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Diffusé le 16 avril 2008 - ::
Le diacre Philippe a pris un bain de foule ; beaucoup de gens se sont convertis au Christ grâce à sa prédication. Comme il a du succès, il serait logique qu'il poursuive sa campagne. Eh bien, Dieu a une autre idée. Il se soucie d'un étranger qui vient de quitter Jérusalem pour rentrer chez lui.
Je continue à lire dans le chapitre 8 du livre des Actes.
Un ange du Seigneur s'adressa à Philippe et lui dit : — Lève-toi, pars en direction du sud, prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza, celle qui est déserte (Actes 8.26).
Il existait deux villes portant le nom de Gaza. Gaza l'ancienne, au sud-ouest de la Palestine, avait été complètement rasée environ un siècle avant Jésus-Christ, et le désert avait envahi ses ruines. C'est pourquoi, même une fois reconstruite, cette ville portait toujours le nom de Gaza-la-déserte. Deux routes y menaient ; l'une longeait la mer, et l'autre, beaucoup moins fréquentée, passait par des régions peu habitées ; c'est cette dernière que Philippe emprunta. Alors qu'il s'était adressé à des multitudes en Samarie, il devait maintenant aller prêcher en plein désert où il y avait beaucoup plus de scorpions que de gens.
Je continue.
Philippe se leva immédiatement et se mit en route. Et voici qu'il rencontra un eunuque et haut dignitaire éthiopien, administrateur des biens de Candace, reine d'Éthiopie. Cet homme était venu à Jérusalem pour adorer Dieu (Actes 8.27).
Le récit que va nous faire Luc de ce haut dignitaire éthiopien établit un contraste frappant avec Simon le magicien. Ces deux hommes sont aux antipodes l'un de l'autre. Candace était un nom générique des reines d'Éthiopie comme pharaon celui des rois d'Égypte. Le pouvoir de gouverner reposait entre les mains de la reine-mère parce que le fils royal était adoré comme un enfant du soleil et par conséquent au-dessus des activités mondaines comme l'administration d'un royaume. À chacun son truc.
À cette époque, les hommes au service d'une reine étaient souvent castrés. Aux temps bibliques, le nom Éthiopie désignait la région de l'ancienne Nubie allant du sud de l'Égypte à Khartoum dans le Soudan actuel. Il existait quelques colonies juives dans ce pays, au contact desquelles ce haut dignitaire avait pu découvrir le judaïsme et devenir un prosélyte.
Il est intéressant de noter que cet eunuque se soit rendu à Jérusalem, un voyage de plus de 1 500 km, pour adorer Dieu alors que la Loi de Moïse excluait les eunuques du culte israélite. Cependant, une prophétie prédit de grandes bénédictions pour les eunuques qui vénèrent l'Éternel, lorsque le règne du Christ sera établi sur terre. Ce haut dignitaire et surintendant du Trésor royal ne voyageait évidemment pas seul, mais était accompagné d'une grande troupe de serviteurs et de soldats pour le servir et le protéger.
Je continue.
Il était sur le chemin du retour, et, assis dans son char, il lisait à haute voix un passage du prophète Ésaïe. L'Esprit dit à Philippe : — Avance jusqu'à ce char et marche à côté de lui. Philippe courut et entendit l'Éthiopien lire dans le prophète Ésaïe (Actes 8.28-30).
Ce haut fonctionnaire avait une fonction quelque peu semblable à celle d'un ministre des finances. Sa richesse et son rang sont révélés par le simple fait qu'il était assis dans son char, sans aucun doute protégé du soleil par un baldaquin. En cours de route, cet homme lisait dans l'Ancien Testament une prophétie d'Ésaïe. Et puis tout d'un coup, voilà Philippe qui apparaît à un tournant de chemin, venu de nulle part et faisant du stop.
Jusque-là, il s'était laissé guider par un ange puis par l'Esprit du Seigneur et maintenant qu'il s'est approché du char, il entend l'eunuque en train de lire à haute voix comme cela se faisait couramment dans l'Antiquité. Il est difficile de s'imaginer la scène dans ce coin perdu du désert et Luc ne nous donne aucun détail. Tout est laissé à notre imagination. Quoi qu'il en soit, Philippe qui marche à côté du char reconnaît un des plus fameux passages de l'Ancien Testament annonçant la venue et les souffrances du Messie.
Je continue.
Alors Philippe lui demanda : — Comprends-tu ce que tu lis ? — Comment le pourrais-je, répondit-il, si je n'ai personne pour me l'expliquer ? Et il invita Philippe à monter s'asseoir à côté de lui (Actes 8.31).
Ce haut dignitaire, qui a permis à Philippe de s'approcher et de lui parler, accepte le dialogue, et c'est ainsi qu'ils font connaissance. Très sympa et sans se poser de questions, l'eunuque l'invite à prendre place à ses côtés. Cet homme avait visiblement été préparé par le Saint-Esprit, car il ne montre ni méfiance ni surprise ; c'est comme s'il s'attendait à cette visite impromptue. Toutes ces péripéties sont quand même surprenantes.
Je continue.
Or, il était en train de lire ce passage de l'Écriture : Comme un mouton que l'on conduit à l'abattoir, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent, il n'a pas dit un mot. Il a été humilié et n'a pas obtenu justice. Qui racontera sa descendance ? Car sa vie sur la terre a été supprimée (Actes 8.32-33).
Ce passage fait suite aux versets précédents que l'eunuque venait tout juste de lire et qui sont les suivants :
Il était méprisé, abandonné des hommes, un homme de douleur habitué à la souffrance. Oui, il était semblable à ceux devant lesquels on détourne les yeux. Il était méprisé, et nous n'avons fait aucun cas de sa valeur. Pourtant, en vérité, c'est de nos maladies qu'il s'est chargé, et ce sont nos souffrances qu'il a prises sur lui, alors que nous pensions que Dieu l'avait puni, frappé et humilié. Mais c'est pour nos péchés qu'il a été percé, c'est pour nos fautes qu'il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c'est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin : l'Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous (Ésaïe 53.3-6).
Ce paragraphe prophétique était confus pour l'eunuque. Il savait qu'il s'agissait de la description d'un individu, mais de qui ?
Je continue.
L'Éthiopien demanda à Philippe : — Explique-moi, s'il te plaît : de qui est-il question ? Est-ce de lui-même que le prophète parle, ou de quelqu'un d'autre ? Alors Philippe prit la parole et, partant de ce texte, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus (Actes 8.34-35).
Ce texte qui était jusqu'alors énigmatique à cet homme s'éclaire soudainement tandis qu'il écoute les explications que lui donne Philippe ; ce mouton, cet agneau muet dont il est question, c'est bien sûr le Christ. Il a accepté l'humiliation et le supplice de la croix sans résister et sans rien dire, devenant ainsi l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Tous ceux qui lui font personnellement confiance reçoivent en son nom la vie éternelle.
Ce texte d'Ésaïe est on ne peut plus clair. Cependant, aujourd'hui encore, il demeure hermétique à tous ceux qui pratiquent la religion juive parce qu'ils refusent de reconnaître en Jésus-Christ leur Messie.
Je continue.
En continuant leur route, ils arrivèrent près d'un point d'eau. Alors, le dignitaire s'écria : — Voici de l'eau ! Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ? — Si tu crois de tout ton cœur, tu peux être baptisé. — Oui, répondit le dignitaire, je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Aussitôt, il donna l'ordre d'arrêter le char ; Philippe et le dignitaire descendirent tous deux dans l'eau et Philippe le baptisa (Actes 8.36-38).
La question de l'eunuque, Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé , indique que Philippe en avait parlé dans son discours. C'est en effet important parce que c'était l'ordre que Jésus avait donné aux apôtres juste avant de les quitter pour retourner dans le royaume des cieux. Je rappelle ses paroles :
Allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28.19).
Le baptême d'eau par immersion est le sceau d'une décision personnelle de placer sa confiance en Jésus-Christ. D'autre part, on sait que la coutume de l'Église primitive était de demander aux candidats au baptême de faire une confession de foi en leur posant la question : Crois-tu de tout ton cœur que Jésus-Christ est le fils de Dieu ?
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Quand ils sortirent de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe, et le dignitaire ne le vit plus. Celui-ci poursuivit sa route, le cœur rempli de joie. Philippe se retrouva à Asdod, d'où il se rendit à Césarée en annonçant la Bonne Nouvelle dans toutes les localités qu'il traversait (Actes 8.39-40).
Une conséquence directe de la conversion de l'eunuque est que la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ va maintenant faire son chemin jusqu'en Afrique. Au vu de la joie qui est la sienne, on peut être certain que ce personnage important va témoigner de la personne du Christ autour de lui, dans les hautes sphères du pouvoir politique de son pays. Une fois le rite du baptême accompli, Philippe disparaît comme par enchantement pour d'autres horizons tout en continuant son ministère itinérant d'évangéliste.
Il finit par se rendre à Césarée, le port de mer au nord-ouest de Jérusalem qui était la capitale romaine de la province de la Judée. C'est là qu'éventuellement il s'installera, puisque quelque 20 ans plus tard, selon un passage plus loin dans le livre des Actes, il a sa maison dans cette ville. Philippe faisait partie, comme Étienne, du groupe des sept diacres qui avaient été choisis pour s'occuper de la distribution de nourriture aux veuves qui étaient d'origine grecque. Cependant, dans le récit, ni l'un ni l'autre n'apparaissent dans le cadre de ce ministère, mais dans celui de prédicateurs. Étienne fut le fer de lance d'une campagne d'évangélisation en Judée et plus particulièrement à Jérusalem qui lui a coûté la vie.
Après lui eut lieu la deuxième phase du programme divin avec l'ouverture du royaume aux Samaritains qui habitaient au nord de la Judée. Au passage, et sous l'action providentielle du Seigneur, un eunuque éthiopien qui jusque-là suivait la religion juive place sa confiance en Jésus-Christ, ce qui présage déjà que la Bonne Nouvelle va s'étendre jusqu'aux extrémités du monde.
Il est intéressant de noter que la conversion de ce haut dignitaire africain, comme d'ailleurs de toute personne humaine, fait intervenir trois facteurs, dont en premier lieu l'action du Saint-Esprit. C'est en effet la troisième personne de la Trinité qui avait dirigé Philippe jusqu'en Samarie où s'était produit un grand mouvement de réveil spirituel. Puis le Saint-Esprit le dirigea vers la ville de Gaza-la-déserte où il rencontra l'eunuque dont il avait préparé le cœur et l'intelligence à recevoir la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ que lui annonça Philippe. L'œuvre et l'intervention du Saint-Esprit sont indispensables, car sans lui il ne peut y avoir de salut en Jésus-Christ.
Le deuxième facteur qui entre en jeu dans une conversion est la Parole de Dieu. Ici, c'est un passage du prophète Ésaïe qui a joué ce rôle. De toute évidence, cet Éthiopien avait foi dans les Écritures qu'il étudiait semble-t-il régulièrement, même s'il ne comprenait pas tout, comme ce passage prophétique que lui a expliqué Philippe.
Cela nous conduit au troisième facteur qui est nécessaire dans la conversion à Jésus-Christ : un agent humain. Ce peut être quelque chose qui est lu ou entendu, mais le plus souvent il s'agit comme dans le récit, d'une personne en chair et en os. La conversion du haut dignitaire éthiopien va être suivie par celle de deux autres personnages dans les chapitres suivants : d'abord Saul de Tarse qui deviendra le grand apôtre Paul, et ensuite Corneille l'officier romain.
Ces trois histoires sont toutes aussi extraordinaires les unes que les autres. Luc les a sélectionnées parce que ces hommes sont des représentants des trois branches ethnologiques et géographiques de la race humaine qui sont issues de Noé, chacune ayant à sa tête un de ses trois fils : Cham est le père des Africains, dont l'eunuque ; Sem est l'ancêtre de qui sont issus les Israélites, dont Saul de Tarse ; et Japhet le fondateur des Européens, dont font partie les Romains.
Nous voici maintenant arrivés au chapitre 9 des Actes, qui raconte la conversion spectaculaire de Saul de Tarse, le grand persécuteur de l'Église. Plein de fougue, il était à lui seul aussi redoutable que toute l'inquisition du Moyen-Âge. Il avait redoublé d'efforts pour enrayer le christianisme après le long discours d'Étienne, car si la prédication qu'il avait entendue était correcte, la Loi de Moïse était devenue nulle et non avenante. Le dignitaire éthiopien était un homme pacifique. Lui, il a placé sa confiance en Jésus-Christ alors qu'il était confortablement installé dans son char, et bien abrité de la chaleur du soleil.
Les circonstances qui vont conduire à l'humiliation de Saul sont tout autres, car il va rencontrer le Christ à terre, en mordant la poussière. Après la Pentecôte, cette conversion est l'événement le plus marquant dans l'histoire de la jeune Église. Luc la considère très importante puisqu'il la raconte à trois reprises dans le livre des Actes. Ce récit prépare le lecteur à la propagation de l'Évangile parmi les non-Juifs. Après que Pierre leur ait ouvert le royaume par l'intermédiaire du centurion romain Corneille, Paul devint l'apôtre des païens.
Je commence à lire ce chapitre.
Saul, qui ne pensait qu'à menacer et à tuer les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand-prêtre et lui demanda des lettres de recommandation pour les synagogues de Damas. Ces lettres l'autorisaient, s'il trouvait là-bas des hommes ou des femmes qui suivaient la voie du Seigneur, à les arrêter et à les amener à Jérusalem (Actes 9.1-2).
Le grand-prêtre jouait pour les Juifs un rôle de pape, tandis que les membres du Grand-Conseil étaient comme des cardinaux. Environ un an s'était écoulé depuis la lapidation d'Étienne qui avait déclenché une répression violente contre les chrétiens. À l'exception des apôtres, ils s'étaient alors enfuis et dispersés, tout en évangélisant les localités qu'ils traversaient sur leurs parcours.
Mais pendant que l'Évangile se propageait à l'extérieur de Jérusalem, Saul, lui continuait à persécuter impitoyablement l'Église. Il avait une telle haine contre les chrétiens, qu'il était prêt à se rendre jusqu'aux extrémités de la terre pour les dénicher et les exterminer.
Damas est une des plus anciennes cités du monde qui existait déjà du temps d'Abraham. Elle est située à plus de 200 km de Jérusalem et une communauté juive importante s'y était établie. Capitale de la province romaine de Syrie, c'était une ville importante d'environ 30 000 habitants. La mention de Damas montre que le christianisme se développait à la vitesse d'un feu de poudre, et cela, malgré les persécutions.
Je continue.
Saul se dirigeait donc vers Damas et approchait déjà de cette ville quand, soudain, il fut environné d'une lumière éclatante qui venait du ciel. Il tomba à terre et entendit une voix qui lui disait : — Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? — Qui es-tu Seigneur ? demanda-t-il. La voix reprit : — Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et là on te dira ce que tu dois faire (Actes 9.3-6).
Il fallait 6 ou 7 journées à pied ou à dos d'âne pour faire ce voyage. C'est alors qu'il est en vue de la ville, le couteau entre les dents que Saul est soudainement entouré par cette lumière éclatante. C'était la gloire rayonnante du Christ ressuscité telle qu'elle était apparue aux apôtres lors de la transfiguration décrite dans les Évangiles. Saul de Tarse est tout abasourdi par ce qui vient de lui arriver ; grand docteur de théologie juive et le plus brillant des érudits de son époque, il sent qu'il a affaire à un être surnaturel, mais il ne se doutait pas qu'il s'agissait du Christ.
Jésus a décidé d'intervenir en personne pour arrêter la folie furieuse de Saul en lui faisant mordre la poussière. En voulant détruire l'Église, Saul s'était attaqué au Seigneur lui-même, tant le lien entre les deux est étroit. Les coups portés aux disciples sur la terre sont ressentis par le Christ au fond des cieux. Plusieurs idéologies ont essayé de faire disparaître le christianisme ; à ma connaissance, elles ont toutes fini dans les oubliettes de l'histoire.