Chapitre 7
Versets 59-60
Après le meurtre d'Étienne, le premier martyre, la persécution contre l'Église continue. Dans les coulisses, le diable s'agite ; avec son rictus légendaire sur les lèvres, c'est lui qui manie l'épée. En réalité, tout va bien, car derrière Satan, c'est Dieu qui tire les ficelles. Contrairement aux apparences, la persécution va permettre à la Bonne Nouvelle de s'étendre au-delà de la ville sainte, jusqu'en Samarie, cette province que les Juifs bien-pensants et qui se disaient de pure race haïssaient avec passion.
Chapitre 8
Verset 1
Je commence à lire le chapitre 8 du livre des Actes.
Saul avait donné son approbation à l'exécution d'Étienne. À partir de ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l'Église de Jérusalem ; tous les croyants se dispersèrent à travers la Judée et la Samarie, à l'exception des apôtres (Actes 8.1).
L'exécution d'Étienne marque un tournant dans le déroulement du récit : avec l'escalade de la violence et toute l'Église menacée, les croyants sont obligés de s'enfuir et du même coup l'Évangile va atteindre la Judée, la province du sud où se trouve Jérusalem, et la Samarie au nord. C'est ainsi que s'accomplissent les paroles que le Christ avait dites et que je rappelle :
Le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout du monde (Actes 1.8).
Dans sa souveraineté, Dieu utilisa le rejet du christianisme par les chefs juifs pour accomplir sa volonté. Sans cette persécution dont Saul était un des éléments moteurs, il n'est pas sûr que les disciples auraient d'eux-mêmes décidé de quitter Jérusalem afin de propager la Bonne Nouvelle. Suite à tous ces événements, le fossé entre l'Église et le Judaïsme se creuse encore davantage et confirme que Dieu a mis les Juifs de côté pour l'instant.
Verset 2
Je continue.
Quelques hommes pieux enterrèrent Étienne et le pleurèrent beaucoup (Actes 8.2).
Aujourd'hui, il est de plus en plus question de l'incinération par souci écologiste, parce que cela revient moins cher et que ça ne prend pas de place. Certes, les Écritures ne s'y opposent pas directement, cependant les Textes Sacrés dans leur ensemble parlent toujours des dépouilles mortelles mises en terre, car le feu est généralement symbole de jugement. Lorsque l'apôtre Paul parle de la résurrection, il compare le corps mort à une graine qu'on met en terre afin qu'elle prenne vie. Je cite le passage :
Il en va ainsi pour la résurrection des morts. Lorsque le corps est porté en terre comme la graine que l'on sème, il est corruptible, et il ressuscite incorruptible ; semé infirme et faible, il ressuscite plein de force. Ce que l'on enterre, c'est un corps doué de la seule vie naturelle ; ce qui revit, c'est un corps dans lequel règne l'Esprit de Dieu (1Corinthiens 15.42-44).
Il ressort de ce texte que le fait de me faire enterrer est d'une certaine façon un témoignage de ma foi en ma résurrection future.
Verset 3
Je continue le texte.
Quant à Saul, il cherchait à détruire l'Église, allant de maison en maison pour en arracher les croyants, hommes et femmes, et les jeter en prison (Actes 8.3).
Saul est décrit ici tel un sanglier sauvage qui détruit une vigne ; son zèle contre les chrétiens était si grand qu'il s'agissait d'une véritable furie déraisonné. Comme il le dit lui-même dans une de ses lettres, non seulement il faisait jeter les chrétiens en prison, mais ils étaient également torturés dans les synagogues et persécutés à mort. Son rôle dans cette persécution a dû être déterminant, car sa conversion inaugurera un temps de paix pour l'Église.
Versets 4-5
Je continue.
Par conséquent, les croyants qui s'étaient dispersés parcouraient le pays, en proclamant le message de la Bonne Nouvelle. Philippe se rendit dans la capitale de la Samarie et prêcha le Christ à la population (Actes 8.4-5).
Dans la souveraineté de Dieu, malgré l'opposition des Juifs et à cause d'elle, la parole de Dieu se répandait. En assassinant Étienne, ses tortionnaires firent de son sang une semence qui propagea la Bonne Nouvelle et l'Église partout. Et c'est ainsi que Philippe fait son entrée sur scène. Il était à l'origine l'un des sept choisis pour résoudre le problème des distributions de vivres aux veuves, mais ici il apparaît dans le rôle d'un évangéliste. Étant d'origine grecque, il était d'esprit plus ouvert que les Juifs qui n'avaient que haine pour les Samaritains.
Versets 6-8
Je continue.
La population se montra tout entière très attentive à ses paroles en l'entendant et en voyant les signes miraculeux qu'il accomplissait. En effet, beaucoup de personnes qui avaient des démons en elles en furent délivrées ; ils sortaient d'elles en poussant de grands cris, et de nombreux paralysés et des infirmes furent guéris. Aussi, toute la ville était-elle dans une grande joie (Actes 8.6-8).
Le message de Philippe est confirmé et authentifié par des miracles, si bien que les gens sont tout ouïs à ce qu'il leur dit. Comme l'Église croissait très rapidement et que l'action de Dieu se manifestait avec puissance, certains s'y joignaient pour des raisons peu recommandables.
Versets 9-11
Je continue.
Or, depuis quelque temps, un homme nommé Simon s'était établi dans la ville et y exerçait la magie. Il émerveillait le peuple de Samarie et prétendait être un grand personnage. Toute la population, du plus petit jusqu'au plus grand, lui accordait donc une grande attention. — Cet homme, disaient-ils, est la puissance même de Dieu, celle qu'on appelle la « Grande Puissance ». S'ils s'attachaient ainsi à lui, c'était parce que, depuis assez longtemps, il les étonnait par ses actes de magie (Actes 8.9-11).
Ce Simon se donnait pour quelqu'un d'important et acceptait l'admiration qu'il suscitait parmi les Samaritains, un peuple idolâtre voué au paganisme. Il détenait véritablement un pouvoir magique sur la nature et les gens au moyen d'une puissance d'origine démoniaque. Ce genre de personnages n'est pas rare du tout de nos jours. Il n'est même pas besoin de fréquenter les cercles ésotériques pour les trouver. Ils s'affichent un peu partout, surtout dans les journaux gratuits, et sont particulièrement nombreux en France et dans les pays qui se disent pourtant cartésiens, éclairés, modernes et tout le reste.
Parmi ceux qui se prétendent guérisseurs, il y a beaucoup de charlatans bien sûr, mais aussi des personnes qui ont un réel pouvoir de jeter des sorts ou guérir certaines affections. Évidemment, la plupart d'entre elles disent détenir ce don de Dieu ou d'un saint emprunté à leur arrière-plan religieux.
En réalité, ceux qui disposent d'une réelle puissance d'altérer le cours naturel des choses appartiennent au monde occulte et sont sans le savoir des serviteurs du Prince des ténèbres. Ce n'est pas parce que quelqu'un dit une prière, est sincère, ou croit invoquer une figure religieuse qu'il est inoffensif, tant s'en faut. La pratique du spiritisme ou la participation à la magie, même celle qu'on qualifie à tort de blanche, impliquent automatiquement une soumission à des puissances démoniaques.
Verset 12
Je continue.
Mais quand ils crurent Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et de Jésus-Christ, ils se firent baptiser, tant les hommes que les femmes (Actes 8.12).
Lorsque Philippe arriva en Samarie, il annonça la venue du royaume de Jésus-Christ. Alors, ceux qui admiraient Simon le magicien retournent leur veste et suivent Philippe, se faisant même baptiser pour montrer leur nouvelle allégeance. Il est notable que seuls les adultes, tant hommes que femmes, se font baptiser ; les enfants ne sont pas mentionnés.
L'auteur Luc qui était particulièrement habile avec la langue grecque dit beaucoup plus que ce qui peut être traduit. Ici, il établit un contraste délibéré entre Simon et Philippe. Tous deux faisaient des miracles, mais leur pouvoir avait des origines opposées. Le magicien aimait les acclamations du public tandis que le diacre se limitait à proclamer la personne du Christ et non lui-même.
Verset 13
Je continue.
Simon lui-même crut et fut baptisé. Dès lors, il ne quittait plus Philippe, émerveillé par les signes miraculeux et les prodiges extraordinaires qui s'accomplissaient sous ses yeux (Actes 8.13).
Chose étonnante, Simon lui-même dit croire et demande le baptême. L'action de ce magicien a dû avoir une forte résonnance sur ses propres disciples. Il devient même ami avec Philippe qu'il ne quitte plus d'une semelle. Cependant, et comme chacun sait, les apparences peuvent être trompeuses. Le verbe utilisé par Luc et traduit par croire a un sens très large et signifie souvent un simple assentiment intellectuel. De plus, lorsque la foi est fondée sur des miracles, elle n'est pas digne de confiance, comme le dit Jésus lui-même.
La suite du récit va bien montrer que Simon, même s'il était peut-être sincère, en fait se trompait lui-même. Ce qu'il voulait vraiment, c'était détenir cette puissance qui était supérieure à la sienne et qui permettait à Philippe de faire des prodiges extraordinaires. Il ne s'intéressait pas véritablement à Jésus-Christ, mais était le premier d'une longue lignée de faux frères pour ne pas dire d'escrocs religieux qui font partie de l'histoire de l'Église. La connaissance intellectuelle et le baptême n'ont jamais permis à quiconque d'obtenir la vie éternelle.
Versets 14-17
Je continue.
Quand les apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que les Samaritains avaient accepté la Parole de Dieu, ils déléguèrent auprès d'eux Pierre et Jean. Dès leur arrivée, ceux-ci prièrent pour les nouveaux disciples afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit. En effet, il n'était encore descendu sur aucun d'eux : ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Pierre et Jean leur imposèrent donc les mains et ils reçurent l'Esprit Saint (Actes 8.14-17).
On remarque ici que les apôtres formaient ensemble un corps collégial qui prenait ses décisions très certainement à l'unanimité puisqu'ils étaient remplis du même Esprit. Le geste d'imposer les mains que nous décrit Luc et qui accompagne la prière non seulement baptise ces croyants dans le Saint-Esprit, mais il est aussi un signe de solidarité entre les apôtres et les Samaritains. Normalement, dès que quelqu'un met sa confiance en Jésus-Christ, il reçoit instantanément le Saint-Esprit qui vient habiter en lui.
Dans le cas de ces nouveaux convertis à Jésus-Christ, le délai est dicté par la nécessité pour Pierre d'être présent parce qu'on assiste ici à l'une des ouvertures du royaume annoncées par Jésus. Or c'est Pierre qui en a reçu les clefs. Je rappelle le passage de l'Évangile qui lui donne cette prérogative.
Jésus dit à Pierre : Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux (Matthieu 16.18-19).
Versets 18-19
Je continue le texte.
Simon vit que l'Esprit Saint était donné aux croyants quand les apôtres leur imposaient les mains. Alors il leur proposa de l'argent et leur dit : — Donnez-moi aussi ce pouvoir pour que ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent l'Esprit Saint (Actes 8.18-19).
Le baptême du Saint-Esprit était suivi d'une manifestation visible qui impressionnait beaucoup Simon. Alors, en bon escroc religieux qui trempe dans l'occultisme jusqu'au cou, il désire acquérir ce don de l'Esprit Saint qu'il utilisera à sa guise. Cette attitude mercantile prouve que Simon est un raquetteur religieux qui voulait faire un coup de fric. Englué dans le paganisme le plus vil, il fait un affront terrible à Dieu, en le traitant comme une simple commodité qui serait à vendre ou un laquais au service de ses créatures.
En français, nous avons le mot simonie qui désigne l'achat ou la vente de choses considérées comme religieuses ou sacrées, telles une fonction ecclésiastique par exemple. Ce terme vient du désir de ce Simon le sorcier d'acheter la puissance du Saint-Esprit avec les manifestations qui l'accompagnent. Le but de l'auteur en incluant cet incident était de montrer la supériorité du christianisme sur l'occultisme et les puissances démoniaques. C'est d'ailleurs pour la même raison que lors de son ministère sur terre, Jésus chassait les démons partout où il allait.
Versets 20-21
Je continue.
Mais Pierre lui répondit : — Que ton argent périsse, et toi avec lui, puisque tu t'es imaginé qu'on pouvait se procurer le don de Dieu avec de l'argent ! Tu n'as ni part ni droit dans cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu (Actes 8.20-21).
Pierre fut vraiment outragé par la requête de Simon. Ce dernier n'avait rien compris concernant la nature du salut, de la grâce et des bénédictions de Dieu. Heureusement que Pierre a discerné le cœur de ce sorcier, car les gens comme lui sont dangereux, étant capables d'entraîner les autres à l'idolâtrie voire même à susciter le doute dans l'esprit des vrais croyants. La persécution qui vient de l'extérieur de l'Église ne lui porte généralement que peu de préjudices. Ainsi, celle suscitée à Jérusalem suite à l'assassinat d'Étienne dispersa les croyants qui répandirent la bonne nouvelle partout où ils allaient.
Par contre, les attaques contre l'Église qui viennent de l'intérieur, des faux frères et des traîtres qui ont tous les aspects des vrais croyants, sont particulièrement dangereuses. C'est Judas, l'un des 12 apôtres, qui a vendu son Maître. Les apparences sont souvent trompeuses. Nous avons tous fait l'expérience de croquer à pleines dents une belle pomme bien rouge et toute brillante pour découvrir avec horreur qu'elle est pourrie à l'intérieur ou contient un ver. L'Église est comme la ville de Troie qui fut assiégée en vain pendant dix ans. Elle était invulnérable aux ennemis qui lui étaient extérieurs. Mais quand les Grecs réussirent par ruse à introduire leur fameux cheval à l'intérieur, ils conquirent la ville.
De même, le diable s'est d'abord attaqué à l'Église par le biais de la persécution, et il continuera toujours à le faire. Cependant, cette tactique a rarement été efficace. Par contre au cours des siècles, l'hérésie introduite dans l'Église de l'intérieur par un faux frère a toujours eu des effets pervers et bien plus destructeurs sur elle que la violence pure et dure.
Versets 22-24
Je continue.
Détourne-toi donc du mal qui est en toi, et demande au Seigneur de te pardonner, s'il est possible, d'avoir eu de telles intentions dans ton cœur. Car, à ce que je vois, tu es rempli d'amertume et de méchanceté et tu es captif du mal. Alors Simon demanda à Pierre et Jean : — Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi : qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit (Actes 8.22-24).
La proposition financière qu'a faite Simon aux deux apôtres est révélatrice de l'état de son âme, captive du mal et corrompue jusqu'à la moelle. Le texte ne nous dit pas s'il s'est repenti et s'il est véritablement venu à Jésus-Christ ou pas. Simon manifeste simplement sa terreur et demande à être épargné des conséquences de sa conduite. Selon la tradition, il aurait poursuivi ses anciennes activités de sorcellerie, ce qui n'est pas surprenant, car une fois que le diable tient quelqu'un dans sa gueule, il ne lâche pas prise facilement.
Verset 25
Je continue jusqu'à la fin.
Pierre et Jean continuèrent à rendre témoignage à Jésus-Christ en annonçant la Parole du Seigneur, puis ils retournèrent à Jérusalem, tout en annonçant la Bonne Nouvelle dans un grand nombre de villages samaritains (Actes 8.25).
Pierre et Jean avaient été envoyés de Jérusalem pour vérifier l'authenticité de l'expérience des Samaritains. Ils ont constaté que Dieu a effectivement accordé le salut aux Samaritains. Après la ville sainte et la Judée, c'est la Samarie qui a reçu la Bonne Nouvelle du Sauveur Jésus-Christ. Il reste encore les extrémités du monde à atteindre, et la France en fait partie.