Chapitre 10
Versets 15-16
L'apôtre Pierre est englué jusqu'au cou dans les rites du judaïsme ; il refuse tout contact avec les non-Juifs. Alors aux grands maux, les grands remèdes, le Seigneur lui ordonne dans une vision, de manger des animaux qui selon la Loi de Moïse étaient considérés comme impurs. Pierre est tellement choqué qu'il en perd son latin.
Versets 17-23
Je continue à lire dans le chapitre 10 du livre des Actes.
Pierre était fort perplexe et se demandait ce que cette vision signifiait. Pendant ce temps, les hommes envoyés par Corneille s'étaient renseignés pour savoir où se trouvait la maison de Simon, et ils se présentèrent à la porte d'entrée : ils appelèrent et demandèrent si c'était bien là que logeait Simon, surnommé Pierre. Comme Pierre en était toujours à réfléchir sur sa vision, l'Esprit lui dit : — Écoute, il y a trois hommes qui te demandent. Va, descends et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés. Alors Pierre descendit et se présenta en disant : — Me voilà, c'est moi que vous cherchez. Pourquoi êtes-vous venus ? — Nous venons de la part du centurion Corneille, répondirent-ils. C'est un homme droit, qui adore Dieu et qui jouit de l'estime de toute la population juive. Un ange de Dieu lui a demandé de te faire venir dans sa maison pour écouter ce que tu peux avoir à lui dire. Alors Pierre les fit entrer et leur offrit l'hospitalité pour la nuit. Le lendemain, il se mit en route avec eux, accompagné de quelques frères de Jaffa (Actes 10.17-23).
C'est pendant que Pierre essaie de comprendre le sens de la vision que les messagers arrivent. L'Esprit lui dit le but de leur venue, et ce qu'il doit faire. Avec une synchronisation parfaite grâce à la coordination du Dieu souverain, les trois messagers font connaissance de Pierre. Il accepte quand même de s'associer à des non-Juifs, car l'Esprit ne lui donne pas d'autres choix que d'obéir.
Versets 24-29
Je continue.
Le jour suivant, il arriva à Césarée. Corneille les attendait ; il avait invité sa parenté et ses amis intimes. Au moment où Pierre allait entrer, Corneille s'avança vers lui, se jeta à ses pieds et se prosterna devant lui. Mais Pierre le releva. — Non, lui dit-il, lève-toi ! Je ne suis qu'un simple homme, moi aussi. Puis, tout en s'entretenant avec lui, il entra dans la maison et découvrit les nombreuses personnes qui s'y étaient réunies. Il leur dit : — Vous savez que la Loi interdit à un Juif de fréquenter un étranger ou d'entrer chez lui. Mais Dieu m'a fait comprendre qu'il ne faut considérer aucun être humain comme souillé ou impur. Voilà pourquoi je n'ai fait aucune difficulté pour venir quand vous m'avez appelé. À présent, puis-je savoir pour quelle raison vous m'avez fait venir ? (Actes 10.24-29).
Il faut remarquer que Pierre n'a pas accepté d'être vénéré par Corneille. Selon les Écritures, un ange non plus n'a pas le droit d'accepter qu'un homme se prosterne devant lui. L'adoration est réservée à Dieu seul. En entrant dans la maison d'un païen, Pierre avait violé les coutumes orthodoxes juives, mais pas la Loi. Pierre est un homme confus. Il a du mal à distinguer ses pieds de sa tête. Moïse avait certes interdit les mariages entre les Israélites et les autres peuples, mais c'est tout. Ce sont les Juifs qui avaient étendu ces restrictions à d'autres domaines. Ils évitaient tout contact avec les incirconcis afin de ne pas risquer de se rendre rituellement impurs.
Maintenant, Pierre comprend enfin les ramifications de sa vision. La distinction rituelle faite par la Loi entre les animaux purs et impurs est une image qui renvoie à la séparation de l'humanité entre Juifs et païens. Dieu déclare purs tous ceux qui d'entre les hommes allaient placer leur foi et leur espérance en Jésus-Christ. Pierre symbolisera de façon concrète cet accueil universel par le Seigneur en acceptant l'hospitalité de Corneille, ce qu'on lui reprochera d'ailleurs, dès son retour à Jérusalem.
Versets 30-35
Je continue.
Corneille lui répondit : — Il y a trois jours, à peu près à cette heure-ci, j'étais chez moi en train de faire la prière de trois heures de l'après-midi. Soudain, un homme aux habits resplendissants s'est présenté devant moi et m'a dit : « Corneille, ta prière a été entendue et Dieu a tenu compte des secours que tu as apportés aux pauvres. Envoie donc des hommes à Jaffa pour inviter Simon, que l'on surnomme Pierre, à venir ici. Il loge chez un autre Simon, un tanneur qui habite une maison près de la mer. » Par conséquent, je t'ai donc immédiatement envoyé chercher, et je te remercie d'avoir bien voulu venir. Nous voici donc maintenant tous ici devant Dieu, prêts à écouter tout ce que le Seigneur t'a chargé de nous dire. Alors Pierre prit la parole et dit : — Maintenant je me rends vraiment compte que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Au contraire, dans toute nation, tout homme qui le révère et qui fait ce qui est juste lui est agréable (Actes 10.30-35).
Corneille fait un résumé de la situation puis attend les paroles de Pierre qui s'avérèrent tout à fait révolutionnaires. En effet, elles balayèrent les préjugés et l'endoctrinement de toutes les générations de judaïsme. Dans l'Ancien Testament, les Juifs étaient le peuple élu de l'Éternel et les bénéficiaires particuliers de ses promesses et de sa révélation. Pierre affirme ici que le programme de Dieu s'étendait désormais au monde entier par l'entremise de l'Église.
Le même prédicateur qui, le jour de la Pentecôte, avait donné les conditions du salut aux Juifs les annonçait maintenant pour la première fois à une assemblée de païens. C'est à Pierre que Jésus-Christ avait donné les clés du royaume, et avec celles-ci il a ouvert les portes aussi bien aux Juifs qu'aux païens.
Versets 36-41
Je continue.
Il a adressé sa parole aux Israélites pour leur annoncer la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous les hommes. Vous savez ce qui s'est passé, à commencer par la Galilée, puis dans toute la Judée, après que Jean a appelé les foules à se faire baptiser. Ensuite, Dieu a oint Jésus de Nazareth en répandant sur lui la puissance du Saint-Esprit. Celui-ci a parcouru le pays en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Nous sommes les témoins de tout ce qu'il a fait, dans le pays des Juifs et à Jérusalem, où ils l'ont mis à mort en le clouant à la croix. Mais Dieu l'a ramené à la vie le troisième jour et lui a donné de se montrer vivant, non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait lui-même choisis d'avance, c'est-à-dire à nous. Et nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts (Actes 10.36-41).
Pierre rend témoignage de l'histoire de Jésus depuis le baptême de Jean-Baptiste jusqu'à sa résurrection. Il certifie que lui et les autres apôtres avaient personnellement été témoins du Christ ressuscité. Cette affirmation revient 5 fois dans le livre des Actes. Comme dans toutes les prédications des apôtres, Pierre mentionne que le Seigneur est apparu aux disciples après sa résurrection corporelle. En fait, tous les sermons rapportés par Luc font référence au Christ ressuscité. Ceci est particulièrement important parce que c'est ma relation avec le Sauveur vainqueur de la mort qui détermine ma destinée éternelle.
Versets 42-43
Je continue.
Jésus nous a donné l'ordre de prêcher au peuple juif et de proclamer que c'est lui que Dieu a désigné pour juger les vivants et les morts. Tous les prophètes ont parlé de lui en disant que tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés (Actes 10.42-43).
Jésus-Christ est à la fois celui qui juge et qui pardonne. Trois faits importants sont à souligner. Tout d'abord que la rémission des péchés est dans le nom de Jésus-Christ ; ensuite qu'elle repose sur une condition unique, celle de croire en lui ; et finalement, que quiconque, Juif ou païen, place sa confiance en lui reçoit le pardon de ses fautes.
Versets 44-48
Je finis ce chapitre.
Alors que Pierre prononçait ces mots, l'Esprit Saint descendit soudain sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants juifs qui étaient venus avec Pierre furent très interloqués de voir que l'Esprit Saint était aussi donné et répandu sur les non-Juifs. En effet, ils les entendaient parler en différentes langues et célébrer la grandeur de Dieu. Alors Pierre demanda : — Peut-on refuser de baptiser dans l'eau ceux qui ont reçu l'Esprit Saint aussi bien que nous ? Et il donna ordre de les baptiser au nom de Jésus-Christ. Ensuite, ils le prièrent de rester encore quelques jours avec eux (Actes 10.44-48).
En toute circonstance, c'est Dieu qui garde la direction des événements. En plein élan, au milieu de son discours, Pierre est interrompu par le Saint-Esprit qui descend sur tous les païens incirconcis qui écoutaient. Ils sont baptisés de la même manière dont les Juifs le furent lors de la Pentecôte. Tous les gens de la maisonnée de Corneille se mettent à parler en langues qu'ils ne connaissaient pas. C'est le signe auquel Pierre reconnaît l'action de Dieu.
Désormais, toute l'humanité est sur le même pied d'égalité devant le Créateur. La barrière infranchissable qui séparait les Juifs des païens a été supprimée à tout jamais. Les croyants qui avaient accompagné Pierre en furent stupéfaits et probablement désolés ; ils étaient hors d'eux-mêmes, dit le texte grec. Les Juifs de cette époque ne pouvaient tout simplement pas admettre que des païens non convertis au judaïsme pouvaient recevoir la vie éternelle comme eux.
Chapitre 11
Versets 1-3
Nous voici arrivés au chapitre 11 du livre des Actes dans lequel Pierre doit défendre son action envers Corneille. Je commence à lire.
Les apôtres et les frères qui habitaient la Judée apprirent que les non-Juifs venaient d'accepter la Parole de Dieu. Et dès que Pierre fut de retour à Jérusalem, certains croyants d'origine juive lui firent des reproches : — Comment ! lui dirent-ils, tu es entré chez des incirconcis et tu as mangé avec eux ! (Actes 11.1-3).
Voilà que le tonnerre gronde ! Ce groupe particulier de croyants était formé entre autres d'anciens pharisiens, c'est-à-dire des religieux purs et durs. Ces Juifs étaient particulièrement attachés à la pratique de la Loi et au rite de la circoncision. Scandale des scandales ! Pierre est accusé d'être entré chez un païen et de s'être assis à sa table. Le problème principal n'était pas d'avoir prêché à des païens, mais d'avoir pris un repas avec eux, ce qui était une marque d'acceptation et d'amitié.
Les apôtres et l'Église avaient bien du mal à accepter que Jésus était le Sauveur du monde. En tout cas, ils pensaient que tous ceux qui venaient à lui devaient d'abord accepter le Judaïsme et être circoncis avant de se faire baptiser. Cette situation donne à la vision qu'a eue Pierre une actualité et une signification théologique encore plus grande. Ce problème aurait pu causer une grave rupture dans l'Église.
Versets 4-17
Je continue.
Mais Pierre se mit à leur exposer, point par point, ce qui s'était passé. — Pendant mon séjour à Jaffa, dit-il, j'étais en train de prier, quand je suis tombé en extase et j'ai eu une vision : une sorte de grande toile, tenue aux quatre coins, est descendue du ciel et elle est venue tout près de moi. J'ai regardé attentivement ce qu'il y avait dedans et j'ai vu des quadrupèdes, des bêtes sauvages, des reptiles et des oiseaux. J'ai entendu alors une voix qui me disait : « Lève-toi, Pierre, tue ces bêtes et mange-les. » Mais j'ai répondu : « Oh ! non, Seigneur, car jamais de ma vie je n'ai rien mangé de souillé ou d'impur. » La voix céleste s'est fait entendre une deuxième fois : « Ce que Dieu a déclaré pur, ce n'est pas à toi de le considérer comme impur. » Cela est arrivé trois fois, puis tout a disparu dans le ciel. Et voilà qu'au même moment trois hommes sont arrivés à la maison où nous nous trouvions. Ils venaient de Césarée et avaient été envoyés vers moi. Alors l'Esprit me dit d'aller avec eux sans hésiter. Je pris donc avec moi les six frères que voici et nous nous sommes rendus chez cet homme. Celui-ci nous a raconté qu'un ange lui était apparu dans sa maison et lui avait dit : « Envoie quelqu'un à Jaffa pour faire venir chez toi Simon, surnommé Pierre. Il te dira comment toi et tous les tiens vous serez sauvés. » J'ai donc commencé à leur parler, quand l'Esprit Saint est descendu sur eux, de la même manière qu'il était descendu sur nous au commencement. Aussitôt, je me suis souvenu de cette parole du Seigneur : Jean a baptisé dans de l'eau, mais vous, vous serez baptisés dans le Saint-Esprit. Puisque Dieu leur a accordé le même don qu'à nous quand nous avons cru, qui étais-je, moi, pour pouvoir m'opposer à Dieu ? (Actes 11.4-17).
Malgré ses prières, ses aumônes, sa dévotion, et sa justice, Corneille ne possédait pas la vie éternelle. Seule la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ pouvait le sauver. L'ange lui avait annoncé que ce message de la part de Dieu lui serait communiqué par Pierre et c'est ce qu'il a fait. Dans son rapport aux croyants de Jérusalem, il raconte systématiquement comment tout s'est passé, y compris sa vision, sa réaction à celle-ci et le voyage jusqu'à la maison de Corneille.
La défense de Pierre ne reposait pas sur ce qu'il avait personnellement fait, mais sur l'action souveraine de Dieu en faveur des païens. Il lie explicitement l'action du Saint-Esprit sur la maisonnée de Corneille à l'effusion de l'Esprit lors de la Pentecôte. Pierre laisse aussi entendre qu'il a agi comme il l'a fait uniquement parce que le Saint-Esprit ne lui a pas laissé d'autres choix. Il est quand même surprenant de constater que si les apôtres avaient pu décider d'eux-mêmes, ils n'auraient peut-être jamais prêché le salut aux païens, tellement leurs préjugés à leur égard étaient forts.
Dans les tableaux du Moyen-Âge, on représente ces hommes comme des saints qui se baladent avec une belle auréole sur la tête. En réalité, ils n'avaient que faire des non-juifs. Ils étaient intolérants et tendancieux. Apparemment, l'enseignement que Jésus leur avait donné sur l'amour du prochain, s'il était rentré dans une oreille, il était aussi sorti par l'autre. L'universalité de l'Église est à mon avis une preuve qu'elle est d'origine divine et non pas une invention humaine, car en dehors de Jésus-Christ, les barrières entre les peuples demeurent insurmontables.
Verset 18
Je continue.
Ce récit les apaisa et ils louèrent Dieu et dirent : — Dieu a aussi donné aux non-Juifs de changer pour recevoir la vie (Actes 11.18).
Finalement, les croyants de Jérusalem reconnaissent que la conversion des païens avait été amorcée par Dieu et qu'ils ne devaient pas s'opposer à cette action divine. Cette acceptation des païens dans l'Église préserva son unité, mais fut aussi le point de départ de l'opposition du peuple juif qui jusque-là avait regardé les chrétiens d'un bon œil.
Versets 19-20
Je continue.
Les disciples s'étaient dispersés lors de la persécution survenue après la mort d'Étienne. Ils allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre et à Antioche, mais ils n'annonçaient la Parole qu'aux Juifs. Toutefois, quelques-uns d'entre eux, qui étaient originaires de Chypre et de Cyrène, se rendirent à Antioche et s'adressèrent aussi aux non-Juifs en leur annonçant la Bonne Nouvelle qui concerne le Seigneur Jésus (Actes 11.19-20).
Luc précise ici une autre conséquence de la persécution qui suivit l'assassinat d'Étienne, le premier martyre ; ce fut l'annonce de la Bonne Nouvelle dans plusieurs régions non-juives par des chrétiens originaires de Chypre et de Cyrène, une contrée au nord de l'Afrique qui forme aujourd'hui trois provinces de la Lybie. C'est donc ainsi que furent évangélisés les païens d'Antioche qui était la capitale de la province romaine de Syrie qui incluait la Palestine. Après Rome et Alexandrie, c'était la troisième ville la plus importante de l'Empire romain. C'était un centre commercial important et le foyer d'une grande communauté juive de culture grecque.
Malgré une immoralité flagrante et une prostitution sacrée fleurissante, Antioche va devenir la base opérationnelle des voyages missionnaires de l'apôtre Paul. Aujourd'hui, cette ville s'appelle Antakya, elle est tout au sud de la Turquie, à la frontière avec la Syrie. C'est à partir d'Antioche que la Bonne Nouvelle va faire son chemin et atteindre l'Europe et la France. Aujourd'hui, c'est par le moyen des ondes que Jésus-Christ est annoncé.