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Émission 332 - Actes 3:17 - 4:10

Diffusé le 8 avril 2008 - ::

Chapitre 3

Versets 17-18

La première prédication de l'apôtre Pierre est un appel général à la repentance, à se détourner de la fausse religion et à placer sa confiance en Jésus-Christ. Votre croyance, votre pratique cultuelle ou votre église si vous en fréquentez une ne peuvent pas vous garantir la vie éternelle ; de tous les grands personnages qui ont marché sur cette terre, seul le Christ a le pouvoir de m'ouvrir les portes du paradis.

Verset 19

Je continue à lire dans le chapitre 3 du livre des Actes.

Maintenant donc, repentez-vous et tournez-vous vers Dieu pour qu'il efface vos péchés (Actes 3.19).

Tout n'est pas perdu. Certes, le temps de l'ignorance est révolu, mais Dieu donne à Israël une autre occasion de se repentir. Il demande à son peuple un revirement radical vis-à-vis de Jésus-Christ. La repentance est un changement d'optique, de disposition intérieure, et de cœur qui entraîne une initiative pensée et voulue. C'est la résolution de se détourner d'une mauvaise voie pour choisir la bonne.

Celui, qui fait fausse route et qui s'en aperçoit, change de cap. Le résultat est une nouvelle course d'actions, celle de se détourner de la mauvaise voie, puis de prendre le bon chemin. Ici, l'apôtre décrit les deux mouvements de la conversion : la repentance et la foi. Les Juifs doivent radicalement changer d'opinion en ce qui concerne la personne du Christ et résolument lui faire confiance en tant que Messie ; c'est ce que Pierre appelle se tourner vers Dieu .

Versets 20-21

Je continue.

Alors le Seigneur vous accordera des temps de repos, et il vous enverra celui qu'il vous a destiné comme Messie : Jésus. En attendant, il doit demeurer au ciel jusqu'au jour où l'univers entier sera restauré, comme Dieu l'a annoncé depuis des siècles par la bouche de ses saints prophètes (Actes 3.20-21).

Pierre dit que si Israël en tant que nation se repentait, Dieu établirait son royaume sur terre. Seulement, il fallait que les Juifs s'humilient profondément comme le décrit une prophétie que je cite.

Je répandrai alors sur la famille de David et sur ceux qui habitent Jérusalem un Esprit de pitié et de supplication. Alors ils tourneront leurs regards vers moi, celui qu'ils auront transpercé. Ils porteront le deuil pour lui comme on porte le deuil pour un enfant unique ; ils pleureront sur lui tout comme on pleure amèrement pour son fils premier-né (Zacharie 12.10).

C'est à ce prix que le royaume d'Israël sera rétabli et que Dieu viendra à nouveau en la personne du Christ habiter au milieu de son peuple. Je cite une autre prophétie :

Je mettrai en vous mon propre Esprit et je ferai de vous des gens qui vivent selon mes lois et qui obéissent à mes commandements pour les appliquer. Vous demeurerez dans le pays que j'ai donné à vos ancêtres et vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu (Ézéchiel 36.27-28).

Les Juifs avaient refusé Jésus-homme. Maintenant, Dieu leur tendait une nouvelle fois la perche en leur donnant l'occasion d'accepter le Christ ressuscité et glorifié comme leur Messie. Cette nouvelle offre du salut et du règne de Jésus-Christ sur terre met en valeur la bonté de Dieu d'une part, et l'incrédulité d'Israël d'autre part. La repentance de la nation juive devait avoir deux conséquences : chaque Israélite individuellement recevrait le pardon de ses péchés, et le Messie reviendrait pour régner sur Israël.

Versets 22-23

Je continue le texte.

Ainsi Moïse a dit : Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos compatriotes, un prophète qui sera comme moi : vous écouterez tout ce qu'il vous dira. Celui qui refusera d'obéir à ce prophète sera exclu de mon peuple par la mort (Actes 3.22-23).

Jésus est présenté ici comme le Moïse du Nouveau Testament en accomplissement de la prophétie citée par Pierre. Moïse était le grand législateur de l'Ancienne Alliance, celle de la Loi donnée sur le mont Sinaï. Christ est le médiateur de la Nouvelle Alliance, celle de la grâce qui a introduit l'ère de l'Église. Tout comme Moïse, Jésus reviendra en apportant la délivrance pour certains, mais aussi le jugement pour la majorité.

Nous sommes au début des années 60 du premier siècle. La situation est urgente, car le temps presse. La nation d'Israël est à la veille d'une très grande tragédie qui aura lieu en l'an 70, lorsque les armées romaines détruiront la ville de Jérusalem et toute sa région. Plus d'un million de Juifs seront massacrés et d'innombrables vendus comme esclaves dans toutes les provinces de l'Empire romain.

Versets 24-25

Je continue.

Tous les prophètes qui ont parlé, depuis Samuel et ses successeurs, ont annoncé aussi d'avance les temps que nous vivons aujourd'hui. Vous êtes les héritiers de ces prophètes, les bénéficiaires de l'alliance que Dieu a conclue avec nos ancêtres lorsqu'il a promis à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies à travers ta descendance (Actes 3.24-25).

Plusieurs livres des Écritures ont Samuel pour auteur, dont deux portent son nom. Il est le dernier des juges et le premier d'une longue liste de prophètes de l'Ancien Testament, qui ont tous parlé de la période messianique. Sur l'ordre de l'Éternel, c'est lui qui introduisit la royauté en Israël et oignit Saül, son premier roi. Les Israélites étaient descendants et héritiers d'Abraham à qui l'Éternel fit toutes les promesses. Celles-ci aboutirent à l'existence de la nation d'Israël et à la venue de Jésus-Christ sur terre pour tous les hommes. Toutes les nations sont maintenant au bénéfice de la bénédiction divine et non pas seulement les Juifs.

Verset 26

Je finis ce chapitre.

C'est pour vous, en premier lieu, que Dieu a ressuscité son serviteur ; et il vous l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses mauvaises actions (Actes 3.26).

Jésus le serviteur de l'Éternel fut envoyé en priorité aux Juifs ; d'ailleurs, son ministère fut presque exclusivement réservé aux Israélites dans les territoires de la Galilée et de la Judée. Jésus fit une petite incursion en Samarie et dans la région de Gadara au sud-est du lac de Galilée, dont les populations étaient mixtes, bâtardes, un amalgame juif et païen, mais il ne sortit pas des frontières d'Israël. L'Éternel donne la priorité aux descendants d'Abraham à cause des promesses qu'il lui a faites. Il s'ensuit que l'établissement du millénium, le royaume de 1 000 ans sur terre, dépendait et dépend toujours de la réaction d'Israël à l'invitation de Dieu.

Chapitre 4

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 4 du livre des Actes, où a lieu la première persécution dirigée contre les apôtres. Je commence à lire.

Pendant qu'ils parlaient ainsi à la foule, survinrent quelques prêtres accompagnés du chef de la police du Temple et des membres du parti des sadducéens : ils étaient irrités de voir les apôtres enseigner le peuple et leur annoncer que, puisque Jésus était ressuscité, les morts ressusciteraient eux aussi (Actes 4.1-2).

Ce sont les religieux, pas les Romains, qui firent appréhender Pierre, Jean ainsi que le paralytique guéri, comme cela apparaît plus tard dans le récit. Ce pauvre homme n'a vraiment pas de chance ; maintenant qu'il peut marcher, il doit suivre ses bienfaiteurs en prison. Décidément, il y a des jours où rien ne va. Puisque le commandant du temple était responsable de maintenir l'ordre, il n'est pas étonnant qu'il soit intervenu pour disperser le peuple. Il était inquiet, car les mouvements de foule, ça peut mal tourner et les Romains n'aiment pas ça du tout.

Les principaux accusateurs étaient des Sadducéens. Plusieurs traits distinctifs les caractérisaient. Politiquement, ils voulaient sauvegarder leur nation coûte que coûte, ce qui fait qu'ils collaboraient étroitement avec les Romains. Ils se sentaient aussi étroitement liés aux Épicuriens grecs dont la philosophie «  buvons et mangeons, prenons du bon temps, car demain nous mourrons  » est aussi très française. Pour la plupart, ils étaient issus des classes riches de la société et croyaient à la poursuite du bonheur personnel et à la satisfaction sans retenue de tous les appétits charnels, ce qui leur permettait ainsi, disaient-ils, d'échapper à toute tentation.

Voilà une manière de voir les choses pour le moins intéressante et qui semble avoir fait école en Occident. Les Sadducéens s'intéressaient aux problèmes sociaux de leur époque et n'avaient que faire de la tradition des Anciens. Ils n'acceptaient que les 5 livres de Moïse comme Textes Sacrés. Rationalistes, ils étaient les libéraux de l'époque, des humanistes avant l'heure. Ils ne croyaient que ce qu'ils voyaient et rejetaient toute idée du surnaturel. Ils niaient donc l'existence des anges et des esprits et ne croyaient pas non plus en la résurrection des morts. En conséquence, ils sont particulièrement mécontents de l'enseignement de Pierre et Jean qui mettaient en avant la résurrection de Jésus-Christ dans tous leurs discours.

À côté des Sadducéens, et bien qu'il n'apparaît pas dans le texte, le parti religieux dominant de l'époque était celui des Pharisiens. Ils étaient environ 6 000 et comptaient parmi eux de nombreux interprètes de la Loi que l'Évangile appelle les scribes. Ce sont eux qui se sont le plus fortement opposés à Jésus-Christ et à son ministère sur terre. Ils furent les instigateurs du complot qui conduisit à son arrestation et à sa mort. L'Évangile en mentionne deux ou trois qui crurent en Jésus, mais la majorité d'entre eux le rejetèrent en bloc. Plusieurs traits distinctifs les caractérisaient et les opposaient fondamentalement aux Sadducéens dans leur façon de vivre, et de concevoir Dieu et la vie.

Ils croyaient que leur mission consistait à défendre le mode de vie des Juifs et à les préserver contre toute influence étrangère forcément mauvaise. Les Pharisiens étaient d'une grande discipline morale et rituelle, ce qui les séparait radicalement du reste du peuple. Les adeptes de ce groupe religieux étaient des légalistes purs et durs qui croyaient en la mise en pratique stricte des préceptes de l'Ancien Testament selon leur interprétation, et c'est bien là que le bât blesse. Ils avaient élaboré toute une tradition rigide qui consistait à observer 613 règles constituées de 248 commandements et 365 interdits.

Leur enseignement oral fut mis par écrit au 2e siècle de notre ère, c'est ce que les Juifs appellent encore aujourd'hui la Mishna qui se développa encore davantage pour former au 4e siècle le Talmud. Les Pharisiens pensaient que deux tendances, l'une mauvaise et l'autre bonne, s'opposaient en tout homme. Ils croyaient aussi en la résurrection des morts. Sur le plan politique, ils étaient très nationalistes, voire intégristes, et voulaient rétablir le royaume du roi David à tout prix. Dans ce sens, on peut les considérer comme un parti politico-religieux.

Versets 3-4

Je continue le texte du chapitre 4.

Ils les arrêtèrent donc et, comme il se faisait déjà tard, ils les jetèrent en prison jusqu'au lendemain. Cependant, parmi ceux qui avaient entendu leurs paroles, beaucoup crurent, ce qui porta le nombre des croyants à près de cinq mille hommes (Actes 4.3-4).

Les apôtres furent incarcérés toute la nuit parce que c'était déjà la fin de l'après-midi, donc trop tard pour leur faire un procès. Cependant, leur arrestation ne freine aucunement la Bonne Nouvelle. Un des thèmes sous-jacents du livre des Actes est la croissance tous azimuts, de la Parole de Dieu, malgré l'opposition juive et romaine. Comme une force irrésistible, le message allait de l'avant et rien, même pas le déchaînement de l'enfer, ne pouvait l'arrêter. D'ailleurs, Jésus l'avait annoncé d'avance aux apôtres, lorsque s'adressant à Pierre il avait dit :

Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle (Matthieu 16.18).

Plus loin dans ce chapitre des Actes, il est précisé que l'Église s'appuie sur une pierre d'angle qui, bien que rejetée par les bâtisseurs, est devenue la principale de l'édifice. Cette pierre est bien sûr la personne du Christ. Donc, la situation des deux principaux apôtres n'est pas brillante. Ils sont tous deux liés et au cachot. Mais peu importe, car la Parole de Dieu est libre comme l'air, et elle a fait son œuvre dans les cœurs de près de 2 000 personnes qui se sont converties au Christ.

Versets 5-6

Je continue le texte.

Le lendemain, les chefs des Juifs, les responsables du peuple et les spécialistes de la Loi se réunirent à Jérusalem. Il y avait là, en particulier, Hanne le grand-prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre et tous les membres de la famille du grand-prêtre (Actes 4.5-6).

Tout le gratin a été convié à la fête, à la réunion du Grand-Conseil composé de 70 hommes et qui s'appelait le Sanhédrin. C'est ici la première fois que des disciples de Jésus sont traînés devant la cour suprême juive. Cela arrivera encore 3 fois dans le livre des Actes. Hanne avait été déposé par les Romains, mais le peuple continuait à le considérer comme le grand-prêtre légitime, alors que son gendre Caïphe a rempli cette fonction de l'an 18 à 36 ap. J-C.

La description précise que l'auteur fait des chefs juifs établit un contraste. D'un côté, il souligne la pompe et la puissance des membres de cette assemblée qui dirigeait Israël, et de l'autre, il place au milieu d'elle deux simples pêcheurs insignifiants. C'est cette même assemblée qui avait interrogé Jésus lors de son procès. Ironiquement, toute cette crème se retrouve pratiquement sur la case départ. Ils ont devant eux les deux principaux et courageux disciples du Christ qu'ils ont fait assassiner.

Versets 7-9

Je continue.

Ils firent comparaître Pierre et Jean, les placèrent au milieu de leur assemblée et les interrogèrent : — Par quel pouvoir ou au nom de qui avez-vous fait cela ? Alors Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur répondit : — Dirigeants de la nation et responsables du peuple ! Nous sommes aujourd'hui interrogés sur le bien que nous avons fait à un infirme et sur la manière dont il a été guéri (Actes 4.7-9).

Le grand-prêtre présidait, et les membres étaient disposés en demi-cercle autour de lui, avec les prisonniers en face d'eux. Lorsque Pierre et Jean furent amenés devant le Grand-Conseil et qu'on leur demanda sur quoi reposait leur pouvoir, Pierre le porte-parole fut rempli du Saint-Esprit. C'est exactement ce que Jésus avait prédit. Je cite le passage :

Quand on vous emmènera pour vous traduire devant les autorités, ne vous inquiétez pas à l'avance de ce que vous direz, mais dites simplement ce qui vous sera donné au moment même : car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit Saint (Marc 13.11).

Ça va déjà être le 4e discours de Pierre dans le livre des Actes. L'apôtre commence par mettre ses accusateurs mal à l'aise quand il précise qu'ils ont été arrêtés pour avoir fait une bonne œuvre, en guérissant un infirme. Peut-être bien qu'aujourd'hui si quelqu'un avait un tel pouvoir de guérison, on le mettrait lui aussi en prison pour exercice illégal de la médecine.

Verset 10

Je continue la prédication de Pierre.

Eh bien, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache : c'est au nom de Jésus-Christ de Nazareth que nous avons agi, de ce Jésus que vous avez crucifié et que Dieu a ressuscité des morts ; c'est grâce à lui que cet homme se tient là, debout, devant vous, en bonne santé (Actes 4.10).

C'est par l'autorité et la puissance du Christ que le paralytique a retrouvé l'usage de ses jambes. À mon avis, les paroles de Pierre ont dû faire froid dans le dos aux membres du Grand-Conseil qui étaient là à écouter. En effet, ils s'entendent dire que ce miracle a été fait au nom de Jésus. Or ils avaient tout fait pour le supprimer, réussissant à manipuler Pilate pour qu'il ordonne son exécution ; puis ils s'étaient moqués de lui sur la croix. Bien sûr, ils ne croyaient pas les bruits qui couraient comme quoi il était ressuscité, mais ils ont devant eux un miraculé qui a retrouvé une pleine santé au nom de Jésus, et ça, ils ne peuvent pas le nier. Les deux apôtres font les mêmes genres de prodiges que leur Maître.

Les autorités religieuses se sont mises dans une situation impossible ; ils doivent se sentir mal, mais mal dans leur peau. L'impact de Jésus et de son enseignement est maintenant décuplé ; déjà, près de 5 000 hommes ont placé leur confiance en lui. Ce miracle atteste, prouve et confirme que Jésus est bien le Messie, le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Les religieux juifs sont devant une décision à prendre : soit continuer à nier l'évidence, soit faire une marche arrière complète, reconnaître leur grave erreur et s'humilier devant Jésus-Christ qu'ils ont fait crucifier.

Aujourd'hui, tout un chacun est devant ce même choix. Je suis, vous êtes et nous sommes tous confrontés au Christ et à cet appel à la repentance qu'a lancé l'apôtre Pierre à la foule, il y a maintenant presque 2000 ans ; et ne pas s'engager pour le Christ, c'est prendre parti contre lui, selon ses propres paroles que je cite :

Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse (Matthieu 12.30).