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Émission 342 - Actes 11:19 - 12:25

Diffusé le 22 avril 2008 - ::

Chapitre 11

Versets 19-20

La Bonne Nouvelle de Jésus-Christ a commencé à se répandre hors des portes de Jérusalem. C'est ainsi que la grande ville d'Antioche est évangélisée. C'était la 3e ville de l'Empire et la capitale de la province romaine de la Syrie qui incluait la Palestine. Grâce aux Césars qui ont construit les fameuses voies romaines et imposé la pax romana, la promesse et l'ordre de Jésus-Christ, Vous serez mes témoins jusqu'au bout du monde (Actes 1.8), est en train de se réaliser.

Versets 21-24

Je continue à lire dans le chapitre 11 du livre des Actes.

Or le Seigneur était avec les disciples ; un grand nombre de personnes en croyant se convertirent au Seigneur. Bientôt l'Église de Jérusalem apprit la nouvelle. Elle envoya Barnabas à Antioche. À son arrivée, il constata ce que la grâce de Dieu avait accompli et il en fut rempli de joie. Il encouragea donc tous les croyants à rester fidèles au Seigneur avec une ferme assurance. Barnabas était en effet un homme bienveillant, rempli d'Esprit Saint et de foi. Et un grand nombre de personnes s'attachèrent au Seigneur (Actes 11.21-24).

L'Église mère de Jérusalem envoie Barnabas, lui-même originaire de Chypre, pour s'assurer que le mouvement de réveil à Antioche était véritablement l'œuvre de Dieu. Ce brave homme bienveillant et plein de tact appelé fils d'encouragement parcourt donc presque 500 km pour se rendre sur place et exhorter les nouveaux convertis à demeurer fidèles au Seigneur.

Versets 25-26

Je continue.

Barnabas se rendit alors à Tarse pour y chercher Saul. Quand il l'eut trouvé, il l'amena avec lui à Antioche. Ils passèrent toute une année à travailler ensemble dans l'Église et enseignèrent beaucoup de gens. C'est à Antioche que, pour la première fois, les disciples de Jésus furent appelés « chrétiens » (Actes 11.25-26).

Le fait que les croyants d'Antioche étaient appelés chrétiens par les gens de l'extérieur montre qu'on les distinguait nettement des Juifs, et qu'ils n'étaient pas assimilés aux religions païennes. C'est Barnabas qui s'était porté garant pour Saul de Tarse que tout le monde craignait, lorsqu'il était revenu à Jérusalem. Maintenant, il l'embauche pour un ministère pastoral auprès des jeunes croyants d'Antioche.

Versets 27-28

Je continue.

À cette même époque, des prophètes se rendirent de Jérusalem à Antioche. L'un d'eux, nommé Agabus, se leva et prédit sous l'inspiration de l'Esprit qu'une grande famine sévirait bientôt dans le monde entier. Elle eut lieu, en effet, sous le règne de l'empereur Claude (Actes 11.27-28).

Le monde entier désigne l'Empire romain. Claude est l'empereur romain qui régna de 41 à 54 ap. J-C. Cette famine a effectivement sévi dans les provinces romaines entre les années 46 et 48 ap. J-C. Elle est aussi mentionnée par l'historien juif Josèphe qui raconte comment la reine juive Hélène, qui régnait quelque part au nord-est de la Mésopotamie, acheta du blé à Alexandrie et des figues à Chypre, et les envoya à Jérusalem pour soulager la famine du peuple.

Versets 29-30

Je finis ce chapitre.

Les disciples d'Antioche décidèrent alors de donner, chacun selon ses moyens, et d'envoyer des secours aux frères qui habitaient la Judée. C'est ce qu'ils firent : ils envoyèrent leurs dons aux responsables de l'Église par l'intermédiaire de Barnabas et de Saul (Actes 11.29-30).

L'Église de Jérusalem avait beaucoup souffert des persécutions et maintenant c'était la famine. Ce n'est pas parce que quelqu'un est chrétien que Dieu lui épargne les vicissitudes qui pèsent sur l'ensemble de la race humaine. C'est bien la raison pour laquelle les croyants sont appelés à s'aimer les uns les autres et à s'entraider dans les coups durs. C'est ainsi que les chrétiens d'Antioche, d'origine païenne, vinrent en aide aux croyants juifs de Jérusalem. Ce don d'argent, des plus pratiques, tissa des liens d'affection entre ces deux pôles de la chrétienté. L’Écriture nous dit :

L'amour de l'argent est racine de toutes sortes de maux (1Timothée 6.10).

Mais c'est aussi un outil qui peut telle une baguette magique non seulement s'avérer fort utile, mais encore devenir une source de riches bénédictions pour autrui. Alors que tout est bien dans l'Église, à l'extérieur, les ennemis sont nombreux.

Dans le chapitre suivant apparaît un sinistre personnage ; c'est à nouveau un roi de la lignée des Hérode, et il montre les dents. Il fait tout d'abord exécuter l'apôtre Jacques qui devient le second martyre connu de l'Église.

Chapitre 12

Versets 1-4

Je commence à lire le chapitre 12.

Vers la même époque, le roi Hérode se mit à maltraiter quelques membres de l'Église de Jérusalem. Il fit tuer par l'épée Jacques, le frère de Jean. Quand il s'aperçut que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre. C'était pendant les jours des « pains sans levain ». Lorsqu'on eut arrêté Pierre, il le fit mettre en prison et le plaça sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune. Il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque (Actes 12.1-4).

Hérode Agrippa 1er était populaire parmi les Juifs, car il faisait tout son possible pour leur être agréable. Il était le petit-fils d'Hérode le Grand qui tenta d'assassiner Jésus à la naissance. Tous les Hérodes étaient une race de vipères. Ce dernier régna sur la Judée où se trouvent Jérusalem et la Samarie qui est au nord, à partir de l'an 41. La fête printanière des pains sans levain durait 7 jours et suivait immédiatement le jour de la Pâque juive.

Au début, les persécutions étaient exclusivement menées par les chefs religieux, mais maintenant les politiques se joignent à eux et brutalisent les chrétiens. Jacques est assassiné et Pierre arrêté dans le but d'organiser un procès public qui le conduira à son exécution. Les autorités se souvenaient de l'évasion précédente des deux apôtres et s'assurèrent donc qu'une chose pareille ne puisse pas se reproduire. C'est pourquoi deux soldats étaient enchaînés à Pierre, un de chaque côté, et deux autres montaient la garde, un devant la porte de sa cellule et l'autre vers la sortie de la prison. Chaque escouade était en faction pendant 6 heures chacune.

Versets 5-6

Je continue.

Pierre était donc sous bonne garde dans la prison. Mais l'Église priait ardemment Dieu en sa faveur. Or, la nuit qui précédait le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, attaché par deux chaînes, dormait entre deux soldats, et devant la porte de la prison, des sentinelles montaient la garde (Actes 12.5-6).

On peut faire beaucoup de reproches à Pierre, mais j'admire sa foi. Il sait qu'il vit ses dernières heures, car il va être exécuté, mais cela ne l'empêche aucunement de dormir. Il respire la paix et la sérénité.

Versets 7-10

Je continue.

Tout à coup, un ange du Seigneur apparut, et la cellule fut inondée de lumière. L'ange toucha Pierre au côté pour le réveiller : — Lève-toi vite ! lui dit-il. Au même instant, les chaînes lui tombèrent des poignets. — Allons, poursuivit l'ange, mets ta ceinture et attache tes sandales ! Pierre obéit. — Maintenant, ajouta l'ange, mets ton manteau et suis-moi. Pierre le suivit et sortit, sans se rendre compte que tout ce que l'ange faisait était réel : il croyait avoir une vision. Ils passèrent ainsi devant le premier poste de garde, puis devant le second et arrivèrent devant la porte de fer qui donnait sur la ville. Celle-ci s'ouvrit toute seule. Ils sortirent et s'avancèrent dans une rue. Et soudain, l'ange le quitta (Actes 12.7-10).

C'est la seconde fois que Pierre est miraculeusement délivré. Dieu répond à la prière de l'Église et intervient. Il fait tomber les chaînes, plonge les sentinelles dans un profond sommeil et ouvre le portail de la prison. L'ange n'est venu que pour réveiller Pierre, le faire tranquillement s'habiller et lui dire que c'était le moment de sortir.

Versets 11-12

Je continue.

Alors seulement, Pierre reprit ses esprits et se dit : « Ah, maintenant je le vois bien, c'est vrai : le Seigneur a envoyé son ange et m'a délivré des mains d'Hérode et de tout le mal que voulait me faire le peuple juif. » Après réflexion, il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean appelé aussi Marc. Un assez grand nombre de frères s'y étaient réunis pour prier (Actes 12.11-12).

Les chrétiens s'étaient réunis dans la maison de la mère de Jean-Marc, l'auteur du deuxième Évangile. Cette femme était aussi la tante de Barnabas selon un autre texte. Comme son mari n'est pas nommé, on en déduit qu'il n'est plus de ce monde. Le fait que Pierre décide de se rendre dans l'habitation de Marie indique que c'était sans aucun doute l'un des principaux lieux de rencontre de l'Église. Ce devait être une maison spacieuse ce qui indique que Marie était elle-même relativement aisée.

Versets 13-17

Je continue.

Il frappa au battant de la porte. Une jeune servante, appelée Rhode, s'approcha et demanda qui était là. Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d'ouvrir, elle se précipita pour annoncer : — C'est Pierre ! Il est là, dehors, devant la porte. — Tu es folle, lui dirent-ils. Mais elle n'en démordait pas. — Alors, c'est son ange, dirent-ils. Pendant ce temps, Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, le virent et en restèrent tout étonnés. D'un geste de la main, Pierre leur fit signe de se taire, et il leur raconta comment le Seigneur l'avait fait sortir de prison. Il ajouta : — Faites savoir tout cela à Jacques et aux autres frères. Ensuite, il repartit et se rendit ailleurs (Actes 12.13-17).

Le récit très humain de l'arrivée inattendue de Pierre à la maison de Marie déborde d'humour et nous donne un petit aperçu des chrétiens du premier siècle. La joie, un des thèmes du livre, est évidente chez la servante qui reconnut la voix de Pierre. Il est intéressant de remarquer que même si les croyants priaient avec ferveur pour la libération de l'apôtre, ils furent surpris de la réponse miraculeuse de Dieu. Leur étonnement lève le voile sur la spiritualité de l'Église primitive. En effet, avec tous les miracles auxquels ces chrétiens assistaient presque journellement, ils auraient dû à mon sens être gonflés à bloc.

Or il n'en est rien. Ils n'apparaissent pas tellement différents de ceux d'entre nous qui ont accepté la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. C'est pourquoi je trouve cette anecdote amusante particulièrement encourageante. Tous les disciples du Christ sont conviés à marcher par la foi. Mais en pleine tempête, ce n'est pas une démarche facile, et je me rends compte que les premiers chrétiens avaient les mêmes difficultés que moi. En se rendant dans la maison de Marie, Pierre voulait faire connaître aux croyants que Dieu l'avait tiré d'affaire une fois encore. Puis visiblement, il quitta la région pour échapper à Hérode.

D'après d'autres textes, il est probable qu'il se soit rendu en Asie Mineure, c'est-à-dire en Anatolie dans ce qui est aujourd'hui la Turquie. Il a agi avec sagesse, ne voulant pas courir de risques inutiles. S'il avait mis Dieu en demeure de continuer à le protéger miraculeusement, il aurait fait preuve non de foi, mais d'une grande présomption. Et cela est la même chose que tenter le Seigneur, ce qui n'est rien de moins qu'une manifestation d'arrogance. Ce Jacques qui est mentionné dans ce passage n'est évidemment pas celui qui fut décapité, mais le demi-frère de Jésus. Il occupa une position importante dans l'Église, surtout après que Pierre lui ait passé le relai, suite semble-t-il à cet incident.

Versets 18-19

Je continue.

Quand le jour se leva, il y eut un grand émoi parmi les soldats : Où donc était passé Pierre ? Hérode le fit rechercher, mais on ne le trouva nulle part. Alors, après avoir fait interroger les gardes, il ordonna leur exécution. Ensuite, il quitta la Judée pour se rendre à Césarée où il passa quelque temps (Actes 12.18-19).

Les soldats qui découvrirent que Pierre leur avait faussé compagnie auraient dû prendre leurs jambes à leur cou, car après une enquête sur cette évasion inexplicable, Hérode ordonna impitoyablement leur exécution. Ensuite, ce despote est allé prendre quelques vacances pour se remettre de ses émotions. En fait, l'historien Josèphe écrit qu'il est allé à Césarée pour y présider des jeux en l'honneur de l'empereur Claude.

Verset 20

Je continue.

Or, Hérode était en conflit avec les habitants de Tyr et de Sidon. Ceux-ci décidèrent ensemble de lui envoyer une délégation. Après s'être assuré l'appui de Blastus, son conseiller, ils demandèrent la paix, car leur pays était économiquement dépendant de celui du roi (Actes 12.20).

Tyr et Sidon sont deux villes phéniciennes, qui aujourd'hui s'appellent Saïda et Sur et qui se trouvent au bord de la mer dans la moitié sud du Liban. La raison de leur brouille avec Hérode ne nous est pas donnée. Quoi qu'il en soit, ces deux villes voulaient profiter des jeux en l'honneur de l'empereur pour obtenir une réconciliation publique. En conséquence, leurs ambassadeurs s'assurèrent des bonnes grâces de Blastus le chambellan du roi en le soudoyant avec un bon pot-de-vin comme cela se fait toujours. C'est lui qui gardait la chambre où dormait son maître. Il était à la fois son homme de confiance et un conseiller.

Versets 21-23

Je continue.

Au jour fixé, Hérode, revêtu de ses vêtements royaux, prit place sur son trône et leur adressa un discours en public. Le peuple se mit à crier : — Ce n'est plus un homme qui parle. C'est la voix d'un dieu. Au même instant, un ange du Seigneur vint le frapper parce qu'il n'avait pas rendu à Dieu l'honneur qui lui est dû. Dévoré par les vers, il expira (Actes 12.21-23).

Nous sommes au deuxième jour des jeux, le roi vient de faire son entrée et de s'installer sur son siège royal d'où il fait son discours annonçant publiquement sa réconciliation avec les villes de Tyr et Sidon. C'est alors que le peuple se lève comme un seul homme pour le vénérer comme un dieu. On connaît la suite. La maladie qui emporta le roi n'est pas exactement décrite, mais d'autres cas semblables ont été rapportés ; entre autres, l'empereur Galérius, le prédécesseur de Constantin le Grand, mourut de la même façon. L'historien juif Josèphe décrit lui aussi le caractère étrange et soudain de la mort d'Hérode Agrippa alors qu'il était dans ses habits d'apparat. Je le cite :

Agrippa vint dès le matin au théâtre avec un habit dont le fond était d'argent travaillé avec tant d'art, que lorsque le soleil le frappa de ses rayons, il éclata d'une si vive lumière qu'on ne pouvait le regarder sans être touché d'un respect mêlé de crainte. Alors, ces lâches flatteurs, dont les discours empoisonnés répandent un venin mortel dans le cœur des Princes, commencèrent à s'écrier qu'ils voyaient qu'ils devaient le révérer comme un dieu. Agrippa accepta cette impiété qu'il aurait dû châtier très rigoureusement. Mais aussitôt, en levant les yeux il aperçut un messager au-dessus de sa tête. Alors, il jeta un profond soupir et sentit au même moment ses entrailles déchirées par des douleurs insupportables. On le porta à son palais, et le bruit se répandit qu'il était sur le point de rendre l'esprit. Et ces cruelles douleurs n'ayant point discontinué durant 5 jours, elles l'emportèrent en la 54e année de sa vie.

Hérode qui était en partie juif commit un blasphème impardonnable en acceptant la vénération de ses courtisans et les ovations du peuple ce qui lui valut le jugement implacable du Dieu des cieux. Il mourut en l'an 44, quelques années seulement après son accession au pouvoir. Après lui, Félix et Festus seront successivement gouverneurs de la Judée. Nous les retrouvons vers la fin du livre des Actes en compagnie de trois des enfants du tyran Hérode Agrippa 1er qui vient de mourir. Il s'agit d'Agrippa le second, et ses deux sœurs Bérénice et Drusille, elle-même femme de Félix. Ça fait du monde. Tous ces noms peu intéressants nous sont rapportés par Luc parce qu'ils donnent de la charpente à son récit. L'auteur a enraciné le livre des Actes dans l'histoire à la fois profane et religieuse du premier siècle de notre ère.

Verset 24

Je continue.

Mais la Parole de Dieu se répandait toujours plus (Actes 12.24).

Avec ce compte-rendu, Luc conclut une autre section de son récit. On aurait pu s'attendre à ce que l'Église de Jérusalem soit affaiblie par la persécution, mais c'est le contraire qui se produisit. Le Seigneur faisait prospérer son œuvre.

Verset 25

Je finis ce chapitre.

Barnabas et Saul, après avoir rempli leur mission en faveur des croyants de Jérusalem, partirent en emmenant avec eux Jean surnommé Marc (Actes 12.25).

Ces trois hommes se rendent à Antioche, qui sera leur port d'attache d'où vont partir les voyages missionnaires de l'apôtre Paul. Ce chapitre 12 que je viens de terminer assure la transition entre le ministère de Pierre et celui de Paul. Après avoir commencé à Jérusalem et dans la province de la Judée, sous la direction de l'apôtre Pierre, la Bonne Nouvelle concernant Jésus-Christ s'est étendue dans le nord.

Elle a atteint la Samarie puis a commencé à gagner le monde non-juif représenté par Corneille, l'officier romain, et la grande ville d'Antioche. Son extension va se poursuivre et éventuellement atteindra Rome. Mais cela ressemble à un cours d'histoire. Ce qui compte le plus, c'est moi. Ai-je réellement placé ma confiance en la personne du Christ ?