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Émission 334 - Actes 5:1 - 5:40

By Chemins de VIE
Créé 10/04/2008 - 05:00

Chapitre 5

Versets 1-2

Dans le chapitre 5 du livre des Actes a lieu un incident particulièrement dramatique qui révèle la sévérité de Dieu. Tout le monde aime à entendre parler de la grâce, de la bonté, de la miséricorde divines, seulement voilà, l'attribut principal, la caractéristique première que Dieu veut communiquer à sa créature humaine, est sa sainteté. Je commence à lire.

Mais un certain Ananias, avec sa femme Saphira, vendit aussi une propriété, et, en accord avec elle, mit de côté une partie de l'argent de la vente, apporta le reste aux apôtres et le leur remit (Actes 5.1-2).

Alors que Barnabas s'était montré très généreux avec ses biens, Luc le contraste avec les deux membres d'un couple qui ne sont au clair ni avec leur argent, ni avec Dieu, et qui pourtant font partie des disciples. Ils vendent une propriété et en donnent une partie aux apôtres. Il n'y avait aucun mal à cela, car personne n'exigeait d'eux quoi que ce soit, et les disciples donnaient en leur âme et conscience, comme ils l'entendaient.

Nul n'avait à prendre pour exemple la générosité de Barnabas qui avait donné tout le produit qu'avait rapporté son terrain. Mais Ananias et Saphira, de connivence l'un avec l'autre, mentent aux apôtres, disant que l'argent qu'ils déposent devant eux est la totalité de la somme obtenue lors de la vente de leur propriété. Apparemment, ils désiraient faire d'une pierre deux coups : recevoir l'éloge des croyants pour leur don, mais aussi garder une partie du produit de la vente.

Verset 3

Je continue.

Pierre lui dit : — Ananias, comment as-tu pu laisser Satan envahir à tel point ton cœur ? Tu as menti au Saint-Esprit en cachant le prix réel de ton champ pour en détourner une partie à ton profit ! (Actes 5.3).

Ananias s'est laissé influencer par le diable. Ce couple a fait ce don à contrecœur, ressentant comme une pression du groupe. Leur besoin de se faire remarquer a déterminé leur conduite. Dans cette histoire, l'enjeu fondamental n'est pas celui du rapport de ces deux personnes avec la communauté, mais avec Dieu. Certes, c'est aux apôtres et à ceux qui faisaient les comptes qu'ils ont menti, mais ce qui est grave est que cette faute était en dernier recours dirigée contre la personne du Saint-Esprit.

Verset 4

Je continue.

N'étais-tu pas libre de garder ta propriété ? Ou même, après l'avoir vendue, ne pouvais-tu pas faire de ton argent ce que tu voulais ? Comment as-tu pu décider en toi-même de commettre une telle action ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu (Actes 5.4).

Mentir à Dieu et mentir au Saint-Esprit sont une seule et même chose, puisqu'il est la troisième personne de la Trinité. Le fait que les croyants avaient le droit de faire ce qu'ils voulaient de leur argent montre que l'Église apostolique ne fonctionnait pas comme une cellule communiste. Tous les dons étaient volontaires, non obligatoires, et leur montant libre.

Versets 5-6

Je continue.

À ces mots, Ananias tomba raide mort. Tous ceux qui l'apprirent furent remplis d'une grande crainte. Des jeunes gens vinrent envelopper le corps, puis l'emportèrent pour l'enterrer (Actes 5.5-6).

Chez les Juifs, les morts étaient enveloppés dans un simple linceul avant d'être déposés dans la tombe. Il était fréquent, à cause du climat chaud de la Palestine, d'ensevelir la personne décédée le jour même. Ce ne sont pas les apôtres qui sont responsables de la mort de cet homme, mais Dieu. Il donne la vie et a parfaitement le droit de l'ôter.

Comme Pierre l'écrira plus tard, le jugement de Dieu commence par la maison de Dieu, c'est-à-dire par les vrais croyants, ceux qui ont véritablement placé leur foi en Jésus-Christ. Cette correction fut sévère parce qu'elle devait servir d'exemple à l'Église naissante. Ce jugement de Dieu fut exceptionnel. Il ne voulait pas que l'Église commence avec des faux jetons.

Versets 7-11

Je continue.

Environ trois heures plus tard, la femme d'Ananias entra sans savoir ce qui s'était passé. Pierre lui demanda : — Dis-moi, est-ce bien à ce prix-là que vous avez vendu votre champ ? — Oui, répondit-elle, c'est bien à ce prix. Alors Pierre lui dit : — Comment avez-vous pu vous concerter pour provoquer ainsi l'Esprit du Seigneur ? Écoute : ceux qui viennent d'enterrer ton mari sont devant la porte et ils vont t'emporter, toi aussi. Au même instant, elle tomba inanimée aux pieds de Pierre. Les jeunes gens qui rentraient la trouvèrent morte ; ils l'emportèrent et l'enterrèrent aux côtés de son mari. Cet événement inspira une grande crainte à toute l'Église, ainsi qu'à tous ceux qui en entendirent parler (Actes 5.7-11).

On peut tromper des hommes, mais on ne se moque pas de Dieu. Lorsque Saphira est arrivée, elle ignorait que son mari était passé de vie à trépas, alors, elle ne s'est pas gênée pour mentir. Ce fut la plus mauvaise idée de sa vie. Dans une des lettres écrites par l'apôtre Jean, il parle du péché qui conduit à la mort sans pour autant préciser duquel il s'agit. Cependant dans le récit qui nous occupe, Pierre parle de provoquer l'Esprit du Seigneur. Cela veut dire tester la patience de Dieu au maximum ; c'est présumer de lui en essayant de lui forcer la main.

Par exemple, un chrétien peut décider d'enfreindre le code de la route sous le couvert d'une prière, se disant qu'ainsi Dieu va le protéger d'un accident. Dans le cas de ce couple, c'était de l'hypocrisie et une falsification. La tromperie n'avait pas droit de cité tout au début de l'Église primitive. Ce genre de correction sévère était dans la lignée des interventions divines contre des individus dans l'Ancien Testament. Cependant, de tels jugements n’avaient plus lieu en Israël, ce qui montre bien que Dieu était en train de créer une œuvre nouvelle qui n'avait rien à voir avec le peuple choisi descendant d'Abraham.

Versets 12-14

Je continue.

Les apôtres accomplissaient beaucoup de signes miraculeux et de prodiges parmi le peuple. Tous les croyants avaient l'habitude de se rassembler dans la cour du Temple, sous la Galerie de Salomon. Personne d'autre n'osait se joindre à eux, mais le peuple tout entier les tenait en haute estime. Un nombre toujours croissant d'hommes et de femmes croyaient au Seigneur et se joignaient à eux (Actes 5.12-14).

Curieusement, le lieu de réunion habituelle de l'Église primitive était dans le temple, à l'endroit même où la foule s'était rassemblée après avoir entendu parler de la guérison du paralysé. La nouvelle d'Ananias et Saphira qui furent foudroyés sur place s'était propagée comme une traînée de poudre et tout le monde se tenait sur ses gardes. Les hypocrites et autres ennemis restaient en dehors du cercle des disciples.

Cependant, le nombre de croyants augmentait sans cesse, ce qui fait que l'Église primitive connut une rapide croissance numérique. Alors que les premiers convertis étaient essentiellement des hommes, Luc mentionne maintenant pour la première fois des femmes. À partir d'ici, il les signalera chaque fois qu'elles seront présentes. Celles qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée faisaient déjà partie des premiers disciples fondateurs de l'Église.

Versets 15-16

Je continue.

On allait jusqu'à porter les malades dans les rues, où on les déposait sur des lits ou des civières, pour qu'au passage de Pierre son ombre au moins couvre l'un d'eux. Des villes voisines même, les gens accouraient en foule à Jérusalem pour amener des malades et des personnes tourmentées par de mauvais esprits. Et tous étaient guéris (Actes 5.15-16).

Les signes miraculeux opérés par les apôtres confirmaient l'authenticité de leur Parole. Depuis toujours, les Juifs étaient superstitieux, ce qui explique que certains d'entre eux pensaient que l'ombre de Pierre pouvait guérir. En réalité, le pouvoir de faire des miracles et d'exorciser les démons était un signe distinctif divinement accordé aux apôtres et à eux seuls. Je cite un texte du Nouveau Testament qui précise ce point :

Les marques qui caractérisent un apôtre ont été produites parmi vous : une persévérance sans faille, des miracles, des prodiges, des actes extraordinaires (2Corinthiens 12.12).

Versets 17-20

Je continue le texte.

Alors, poussés par la jalousie, le grand-prêtre et tout son entourage, c'est-à-dire ceux qui appartenaient au parti des sadducéens, décidèrent d'intervenir. Ils firent arrêter les apôtres et les firent incarcérer dans la prison publique. Mais, pendant la nuit, un ange du Seigneur vint ouvrir les portes de la prison et, après avoir fait sortir les apôtres, il leur dit : — Allez au Temple et là, proclamez au peuple tout le message de la vie nouvelle (Actes 5.17-20).

La popularité des apôtres et l'estime que leur portait le peuple font des jaloux. Il fallait s'attendre à ce que la faune religieuse redresse la tête et gonfle la poitrine tôt ou tard. Jusqu'à présent, ces loups, comme Jésus les appela, ont été submergés par un raz de marée de plusieurs milliers de nouveaux convertis, sans trop savoir que faire. Maintenant, ils passent à l'attaque et les apôtres se retrouvent au cachot pour la deuxième fois.

À cette époque, la prison publique consistait en une simple pièce au sol en terre battue avec une toute petite fenêtre. Toutes sortes de gens, depuis le meurtrier jusqu'à celui qui n'avait pas payé une dette, y étaient entassés dans la pire des promiscuités. Le seul mobilier consistait en un banc toujours occupé par les plus forts. Les autres couchaient par terre, ou restaient debout. C'était donc particulièrement inconfortable. Les gardiens, eux, restaient à l'extérieur.

Heureusement pour les apôtres, Dieu intervient pour contrecarrer les plans des religieux. Ni vu ni connu, un ange apparaît, ouvre toutes grandes les portes, transmet son message céleste et disparaît sans laisser de traces. Y avait-il d'autres prisonniers et si oui, que sont-ils devenus ? Rien ne nous est dit.

Versets 21-25

Je continue.

Les apôtres obéirent : dès l'aube, ils se rendirent dans la cour du Temple et se mirent à enseigner. De son côté, le grand-prêtre arriva avec son entourage, et ils convoquèrent le Grand-Conseil et toute l'assemblée des responsables du peuple d'Israël. Ils ordonnèrent d'aller chercher les apôtres à la prison et de les amener. Les gardes s'y rendirent, mais ils ne les trouvèrent pas dans le cachot. À leur retour, ils firent leur rapport : — Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, les sentinelles étaient à leur poste devant les portes, mais quand nous avons ouvert le cachot, nous n'y avons trouvé personne. Cette nouvelle plongea le chef de la police du Temple et les chefs des prêtres dans une grande perplexité : ils se demandaient ce qui avait bien pu se passer. Là-dessus, quelqu'un vint leur annoncer : — Les hommes que vous avez fait mettre en prison se tiennent dans la cour du Temple et ils enseignent le peuple (Actes 5.21-25).

Le texte regorge d'ironie. Les gardes surveillent soigneusement des cellules vides ; les plus hautes autorités d'Israël sont rassemblées en grande pompe pour juger des prisonniers qui ne sont pas là ; pendant que les chefs furieux délibèrent sur ce qui a bien pu arriver, les apôtres continuent comme si de rien n'était à proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Ils sont particulièrement courageux, car ils n'ont pas du tout cherché à se cacher, mais ont obéi à l'ange. Ils retournent donc au Temple à la vue de tous, ce qui fait d'eux des proies faciles.

Versets 26-29

Je continue.

Aussitôt, le chef de la police du Temple s'y rendit avec un détachement de gardes et ils ramenèrent les apôtres, mais avec ménagements, car ils avaient peur de se faire lapider par le peuple. Après les avoir ramenés, ils les introduisirent dans la salle du Grand-Conseil. Le grand-prêtre leur dit : — Nous vous avions formellement interdit d'enseigner au nom de cet homme. Et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez nous rendre responsables de la mort de cet homme. Mais Pierre et les apôtres répondirent : — Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes 5.26-29).

Le grand-prêtre doit éprouver beaucoup de haine vis-à-vis de Jésus, car il répugne à utiliser son nom et l'appelle cet homme. Les apôtres réitèrent ce qu'ils avaient déjà dit. Tout ça, c'est du déjà vu.

Versets 30-32

Je continue.

Le Dieu de nos ancêtres a ressuscité ce Jésus que vous avez mis à mort en le clouant sur le bois. Et c'est lui que Dieu a élevé pour siéger à sa droite, comme Chef suprême et Sauveur, pour accorder à Israël la grâce de changer et de recevoir le pardon de ses péchés. Et nous, nous sommes les témoins de ces événements, avec le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent (Actes 5.30-32).

Courageusement, les apôtres proclament la résurrection de Jésus à une assemblée qui ne croit pas au surnaturel et qui était responsable de la crucifixion du Christ. Il va sans dire que les religieux sont furieux et sortent de leurs gonds.

Versets 33-35

Je continue.

Ces paroles ne firent qu'exaspérer les membres du Grand-Conseil et ils voulaient faire mourir les apôtres. Mais l'un d'entre eux, un pharisien nommé Gamaliel, se leva pour donner son avis. C'était un éminent enseignant de la Loi, estimé de tout le peuple. Il demanda que l'on fasse sortir un instant les apôtres, puis il dit : — Israélites, faites bien attention à ce que vous allez faire avec ces hommes (Actes 5.33-35).

Gamaliel était le plus célèbre des rabbins de l'époque. Il avait un millier de disciples, dont Saul de Tarse qui devint le grand apôtre Paul. Il conseille à ses collègues la prudence en ne s'opposant pas aux apôtres, non par sympathie pour eux, mais parce qu'il avait compris que Dieu œuvrait de façon souveraine sur terre.

Versets 36-39

Je continue.

Rappelez-vous : il y a quelque temps, on a vu paraître un certain Theudas qui se donnait pour un personnage important. Il a entraîné quelque quatre cents hommes à sa suite. Or, il a été tué, et tous ceux qui s'étaient ralliés à lui furent dispersés et l'on n'en entendit plus parler. Après lui, à l'époque du recensement, Judas de Galilée a fait son apparition. Lui aussi a attiré à lui bien des gens. Il a péri à son tour et tous ses partisans furent mis en déroute. À présent donc, voici mon avis : Ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les partir. De deux choses l'une : ou bien leur projet et leur œuvre viennent des hommes et, dans ce cas, leur mouvement disparaîtra. Ou bien, il vient de Dieu, et alors, vous ne pourrez pas le détruire. Ne prenez pas le risque de lutter contre Dieu. Le Conseil se rangea à son avis (Actes 5.36-39).

Ce Gamaliel était un sage dans tout le sens du mot. Il dit avec justesse que ce qui arrivera à ce mouvement indiquera s'il est d'origine humaine ou divine.

Versets 40-42

Je finis le chapitre.

Ils rappelèrent les apôtres, les firent battre, et leur défendirent de parler au nom de Jésus. Après quoi, ils les relâchèrent. Les apôtres quittèrent la salle du Conseil tout joyeux de ce que Dieu les avait jugés dignes de souffrir l'humiliation pour Jésus. Et chaque jour, dans la cour du Temple ou dans les maisons particulières, ils continuaient à enseigner et à annoncer la bonne nouvelle que le Messie, c'était Jésus (Actes 5.40-42).

Les apôtres sont relâchés après avoir subi le châtiment qu'ils ont attiré sur eux pour trois raisons : tout d'abord, ils n'ont pas tenu compte des ordres du Grand-Conseil ; ensuite, ils ont propagé la Bonne Nouvelle concernant Jésus-Christ dans tout Jérusalem, et finalement, ils sont la cause indirecte de la colère du peuple contre ses dirigeants religieux qui avaient condamné le Christ. Mais les apôtres ont plus que bien pris la tournure des événements ; ils se sont sentis honorés d'avoir été jugés dignes de participer aux mêmes souffrances et à la même persécution que le Christ avait endurées. Rien ne les arrêtait : ni la prison, ni le châtiment pourtant cruel de la flagellation. Ils continuent donc à prêcher la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans tous les lieux publics de Jérusalem, ainsi que dans les maisons.

L'auteur fait bien remarquer qu'Israël en tant que nation continuait à suivre le même chemin d'incrédulité vis-à-vis du Messie. Les chefs religieux juifs avaient fait exécuter Jésus et maintenant ils rejetaient en bloc les apôtres et leur message. Ça, c'étaient eux et il y a deux mille ans, et ils furent sévèrement jugés puisque Jérusalem fut rasée par les Romains. Et moi dans tout ça, quelle est la position que j'adopte par rapport à la personne du Christ et à son message de salut ? C'est cela qui me concerne directement, personnellement et j'ajouterais, pour l'éternité.


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