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Diffusé le 24 avril 2008 - ::
Paul et Barnabas sont les fers de lance d'une vaste campagne annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans l'Empire romain. Si beaucoup acceptent leur message, les Juifs purs et durs sont en furie, et leur haine est l'étincelle qui va mettre le feu aux poudres.
Je continue à lire dans le chapitre 13 du livre des Actes.
Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour écouter la Parole du Seigneur. En voyant tant de monde, les Juifs furent remplis de jalousie et se mirent à contredire Paul et à l'injurier. Paul et Barnabas leur déclarèrent alors avec une pleine assurance : — C'est à vous en premier que la Parole de Dieu devait être annoncée. Mais puisque vous la refusez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes d'avoir part à la vie éternelle, nous nous tournons vers ceux qui ne sont pas Juifs (Actes 13.44-46).
Paul et Barnabas ne sont pas restés inactifs durant la semaine. Alors, le sabbat suivant, tous ceux qui se posaient des questions viennent les écouter. Alors, ça fait des jaloux. Les deux apôtres parlaient avec assurance, ce qui était une des caractéristiques des prédications des premiers disciples. Il fallait qu'ils aillent d'abord prêcher aux Israélites parce que le message de Jésus leur était destiné en priorité, comme d'ailleurs l'Ancien Testament, le Messie et toutes les promesses faites aux patriarches.
Mais rien ne pouvait plus attiser la haine des Juifs que de déclarer que le Christ était aussi le Sauveur des païens. Alors, comme les premiers destinataires rejettent la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, Paul s'adresse aux païens. Ce modèle se répétera dans chaque ville jusqu'à Rome.
Je continue.
Car le Seigneur a bien défini notre mission lorsqu'il a dit : Je t'ai établi pour que tu sois la lumière des nations, et pour que tu portes le salut jusqu'au bout du monde (Actes 13.47).
C'est Jésus qui est la lumière des nations et qui par sa venue permit que le salut soit offert à toute l'humanité. Cependant, Paul et Barnabas interprétèrent leur ministère à la lumière de la mission du Christ. Ils sont ceux qui vont être les hérauts et les proclamateurs des hauts faits de Jésus, prolongeant ainsi par leur action ce que le Seigneur a accompli sur terre. Telle était en fait la fonction des apôtres qui avaient reçu la charge d'annoncer et d'expliquer l'œuvre de Jésus-Christ.
Je continue.
Quand les non-Juifs les entendirent parler ainsi, ils furent remplis de joie, ils se mirent à louer Dieu pour sa Parole et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. La Parole du Seigneur se répandait dans toute la contrée avoisinante (Actes 13.48-49).
Les païens étaient heureux, non seulement du fait que l'Évangile leur était offert, mais que dans les Écritures sacrées des Juifs, il soit écrit qu'eux aussi pouvaient recevoir cet Évangile. Cela signifiait qu'ils étaient aussi inclus dans le plan rédempteur de Dieu.
Je continue.
Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de la haute société qui s'étaient attachées au judaïsme, ainsi que les notables de la ville. Ils provoquèrent ainsi une persécution contre Paul et Barnabas et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et allèrent à Iconium. Les nouveaux disciples, cependant, étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint (Actes 13.50-52).
Comme toujours, la joie est encore une fois un fruit de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ lorsqu'elle est acceptée. Par contre, les chefs juifs sont fous de rage. Comme ils ont des contacts en haut lieu, ils tirent les ficelles pour déclencher une persécution contre Paul et Barnabas. Ceux-ci secouèrent la poussière de leurs pieds, en signe de jugement contre les Juifs et quittèrent la ville. Ils agissaient en conformité avec l'ordre que le Seigneur avait donné aux apôtres dans l'Évangile et que je cite :
Si, dans une maison ou dans une ville, on ne veut pas vous recevoir, ni écouter vos paroles, quittez la maison ou la ville en secouant la poussière de vos pieds. Vraiment, je vous l'assure : au jour du jugement, les villes de Sodome et de Gomorrhe seront traitées avec moins de rigueur que les habitants de ces lieux-là. — Voici : je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez prudents comme des serpents et innocents comme des colombes (Matthieu 10.14-16).
En vérité, les apôtres expérimentaient tout ce que Jésus avait prophétisé. Ils partent donc pour Iconium qui se trouve à 80 km à l'est d'Antioche. Soit dit en passant pour la petite histoire, que les habitants de cette ville étaient en majorité Phrygiens. Ce sont eux qui portaient ce fameux bonnet qui fut un symbole de la Révolution française. Ceci nous amène à reculer dans le temps et à parler des Gaulois parce qu'il va en être question dans le chapitre suivant. En effet, c'est en Galatie, une des régions qu'ils habitaient que les deux apôtres Paul et Barnabas vont maintenant se rendre.
Les Gaulois faisaient partie des Celtes. Ce peuple guerrier mit à sac la ville de Rome au 4e siècle av. J-C. Mais que faisaient-ils en Asie Mineure ? C'est sur l'invitation d'un roi de cette partie du monde qui voulait leur aide dans une guerre civile régionale qu'ils se sont retrouvés dans cette contrée qui a pris alors le nom de Galatie. Un écrivain de l'époque décrit les Gaulois comme francs, impétueux, impressionnables, très intelligents, attachés aux apparences, et extrêmement inconstants à cause de leur grande vanité. On croirait entendre une description des Français par un étranger résidant à Paris. C'est au 2e siècle av. J-C que la Galatie, aujourd'hui en Turquie, est devenue une province romaine.
Je commence à lire le chapitre 14.
À Iconium, Paul et Barnabas se rendirent aussi à la synagogue des Juifs et y parlèrent de telle sorte que beaucoup de Juifs et de non-Juifs devinrent croyants. Mais les Juifs qui avaient refusé de croire suscitèrent chez les non-Juifs de l'hostilité et de la malveillance à l'égard des frères. Néanmoins, Paul et Barnabas prolongèrent leur séjour dans cette ville ; ils parlaient avec assurance, car ils étaient confiants dans le Seigneur et celui-ci confirmait la vérité du message de sa grâce, en leur donnant d'accomplir des signes miraculeux et des prodiges. La population de la ville se partagea en deux camps : les uns prenaient parti pour les Juifs, les autres pour les apôtres (Actes 14.1-4).
Comme d'habitude, les deux apôtres s'adressent d'abord à ceux qui fréquentent la synagogue. Les miracles que font les apôtres sont, je le rappelle, le sceau de Dieu à la fois sur leur ministère et sur l'authenticité de leur message. Ce paragraphe est pratiquement un remake de l'incident précédent dans la ville d'Antioche. Beaucoup mettent leur foi en Jésus-Christ, ce qui fait des jaloux, qui déclenchent une persécution qui va éventuellement réussir à chasser une fois encore Paul et Barnabas.
Je continue.
Les non-Juifs et les Juifs, avec leurs chefs, s'apprêtaient à maltraiter les apôtres et à les tuer à coups de pierres, mais ceux-ci, dès qu'ils en furent informés, cherchèrent refuge dans les villes de la Lycaonie : Lystre, Derbe et les environs. Là aussi, ils annoncèrent l'Évangile (Actes 14.5-7).
De nos jours, de plus en plus de gens, qui apparemment s'ennuient à mourir, recherchent des sensations fortes. Mais je ne sais pas s'ils auraient aimé être dans les sandales des apôtres, car le moins qu'on puisse dire est que leur vie n'était pas un long fleuve tranquille. Ils n'étaient jamais sûrs qu'il y ait un lendemain. Leur message qui pourtant prône la réconciliation des hommes avec leur Créateur provoquait des réactions terroristes : des émeutes et des guets-apens avec tentatives de meurtre. C'est quand même surprenant ! En tout cas, Paul et Barnabas n'ont plus qu'à battre en retraite et parcourir aussi rapidement que possible 30 km jusqu'à Lystre.
Je continue.
À Lystre se trouvait un homme paralysé des pieds : infirme de naissance, il n'avait jamais pu marcher. Il écoutait les paroles de Paul. L'apôtre fixa les yeux sur lui et, voyant qu'il avait la foi pour être sauvé, il lui commanda d'une voix forte : — Lève-toi et tiens-toi droit sur tes pieds ! D'un bond, il fut debout et se mit à marcher (Actes 14.8-10).
À Lystre, il n'y avait pas de synagogue. Alors, Dieu utilise un autre moyen : la guérison d'un pauvre infirme sur une place publique, pour attirer ceux qui étaient prêts à recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Ce miracle est une copie carbone de la première guérison accomplie par Pierre. Il prouve bien que ces deux hommes étaient autant apôtres l'un que l'autre.
Je continue.
Quand ils virent ce que Paul avait fait, les nombreux assistants crièrent dans leur langue, le lycaonien : — Les dieux ont pris forme humaine et ils sont descendus parmi nous. Ils appelaient Barnabas Zeus, et Paul Hermès parce qu'il était le porte-parole. Le prêtre du dieu Zeus, dont le temple se trouvait à l'entrée de la ville, fit amener devant les portes de la cité des taureaux ornés de guirlandes et de fleurs. Déjà il s'apprêtait, avec la foule, à les offrir en sacrifice (Actes 14.11-13).
Changement de décor ! Au lieu de persécuter les deux apôtres, la foule veut les vénérer comme des dieux et leur offrir spontanément des sacrifices. C'est déjà plus intelligent que de vouloir les assassiner. Dans la mythologie grecque, Zeus est le Dieu suprême et Hermès l'interprète de tous les dieux. Ces divinités s'appellent respectivement Jupiter et Mercure chez les Latins. Leur culte est traditionnellement associé à cette région d'Asie Mineure.
Le poète latin Ovide du 1er siècle av. J-C s'est surtout rendu célèbre pour son chef-d'œuvre Les Métamorphoses. Dans le 8e livre, il y raconte une légende bien connue selon laquelle ces dieux se sont rendus dans cette région incognito. Pour ce qui est de la réalité, en 1910, Sir William Calder, un archéologue, a découvert tout près de Lystre une inscription datant de 250 av. J-C, et qui indiquait la dédicace d'une statue d'Hermès à Zeus.
En 1926, toujours ce même archéologue, en compagnie d'un certain Buckler, mit à jour un autel de pierre dédié à Hermès et à Celui qui écoute les prières (sans doute Zeus). D'accord, c'est barbant ces noms et ces informations fastidieuses, mais je les donne parce qu'elles montrent combien Luc était un historien sérieux et que le christianisme est ancré dans l'histoire humaine et dans le contexte du 1er siècle de notre ère.
Je continue le texte.
Quand les apôtres Barnabas et Paul l'apprirent, ils déchirèrent leurs vêtements en signe de consternation et se précipitèrent au milieu de la foule en s'écriant : — Amis, que faites-vous là ? Nous ne sommes que des hommes, nous aussi, semblables à vous. Nous sommes venus vous apporter une bonne nouvelle de la part de Dieu, qui vous appelle à abandonner ces idoles inutiles pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve. Dans les siècles passés, ce Dieu a laissé tous les peuples suivre leurs propres chemins. Pourtant, il n'a jamais cessé de leur donner des témoignages de sa bonté, car il vous envoie du ciel la pluie et des fruits abondants en leur saison. Oui, c'est lui qui vous donne de la nourriture en abondance et comble vos cœurs de joie. Même en leur parlant ainsi, ils eurent beaucoup de mal à dissuader la foule de leur offrir un sacrifice (Actes 14.14-18).
Ne parlant pas la langue lyaconienne, Paul et Barnabas n'avaient pas encore saisi la situation. Mais quand ils comprirent enfin ce qui se tramait, en tant que Juifs ils furent horrifiés. Un tel sacrifice aurait été un blasphème contre l'Éternel. En déchirant leurs vêtements, ils montrèrent leur profonde indignation. Après avoir nié leur divinité, Paul et Barnabas incitèrent leurs auditeurs à renoncer à leurs idoles pour se tourner vers le seul Dieu vivant et vrai, celui qui jour après jour prend soin de ses créatures.
Comme les apôtres avaient affaire à des païens, ils ne mentionnèrent ni l'histoire juive, ni la Loi de Moïse, ni quoi que ce soit de l'Ancien Testament. Ils se référèrent à la nature et aux récoltes qui font partie de la révélation divine à l'attention de tous les hommes. C'est d'ailleurs de la même façon dont l'apôtre Paul commence sa lettre aux Romains dans laquelle il expose de façon systématique la foi chrétienne et, en particulier, l'obtention de la justice par la foi. Je cite le passage :
Ce qu'on peut connaître de Dieu est clair, Dieu lui-même nous l'ayant fait connaître. Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit (Romains 1.19-20).
Je continue maintenant le texte.
Des Juifs arrivèrent d'Antioche et d'Iconium et ils parvinrent à retourner le peuple contre eux : ils lancèrent des pierres contre Paul pour le tuer, puis ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il était mort. Mais quand les disciples se rassemblèrent autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, il partit avec Barnabas pour Derbe (Actes 14.19-20).
Une fois de plus, ce sont les Juifs qui sont les opposants invétérés de l'Évangile de la grâce que Dieu accorde à tous. Ils s'accrochent aux privilèges qu'ils pensent avoir par le simple fait de faire partie de la descendance d'Abraham. En conséquence, ils sont prêts à tout pour enrayer l'avance du message de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Comme ils trouvent les habitants de Lystre déçus de ne pas avoir pu vénérer Paul et Barnabas, ils manipulent la foule qui passa d'un extrême à l'autre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Les Juifs purent facilement convaincre les habitants que si ces hommes n'étaient pas des dieux, c'est qu'ils étaient des imposteurs. Ça coule de source, voyons ! La populace volage devint alors tout excitée et se retourna contre les apôtres.
C'était la deuxième fois qu'une foule en colère voulait faire la peau à l'apôtre Paul et cette fois-ci, ils réussirent, le laissant pour mort, ou tout au moins à moitié mort et inconscient. De deux choses l'une : soit, il est mort et s'est retrouvé au paradis quelques instants avant de ressusciter ; soit, il était mourant et a eu une vision du ciel juste avant qu'il ne soit remis sur pied par un miracle. Paul a parlé de cette expérience lorsque dans une de ses lettres il a écrit :
Je connais un homme, qui, il y a quatorze ans, a été enlevé jusqu'au troisième ciel, au paradis et qu'il a entendu des paroles qu'on ne peut pas répéter parce qu'il n'est pas permis à un homme de les dire. D'ailleurs, parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour me garder de l'orgueil, Dieu m'a imposé une épreuve qui, telle une écharde, tourmente mon corps (2Corinthiens 12.2, 4, 7).
Quoi qu'il en soit, son rétablissement fut miraculeux puisque le lendemain il partit avec Barnabas pour un périple de 100 km à pied. L'apôtre Paul fait des affirmations qui laissent rêveur, tellement elles vont à l'encontre des valeurs de notre temps. En voici une qui est de circonstance :
Mon ardent désir et mon espérance est que maintenant comme toujours, Christ soit exalté dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort, car pour moi, Christ est ma vie et la mort m'est un gain (Philippiens 1.20-21).
Pour lui, vivre sur cette terre n'était pas une fin en soi. Il ne cherchait strictement rien pour lui-même. À ce qu'on peut savoir de lui, il n'a jamais été marié, ni eu d'enfants ; il respectait le sabbat certes, mais n'a jamais pris de vacances ; il n'a pas cherché à devenir influent ou à se remplir les poches ; il n'a pas créé d'entreprise florissante, mais ne travaillait que pour subvenir à ses besoins de manière à pouvoir annoncer la personne de Jésus-Christ. Il considérait cette tâche comme un privilège sans fin, un bien suprême. C'était là sa seule, son unique ambition.
Lorsque je lis toutes les paroles qu'il a écrites et qui sont confinées dans le Nouveau Testament, je suis en face du plus grand homme, hormis Jésus-Christ, qui ait vécu ici-bas. Sa consécration au Seigneur est incomparable ; son passage sur terre, l'exemple idéal d'une vie pleinement réussie.