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Émission 333 - Actes 4:10 - 4:36

Diffusé le 9 avril 2008 - ::

Chapitre 4

Verset 10

Suite au grand jour de la Pentecôte, l'apôtre Pierre a ouvert le royaume de Dieu à tous ceux qui veulent bien y entrer en plaçant leur foi dans le Messie. Avec Jean, ils ont ébahi la foule en accomplissant un miracle.

Versets 11-12

Je continue à lire dans le chapitre 4 du livre des Actes.

Jésus est la pierre rejetée par les constructeurs, par vous, et qui est devenue la pierre principale, à l'angle de l'édifice. C'est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n'a jamais donné le nom d'aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés (Actes 4.11-12).

Pierre cite une prophétie de l'Ancien Testament. Le véritable auteur de la guérison du paralytique était le Christ ressuscité, la pierre d'angle que les bâtisseurs avaient rejetée. Jésus avait utilisé le même passage, en se l'appliquant à lui-même. Rejeté par les autorités religieuses et le peuple juif, Jésus a été choisi par Dieu pour le salut de l'humanité. C'étaient maintenant au tour des chefs du peuple de se retrouver à la barre des accusés. Ils s'étaient débarrassés, croyaient-ils, du seul Sauveur et ils essayaient d'empêcher l'établissement de l'Église, le nouvel édifice de Dieu.

Il n'y avait pourtant aucun autre moyen de salut ni pour Israël en tant que nation ni pour les Juifs en tant qu'individus, ni pour moi, ni pour vous. Tous les chefs religieux que le monde a connus, aussi vertueux qu'ils aient pu être, sont totalement corrompus aux yeux de Dieu. Ils ne peuvent être comparés à la personne parfaite du Christ ; de plus, autant que je sache, aucun d'entre eux ne s'est porté volontaire pour laver mes péchés dans son sang. Jésus est incomparable.

Dans la longue histoire de ce monde, d'innombrables religions et sectes sont apparues ; il en existe plus de 2 000 aujourd'hui ; et pourtant, pas une seule n'offre la certitude du pardon, la connaissance de la vérité et la vie éternelle. Jésus-Christ seul offre tout cela. Je cite ses paroles :

Celui qui croit en moi n'est pas jugé. Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais (Jean 3.18 ; 14.6 ; 11.25-26).

Versets 13-14

Je continue le texte.

Les membres du Grand-Conseil étaient étonnés de voir l'assurance de Pierre et de Jean, car ils se rendaient compte que c'étaient des gens simples et sans instruction ; ils les reconnaissaient pour avoir été avec Jésus. Mais, comme ils voyaient, debout à côté d'eux, l'homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à répondre (Actes 4.13-14).

Les autorités religieuses furent stupéfaites d'entendre que Pierre et Jean, de simples hommes du peuple illettrés, puissent s'exprimer aussi franchement et ouvertement et avec autant de hardiesse. Ils n'avaient pas reçu la formation qui convient à des enseignants de la Loi. Les autorités religieuses prirent cependant bonne note que ces deux pêcheurs étaient des disciples du Christ. L'assurance des apôtres est une caractéristique de leurs prédications qui est mentionnée à 10 reprises dans le livre des Actes. Bien sûr, les membres du Grand-Conseil ne comprenaient pas que c'était le Saint-Esprit qui leur donnait cette autorité et cette éloquence.

Versets 15-16

Je continue.

Alors ils leur ordonnèrent de sortir de la salle et délibérèrent entre eux : — Qu'allons-nous faire de ces gens-là ? disaient-ils. Car ils ont accompli un signe miraculeux évident et tous les habitants de Jérusalem sont au courant. Nous ne pouvons pas le nier (Actes 4.15-16).

Il est probable que Luc, qui n'était pas présent, ait appris ce qui s'était passé derrière les portes closes du Grand-Conseil grâce à un de ses membres. Mais il se peut aussi que ce soit par une révélation divine qu'il en ait eu connaissance. Pas même les Sadducéens, qui ne croyaient pas au surnaturel, ne pouvaient nier qu'une guérison extraordinaire avait eu lieu. J'ai entendu pas mal de gens me dire que s'ils assistaient à un miracle, alors ils croiraient en Dieu, en Jésus, ou en n'importe qui d'autre.

En fait, il n'en est rien. Ils seraient impressionnés, ça oui, pour quelques jours, et puis la routine reprendrait vite le dessus et puis le souvenir de l'événement s'estompe peu à peu et on oublie. On sait que plusieurs hauts dignitaires religieux avaient vu se dérouler devant leurs yeux les miracles du Christ, mais au lieu de croire en lui comme envoyé de Dieu, ils décidèrent de le faire exécuter.

Verset 17

Je continue.

Mais il ne faut pas que cela s'ébruite davantage parmi le peuple. Défendons-leur donc, sous peine de sanctions, de parler désormais à qui que ce soit en ce nom-là (Actes 4.17).

Les religieux qui ne pouvaient contredire ce prodige optent pour l'intimidation. Il est des plus intéressants de remarquer que ces faux jetons refusent délibérément de parler de Jésus, et se réfèrent à lui en disant ce nom-là. Quelle mauvaise foi ! Dans le chapitre suivant, le grand-prêtre jouera à ce même jeu de cache-cache.

Versets 18-22

Je continue.

Là-dessus, ils les firent rappeler et leur interdirent formellement de parler ou d'enseigner au nom de Jésus. Mais Pierre et Jean leur répondirent : — Jugez-en vous-mêmes : est-il juste devant Dieu de vous obéir, plutôt qu'à Dieu ? Quant à nous, nous ne pouvons pas garder le silence sur ce que nous avons vu et entendu. Après leur avoir fait de nouvelles menaces, ils les relâchèrent. En effet, ils n'avaient pas trouvé de moyen de les punir, parce que tout le peuple louait Dieu pour ce qui venait d'arriver. L'homme qui avait été miraculeusement guéri était âgé de plus de quarante ans (Actes 4.18-22).

L'âge du paralysé nous est donné pour bien montrer que tout le monde le connaissait depuis toujours comme infirme. Cette guérison ne s'est pas faite en cachette, au contraire, tout le monde l'a sue ; c'est d'ailleurs ça qui a valu à Pierre et à Jean d'être arrêtés. Devant leurs accusateurs qui cherchent à les intimider, les apôtres en appellent à une loi bien plus haute que celle des autorités terrestres qui leur interdisent de ne pas faire ce que le Seigneur a exigé d'eux.

Dans un conflit de ce genre, la question ne se pose pas ; une seule chose importe : obéir à Dieu. Les apôtres sont par définition des témoins du Christ. Ils ont explicitement reçu la charge de rendre compte de ce qu'ils ont vu, entendu et vécu. C'est là leur mission comme d'ailleurs celle de tout disciple. L'ordre qu'ils avaient reçu de Jésus était :

Le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout du monde (Actes 1.8).

Maintenant que Pierre et Jean sont devenus des modèles de courage, grâce à l'action du Saint-Esprit dans leur vie, ce ne sont pas les menaces de la pègre religieuse qui vont les faire taire. En attendant que se décide le sort des apôtres à huis clos, la foule a rempli les rues de Jérusalem. Elle est en état d'excitation à cause du miracle qui a eu lieu sous ses yeux, mais aussi à cause de l'attitude des membres du Grand-Conseil qui leur est incompréhensible. Or les chefs religieux, des Sadducéens très libéraux pour la plupart, désiraient avant tout conserver les bonnes grâces des Romains. Or ceux-ci n'appréciaient pas du tout les mouvements de foules en colère, alors, sous la pression du peuple, le Grand-Conseil n'a pas d'autres choix que de relâcher les apôtres.

Versets 23-24

Je continue.

Sitôt libérés, Pierre et Jean se rendirent auprès de leurs amis et leur racontèrent tout ce que les chefs des prêtres et les responsables du peuple leur avaient dit. Après les avoir écoutés, tous, unanimes, se mirent à prier Dieu, disant : — Maître, c'est toi qui as créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve (Actes 4.23-24).

Après avoir été libérés, les apôtres vont faire le rapport de tout ce qui s'est passé aux autres disciples. Devant cette première persécution, les croyants unanimes font monter leurs prières vers Dieu. Ils reconnaissent sa main dans cette épreuve, car ce qui est arrivé n'était pas du tout une maladresse de la part de Pierre ou de Jean, ni un accident de parcours, ni la faute à pas de chance. C'était la puissance créatrice et souveraine de Dieu qui avait tout orchestré. Il était à l'arrière-plan de cet événement qui n'est donc pas fâcheux du tout. Cette unité du groupe des disciples à prier ensemble d'une même voix est remarquable. Elle est mentionnée à plusieurs reprises dans le livre des Actes.

Versets 25-27

Je continue.

C'est toi qui as dit par l'Esprit Saint qui s'est exprimé par la bouche de notre ancêtre David, ton serviteur : Pourquoi cette agitation parmi les nations ? Et pourquoi les peuples ont-ils conspiré pour rien ? Les rois de la terre se sont soulevés et les chefs se sont ligués contre le Seigneur et son Messie. En effet, c'est bien une ligue qu'Hérode et Ponce Pilate, les nations et les peuples d'Israël ont formée dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as choisi comme Messie (Actes 4.25-27).

Les paroles de Pierre, C'est toi qui as dit par l'Esprit Saint qui s'est exprimé par la bouche de notre ancêtre David, soulignent, comme le font beaucoup d'autres passages, l'inspiration divine des Écritures par l'entremise d'agents humains comme le roi David. Cette citation de l'Ancien Testament que rappelle Pierre, identifie le sort des apôtres à celui de Jésus lui-même : quand ils sont persécutés, le Seigneur l'est également. Les Juifs et les païens se sont ligués pour assassiner Jésus et vont maintenant s'attaquer à ses disciples.

Cette prophétie concerne la période de la fin des temps qui s'appelle la Tribulation et qui est décrite dans d'autres livres bibliques, et en particulier dans l'Apocalypse. Cependant, dans un sens préliminaire, l'opposition subie par le Messie et qui a commencé à la croix se poursuit contre les apôtres et l'Église primitive. Cette haine contre Jésus et Dieu est allée en s'accroissant au cours des 2 000 ans révolus et verra son apogée à la fin des temps comme je l'ai dit.

Versets 28-31

Je continue.

Ils n'ont fait qu'accomplir tout ce que tu avais décidé d'avance, dans ta puissance et ta volonté. Maintenant, Seigneur, vois comme ils nous menacent, et donne à tes serviteurs la force d'annoncer ta Parole avec une pleine assurance. Étends ta main pour qu'il se produise des guérisons, des miracles et d'autres signes au nom de ton saint serviteur Jésus. Quand ils eurent fini de prier, la terre se mit à trembler sous leurs pieds à l'endroit où ils étaient assemblés. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et annonçaient la Parole de Dieu avec assurance (Actes 4.28-31).

C'est le conseil de Dieu qui avait déterminé d'avance que le Christ devait être sacrifié sur la croix, mais Hérode et Ponce Pilate, les despotes précédemment cités, ont choisi de leur propre gré de le tuer. Leur volonté était libre et Dieu ne leur a aucunement forcé la main. Maintenant, les premiers chrétiens en appellent à la même souveraineté de Dieu pour que sa puissance soit manifestée au travers de leur témoignage en paroles et en prodiges. Les signes miraculeux qu'accomplissent les apôtres ont pour but d'authentifier leur témoignage et d'établir leur autorité.

Il est intéressant de remarquer que les disciples n'ont pas prié pour que cessent les persécutions, mais pour que leur assurance soit renouvelée afin qu'ils puissent accomplir la tâche que Jésus leur avait confiée. La réponse à leur prière ne se fit pas attendre, car un tremblement de terre leur signale que leur requête a été entendue et exaucée. Ils sont tous revêtus de la puissance du Saint-Esprit qui va agir par leur entremise. Ce début du livre des Actes permet d'entrevoir la théologie de l'Église apostolique, c'est-à-dire, ce que les premiers chrétiens croyaient.

Pour eux, Jésus-Christ était le personnage central de leur foi. C'est avec sa venue que les promesses de l'Ancien Testament se sont réalisées et que le plan de l'Éternel s'est accompli, conformément à l'alliance qu'il avait conclue avec Israël. Ainsi, le peuple a suivi ses dirigeants en rejetant le Messie et en le faisant exécuter par les Romains. Mais Dieu a manifesté qu'il l'approuvait en le ressuscitant des morts et en le faisant siéger en Seigneur et Maître sur son trône jusqu'au jour de son retour sur terre, lorsqu'il établira son royaume de 1 000 ans. La mort de Jésus elle-même a été conforme au plan divin, car il devait souffrir et mourir en tant qu'Agneau de Dieu pour assurer le pardon des péchés.

C'est pourquoi, malgré le crime que le peuple d'Israël a commis, Dieu proclame sa grâce à qui se détourne de sa révolte et se confie en Jésus-Christ. Le croyant reçoit le Saint-Esprit et la vie éternelle. Mais à ceux qui rejettent le Christ, c'est la mort et le jugement qui les attendent. Les prédications de Pierre sont exclusivement centrées sur Jésus. Il est le Messie, le Prophète qui devait venir et le Serviteur de l'Éternel. Comme Dieu lui-même, il est le Saint et le Juste, l'auteur de la vie, le nom puissant qui guérit et le seul qui sauve, car il est le Seigneur tout puissant.

Versets 32-35

Je continue le texte.

Tous ceux qui étaient devenus des croyants vivaient dans une parfaite unité de cœur et d'esprit. Personne ne se prétendait propriétaire de ses biens, mais ils partageaient tout ce qu'ils avaient. Avec une grande puissance, les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la grâce de Dieu agissait avec force en eux tous. Aucun d'eux n'était dans le besoin, car ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le produit de la vente et le remettaient aux apôtres : ceux-ci le répartissaient alors entre tous et chacun recevait ce dont il avait besoin (Actes 4.32-35).

Toute l'Église n'était qu'un cœur et qu'une âme. Les croyants se comportaient comme un seul corps avec une seule vie. Ils étaient unis, non seulement spirituellement, mais aussi matériellement. Le début de l'Église fut une période où les apôtres firent appel à la libéralité de tous, car des milliers de Juifs de l'étranger s'étaient convertis à Jésus-Christ, et devaient rester à Jérusalem jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment instruits dans l'Évangile. Il fallait que les disciples qui en avaient les moyens se montrent à la hauteur et leur fournissent de quoi survivre. La vente des biens était volontaire, et la distribution se faisait selon les besoins.

Dans ce passage, Luc indique encore que l'essence de la prédication des apôtres était la résurrection de Jésus. La grâce de Dieu, dont il est question dans ce passage, est mentionnée au moins dix fois dans le livre des Actes.

Versets 36-37

Je finis le chapitre 4.

C'est ainsi que, par exemple, un certain Joseph possédait un terrain. C'était un lévite originaire de Chypre ; les apôtres le surnommaient Barnabas, ce qui veut dire « l'homme qui encourage ». Il vendit son terrain, apporta l'argent et en remit le produit aux apôtres (Actes 4.36-37).

Ici, nous faisons brièvement connaissance de Barnabas. Par la suite, et conformément à son nom, il réapparaîtra sur scène pour jouer un rôle important dans des situations délicates. Généreux et désintéressé, cet homme possédait les qualités nécessaires pour être un faiseur de paix et exhorter ceux qui étaient en proie à des difficultés personnelles. Entre le flot incessant de mauvaises nouvelles qui nous bombarde tous les jours et les aléas de la vie, il y a des jours où il est difficile de sourire.

Alors si dans mon cercle d'intimes j'ai la chance de fréquenter un Barnabas qui a ce don d'encouragement, je jouis d'un privilège qui n'a pas de prix. Barnabas avait résolu de suivre Dieu ; il avait abandonné les vaines poursuites qui animent les passions ici-bas. En conséquence, il était une illustration d'une des fameuses paroles du Christ que je cite :

Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l'Argent (Matthieu 6.24).