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Émission 345 - Actes 14:19 - 15:11

Diffusé le 25 avril 2008 - ::

Chapitre 14

Versets 19-20

L'apôtre Paul a été lapidé une fois de plus et laissé pour mort, mais Dieu le ressuscite. Après cette expérience pour le moins traumatisante, il aurait pu se dire qu'il avait assez donné de sa personne et que l'heure de la retraite avait sonné. Pas du tout ! Avec Barnabas, il repart de plus belle pour d'autres horizons.

Versets 21-23

Je continue le texte du chapitre 14 du livre des Actes.

Après avoir annoncé la Bonne Nouvelle dans la ville de Derbe et y avoir fait de nombreux disciples, ils retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche. Ils fortifiaient les disciples et les encourageaient à demeurer fermes dans la foi. — Car, leur disaient-ils, c'est au travers de beaucoup de souffrances qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. Dans chaque Église, ils firent élire des responsables et, en priant et en jeûnant, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru (Actes 14.21-23).

La ville de Derbe fut la plus éloignée et la plus à l'est de celles visitées en Asie Mineure lors de ce voyage. L'annonce de l'Évangile y fut particulièrement fructueuse, et personne n'essaya de les assassiner. Après un temps d'évangélisation, les deux apôtres décident de faire demi-tour afin de repasser sur tous leurs lieux de travail dans le but d'encourager les disciples à tenir ferme contre les persécutions qu'ils ne manqueront pas de subir. En effet, tous les croyants sont appelés à porter leur croix, comme Jésus lui-même l'a souligné. Je rappelle ses paroles :

S’adressant à ses disciples, Jésus dit : — Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive (Matthieu 16.24).

Par la même occasion, Paul et Barnabas ont organisé les assemblées de croyants dans chacune des villes. Pour cela, ils ont prié et jeûné afin que les responsables choisis pour chaque Église soient approuvés par Dieu. Il est probable que la plupart d'entre eux avaient été auparavant des anciens des synagogues, qui s'étaient convertis à Jésus-Christ.

Versets 24-28

Je finis ce chapitre.

De là, ils traversèrent la Pisidie et gagnèrent la Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole à Perge, ils descendirent au port d'Attalie. Là ils s'embarquèrent pour Antioche d'où ils étaient partis et où on les avait confiés à la grâce de Dieu pour l'œuvre qu'ils venaient d'accomplir. À leur arrivée, ils réunirent les membres de l'Église et leur racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux ; ils exposèrent, en particulier, comment il avait ouvert aux non-Juifs la porte de la foi. Ils demeurèrent là assez longtemps parmi les disciples (Actes 14.24-28).

Les apôtres reviennent sur leurs pas tout en s'arrêtant à Perge pour y annoncer l'Évangile, ce qu'ils n'avaient pas pu faire auparavant. Après un voyage qui a duré au moins deux ans et pendant lequel les apôtres ont parcouru plus de 1 100 km par voie de terre, c'est-à-dire à pied, et 800 km par mer, ils sont de retour à Antioche de Syrie. C'est cette Église qui jouera pour Paul, tout au long de son ministère, le rôle de base missionnaire. C'est de là qu'ils étaient partis après avoir été consacrés par le Saint-Esprit et recommandés à la grâce de Dieu.

Dans leur rapport très positif, ils témoignent avoir vu cette grâce de Dieu à l'œuvre et surtout font remarquer que ce voyage a permis de renverser le mur de séparation qui existait entre les Juifs et les païens. À cet effet, ils soulignent comment Dieu avait ouvert la porte de la foi aux non-Juifs, ce qui est un commentaire de la plus haute importance. En effet, c'est le Seigneur lui-même qui a pris cette initiative, et le salut s'obtient uniquement par la foi et non pas en gardant la Loi de Moïse.

Suite à ce périple, Paul et Barnabas sont restés une année, et peut-être deux, à Antioche de Syrie. Mais pendant ce temps, des perturbateurs se sont introduits dans les Églises nouvellement fondées en Galatie, ce qui a été la raison de la lettre de Paul adressée aux Galates dans laquelle l'apôtre met les points sur les « I » en ce qui concerne le lien entre la foi et la Loi. Je le cite :

Nous avons compris que l'on est déclaré juste devant Dieu, non parce que l'on accomplit les œuvres que commande la Loi, mais uniquement par la foi en Jésus-Christ. C'est pourquoi nous avons, nous aussi, placé notre confiance en Jésus-Christ pour être déclarés justes par la foi et non parce que nous aurions accompli ce qu'ordonne la Loi. Car, comme le dit l'Écriture : Personne ne sera déclaré juste devant Dieu parce qu'il aura accompli ce qu'ordonne la Loi (Galates 2.16).

Dès le début de l'Église, la Loi de Moïse fut l'objet de beaucoup d'interrogations de la part des premiers chrétiens, parce qu'ils étaient pour la plupart d'origine juive. Dans quelle mesure la Loi devait être suivie devint rapidement une source de tensions et de divisions dans l'Église primitive. C'est la raison pour laquelle ce sujet épineux donna lieu au premier grand concile. Il eut lieu à Jérusalem et nous est décrit dans le chapitre suivant. L'objectif de ce concile était de résoudre cette première grande crise qui éclata dans l'Église.

Beaucoup de convertis à Jésus-Christ étaient non seulement des Juifs, mais aussi des religieux purs et durs qui n'avaient aucunement l'intention d'abandonner la Loi de Moïse et ses innombrables règles rituelles. Ils exigeaient donc des païens avec insistance qu'ils les observent pareillement et se fassent, entre autres, circoncire avant de pouvoir être admis dans l'Église. Ils n'acceptaient pas qu'un homme puisse obtenir la vie éternelle sans passer par ce rite. Éventuellement, cette dispute ira jusqu'aux apôtres de Jérusalem qui devront trancher.

Chapitre 15

Versets 1-2

Je commence à lire le chapitre 15.

Quelques hommes venus de Judée arrivèrent à Antioche. Ils enseignaient les frères, en disant : — Si vous ne vous faites pas circoncire comme Moïse l'a prescrit, vous ne pouvez pas être sauvés. Il en résulta un conflit et de vives discussions avec Paul et Barnabas. Finalement, il fut décidé que Paul et Barnabas monteraient à Jérusalem avec quelques autres frères pour parler de ce problème avec les apôtres et les responsables de l'Église (Actes 15.1-2).

L'essence du problème concerne le salut. La question était : Comment parvient-on à la vie éternelle ? Soit dit en passant, que c'est cette même question qui au 15e siècle a déclenché le mouvement de la Réforme, et qui était au centre des préoccupations des réformateurs comme Martin Luther ou Jean Calvin. Pour en revenir à ces Juifs invétérés, la circoncision et le respect de la Loi étaient à leurs yeux essentiels afin de devenir juste devant Dieu.

Ces hyperreligieux archidogmatiques n'avaient pas été mandatés par qui que ce soit, mais s'étaient eux-mêmes autoproclamés les porte-paroles de Dieu. Ce sont ces mêmes fauteurs de trouble qui s'étaient introduits dans les Églises de la Galatie. Ils pensaient que l'œuvre accomplie par Jésus-Christ devait s'inscrire dans le cadre des institutions de l'Ancienne Alliance et s'ajouter aux exigences de la Loi de Moïse. Ils étaient non seulement traditionalistes, mais certainement aussi très jaloux de l'estime dont jouissaient les apôtres. Paul et Barnabas les ont perçus comme particulièrement dangereux et c'est pourquoi ils se sont violemment opposés à eux.

À cause de leur enseignement, les nouveaux croyants, en particulier les païens, ne savaient plus à quel saint se vouer ; et le plus grave était que ces religieux causaient des divisions dans l'Église. La grâce de Dieu était en jeu et l'Évangile attaqué. Quand les Écritures parlent de l'Évangile, que veulent-elles dire ? En fait, ce terme a deux significations. Il se réfère d'une part à l'histoire de Jésus telle qu'elle est décrite par les 4 évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ensuite, le mot Évangile avec, pourrait-on dire, un E majuscule, veut dire la Bonne Nouvelle. Or celle-ci concerne un certain nombre de faits entourant la personne et l'œuvre que le Christ a accomplie, en particulier sa mort, son ensevelissement et sa résurrection. Je cite un passage du Nouveau Testament qui l'explique :

Mes frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous demeurez attachés. C'est par elle que vous êtes sauvés si vous la retenez telle que je vous l'ai annoncée ; autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j'avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l'avaient annoncé les Écritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Après cela, il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois (1Corinthiens 15.1-6).

Ces Juifs invétérés ne niaient pas les faits de la Bonne Nouvelle, mais voulaient y rajouter certains éléments de la Loi de Moïse. Le conflit concernait la compréhension et l'interprétation de ces faits. L'œuvre de Jésus-Christ sur la croix est-elle oui ou non suffisante pour procurer le salut ? Faut-il en plus passer par certains rites particuliers comme la circoncision, le baptême ou que sais-je encore, afin d'obtenir la vie éternelle ? Dois-je encore observer la partie cérémonielle de la Loi de Moïse ?

Au vu du trouble que les Juifs avaient jeté parmi les disciples et des questions qu'ils se posaient, ce fut le branle-bas de combat parmi les responsables de l'Église d'Antioche. Ils rendent vite compte que l'heure était grave et qu'il fallait éclaircir la relation entre la Loi de Moïse et la grâce en Jésus-Christ. En conséquence, ces responsables jugèrent utile d'envoyer leurs troupes d'élite, Paul et Barnabas, à Jérusalem afin d'y consulter les apôtres et de vider ce vilain abcès.

Versets 3-4

Je continue le texte.

L'Église pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant comment les non-Juifs se tournaient vers Dieu. Et tous les frères en eurent beaucoup de joie. À leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Église, les apôtres et les responsables ; ils leur rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux (Actes 15.3-4).

Tout au long du chemin, en fait un périple de 400 km, les deux apôtres font un rapport aux croyants qu'ils rencontrent. Ils racontent tout ce que Dieu avait accompli par leur intermédiaire lors de leur voyage missionnaire en territoire païen. Ils font de même à Jérusalem, ce qui est pour tous l'occasion de se réjouir de la grâce de Dieu.

Verset 5

Je continue.

Mais quelques anciens membres du parti des pharisiens qui étaient devenus des croyants intervinrent pour soutenir qu'il fallait absolument circoncire les non-Juifs et leur ordonner d'observer la Loi de Moïse (Actes 15.5).

Voilà le problème qui telle la tête d'un serpent à sonnettes surgit du panier. La circoncision était déjà pratiquée pour les prosélytes, c'est-à-dire les païens qui adoptaient pleinement la foi juive. Ce rite était le signe de l'alliance entre l'Éternel et la nation d'Israël. La circoncision impliquait également l'observation de toute la Loi de Moïse. Les pharisiens fanatiques faisaient du sur-place dans leur religion. Ils acceptaient la foi en Jésus-Christ à condition qu'elle soit rajoutée aux rites de la Loi. Ils refusaient de comprendre et d'accepter que le mode d'administration divine de l'humanité avait changé depuis la venue du Messie.

Cette attitude était très grave, parce qu'en ajoutant quoi que ce soit à la grâce de Dieu telle qu'elle a été révélée en la personne du Christ et par son œuvre, on la rend caduque. C'est Jésus et lui seul qui est le chemin, la vérité et la vie, et nul ne vient au Père que par lui (Jean 14.6). Donc, le trouble que jetaient ces Juifs religieux invétérés était des plus sérieux.

Versets 6-7

Je continue.

Les apôtres et les responsables de l'Église se réunirent pour examiner la question. Après une longue discussion, Pierre se leva et leur dit : — Mes frères, comme vous le savez, il y a déjà longtemps que Dieu m'a choisi parmi vous pour que j'annonce la Bonne Nouvelle aux non-Juifs, pour qu'ils l'entendent et deviennent croyants (Actes 15.6-7).

Nous sommes autour de l'an 50, à un an près, environ vingt ans après l'ascension du Christ. Un apôtre a déjà souffert le martyre, mais il en reste onze, en incluant Matthias, bien que certains d'entre eux se trouvaient peut-être en mission ailleurs qu'à Jérusalem. Jacques, le « demi-frère du Seigneur », est aussi présent. Bien que n'étant pas l'un des Douze, il était un des responsables très en vue de l'Église, un membre influent. Les historiens le considèrent comme le pasteur des chrétiens de Jérusalem. Un grand débat très animé en petits groupes est engagé. Pierre a judicieusement laissé les discussions aller bon train pendant un certain temps pour ne pas donner l'impression que tout était joué d'avance. Finalement, il prend le micro.

Tout le monde savait que c'était lui qui avait ouvert le Royaume de Dieu aux païens en la personne de l'officier romain Corneille. De plus, Pierre était vraiment Juif jusqu'au bout des ongles. Il n'avait jamais mangé d'aliments rituellement impurs et respectait la Loi de Moïse à la lettre autant qu'il pouvait. Pourtant, il était entré dans la maison d'un incirconcis qui mangeait du porc. C'est Dieu qui l'en avait contraint. De tous les apôtres, c'est donc Pierre qui a le plus d'autorité, alors quand il ouvre la bouche, toute l'assemblée fait silence et on l'écoute. Dès qu'il fait allusion au fait que Dieu l'avait choisi pour annoncer la Bonne Nouvelle aux païens depuis longtemps, environ 10 ans, la question de savoir s'il fallait ou non accepter les non-Juifs dans l'Église était réglée.

Versets 8-9

Je continue.

Dieu, qui lit dans le secret des cœurs, a témoigné qu'il les acceptait, en leur donnant lui-même le Saint-Esprit comme il l'avait fait pour nous. Entre eux et nous, il n'a fait aucune différence puisque c'est par la foi qu'il a purifié leur cœur (Actes 15.8-9).

La preuve que Dieu a pleinement accepté les païens est qu'il leur a donné le Saint-Esprit comme aux croyants Juifs. Pierre lui-même avait dû apprendre que le salut ne dépendait pas de sa naissance, des aliments qu'il ne mangeait pas, de l'observance de certaines règles de vie, d'un rite ou d'un autre. La vie éternelle s'obtient exclusivement sur la base d'une confiance personnelle en la personne de Jésus-Christ. Les Juifs prétendaient que les païens étaient impurs, mais Pierre déclare que c'est la foi qui est la vraie circoncision, celle du cœur et non du corps. Cette foi les rendait purs et aptes à recevoir le salut.

Verset 10

Je continue.

Pourquoi donc maintenant vouloir provoquer Dieu en imposant à ces disciples un joug que ni nos ancêtres ni nous n'avons jamais eu la force de porter ? (Actes 15.10).

Prendre le joug , c’était l'expression qu'on utilisait pour décrire les prosélytes païens qui embrassaient le judaïsme. Pierre fait ici une déclaration lourde de signification. Il dit en substance : Ne nous leurrons pas, ne soyons pas hypocrites, aucun d'entre nous, ni personne n'a jamais été capable d'obéir à toute la loi. En effet, songez un peu au premier commandement qui est aussi le plus grand selon Jésus. Il dit :

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est là le commandement le plus grand et le plus important. Et il y en a un second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Matthieu 22.37-39).

Qui oserait affirmer qu'il a respecté ces deux commandements à chaque instant de sa vie ? Jésus-Christ est bien le seul, en tant qu'Homme-Dieu, qui ait obéi en permanence à ces ordonnances. Tout le reste de l'humanité, depuis Adam jusqu'à moi, est disqualifié y compris bien sûr tous les Juifs. Eux en fait, ils observaient surtout certains rites extérieurs, mais avaient désobéi à tout le volet moral de la Loi. En conséquence, ils étaient même plus coupables que les païens qui eux n'avaient pas reçu les commandements de Moïse. Je ne peux ni suivre la Loi, ni les préceptes du Sermon sur la Montagne que Jésus a enseignés. À quoi bon passer pour un hypocrite en prétendant le contraire ?

Verset 11

Je continue.

Non ! Voici au contraire ce que nous croyons : c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, nous Juifs, de la même manière qu'eux (Actes 15.11).

Pierre met sur le même plan les Juifs et les païens. Tous sont coupables devant le Seigneur. Il n'y a pas de différence. Ce que Dieu demande aux uns et aux autres, à vous et à moi, c'est de reconnaître mon incapacité à lui obéir en toute chose et d'accepter sa main tendue, la grâce qu'il me fait en la personne de Jésus-Christ. La foi est la condition indispensable, mais la seule requise, pour recevoir le pardon divin.