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Diffusé le 14 avril 2008 - ::
Étienne, un diacre, qui est sur le point de devenir le premier martyr ; il a été accusé à tort de blasphème devant le Grand-Conseil juif. Il n'a aucun désir de se défendre, mais s'est engagé dans un long discours dans le but de démontrer que le Christ est bien le Messie. La grande question aujourd'hui encore est bien celle-ci : Jésus est-il celui qu'il a dit être ?
Je continue à lire dans le chapitre 7.
Quand Jacob apprit qu'il y avait du blé en Égypte, il y envoya une première fois ses fils, nos ancêtres. Lors de leur second voyage en Égypte, Joseph se fit reconnaître par ses frères, et le pharaon apprit quelle était l'origine de Joseph. Puis Joseph envoya chercher son père Jacob et toute sa parenté qui comprenait soixante-quinze personnes. Jacob descendit en Égypte ; il y finit ses jours, de même que nos ancêtres. Leurs corps furent ramenés à Sichem, et déposés dans le tombeau qu'Abraham avait acheté pour une certaine somme d'argent aux fils d'Hamor à Sichem (Actes 7.12-16).
Les Hébreux se rendirent en Égypte accomplissant la prédiction que Dieu avait faite à Abraham. Joseph, un des 12 fils, qui avait été vendu comme esclave par ses frères, était non seulement sur place, mais aussi le numéro deux du royaume.
Je continue.
Le moment approchait où Dieu allait accomplir la promesse qu'il avait faite à Abraham : notre peuple s'était multiplié et les Israélites étaient devenus de plus en plus nombreux en Égypte. C'est alors qu'un nouveau roi, qui n'avait pas connu Joseph, monta sur le trône d'Égypte. Il exploita notre peuple de manière perfide et opprima nos ancêtres, jusqu'à les obliger à abandonner leurs nouveau-nés pour qu'ils ne survivent pas. À cette époque naquit Moïse, qui avait la faveur de Dieu. Pendant trois mois, il fut élevé dans la maison de son père. Lorsque finalement ses parents durent l'abandonner, il fut recueilli par la fille du pharaon qui l'éleva comme son propre fils. C'est ainsi que Moïse fut instruit dans toute la science des Égyptiens et qu'il devint un homme dont la parole et les actions avaient des effets remarquables (Actes 7.17-22).
La plus grande partie du discours d'Étienne a trait à Moïse et à l'exode du peuple hébreu hors d'Égypte grâce à l'intervention de l'Éternel en sa faveur. Dans les 5 premiers livres de l'Ancien Testament écrits par Moïse, il ne dit absolument rien concernant les études qu'il a pu faire. Mais étant le fils adoptif de la fille du pharaon, il ne fait aucun doute qu'il avait reçu une éducation égyptienne. Tous les membres du Grand-Conseil le savaient fort bien, car cela faisait partie de leur tradition que rapporte d'ailleurs le philosophe grec Philon le Juif, un de leurs contemporains.
Les Égyptiens du temps de Moïse étaient fort avancés en mathématiques, chimie, technologie, architecture et en astronomie. Ils fabriquaient des couleurs dont le brillant résistait à l'épreuve des millénaires, et l'embaumement n'avait aucun secret pour eux. Aujourd'hui, nous sommes incapables de faire aussi bien qu'eux dans ces domaines.
Je continue.
À l'âge de quarante ans, il voulut venir en aide à ses frères, les Israélites. Voyant que l'on maltraitait l'un d'eux, il prit sa défense, et, pour le venger, tua l'Égyptien qui le maltraitait. Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu voulait se servir de lui pour les libérer. Mais ils ne le comprirent pas. Le lendemain, il vit deux d'entre eux se battre. Il s'interposa et essaya de réconcilier les adversaires. — Mes amis, leur dit-il, vous êtes des frères ! Pourquoi, alors, vous faites-vous du mal ? Mais celui qui maltraitait son compagnon le repoussa en disant : — De quoi te mêles-tu ? Qui t'a établi sur nous pour être notre chef ou notre juge ? Voudrais-tu par hasard aussi me tuer, comme tu as tué hier l'Égyptien ? Quand Moïse entendit cela, il prit la fuite et alla vivre dans le pays de Madian où il eut deux fils. Quarante années plus tard, un ange lui apparut dans le désert du mont Sinaï, au milieu de la flamme d'un buisson en feu. Saisi d'étonnement à cette vision, Moïse s'approchait pour le considérer de plus près, quand la voix du Seigneur se fit entendre : Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Tout tremblant, Moïse n'osait pas lever les yeux. Le Seigneur lui dit : Ôte tes sandales, car l'endroit où tu te tiens est un lieu saint. J'ai vu la souffrance de mon peuple en Égypte. J'ai entendu ses gémissements et je suis descendu pour le délivrer. Et maintenant, viens : je t'envoie en Égypte. Ainsi ce Moïse que ses frères avaient repoussé en lui disant : Qui t'a établi sur nous pour être notre chef ou notre juge ?, c'est lui que Dieu a envoyé comme chef et libérateur du peuple avec l'aide de l'ange qui lui était apparu dans le buisson. C'est lui qui les fit sortir d'Égypte en accomplissant des prodiges et des signes miraculeux dans ce pays, puis lors de la traversée de la mer Rouge et, pendant quarante ans, dans le désert. Ce fut encore lui qui dit aux Israélites : Dieu suscitera pour vous un prophète semblable à moi, un membre de votre peuple. Lorsque le peuple était rassemblé au désert, c'est encore lui qui servit d'intermédiaire entre l'ange qui lui parlait sur le mont Sinaï et nos ancêtres. Il reçut de Dieu des paroles de vie pour nous les transmettre. Nos ancêtres refusèrent de lui obéir. Bien plus : ils le repoussèrent et se laissèrent gagner par le désir de retourner en Égypte (Actes 7.23-39).
Loin d'être critique de la Loi comme on l'en accuse, Étienne en parle comme des paroles de vie, et plus loin, il reprochera à ses auditeurs de ne pas l'avoir observée . C'est ici sa seule défense si on peut l'appeler ainsi. Ce qui lui importe c'est de retracer l'histoire du peuple d'Israël et de révéler le caractère de Dieu. Malgré toute son éducation et son rang, Moïse n'était aucunement en mesure de délivrer le peuple hébreu de l'esclavage par lui-même. Ses seules actions éclatantes furent d'assassiner un Égyptien et de s'enfuir. Ce sont les 40 années passées dans le désert aride à garder des troupeaux qui le préparèrent au ministère que Dieu avait pour lui.
Le portrait de Moïse dressé par Étienne correspond en plusieurs points à celui de Jésus : l'un et l'autre sont des chefs libérateurs et des intermédiaires entre l'Éternel et le peuple, tous deux furent pareillement rejetés par leur auditoire. Maintes fois durant leurs pérégrinations dans le désert, les Hébreux pleurèrent en regrettant l'Égypte qu'ils idéalisaient alors comme un paradis terrestre. Ils oubliaient la cruelle servitude à laquelle ils avaient été soumis et accusaient Dieu de les avoir forcés à quitter un endroit idyllique. L'incrédulité et l'ingratitude furent les caractéristiques saillantes aussi bien des Hébreux du temps de Moïse que des Juifs de l'époque du Christ.
Je continue.
Nos ancêtres vinrent demander à Aaron : — Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse qui nous a fait sortir d'Égypte, nous ne savons pas ce qu'il est devenu. Ils façonnèrent alors un veau, ils offrirent un sacrifice à cette idole, et ils célébrèrent de joyeuses fêtes en l'honneur de ce qu'ils avaient fabriqué de leurs mains. Dieu se détourna d'eux et les abandonna à l'idolâtrie et au culte des astres du ciel. C'est bien ce qui est écrit dans le livre des prophètes : Ô peuple d'Israël, quand vous avez offert des victimes et des sacrifices pendant les quarante ans de votre séjour au désert, était-ce à moi que vous les avez apportés ? Non, vous avez porté la tente de Molok et l'astre de votre dieu Rompha, idoles que vous avez fabriquées pour vous prosterner devant elles. C'est pourquoi je vous déporterai plus loin que Babylone (Actes 7.40-43).
Molok était une divinité des Cananéens à qui on immolait des enfants en les brûlant vifs. Rompha en était une autre qui représentait la planète Saturne. Tout au long de leur histoire, les Israélites choisirent l'idolâtrie plutôt que de servir l'Éternel ce qui leur valut d'innombrables avertissements de la part des prophètes, des châtiments sévères, la destruction de leur pays et finalement l'exil.
Je continue.
Au désert, nos ancêtres avaient avec eux la tente qui contenait le traité de l'alliance et que Dieu avait ordonné à Moïse de construire d'après le modèle qu'il lui avait montré. Cette tente a été confiée à la génération suivante de nos ancêtres. Ils l'emmenèrent avec eux quand ils conquirent, sous la conduite de Josué, le pays où se trouvaient les nations que Dieu chassa devant eux. Elle y demeura jusqu'au temps de David. Celui-ci obtint la faveur de Dieu et demanda de pouvoir donner une demeure au Dieu de Jacob. Mais ce fut Salomon qui bâtit le Temple. Cependant, le Dieu très-haut n'habite pas dans des édifices construits par des mains humaines. C'est ce que dit le prophète : Mon trône, c'est le ciel, la terre, l'escabeau où je pose le pied. Quelle est donc la maison que vous me bâtirez, dit le Seigneur, ou quel lieu de repos pourrait me servir de demeure ? N'est-ce pas moi qui ai créé tout cela ? (Actes 7.44-50).
Depuis Abraham jusqu'à Salomon, l'Éternel a fait preuve de beaucoup d'innovations dans la manière dont il gérait la nation d'Israël. Il s'ensuit que si Dieu a changé tant de choses tout au long de l'histoire du peuple élu, on ne peut être sûr que le Temple ou la Loi soient des états permanents. C'est une façon pour Étienne d'affirmer sans le dire que l'institution de l'Église est la nouvelle façon pour Dieu d'administrer l'humanité.
Dans tout son discours, Étienne montre que les bénédictions divines ne se sont pas limitées au pays d'Israël. Ainsi, Abraham reçut les promesses de l'Éternel alors qu'il était un païen pur et dur quelque part en Mésopotamie. Joseph fut béni de Dieu tandis qu'il était en Égypte, un pays idolâtre au possible. Moïse a été choisi comme libérateur du peuple hébreu alors qu'il était dans le désert de Madian, dans un endroit perdu au nord-ouest de l'actuelle Arabie Saoudite. Quant à la Loi et au Temple qui font l'orgueil des Juifs, les dix commandements et les six cents quelques autres furent donnés hors de la Palestine, tandis que le Tabernacle, l'ancêtre du Temple, fut lui aussi construit en plein désert.
Le Sanctuaire de Dieu, qui plus tard fut érigé à Jérusalem par le roi Salomon, a été réalisé par des mains humaines. Or Dieu ne saurait être limité à une construction donnée puisque tout l'univers ne peut le contenir ; et penser le contraire serait tomber une fois encore dans l'idolâtrie. En affirmant énergiquement : le Dieu très-haut n'habite pas dans des édifices construits par des mains humaines, Étienne laisse sous-entendre que les Juifs du premier siècle croyaient que leur Temple était l'habitation du Dieu des cieux sur terre, la contrepartie juive de l'Olympe grecque en quelque sorte. Le Temple devait être un lieu d'adoration et de prière ; mais ce n'était pas la maison de Dieu, pas plus que nos grandes cathédrales avec leurs flèches majestueuses.
Le discours proprement dit d'Étienne est maintenant terminé. Les éléments les plus saillants sont les suivants : Dieu a établi avec Abraham son alliance dont le signe est la circoncision, puis, à travers de nombreuses vicissitudes, il l'a confirmée sous Moïse en lui donnant la Loi. Cependant, le peuple élu a régulièrement rejeté ceux que le Seigneur avait choisis pour le guider. En plus de cela, les Israélites ont mis le comble à leurs péchés en prouvant par leurs actions que leurs cœurs étaient résolument idolâtres. La vénération des faux dieux et la désobéissance à la Loi de Moïse ont régulièrement conduit le peuple à persécuter les prophètes ; c'est ce qui explique aussi la crucifixion de Jésus.
Étienne précise aussi que le culte du Temple que Salomon a construit à l'Éternel n'est plus d'actualité, car on ne peut enfermer le Créateur dans les rites de la religion. L'heure est venue d'accéder à un autre palier, celui de l'Église universelle. La démonstration d'Étienne qui a montré la progression et le changement dans le programme de Dieu vis-à-vis de l'humanité est un avertissement à l'égard des Juifs. Ils doivent prendre garde à ne pas s'opposer à Dieu comme ils l'ont fait dans le passé. En effet, s'ils refusent de voir qu'il est à l'œuvre dans l'Église sous la conduite des apôtres et s'ils n'acceptent pas que les bénédictions divines s'étendent en dehors des frontières d'Israël, les chefs religieux s'opposent comme leurs ancêtres au dessein de l'Éternel.
Je continue.
Ô vous hommes obstinés qui, comme de véritables incirconcis, gardez votre cœur et vos oreilles fermés, vous résistez toujours à l'Esprit Saint ! Vous ressemblez bien à vos ancêtres ! Y a-t-il un seul prophète que vos ancêtres n'aient pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient la venue du seul Juste. Et vous, maintenant, vous l'avez trahi et assassiné ! Oui, vous avez bien reçu la Loi de Dieu par l'intermédiaire des anges, mais vous ne l'avez jamais observée? (Actes 7.51-53).
Maintenant, Étienne expose sans détour l'hypocrisie des chefs religieux. Il leur dit leurs quatre vérités sans prendre de gants. On voit tout de suite qu'il ne cherche pas la popularité, qu'il ne mène pas une campagne politique de charme. Après s'être associé à ses auditeurs, Étienne s'en distancie soudainement et violemment, et sa critique est particulièrement acerbe. Il ne mâche pas ses mots en reprochant aux chefs religieux d'être obstinés comme le bœuf qui refuse de plier le cou sous le joug, d'être incirconcis de cœur, fermés à Dieu.
En somme, il les traite de païens. Il va même jusqu'à oser les accuser de trahison et d'assassinat ; et la raison de cette conduite criminelle est qu'ils n'ont jamais obéi à la Loi. Ce n'est pas ainsi qu'on se fait des amis, ça, c'est sûr. Le point culminant de l'exposé d'Étienne est que dans le passé Israël s'est toujours opposé aux plans et aux hommes de Dieu ; leur criante incrédulité se manifestant par la désobéissance et l'idolâtrie.
Je continue.
À ces mots, ceux qui siégeaient au Grand-Conseil devinrent fous de rage : ils grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli du Saint-Esprit, leva les yeux au ciel et vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Alors, il s'écria : — Écoutez : je vois le ciel ouvert et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu (Actes 7.54-56).
La réaction de la faune religieuse était facilement prévisible et ne s'est pas fait attendre. Mais loin d'être intimidé, le calme d'Étienne contraste vivement avec la fureur extrême des membres du Grand-Conseil. Normalement, le Seigneur Jésus est assis à la droite du Père comme le soulignent plusieurs passages des Écritures, dont ceux-ci :
Après avoir accompli la purification des péchés, il s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très-hauts. Nous avons un souverain sacrificateur qui s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux (Hébreux 1.3 ; 8.1).
La position assise signifie que l'œuvre que le Christ est venu accomplir sur terre a été achevée, et le salut accompli une fois pour toutes. Cependant, cela ne veut pas dire que Jésus n'agit plus en faveur de ses disciples, tant s'en faut. Le fait qu'Étienne le voit debout laisse entendre que le Christ s'était levé pour accueillir son serviteur fidèle sur le point de mourir.
Je continue.
À ces mots, ils se mirent à vociférer et à se boucher les oreilles. D'un même élan, ils se ruèrent sur lui, le traînèrent hors de la ville et le tuèrent à coups de pierres. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul (Actes 7.57-58).
Les propos d'Étienne sont reçus comme un blasphème entraînant une réaction immédiate et violente du Grand-Conseil. Les chefs religieux ont très bien compris toutes les implications du discours : Israël était coupable de a à z ; la Loi était temporaire et le Temple désormais inutile. Un jeune séminariste, nommé Saul, gardait les vêtements de ceux qui jetèrent les premières pierres. En faisant cela, il se rendait complice de ce meurtre. En fait, il l'approuvait pleinement comme il le dira lui-même plus tard. Une fois que Saul sera devenu le grand apôtre Paul, le souvenir de ce terrible événement restera toujours gravé dans sa mémoire, ce qui transparaîtra de ses écrits.
Je finis le chapitre.
Pendant qu'ils jetaient des pierres sur lui, Étienne priait ainsi : — Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis il tomba à genoux et, de toutes ses forces, lança un dernier cri : — Seigneur, ne leur demande pas compte de ce péché ! Après avoir dit ces mots, il expira (Actes 7.59-60).
La mort d'Étienne fut un meurtre, et non une exécution, parce qu'il n'y a pas eu de vote du Grand-Conseil, et que le consentement du gouverneur romain, pourtant nécessaire, n'a pas été sollicité. Après les menaces et les coups dirigés contre les apôtres Pierre et Jean, l'Église vient de perdre Étienne, le premier martyr d'une longue liste qui n'est toujours pas finie. Ses dernières paroles sont similaires à celles du Christ sur la croix. Il remit son esprit au Seigneur et pria pour ses ennemis. Quel exemple pour moi ! Qu'aurais-je fait à sa place ?