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Émission 343 - Actes 13:1 - 13:40

By Chemins de VIE
Créé 23/04/2008 - 05:00

Chapitre 13

Introduction

Nous voici rendus au chapitre 13 du livre des Actes qui raconte le premier voyage missionnaire de l'apôtre Paul. L'Évangile est en train de gagner les différentes provinces de l'Empire. Les dernières paroles du Christ résonnent encore. Avant de quitter le monde, il a dit :

Vous serez mes témoins jusqu'au bout du monde (Actes 1.8).

Cette prophétie s'accomplit. C'est l'apôtre Paul qui va désormais occuper le devant de la scène alors que Pierre va quitter les pages du livre des Actes pour ne refaire surface que plus tard lors du concile de Jérusalem, lorsque l'Église devra décider la place de la circoncision dans le message de l'Évangile. À priori, cette question n'est pas brûlante d'actualité au 21e siècle. Et pourtant si, car elle soulève le vaste problème de l'importance des rites dans l'Église et dans l'acquisition du salut.

Verset 1

Je commence à lire ce chapitre 13.

Il y avait alors, dans l'Église d'Antioche, des prophètes et des enseignants : Barnabas, Siméon surnommé Niger, Lucius, originaire de Cyrène, Manaën, qui avait été élevé avec Hérode le gouverneur, et Saul (Actes 13.1).

Jérusalem était encore l'Église mère, mais c'est de la ville d'Antioche qu'allaient partir tous les élans missionnaires en vue d'évangéliser les nations païennes. Cette Église était très cosmopolite, composée de classes et de races différentes. Barnabas était originaire de Chypre et Juif de naissance, tout comme Siméon ; mais son surnom de Niger indique qu'il avait un teint foncé. Il pourrait s'agir de Simon de Cyrène qui fut forcé de porter la croix du Christ, mais on ne peut en être sûr. Lucius venait d'Afrique du Nord et Manaën était un aristocrate et un haut fonctionnaire. Finalement, Saul était un Juif formé selon les traditions rabbiniques, un pur et dur en matière religieuse. Malgré leurs arrière-plans bigarrés, ces hommes faisaient équipe ensemble.

Versets 2-3

Je continue.

Un jour qu'ils adoraient ensemble le Seigneur et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit : — Mettez à part pour moi Barnabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir (Actes 13.2-3).

Par l'intermédiaire de l'un des prophètes, Barnabas et Saul sont appelés par le Saint-Esprit pour une tâche spéciale, puis envoyés par les responsables de l'Église. L'imposition des mains symbolisait que les chrétiens d'Antioche approuvaient leur ministère, reconnaissaient que Dieu les dirigeait et qu'ils s'associaient à leur mission. C'est la première fois qu'une grande décision est prise indépendamment des apôtres ou de l'Église de Jérusalem.

Versets 4-5

Je continue.

C'est donc envoyés par le Saint-Esprit que Barnabas et Saul descendirent à Séleucie, où ils s'embarquèrent pour l'île de Chypre. Une fois arrivés à Salamine, ils annoncèrent la Parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Jean-Marc était avec eux et les secondait (Actes 13.4-5).

Ils allèrent donc dans le port voisin de Séleucie à 25 km d'Antioche et firent route toutes voiles dehors pour la patrie de Barnabas qui voulait sans aucun doute évangéliser chez lui. Salamine était le port de mer oriental de l'île, à une journée de navigation depuis Séleucie, alors que la distance n'est que d'environ 80 km. Dans cette grande ville, une importante communauté israélite était présente. Un demi-siècle plus tard, sous le règne de Trojan, les Juifs furent suffisamment nombreux pour décimer la population non juive qui échappa à l'extermination grâce à l'arrivée du général romain Hadrien à la tête d'une importante armée.

La stratégie de Paul était de d'abord se rendre dans les synagogues qui étaient un terrain de choix pour annoncer l'Évangile. Celles-ci étaient non seulement fréquentées par les Juifs, mais aussi par des païens qui vénéraient l'Éternel et qui connaissaient donc l'Ancien Testament qui prédisait la venue du Christ.

Versets 6-8

Je continue.

Ils traversèrent toute l'île et arrivèrent à Paphos. Ils trouvèrent là un magicien juif nommé Bar-Jésus, qui se faisait passer pour un prophète. Il faisait partie de l'entourage du proconsul Sergius Paulus, un homme intelligent. Celui-ci invita Barnabas et Saul et leur exprima son désir d'entendre la Parole de Dieu. Mais Élymas le magicien (car c'est ainsi que l'on traduit son nom) s'opposait à eux ; il cherchait à détourner le proconsul de la foi (Actes 13.6-8).

Chypre fait environ 200 km de long sur 80 de large. Salamine est à l'est, tandis qu'à l'autre extrémité se trouve Paphos, réputée pour son culte à Vénus. C'était la capitale administrative de l'île où résidait le gouverneur. Là, les trois hommes furent confrontés à un sorcier qui jouissait d'une grande influence, mais qui se sentit menacé par l'intérêt que portait son maître à l'Évangile. Il était donc opposé au message de l'apôtre Paul en tant que Juif, mais surtout parce qu'il ne voulait pas perdre son emprise sur le proconsul.

Versets 9-10

Je continue.

Alors Saul, qui s'appelait aussi Paul, rempli du Saint-Esprit, s'adressa à lui en le regardant droit dans les yeux : — Charlatan plein de ruse et de méchanceté, fils du diable, ennemi de tout ce qui est bien, quand cesseras-tu de fausser les plans du Seigneur qui sont droits ? (Actes 13.9-10).

Les Israélites qui étaient citoyens romains portaient généralement deux noms : un juif, l'apôtre s'appelait Saul, et un romain, Paul. C'est lors de cet incident que pour la première fois Paul passe à l'avant-plan en prenant l'initiative. À partir d'ici, ce sera lui le chef du groupe. Alors qu'il se montrait très compréhensif à l'égard des croyants faibles dans la foi, face à une opposition satanique qui essayait d'enrayer les progrès de l'Évangile, il était implacable. C'est ce qui explique qu'ici, il ne mâche pas ses mots. Alors que ce sorcier se nomme fils de Jésus, Paul l'appelle fils du diable. Le fait d'exercer un pouvoir sous le contrôle des démons avait fait de cet homme un suppôt de Satan.

Versets 11-12

Je continue.

Mais maintenant, attention ! La main du Seigneur va te frapper, tu vas devenir aveugle et, pendant un certain temps, tu ne verras plus la lumière du soleil. Au même instant, les yeux d'Élymas s'obscurcirent ; il se trouva plongé dans une nuit noire et se tournait de tous côtés en cherchant quelqu'un pour le guider par la main. Quand le proconsul vit ce qui venait de se passer, il crut ; car il avait été vivement impressionné par l'enseignement qui lui avait été donné au sujet du Seigneur (Actes 13.11-12).

Paul a dû juger un Juif afin de permettre à un païen de trouver le salut, ce qui est quand même un comble. Il a infligé au sorcier une cécité temporaire dans le but de lui enseigner qu'il était dans les ténèbres spirituelles. Cet aveuglement du magicien illustre celui d'Israël en tant que nation qui se trouve de facto sous le jugement divin. Le proconsul avait été fortement touché par le discours de l'apôtre. Le prodige lui a prouvé qu'il était digne de foi. Les dons miraculeux avaient pour but d'authentifier aussi bien le porte-parole que son message.

Verset 13

Je continue.

Paul et ses compagnons reprirent la mer à Paphos et arrivèrent à Perge en Pamphylie. Là, Jean-Marc les abandonna et retourna à Jérusalem (Actes 13.13).

Perge est une ville du sud de l'Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie. La grandeur de Barnabas se manifeste par sa bonne volonté à laisser Paul devenir le chef. Luc est très discret sur le départ de Jean-Marc. C'est comme s'il était parti à pas de velours. Peut-être y avait-il eu trop de changements à la fois pour son goût ; d'abord, son oncle n'était plus celui qui décidait, et puis il appréhendait les difficultés qu'il voyait poindre à l'horizon. De plus, il commençait à avoir le mal du pays surtout quand il pensait à sa mère qui était veuve ; alors, il est retourné chez lui.

D'après d'autres textes, on sait que Paul l'a très mal pris, car il a considéré ce départ comme une désertion. Cependant, Marc se réhabilitera aux yeux de Paul, et vers la fin du ministère de l'apôtre, alors qu'il est en prison, il le fera demander.

Versets 14-16

Je continue.

Quant à eux, ils quittèrent Perge et continuèrent leur route jusqu'à Antioche en Pisidie. Là, ils se rendirent à la synagogue le jour du sabbat et s'assirent. Après qu'on eut fait la lecture dans la Loi et les prophètes, les chefs de la synagogue leur firent dire : Frères, si vous avez quelques mots à adresser à la communauté, vous avez la parole. Alors Paul se leva ; d'un geste de la main il demanda le silence et dit : — Israélites et vous tous qui servez Dieu, écoutez-moi ! (Actes 13.14-16).

Cette ville d'Antioche était dans la province romaine de Galatie. On peut en visiter les ruines dans l'actuelle Turquie. À cette époque, une importante communauté juive y habitait. Selon ce qui deviendra son habitude, Paul se rendit à la synagogue pour y rencontrer les Israélites et vous tous qui servez Dieu, c'est-à-dire les Juifs de la diaspora ainsi que les païens qui vénéraient l'Éternel. En général, on avait coutume de donner la parole aux voyageurs juifs de passage. Paul et Barnabas s'étaient donc fait connaître aux responsables de la synagogue avant de participer à la réunion du sabbat.

À cette époque, le culte israélite comprenait d'abord la récitation de la déclaration de foi qu'on trouve dans le livre du Deutéronome, puis la prière, et ensuite deux lectures de l'Ancien Testament, l'une tirée de la Loi de Moïse, et l'autre extraite des autres livres. Celles-ci étaient suivies d'une explication-commentaire. Alors que les maîtres-rabbins restaient assis pour enseigner, Paul se lève selon la coutume grecque.

Versets 17-22

Je continue avec le discours de Paul.

Le Dieu de notre peuple d'Israël a choisi nos ancêtres. Il a fait grandir le peuple pendant son séjour en Égypte. Ensuite, en déployant sa puissance, il l'en a fait sortir. Pendant quarante ans environ, il l'a supporté dans le désert. Après avoir détruit sept nations dans le pays de Canaan, il a donné leur territoire à son peuple. Tout cela a duré environ 450 ans. Après cela, il a donné à nos ancêtres des chefs jusqu'à l'époque du prophète Samuel. Alors le peuple a demandé un roi et Dieu leur a donné Saül, fils de Kis, de la tribu de Benjamin. Celui-ci a régné sur eux pendant quarante ans. Mais Dieu l'a rejeté et leur a choisi pour roi David. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : En David, fils d'Isaï, j'ai trouvé un homme qui correspond à mes désirs, il accomplira toute ma volonté (Actes 13.17-22).

En passant en revue l'histoire d'Israël, Paul s'assure la faveur de l'auditoire juif. Il mentionna les événements et les personnages les plus importants : le séjour en Égypte, les 40 ans dans le désert, la conquête et la possession de la Palestine, la période des Juges et enfin la monarchie.

Versets 23-25

Je continue.

Or, voici que Dieu vient d'accorder à Israël un Sauveur parmi les descendants de David, comme il l'avait promis, et ce Sauveur, c'est Jésus. Avant sa venue, Jean avait appelé tous les Israélites à se faire baptiser pour indiquer qu'ils changeaient de vie. Arrivé au terme de sa vie, Jean disait encore : « Qui pensez-vous que je suis ? Je ne suis pas celui que vous attendiez ! Non ! il vient après moi, et je ne mérite pas de dénouer ses sandales » (Actes 13.23-25).

La mention du roi David a permis à Paul de faire une transition et de parler du Sauveur Jésus-Christ. Il mentionne aussi son précurseur Jean-Baptiste, parce qu'il était bien connu des Juifs qui le considéraient comme un prophète. S'il avait directement commencé par parler de Jésus qui était le véritable objet de son message, les Juifs ne l'auraient jamais écouté à cause de leurs préjugés.

On peut observer ici que Paul commence par asseoir son sermon sur des faits connus de ses auditeurs, et sur cette base, il fonde les arguments en faveur de l'Évangile. Il fera de même avec ses auditoires païens.

Versets 26-37

Je continue.

Mes frères, vous qui êtes les descendants d'Abraham et vous qui voulez servir Dieu et qui êtes présents parmi nous, c'est à nous que Dieu a envoyé cette Parole de salut. En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n'ont compris ni qui était Jésus, ni les paroles des prophètes qui sont lues chaque jour de sabbat. Et voici qu'en condamnant Jésus, ils ont accompli ces prophéties. Ils n'ont trouvé chez lui aucune raison de le condamner à mort, et pourtant, ils ont demandé à Pilate de le faire exécuter. Après avoir réalisé tout ce que les Écritures avaient prédit à son sujet, ils l'ont descendu de la croix et l'ont déposé dans un tombeau. Mais Dieu l'a ressuscité des morts. Pendant de nombreux jours, Jésus s'est montré à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée jusqu'à Jérusalem et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple. Et nous, nous sommes venus vous annoncer cette Bonne Nouvelle : ce que Dieu avait promis à nos ancêtres, il l'a pleinement accompli pour nous, qui sommes leurs descendants, en ressuscitant Jésus, selon ce qui est écrit au Psaume deux : Tu es mon fils ; aujourd'hui, je fais de toi mon enfant. Dieu avait annoncé celui qui ne devait pas retourner à la pourriture. C'est ce qu'il avait dit en ces termes : Je vous accorderai les bénédictions saintes et sûres que j'ai promises à David. Dans un autre passage, il est dit encore : Tu ne laisseras pas ton serviteur fidèle se décomposer dans la tombe. Pourtant, David, après avoir en son temps contribué à l'accomplissement du plan de Dieu, est mort et a été enterré aux côtés de ses ancêtres. Il a donc connu la décomposition. Mais celui que Dieu a ressuscité ne l'a pas connue (Actes 13.26-37).

Paul, comme Pierre et Étienne précédemment, blâme directement les Juifs d'avoir tué Jésus. Ensuite, il insiste sur le fait que la résurrection corporelle du Christ fut abondamment attestée par des témoins. C'est la cinquantième fois dans le livre des Actes que cette affirmation est faite. Paul étaye ses dires à l'aide de plusieurs citations prophétiques de l'Ancien Testament dont il explique le sens. Les textes qui annonçaient que le serviteur fidèle de l'Éternel ne pourrirait pas dans la tombe ne pouvaient s'appliquer au roi David qui fut enterré comme tout le monde. Il s'agit donc d'un de ses descendants. C'est Jésus-Christ.

Versets 38-39

Je continue.

Sachez-le donc, mes frères, c'est grâce à lui que le pardon des péchés vous est annoncé ; c'est par lui que tout homme qui croit est justifié de toutes les fautes dont vous ne pouviez pas être acquittés par la Loi de Moïse (Actes 13.38-39).

Dans les Actes, les apôtres mentionnent fréquemment le pardon des péchés. On trouve ici l'un des grands thèmes de l'apôtre Paul : la justification par la foi. C'est l'acte légal par lequel Dieu prononce quelqu'un juste en vertu de sa foi et cela malgré le fait qu'il soit coupable devant lui. Pour des pécheurs, la Loi a seulement un rôle d'accusatrice ; elle ne peut que condamner. Mais comme le Christ mourut pour expier les péchés des fautifs, comme vous et moi, celui qui met en lui sa confiance est acquitté de ses fautes et déclaré juste.

Versets 40-43

Je continue.

Veillez donc à ce qu'il n'arrive pas ce qu'ont dit les prophètes : « Regardez, hommes pleins de mépris, soyez dans l'étonnement, et disparaissez. En effet, je vais accomplir une œuvre en votre temps, une œuvre que vous ne croiriez pas si quelqu'un venait vous l'annoncer ». À la sortie, on leur demanda de reparler du même sujet le sabbat suivant. Quand l'assemblée se fut dispersée, beaucoup de Juifs et de païens convertis au judaïsme suivirent Paul et Barnabas. Ceux-ci s'entretenaient avec eux et les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu (Actes 13.40-43).

Suite à son discours, Paul cite un autre texte prophétique de l'Ancien Testament afin de mettre les Juifs en garde contre leur jugement imminent s'ils persistent à rejeter leur Messie et à préférer suivre le ronron bien établi des traditions juives. Son message a fait mouche et c'est ainsi qu'il y a eu un début de réveil spirituel parmi cette assemblée. Mais bien sûr, tout cela n'est pas du goût de tout le monde.

Tous les Juifs orgueilleux étaient fort mécontents de Jésus-Christ, de Paul et Barnabas qu'ils voyaient comme des empêcheurs de tourner en rond. Ils considéraient que leur statut de naissance était un privilège acquis et mérité, qui leur donnait automatiquement droit à un ticket d'entrée dans le royaume de Dieu. Il leur fallait donc défendre leurs droits à tout prix. C'est pour cela qu'ils ont la haine au ventre et qu'ils respirent le meurtre.


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