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Émission 348 - Actes 16:31 - 17:18

Diffusé le 30 avril 2008 - ::

Chapitre 16

Versets 31-34

L'intolérance en matière religieuse est une plaie qui a affecté et infecté la plupart des sociétés de tous les temps. L'Inquisition du Moyen-Âge et les jeux du cirque dans lesquels les lions déchiraient les chrétiens sont parmi les plus connues. C'est une chose que de lire ces fâcheux événements dans les livres d'histoire et c'en est une autre que d'être soi-même une victime. Des persécutions guettaient continuellement l'apôtre Paul et Silas, son compagnon de ministère. Ils viennent justement de goûter le confort des geôles romaines après avoir été fouettés. Mais Dieu est intervenu en leur faveur et le geôlier ainsi que sa maisonnée ont accepté la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Versets 35-36

Je continue dans le chapitre 16 du livre des Actes.

Quand il fit jour, les magistrats envoyèrent les huissiers à la prison pour faire dire au gardien : — Relâche ces hommes ! Celui-ci courut annoncer la nouvelle à Paul : — Les magistrats m'ont donné ordre de vous remettre en liberté. Vous pouvez donc sortir maintenant et aller en paix (Actes 16.35-36).

Luc ne nous dit pas ce qui a amené les magistrats à changer d'avis, mais sans doute s'étaient-ils rendu compte qu'ils avaient eu la gâchette, je veux dire fouet, un peu trop facile, et qu'ils auraient dû faire une enquête comme l'exigeait la procédure judiciaire. Ils souhaitaient donc, ni vu ni connu, se débarrasser discrètement de ces prisonniers encombrants.

Versets 37-38

Je continue.

Mais Paul dit aux huissiers : — Comment ! Ils nous ont fait fouetter en public, sans jugement régulier, alors que nous sommes citoyens romains, puis ils nous ont jetés en prison. Et maintenant, ils voudraient se débarrasser de nous en cachette. Il n'en est pas question ! Qu'ils viennent eux-mêmes nous remettre en liberté. Les huissiers rapportèrent ces paroles aux magistrats. Ceux-ci, en apprenant qu'ils avaient affaire à des citoyens romains, furent pris de peur (Actes 16.37-38).

Les magistrats ont des sueurs froides parce qu'ils avaient violé la loi romaine. En effet, les citoyens de l'Empire étaient exemptés de la flagellation et de la torture. Si Paul avait fait un esclandre, non seulement ces hommes perdaient leur fonction, mais ils auraient aussi eu de très graves ennuis. Les magistrats pouvaient faire ce qu'ils voulaient avec des étrangers, mais pas avec les citoyens romains ; le dicton populaire était : être Romain est aussi honorable qu'être un roi . En conséquence, comme les deux missionnaires avaient été battus et torturés publiquement comme des malfaiteurs, Paul demande à recevoir des excuses publiques, non pour laver son propre honneur, mais afin que les autorités y réfléchissent à deux fois avant de s'en prendre aux chrétiens de Philippes.

Versets 39-40

Je finis ce chapitre.

Ils vinrent en personne leur présenter des excuses, leur rendirent la liberté et leur demandèrent de bien vouloir quitter la ville. À leur sortie de prison, Paul et Silas se rendirent chez Lydie, où ils retrouvèrent tous les frères, ils les encouragèrent, puis ils reprirent la route (Actes 16.39-40).

Les magistrats se déplacent et viennent s'humilier devant Paul et Silas. Un incident semblable se passera plus tard dans la ville d'Éphèse. Dans les deux cas, la persécution a été provoquée par des gens qui perdirent de l'argent dans un commerce d'ordre religieux. Avec le départ de l'équipe missionnaire se termine cette petite section du livre où Luc est un témoin oculaire des événements. Il est donc fort probable qu'il est resté sur place dans la ville de Philippes pour aider la petite Église qui venait de naître.

Chapitre 17

Versets 1-3

Nous voici rendus au chapitre 17 des Actes qui continue la suite de l'histoire du second voyage missionnaire de Paul. Je commence à lire.

Ils traversèrent Amphipolis puis Apollonie et gagnèrent Thessalonique où les Juifs avaient une synagogue. Selon son habitude, Paul s'y rendit et, pendant trois sabbats, il discuta avec eux sur les Écritures. Il les leur expliquait et leur démontrait que, d'après elles, le Messie devait mourir, puis ressusciter. — Le Messie, disait-il, n'est autre que ce Jésus que je vous annonce (Actes 17.1-3).

Les missionnaires poursuivent leur voyage en longeant la côte de la mer Égée, côté Grèce. Ils font un périple de 160 km à pied sur l'artère principale de la région, c'est-à-dire la voie romaine qui était empruntée par les légions et les voyageurs de commerce. Finalement, ils arrivent dans la ville de Thessalonique située à l'embouchure de trois fleuves. Parce qu'il y avait à cet endroit précis des sources thermales, la ville s'appelait à l'origine Therma. Détruite, elle fut reconstruite après la mort d'Alexandre le Grand par un de ses généraux, qui lui donna le nom de la demi-sœur d'Alexandre. Aujourd'hui, elle s'appelle Salonique et est le deuxième port de Grèce.

En cours de route, Paul a traversé plusieurs autres villes, mais il a choisi de ne pas s'y arrêter parce que visiblement il n'y avait pas de synagogue. Thessalonique, par contre, était composée en grande partie de Juifs. C'était un centre commercial riche où siégeait le gouverneur romain de la Macédoine. Comme de coutume, Paul commença par se rendre dans la synagogue afin d'y rencontrer les Juifs dévots ainsi que les païens qui vénéraient l'Éternel. Là, il proclama la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ en démontrant à l'aide de l'Ancien Testament que le Messie promis devait mourir et ressusciter, et que le Christ remplissait ces conditions. C'était donc lui, l'espérance d'Israël, grâce à qui toutes les promesses de l'Ancien Testament verraient leur accomplissement. Jésus était aussi celui qui procure la vie éternelle.

Comme l'apôtre Pierre, Paul prêchait toujours la résurrection ; c'était le fer de lance de tous ses messages. Quand on y réfléchit, le dimanche de Pâque est le plus grand jour de l'histoire de l'humanité. La résurrection est l'événement capital pour la race humaine vouée à la tombe. Je ne peux en effet obtenir la vie éternelle que dans la mesure où Jésus-Christ a effectivement triomphé de la mort, sinon comme le dit l'apôtre Paul lui-même dans une de ses lettres, ma foi est vaine, nous sommes sans espérance, et j'ajouterais : mon existence serait absurde. Paul développa ces arguments pendant trois sabbats de suite avant de se tourner vers les païens purs et durs, ceux qui s'adonnaient à l'idolâtrie.

Verset 4

Je continue.

Quelques Juifs furent convaincus et se joignirent à Paul et Silas, ainsi qu'un grand nombre de païens convertis au judaïsme et plusieurs femmes de la haute société (Actes 17.4).

La première vague de convertis qui accepta la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ était constituée de gens de nationalités et de positions sociales très diverses. Cependant, tous fréquentaient la synagogue, c'est-à-dire qu'ils reconnaissaient et adoraient un seul Dieu, l'Éternel tel qu'il se révèle dans l'Ancien Testament. Le résultat du travail des missionnaires dans cette ville fut l'établissement d'une Église florissante.

Verset 5

Je continue.

Mais les autres Juifs, jaloux, recrutèrent quelques voyous trouvés dans les rues et provoquèrent des attroupements et du tumulte dans la ville. Ils firent irruption dans la maison de Jason pour y chercher Paul et Silas qu'ils voulaient traduire devant l'assemblée du peuple (Actes 17.5).

L'auteur ne dit pas combien de temps s'est écoulé entre les trois prédications de Paul dans la synagogue et cet événement. En prêchant aux païens, Paul a provoqué la jalousie des opposants juifs, car il leur coupait l'herbe sous les pieds pour ainsi dire. Par ce récit, Luc veut montrer une fois de plus que la majorité d'entre eux persistaient à rejeter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Cet incident explique aussi pourquoi Paul ne prêcha dans la synagogue que 3 sabbats de suite ; après quoi, il s'est fait éjecter.

D'après l'une des lettres qu'il écrivit à cette Église (1Thessaloniciens 1.9), on sait que la plupart de ceux qui devinrent croyants étaient issus des milieux païens idolâtres de la ville. Cela veut dire que la majorité du temps que Paul a passé à Thessalonique, il l'a consacré aux non-Juifs. Ce Jason, qui est mentionné ici, avait offert l'hospitalité de sa maison à Paul et Silas et c'est là qu'une foule en colère, dirigée par de la racaille, aux dires mêmes de Luc, vient chercher les deux apôtres pour les traduire en justice.

Thessalonique était une ville dite libre, ce qui signifie qu'elle était souveraine en ce qui concernait ses affaires municipales et n'avait pas à se référer à l'administration provinciale romaine. Elle possédait sa propre assemblée législative et ses élus locaux, des magistrats qui formaient le conseil de ville.

Versets 6-7

Je continue.

Mais ils ne les trouvèrent pas. Alors ils emmenèrent Jason et quelques frères devant les magistrats de la ville. — Ces individus, criaient-ils, ont mis le monde entier sens dessus dessous. Et maintenant ils sont ici. Jason les a reçus chez lui. Ils agissent tous contre les édits de César, car ils prétendent qu'il y a un autre roi, nommé Jésus (Actes 17.6-7).

Les Juifs ont très bien compris l'enseignement théologique de Paul qui proclamait que le royaume messianique serait établi au retour du Christ. Mais bien sûr, ils ont tordu les paroles de l'apôtre pour en faire une accusation d'ordre politique qui était particulièrement grave. En effet, la ville aurait pu se trouver dans une situation très précaire vis-à-vis de Rome si l'on apprenait qu'elle hébergeait des ennemis de l'empereur, le seul souverain.

Les Juifs qui cherchaient la condamnation à mort de Jésus avaient eux-mêmes dit au gouverneur Ponce Pilate : Nous n'avons de roi que César. C'est ce qui explique l'émotion et l'emportement de la foule. Par contre, l'accusation comme quoi ces hommes avaient mis le monde entier sens dessus dessous était une exagération sans l'être. En effet, l'Évangile, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, était en train de bouleverser le monde. Il avait un effet considérable, car il opérait une véritable révolution, d'abord d'ordre personnel, mais qui se traduira éventuellement par un immense mouvement social.

Et c'est ainsi qu'au 4e siècle de notre ère, l'empereur Constantin proclama le christianisme religion d'État. De plus, la civilisation occidentale est dite judéo-chrétienne ; c'est dire l'influence des Textes Sacrés sur notre culture. Or, sur le continent européen, tout commença dans la ville de Philippes et se poursuivait maintenant à Thessalonique.

Versets 8-9

Je continue le texte.

Ces paroles émurent la foule et les magistrats. Ceux-ci ne relâchèrent Jason et les autres croyants qu'après avoir obtenu d'eux le versement d'une caution (Actes 17.8-9).

Les magistrats et la foule étaient agités et perturbés parce que d'une part, ils ne pouvaient pas trouver Paul et Silas, la source de leur émoi, et que d'autre part, une accusation de déloyauté envers César avait été portée contre des hommes de passage dans leur ville. C'est pourquoi les autorités exigèrent une caution en espèces sonnantes et trébuchantes. C'était la garantie que rien ne serait fait qui irait à l'encontre des édits de César. Si d'autres problèmes surgissaient, Jason et les autres croyants perdraient leur argent.

Verset 10

Je continue.

Dès qu'il fit nuit, les frères firent partir Paul et Silas pour Bérée. Une fois arrivés là, ceux-ci se rendirent à la synagogue des Juifs (Actes 17.10).

Sous le couvert de la nuit, et pour éviter de rencontrer les esprits encore échauffés qui les recherchaient, Paul et Silas faussent compagnie aux autorités locales. Quant à Timothée, soit il était avec eux, soit il les rejoignit plus tard. Les missionnaires empruntèrent la voie romaine qui longeait la côte et allèrent à Bérée, une ville située à 75 km au sud-ouest de Thessalonique. Comme d'habitude, les apôtres vont tout d'abord participer au culte des Juifs. Il me semble qu'au fond de lui-même, Paul avait un seul objectif pour sa vie : aller prêcher la Bonne Nouvelle dans toutes les synagogues du monde entier et cela aussi longtemps que Dieu le lui permettrait.

Versets 11-12

Je continue.

Ils y trouvèrent des gens qui étaient bien mieux disposés que les Juifs de Thessalonique et qui accueillirent la Parole de Dieu avec beaucoup d'empressement ; ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était juste. Beaucoup d'entre eux crurent. Et, parmi les Grecs, un grand nombre de femmes de la haute société et beaucoup d'hommes acceptèrent également la foi (Actes 17.11-12).

À Thessalonique, seuls quelques Juifs avaient cru, alors que la plupart, étant jaloux, avaient soulevé la foule au moyen de la vermine des rues. Ici au contraire, ces gens sont raisonnables et sans parti-pris. Et c'est ainsi que l'intérêt des Béréens pour la Parole de Dieu, c'est-à-dire l'Ancien Testament, aboutit à de nombreuses conversions de personnes toutes origines confondues. Ici comme à Thessalonique, Luc fait remarquer que des femmes de distinction, celles du dessus du panier, ont accepté le message de Jésus-Christ.

Verset 13

Je continue.

Mais quand les Juifs de Thessalonique apprirent que Paul annonçait aussi la Parole de Dieu à Bérée, ils vinrent semer, là aussi, l'agitation et le trouble parmi la population (Actes 17.13).

Apparemment, le diable et ses suppôts sont à l'œuvre. La haine inassouvie des Juifs de Thessalonique poursuit Paul. Ces teignes jalouses se refusent à lâcher prise ; alors, ils parcourent à pied 75 km pour venir le haranguer. Mais n'avaient-ils donc rien d'autre à faire ?

Versets 14-15

Je continue.

Alors, sans tarder, les frères firent partir Paul jusqu'à la mer pour prendre un bateau. Silas et Timothée restèrent à Bérée. Ceux qui étaient chargés de conduire Paul l'amenèrent jusqu'à Athènes. L'apôtre leur demanda d'inviter de sa part Silas et Timothée à venir le rejoindre au plus tôt, puis ils repartirent (Actes 17.14-15).

Comme c'est évidemment Paul qui le centre de mire des Juifs haineux, lui seul doit s'enfuir tandis que les deux autres missionnaires restent sur place pour aider ces nouveaux convertis à s'organiser et pour leur enseigner les grandes vérités de la foi chrétienne. Comme Bérée ne donne pas sur la mer, Paul fut conduit dans le port le plus proche afin de continuer son voyage en bateau. En effet, à pied il fallait compter plus de 300 km jusqu'à Athènes, alors que la durée du trajet par la mer était bien plus rapide.

Versets 16-17

Je continue.

Pendant qu'il attendait ses compagnons à Athènes, Paul bouillait d'indignation en voyant combien cette ville était remplie d'idoles. Il discutait donc, à la synagogue, avec les Juifs et les païens convertis au judaïsme et, chaque jour, sur la place publique, avec tous ceux qu'il rencontrait (Actes 17.16-17).

La Grèce avait connu la gloire à partir du 5e siècle av. J-C, lorsque la majorité de ses fameux édifices furent construits, et ce, jusqu'au 4e siècle av. J-C. Maintenant, c'était Rome le patron. Mais malgré cela, Athènes était encore un centre culturel et éducatif très important. Cependant, tout l'art de la ville était une réflexion de sa religion idolâtre. Les écrivains grecs eux-mêmes ont écrit qu'il y avait plus de faux dieux dans Athènes que dans tout le reste de la Grèce.

Paul en voyait partout où il posait les regards. Il livra un combat spirituel sur deux fronts : à la synagogue comme d'habitude et sur la place publique de la ville qui était grouillante de monde en manque de discussions. C'était le centre de la vie municipale d'Athènes où les philosophes de tout poil débattaient leurs croyances respectives. Paul s'adressa ici à un public très différent des Juifs. Ces Grecs étaient des gens cultivés, prétentieux dans leur intellectualisme et qui ne connaissaient rien du judaïsme.

Verset 18

Je continue.

Quelques philosophes, des épicuriens et des stoïciens, engageaient aussi des débats avec lui. Les uns disaient : — Qu'est-ce que cette pie bavarde peut bien vouloir dire ? D'autres disaient : — On dirait qu'il prêche des divinités étrangères. En effet, Paul annonçait la Bonne Nouvelle de « Jésus » et de la « résurrection » (Actes 17.18).

Dans la ville d'Athènes, les principaux opposants de Paul furent les Épicuriens et les Stoïciens, les deux principales écoles philosophiques de son temps. Les premiers disaient que le but suprême de l'homme était la recherche du bonheur et du plaisir dans le repos et la modération tout en évitant la crainte de la mort. Ils n'étaient pas adeptes du tout des partouses où tout est bon. Les Stoïciens, quant à eux, croyaient que le monde était animé par un principe divin impersonnel qui faisait partie de toute chose ; une perspective du monde similaire au panthéisme. Selon eux, la sagesse consistait à se conformer à ce qui est, ce qui inclut la mort, avec courage et fermeté.

Pour les uns comme pour les autres, l'idée de résurrection était étrangère à leur pensée et donc inacceptable ; et c'est bien dommage. Chacun d'entre nous a en lui le profond désir de vivre maintenant et toujours, mais nous savons aussi que la mort, la dame à la faux, rôde partout prête à couper cette vie bien fragile. C'est pourquoi la promesse de la vie éternelle que Jésus-Christ est venu apporter est la plus grande nouvelle de tous les temps. Il est descendu sur terre pour nous dire et je le cite :

Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt (Jean 11.25).