sommes la race ». Ainsi, puisque nous sommes ses enfants, nous ne devons pas imaginer la moindre ressemblance entre la divinité et ces idoles en or, en argent ou en marbre que peuvent produire l'art ou l'imagination des hommes (Actes 17.27-29).

Tel est le paradoxe de la condition humaine : Dieu est tout proche et veut qu'on le cherche, et pourtant l'être humain ne peut l'atteindre, car il est comme aveugle. Il ne peut trouver le Créateur que si celui-ci se révèle. La première citation : c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être , est d'Épiménide, un poète crétois, tandis que la seconde : de lui nous sommes la race, est du poète Aratos originaire de Cilicie, la patrie de Paul, située au centre sud de la Turquie actuelle. Tous les hommes sont de la race de Dieu dans le sens qu'il les a créés et qu'ils ont reçu de lui la vie.

La conclusion est inévitable ; étant donné que les hommes ont été créés par Dieu, la divinité ne peut pas être conforme à une idole ou une image conçue et construite par l'homme. Paul exposait un concept révolutionnaire pour les Athéniens dont la ville était pleine de faux dieux.

Versets 30-31

Je continue.

Or Dieu ne tient plus compte des temps où les hommes ne le connaissaient pas. Aujourd'hui, il leur annonce à tous, et partout, qu'ils doivent se repentir. Car il a fixé un jour où il jugera le monde entier en toute justice, par un homme qu'il a désigné pour cela, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant d'entre les morts (Actes 17.30-31).

Après avoir dénoncé l'idolâtrie rampante des Athéniens, l'apôtre les appelle à se remettre en question, à se repentir. Dieu a été patient jusqu'à présent et n'a pas tenu compte de leur ignorance. Dans les âges passés, il a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies en tolérant leur idolâtrie grossière, mais maintenant est venue l'heure de vérité où il faut choisir. Cet appel à la repentance est urgent parce que Dieu, dit Paul, a fixé un jour où le monde sera jugé par le Christ. C'est sa résurrection qui est la preuve suprême et irréfutable de l'authenticité de la personne et de l'œuvre de Jésus. S'il est ressuscité, il est la garantie qu'il en sera de même de tout homme ; et chacun reviendra à la vie pour faire face au Jugement.

Cette fois-ci, le message de l'apôtre allait carrément à contresens de la façon de penser de ses auditeurs. En effet, la résurrection était incompatible avec la philosophie des Athéniens qui voulaient se débarrasser de leurs corps qu'ils considéraient comme un boulet. Un jugement personnel était aussi un concept qui leur restait en travers de la gorge. Paul venait de terminer son discours. Il avait fait une présentation complète de l'Évangile en parlant du besoin pour chaque individu de se repentir, de la justice divine et du jugement à venir.

Versets 32-34

Je finis ce chapitre.

Lorsqu'ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent de Paul, et les autres lui dirent : — Nous t'écouterons là-dessus une autre fois. C'est ainsi que Paul se retira de leur assemblée. Cependant, quelques auditeurs se joignirent à lui et devinrent croyants, en particulier Denys, un membre de l'Aréopage, une femme nommée Damaris, et d'autres avec eux (Actes 17.32-34).

Pour tous les Grecs qui avaient subi l'influence de la pensée idéaliste de Platon, c'était un non-sens de croire qu'un mort pouvait sortir du tombeau, endosser un nouveau corps et vivre éternellement. Il faut en effet savoir que dans la pensée grecque marquée par le platonisme et éprise des religions mystérieuses le corps était perçu comme la prison de l'âme et la matière comme une réalité dont il était bon d'être un jour libéré. Cependant, la prédication de Paul n'a pas été sans résultats : Denys, l'un des juges de la cour de l'Aréopage, ils étaient choisis parmi les hommes les plus nobles de la cité, fut un de ceux qui acceptèrent la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Chapitre 18

Verset 1

Nous voici rendus au chapitre 18 du livre des Actes et qui continue l'histoire du deuxième voyage missionnaire de l'apôtre Paul. Je commence à lire.

Après cela, Paul partit d'Athènes et se rendit à Corinthe (Actes 18.1).

La ville de Corinthe est à 70 km à l'ouest d'Athènes, près de la mer. Située sur l'isthme étroit qui relie le sud de la Grèce à la péninsule du Péloponnèse, elle a toujours été un important centre de passage et de commerce à cause de sa situation stratégique. Elle possédait deux ports qui s'ouvraient l'un sur la mer Égée et l'autre sur l'Adriatique. Comme la pointe sud de la péninsule était très dangereuse pour la navigation maritime, les bateaux entraient dans un des ports de mer de Corinthe et faisaient transporter leur cargaison de l'autre côté de l'isthme, pour la placer ensuite à bord d'un autre bateau.

La vieille ville avait été détruite par les Romains puis reconstruite deux siècles plus tard par Jules César en 44 av. J-C. Elle devint alors une colonie romaine prospère. Du temps de Paul, elle comptait environ 700 000 habitants, dont une communauté juive importante. Ville magnifique, riche et célèbre dans toute l'Antiquité pour la vie dissolue de ses habitants, c'était l'endroit où on allait pour s'éclater ; bien pire que Bangkok aujourd'hui. Sa religion était le sexe. Aujourd'hui encore, on peut y voir les ruines du temple dédié à la déesse de l'amour Aphrodite, ou Vénus pour les Romains, et à ses mille soi-disant vestales, disons plutôt des prostituées sacrées.

Versets 2-3

Je continue.

Paul y fit la connaissance d'un Juif nommé Aquilas, originaire du Pont, qui venait d'arriver d'Italie avec sa femme Priscille, car tous les Juifs avaient été expulsés de Rome par un décret de l'empereur Claude. Paul se lia avec eux. Comme il avait le même métier qu'eux — ils fabriquaient des toiles de tente — il logea chez eux et ils travaillèrent ensemble (Actes 18.2-3).

Le Pont était la province au sud-est de la mer Noire, donc au nord-est de la Turquie actuelle. Nous sommes en l'an 50 du premier siècle. L'historien latin Suétone, un biographe des empereurs romains, confirme l'édit de l'empereur à l'encontre des Juifs dans son ouvrage Vie de Claude (25.4). Je le cite :

Comme les Juifs provoquaient constamment des troubles à l'instigation de Chrestus, Claude les chassa de Rome.

Chrestus est la forme souvent utilisée pour Christus, c'est-à-dire le Christ. Les troubles qui agitaient les Juifs romains de cette époque étaient dus à l'apparition du christianisme dans les cercles juifs de Rome. L'historien Suétone en déduisit faussement que ce Chrestus, ou le Christ, était à Rome. Il n'avait évidemment pas compris la nature spirituelle du règne de Jésus-Christ. On apprend par ailleurs que Paul savait fabriquer des tentes. Contrairement à la mentalité païenne, le judaïsme valorisait le travail manuel. Chaque Juif devait apprendre un métier pendant son adolescence. Les professionnels étaient groupés en confrérie dans lesquelles chacun pouvait trouver un réseau de relation et d'entraide.

Versets 4-6

Je continue.

Chaque sabbat, Paul prenait la parole dans la synagogue et cherchait à convaincre les Juifs et les Grecs. Quand Silas et Timothée arrivèrent de Macédoine, il consacra tout son temps à annoncer la Parole. Il rendait témoignage aux Juifs que Jésus est le Messie. Mais ceux-ci s'opposaient à lui et l'injuriaient. Aussi il secoua contre eux la poussière de ses vêtements et leur dit : — Si vous êtes perdus, ce sera uniquement de votre faute. Je n'en porte pas la responsabilité. À partir de maintenant, j'irai vers les non-Juifs (Actes 18.4-6).

Nous constatons toujours la même interaction entre l'apôtre et les Juifs. Ceux-ci s'opposent violemment à l'Évangile que leur présente Paul ; alors, il les délaisse pour se tourner vers les païens. Entre-temps, Silas et Timothée le rejoignirent à Corinthe. Selon un des écrits de Paul, ils lui mirent du baume sur le cœur en apportant de très bonnes nouvelles des Églises récemment implantées sur le continent européen, ainsi que par un don d'argent de la part des croyants de la ville de Philippes. C'est pour cela que l'apôtre put délaisser la fabrication de tentes pour se consacrer exclusivement à la prédication de la Bonne Nouvelle.

Versets 7-11

Je continue.

Paul partit de là et se rendit chez un certain Titius Justus. C'était un païen converti au judaïsme, et sa maison était juste à côté de la synagogue. Crispus, le chef de la synagogue, crut au Seigneur ainsi que toute sa famille. Beaucoup de Corinthiens qui écoutaient Paul crurent aussi et furent baptisés. Une nuit, le Seigneur lui-même parla à Paul dans une vision : — N'aie pas peur, lui dit-il, parle et ne te tais pas, je suis avec toi. Personne ne pourra s'attaquer à toi pour te faire du mal, car il y a dans cette ville un peuple nombreux qui m'appartient. Alors Paul se fixa à Corinthe et, pendant un an et demi, y enseigna la Parole de Dieu (Actes 18.7-11).

Comme toujours, le travail de Paul porte des fruits, mais il n'empêche qu'il devait être un tant soit peu stressé, car il savait que chaque fois qu'il ouvrait la bouche, certains parmi ses auditeurs complotaient sa mort. D'ailleurs, il le reconnaît bien lui-même puisqu'il a écrit et je le cite :

Ainsi, nous sommes accablés par toutes sortes de détresses et cependant jamais écrasés. Nous sommes désemparés, mais non désespérés, persécutés, mais non abandonnés, terrassés, mais non pas anéantis (2Corinthiens 4.8-9).

Depuis que Paul était devenu prédicateur de la Bonne Nouvelle, il subissait continuellement toutes sortes de violences verbales et physiques partout où il allait. Dès que l'opposition était trop forte pour qu'il continue son ministère, il poursuivait sa route et changeait de ville. C'était peut-être bien son état d'esprit quand le Seigneur décida de lui rendre visite de nuit pour l'encourager. Cette vision nocturne n'était pas un luxe au vu des événements menaçants qui se tramaient en coulisse de la part des Juifs et que Paul ignorait. Cependant même s'il avait su qu'on s'apprêtait à le traîner devant un tribunal, cela n'aurait rien changé, car l'apôtre ne faisait aucun cas de sa vie. D'ailleurs, c'est ce qu'il écrivit à l'Église de Philippes qu'il avait fondée. Je le cite :

Car ce que j'attends et que j'espère de toutes mes forces, c'est de n'avoir à rougir de rien mais, au contraire, maintenant comme toujours, de manifester en ma personne, avec une pleine assurance, la grandeur du Christ, soit par ma vie, soit par ma mort (Philippiens 1.20).


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