logo
Publié par Chemins de VIE (http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie)

Émission 335 - Actes 6:1 - 7:9

By Chemins de VIE
Créé 11/04/2008 - 05:00

Chapitre 6

Verset 1

L'Église est de conception purement divine, mais ce n'est pas encore le ciel sur la terre ; preuve en est l'histoire qui nous est racontée dans le chapitre 6 du livre des Actes. Beaucoup de gens se convertissaient à Jésus-Christ, mais comme partout, plus il y a de monde et plus les relations humaines se font difficiles. Il en fut ainsi même dans l'Église primitive. Je commence à lire.

À cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d'augmenter, des tensions surgirent entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Palestine : les premiers se plaignaient de ce que leurs veuves étaient défavorisées lors des distributions quotidiennes de nourriture (Actes 6.1).

Il a pu se passer plusieurs années depuis la Pentecôte. Les croyants sont devenus très nombreux dans Jérusalem, sans doute entre 20 et 30 milles. La vie de tous les jours de l'Église primitive était loin d'être parfaite. Ce n'était pas le paradis. Déjà, tout au début, le couple Ananias et Saphira avait essayé de tromper les apôtres, et maintenant apparut la suspicion entre les Juifs de cultures différentes, ceux du pays s'estimant supérieurs à ceux des autres provinces de l'Empire.

Quand beaucoup de monde vit ensemble, il est presque forcé que des tensions apparaissent. Les disciples juifs qui n'étaient pas originaires de la Palestine formaient un groupe minoritaire. Ils ne parlaient pas araméen, la langue maternelle de ceux habitant Israël. Mais tous cependant connaissaient le grec. Dans l'Empire romain, il y avait déjà des tensions entre les Hébreux du pays et ceux de l'étranger ; malheureusement, ce malaise s'introduisit également dans l'Église.

Dans la société antique, les veuves se trouvaient souvent dans une situation matérielle très précaire. La Loi de Moïse demandait à ce qu'elles ne soient pas exploitées, mais qu'on prenne soin d'elles. L'attitude de l'Église à leur égard était la solidarité matérielle comme elle a été décrite précédemment. Dans une des lettres du Nouveau Testament, son auteur mentionne que de prendre soin des veuves fait partie de la véritable dévotion à Dieu. Je le cite :

La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses (Jacques 1.27).

Ces veuves juives, dont il est question ici, étaient de culture grecque, originaires de la diaspora, mais elles habitaient maintenant Jérusalem.

Verset 2

Je continue.

Alors les douze apôtres réunirent l'ensemble des disciples et leur dirent : — Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions (Actes 6.2).

Jusque-là, les apôtres avaient eu la responsabilité de gérer la solidarité matérielle. S'ils avaient commencé à s'occuper de tous les problèmes qui allaient surgir dans l'Église, ils n'auraient fait que cela. Or ils avaient reçu la charge spécifique d'enseigner le peuple de Dieu ; donc, des mesures s'imposaient.

Versets 3-4

Je continue.

C'est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l'enseignement (Actes 6.3-4).

Les apôtres mentionnent trois qualités que devaient posséder ceux qui seraient recrutés. Leur travail consistait à servir les nécessiteux, mais aussi à gérer les finances, ce qui est toujours un point délicat. Il est à noter cependant que c'est l'Église qui fut appelée à choisir ces hommes. Les apôtres ne sont pas intervenus directement.

Il y a sûrement là un exemple à méditer pour certaines hiérarchies religieuses qui décident tout d'en haut. Il fallait donc que ces 7 hommes soient premièrement remplis de l'Esprit, c’est-à-dire, entièrement dévoués au Seigneur. En second lieu, ils devaient être sages, c'est-à-dire capables d'évaluer les situations et de prendre les bonnes décisions ; et finalement, avoir une bonne réputation parmi le peuple, être d'une honnêteté irréprochable, de façon à ce qu'on leur fasse confiance. À y réfléchir, de nos jours, des gens comme ça ne courent pas les rues. Le choix de ce nombre 7 plutôt que 6 ou 8 remonte à une tradition des communautés juives, où sept hommes respectés s'occupaient des affaires publiques et formaient un conseil officiel.

L'enseignement comme la distribution de l'aide matérielle est présenté comme un service ; c'est le mot diakonia en grec, et qui a donné diacre en français. En quelque sorte, ces 7 hommes furent les premiers diacres de l'Église primitive. Quant aux apôtres, ils avaient pour tâche l'annonce de la Bonne Nouvelle, mais aussi la prière, qu'ils considéraient tout aussi importante que la prédication. Ils en avaient appris la valeur en voyant vivre le Seigneur. En effet, Jésus plaçait davantage d'importance sur sa relation personnelle avec le Père que sur l'annonce du royaume de Dieu ou l'accomplissement de miracles.

Verset 5

Je continue.

Cette proposition convint à tous les disciples ; ils élurent Étienne, un homme plein de foi et d'Esprit Saint, ainsi que Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un païen originaire d'Antioche qui s'était converti au judaïsme (Actes 6.5).

Tous ces noms sont grecs. L'assemblée avait donc uniquement choisi des hommes émanant du groupe juif qui se disait lésé. Le dernier des diacres cités, Nicolas, était d'origine païenne. Il s'était en fait converti deux fois ; tout d'abord au judaïsme et ensuite au christianisme, ce qui était somme toute très logique. Ces 7 hommes allaient remplir une fonction temporaire dans le but de combler un besoin particulier. L'auteur reviendra plus loin sur Étienne et Philippe, mais les 5 autres n'apparaîtront plus dans la suite du récit.

Verset 6

Je continue.

Ils les présentèrent aux apôtres qui prièrent pour eux et leur imposèrent les mains (Actes 6.6).

Cet acte symbolique peut signifier plusieurs choses. C'est un geste d'identification, de délégation de pouvoir et de consécration qu'on trouve déjà dans l'Ancien Testament. Par cette imposition des mains, les apôtres approuvent les nouveaux diacres et leur transmettent leur autorité et, on le verra, la puissance du Saint-Esprit. Ces 7 hommes devenaient ainsi leurs partenaires dans l'œuvre de Dieu pour laquelle ils étaient mis à part pour un service spécifique et publiquement reconnus comme tels.

Verset 7

Je continue.

La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s'accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).

Luc nous donne ici le deuxième petit commentaire compte-rendu sur les sept que comprend le livre des Actes. La progression de l'Église allait bon train, au point même que des prêtres, pourtant judaïsants jusqu'au bout des ongles, mettaient leur foi en Jésus-Christ comme étant le Messie promis. Il faut aussi dire qu'ils étaient particulièrement nombreux à Jérusalem. En effet, rien que ceux qui étaient revenus de Babylone se comptaient par milliers, 4 289 pour être exact selon un texte de l'Ancien Testament.

Verset 8

Je continue.

Étienne était rempli de la grâce et de la puissance divines et accomplissait de grands prodiges et des signes miraculeux au milieu du peuple (Actes 6.8).

Luc va maintenant faire un gros plan sur Étienne, l'un des 7 diacres. Son ministère ne se bornait pas à la distribution de l'aide matérielle. Il est le premier dont l'œuvre est mentionnée et qui est à la fois prédicateur de l'Évangile et faiseur de prodiges sans pour autant être un apôtre. Il semble même qu'il soit devenu l'un des responsables de l'Église de Jérusalem. C'était un homme remarquable doté de qualités exceptionnelles qui sont mentionnées plus loin. Il était rempli du Saint-Esprit, de sagesse, de foi, de grâce et de puissance.

On sait que Philippe, un autre des sept diacres, possédait lui aussi le don de faire des miracles. Ils avaient tous deux reçu l'imposition des mains apostoliques, ce qui semble avoir été nécessaire pour qu'ils aient cette puissance surnaturelle. Pour autant qu'on le sache, ce pouvoir d'accomplir des signes miraculeux à volonté, était limité aux apôtres et à ceux à qui ils avaient imposé les mains. Les versets qui suivent montrent que l'arrestation d'Étienne et son procès vont ressembler remarquablement à ce qui s'est passé pour Jésus-Christ.

Versets 9-11

Je continue.

Alors des membres de la synagogue dite des Affranchis, composée de Juifs de Cyrène, d'Alexandrie, de Cilicie et de la province d'Asie, se mirent à discuter avec lui, mais ils se montraient incapables de résister à la sagesse de ses paroles, que lui donnait l'Esprit. Là-dessus, ils payèrent des gens pour dire : — Nous l'avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu (Actes 6.9-11).

Il y avait à cette époque 480 synagogues dans Jérusalem. Des milliers de Juifs avaient été déportés au loin, et vendus comme esclaves par le général romain Pompée en l'an 63 av. J-C. Ils furent pour la plupart libérés plus tard. Ceux ou leurs enfants, qui avaient alors choisi de retourner à Jérusalem, avaient fondé leur propre synagogue. Tous ces Juifs qui sont mentionnés étaient étrangers, mais de culture grecque. Ils provenaient du nord de l'Afrique et de ce qui est aujourd'hui la Turquie.

Étienne exerçait son ministère de prédication envers ceux qui étaient de la même origine que lui. Il est certain qu'il prêchait que l'Ancienne Alliance avait laissé la place à la Nouvelle, et que le peuple de Dieu n'était plus sous la Loi de Moïse. Il annonçait de fait l'abolition de la Loi, la soumission à la personne du Christ et la justification par la foi pour le monde entier. Il va sans dire qu'en entendant cela, les Juifs furent profondément vexés dans leur orgueil. Déterminés à réduire Étienne au silence, ils ont alors tordu le sens de ses paroles afin de les transformer en blasphème. Ils font porter une accusation contre lui qui est la même que celle qui avait été retenue contre le Christ.

Versets 12-14

Je continue.

Ils ameutèrent ainsi le peuple, les responsables du peuple et les spécialistes de la Loi. Survenant à l'improviste, ils s'emparèrent d'Étienne et l'amenèrent au Grand-Conseil. Là, ils firent comparaître de faux témoins qui déposèrent contre lui : — Cet homme que voici, dirent-ils, ne cesse de discourir contre ce lieu saint et contre la Loi de Moïse. En effet, nous l'avons entendu dire que ce Jésus de Nazareth détruirait ce lieu et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises (Actes 6.12-14).

Jésus avait prophétisé que le Temple serait détruit, mais sans jamais dire qui le ferait. Ce sont les Romains qui le réduisirent en poussière. Quoi qu'il en soit, ces fausses accusations suffirent à inciter le peuple et les chefs religieux à appréhender Étienne et à l'accuser devant les membres du Grand-Conseil. C'est la 3e fois que des disciples du Christ sont traînés devant le tribunal juif. Les deux premières fois, c'étaient Pierre et Jean qui avaient subi leur courroux.

Verset 15

Je finis ce chapitre.

Tous ceux qui siégeaient au Grand-Conseil avaient les yeux fixés sur Étienne et son visage leur apparut comme celui d'un ange (Actes 6.15).

Les membres du Grand-Conseil le regardent pour voir quelle serait sa réponse et de toute évidence, son visage resplendissait de gloire, sans doute comme ce fut le cas pour Moïse lorsqu'il redescendit du mont Sinaï, tenant en main les deux tablettes sur lesquelles étaient écrits les 10 commandements (Exode 34.29).

Chapitre 7

Versets 1-2

Nous voici au chapitre 7 qui continue le procès d'Étienne qui va courageusement donner un long discours à ses juges assoiffés de sang. Il va passer en revue toute l'histoire du peuple d'Israël et leur rébellion incessante contre l'Éternel. Il ira même jusqu'à accuser les membres du Grand-Conseil d'être des traîtres et des meurtriers, responsables de l'assassinat de Jésus. Bien sûr, son message a fait fureur et a déclenché une haine féroce contre lui qui a conduit à sa mort à coups de pierres. Je commence à lire.

Le grand-prêtre lui demanda : – Reconnais-tu les faits qui te sont reprochés ? Étienne dit alors : — Chers frères et pères de cette nation, écoutez-moi : le Dieu glorieux apparut jadis à notre ancêtre Abraham, quand il vivait encore en Mésopotamie, avant de s'établir à Harân (Actes 7.1-2).

Le grand-prêtre mentionné ici s'appelle Caïphe. C'est lui qui présida aux procès du Seigneur et le condamna. Il est intéressant de remarquer qu'Étienne n'essaie même pas de se justifier ; qu'il soit accusé à tort ne le chagrine pas du tout. Je l'admire, parce que moi, si je perçois la moindre injustice à mon égard, ça me met en boule. Mais Étienne, plein de bienveillance, appelle ces hyènes religieuses frères et pères, ce qui est une marque d'affection et de respect. Il s'associe ainsi à ses auditeurs rappelant qu'ils ont en commun l'héritage de l'histoire d'Israël qu'il va raconter dans son discours.

Mais son objectif est surtout de faire valoir le christianisme et la personne de Jésus en tant que Messie et Fils de Dieu. Quelque part dans cette assemblée se trouve Saul de Tarse, le futur grand apôtre Paul. C'est la seule fois que ces deux hommes se rencontreront. Saul croyait alors vraiment que cet Étienne était fou à lier et un blasphémateur qu'il fallait condamner à mort.

Pourtant, son discours est un coup de maître et le plus long message qui nous est rapporté dans les Actes, ce qui montre l'importance que l'auteur de ce livre y attache. Étienne, un juif d'origine grecque, va préparer le terrain qui permit à l'Évangile d'être annoncé en dehors du giron du judaïsme. Il commence donc son discours avec Abraham, leur ancêtre commun. Cet homme était un païen à l'origine, mais il devint le père spirituel de tous les croyants, car lui-même apprit à faire confiance à l'Éternel et à lui obéir.

Versets 3-8

Je continue le texte.

Et Dieu dit à Abraham : Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai. C'est ainsi qu'Abraham quitta la Chaldée et vint se fixer à Harân. De là, après la mort de son père, Dieu le fit venir dans le pays où vous habitez actuellement. Pourtant, il ne lui donna ici aucune propriété, pas même un mètre carré de terre. Mais il lui promit de lui donner le pays tout entier, à lui et à ses descendants après lui, alors qu'à cette époque il n'avait pas encore d'enfant. Et Dieu lui parla ainsi : Tes descendants séjourneront dans une terre étrangère, ils y seront réduits en esclavage et on les maltraitera pendant quatre cents ans. Mais, ajouta Dieu, j'exécuterai mon jugement contre la nation qui en aura fait ses esclaves. Après cela, ils quitteront le pays étranger et viendront ici-même, dans ce pays, pour me rendre un culte. Puis Dieu conclut son alliance avec Abraham et lui en donna pour signe la circoncision. Ainsi il eut pour fils Isaac et le circoncit huit jours après sa naissance. Isaac fit de même pour son fils Jacob, et celui-ci, à son tour, pour ses fils, les douze ancêtres de nos tribus (Actes 7.3-8).

Le personnage d'Abraham est intéressant à plus d'un égard. Son appel par l'Éternel montre qu'il y a eu une évolution dans la façon dont Dieu administrait l'humanité. Après avoir œuvré avec toute la race humaine depuis Adam jusqu'à Noé et ses descendants, le Seigneur a innové en choisissant et appelant Abraham de Mésopotamie où il habitait et qui se trouve aujourd'hui en Irak. Il le conduisit dans le pays de Canaan qui sera la terre promise. Abraham eut un fils Isaac qui fut le grand-père de ceux qui devinrent les 12 tribus d'Israël.

Versets 9-11

Je continue.

Or, les fils de Jacob, poussés par la jalousie, vendirent leur frère Joseph, pour qu'il fût emmené comme esclave en Égypte. Mais Dieu était avec lui. Il le délivra de toutes ses épreuves et, dans sa grâce, il lui donna la sagesse nécessaire devant le pharaon, roi d'Égypte, si bien qu'il fut nommé gouverneur du pays et de toute la maison royale. Alors survint une grande famine dans toute l'Égypte et en Canaan. Ce fut un temps de grande misère. Nos ancêtres ne trouvaient plus de quoi manger (Actes 7.9-11).

Dans sa souveraineté, Dieu avait tout prévu d'avance. La catastrophe qui s'abattit sur Joseph devint une grande bénédiction parce que cet homme avait à cœur de marcher fidèlement avec l'Éternel son Dieu. Quel exemple pour moi ! Quand je suis dépassé par les événements, que je ne peux pas faire grand-chose devant mes circonstances, je peux toujours résolument choisir, comme Joseph, de faire confiance et d'obéir à mon créateur. Alors, c'est à lui qu'incombe la responsabilité de s'occuper de moi ; c'est ce qu'il a fait avec Joseph. Jésus a dit à ceux qui l'écoutaient :

Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés sous le poids d'un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes (Matthieu 11.28-29).

Avec de telles paroles, je me sens revivre.


Source URL:
http://www.cheminsdevie.info/~editio5/cheminsdevie/node/813