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Émission 331 - Actes 2:38 - 3:17

By Chemins de VIE
Créé 07/04/2008 - 05:00

Chapitre 2

Versets 38-39

Le premier grand message des apôtres, celui que Pierre adresse à la foule lors de la Pentecôte, a pour sujet la repentance, parce que c'est la démarche indispensable qui précède et conduit à la foi. D'ailleurs, cela apparaît clairement aussi bien à la fin des Évangiles que dans le livre des Actes. Je cite ces passages :

On annoncera de la part du Christ, aux hommes de toutes les nations, en commençant par Jérusalem, qu'ils doivent se repentir afin d'obtenir le pardon des péchés. Et c'est Jésus que Dieu a élevé pour siéger à sa droite, comme Chef suprême et Sauveur, pour accorder à Israël la repentance et le pardon de ses péchés en lui. Tous les prophètes ont parlé du Christ en disant que tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés (Luc 24.47 ; Actes 5.31 ; 10.43).

Le baptême au nom de Jésus signifie que le baptisé s'identifie au Christ dans sa mort et sa résurrection, et aussi qu'il lui appartient. Quant au don du Saint-Esprit, il est le garant de la vie éternelle et la conséquence d'une foi personnelle en Jésus-Christ. Ces vérités devaient être profondément troublantes pour ceux qui étaient là à écouter et qui avaient pris une part active dans la condamnation à mort de Jésus. Nul doute que certains de ces auditeurs s'étaient trouvés à l'extérieur du palais de Ponce Pilate et avaient crié à tue-tête : À mort ! À mort ! Crucifie-le !

Verset 40

Je continue le texte dans le chapitre 2 du livre des Actes.

Pierre continuait, avec instance, à leur adresser d'autres paroles pour les persuader, et il les encourageait, leur disant : — Recevez le salut, séparez-vous de cette génération dévoyée (Actes 2.40).

Le discours que l'auteur nous rapporte est un résumé succinct de l'ensemble de ce que Pierre a déclaré ce jour-là. L'apôtre est tout à fait conscient que Dieu est en train d'opérer un tri en Israël, dont les habitants s'étaient rendus coupables d'un affreux péché, un crime de lèse-majesté. Cependant, chaque Juif pouvait individuellement échapper au jugement de Dieu sur cette génération s'il se repentait.

Versets 41-42

Je continue.

Ceux qui acceptèrent les paroles de Pierre se firent baptiser et, ce jour-là, environ trois mille personnes furent ajoutées au nombre des croyants. Dès lors, ils s'attachaient à écouter assidûment l'enseignement des apôtres, à vivre en communion les uns avec les autres, à rompre le pain et à prier ensemble (Actes 2.41-42).

Les bassins vastes et nombreux qui se trouvaient autour de Jérusalem offraient des moyens suffisants pour la célébration du rite du baptême. Les habitudes orientales ne s'opposaient pas à un tel usage des réservoirs publics. On suppose que les 120 disciples ont participé à ce travail. Cependant, les apôtres seuls auraient pu baptiser ces trois mille personnes en une seule journée. On sait que Chrysostome, un Père de l'Église, aidé par des anciens, a baptisé par immersion 3 000 personnes en une journée en l'an 404 ap. J-C. Tous ces Juifs qui s'étaient convertis à Jésus-Christ se sont immédiatement joints à l'Église constituée jusqu'alors par les premiers disciples.

La preuve de leur foi nouvelle se manifestait par leur intérêt sans cesse renouvelé à se laisser instruire par les apôtres. De plus, ils jouissaient tous ensemble d'une communion fraternelle intense. Le signe distinctif d'une Église chrétienne n'est pas la hauteur de son clocher, ni le son de ses cloches, mais l'amour des membres les uns pour les autres. La dimension communautaire de la vie des premiers chrétiens était très importante ; leur attachement au Christ, leur foi et leur salut communs les rendaient solidaires et proches les uns des autres. Ils étaient enseignés, mangeaient et priaient ensemble.

Versets 43-45

Je continue.

Tout le monde était très impressionné, car les apôtres accomplissaient beaucoup de prodiges et de signes miraculeux. Tous les croyants vivaient unis entre eux et partageaient tout ce qu'ils possédaient. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et répartissaient l'argent entre tous, selon les besoins de chacun (Actes 2.43-45).

Les miracles avaient pour but d'établir l'autorité des apôtres et la véracité de leur enseignement. La solidarité de ces premiers chrétiens qui mettaient tout en commun n'était pas une forme de communisme, puisque c'était un acte volontaire de la part de chacun, comme nous le verrons plus tard. De plus, leurs biens n'étaient pas distribués également, mais donnés pour combler les besoins criants de certains membres de la jeune Église, en particulier des pèlerins de passage.

Versets 46-47

Je finis le chapitre.

Tous les jours, d'un commun accord, ils se retrouvaient dans la cour du Temple ; ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leurs repas dans la joie, avec simplicité de cœur. Ils louaient Dieu, et le peuple tout entier leur était favorable. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu'il sauvait (Actes 2.46-47).

Pas plus que Jésus lui-même, les chrétiens de Jérusalem n'ont rompu radicalement avec certaines des pratiques de l'Ancienne Alliance. Celles-ci, en effet, avaient été instaurées par Moïse sur l'ordre de l'Éternel, et leur caractère symbolique avait de la valeur aux yeux des croyants de la Nouvelle Alliance. C'est pourquoi les premiers chrétiens ont continué à observer la plupart des rites du culte juif. Ils y ajoutaient la prédication de Christ au peuple qui se rendait au Temple. Il a fallu des années avant que l'Église ne s'émancipe totalement du Judaïsme. En fait, c'est le jugement de Dieu qui tomba sur Israël en l'an 70 et qui détruisit le temple, qui mit un terme final aux pratiques judaïsant des premiers chrétiens. Un des thèmes sous-jacents du livre des Actes est la joie. Elle est mentionnée encore à 12 reprises dans la suite du récit.

Ce deuxième chapitre du livre des Actes se termine avec : Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu'il sauvait. C'est le premier des sept comptes-rendus de Luc. Et c'est ainsi que se conclut le récit de la création de l'Église. Conformément à la promesse de Jésus, l'Esprit est descendu sur les premiers disciples. Ce don répond et est en miroir en quelque sorte, à la Loi de Moïse que l'on célébrait à la Pentecôte.

À partir de maintenant, le peuple de Dieu n'est plus caractérisé par des marques extérieures rituelles comme c'était le cas sous l'Ancienne Alliance. Les chrétiens sont scellés par l'Esprit, ce qui se traduit par une vie transformée de l'intérieur. Cependant, un tri s'opère en Israël, et seuls ceux qui croient que Jésus est le Messie que Dieu a ressuscité ont part au don de l'Esprit. Le fait que les disciples aient parlé les langues des nations non-juives laisse entrevoir la participation des païens à l'Église. Lors du jugement de la Tour de Babel, Dieu avait désuni l'humanité en confondant leur langage. Maintenant commence à s'opérer le contraire. Sous la bannière du Christ, toutes les langues de tous les peuples seront réunies dans la même Église.

Chapitre 3

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 3 des Actes des Apôtres, dans lequel l'auteur décrit un miracle et nous fait part du second sermon de Pierre. Je commence à lire.

Un jour, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière à trois heures de l'après-midi. On était juste en train d'y porter un infirme : c'était un homme paralysé depuis sa naissance. On l'installait tous les jours à l'entrée de la cour du Temple, près de la porte appelée la « Belle Porte », pour qu'il puisse demander l'aumône à ceux qui se rendaient au sanctuaire (Actes 3.1-2).

Il y avait apparemment plusieurs temps de prière au temple de Jérusalem ; 3 heures de l'après-midi, c’était peut-être bien le moment où le prêtre de service venait offrir l'encens sur l'autel des parfums tout couvert d'or. Si c'est le cas, alors beaucoup de gens se rendaient au temple pour prier. Luc établit un contraste saisissant entre cette porte, qu'on appelait la Belle tellement sa beauté frappait les regards, et ce paralysé qu'on installait devant et qui lui n'avait rien d'attrayant du tout.

Son cas était désespéré. De plus, à cause de son infirmité, il lui était interdit de participer normalement au culte. Ça faisait désordre. Par sa simple présence, cet homme symbolisait la déchéance humaine. Il était habituel de placer les mendiants aux portes, pour qu'ils en appellent à la charité des foules qui entraient pour prier et adorer.

Il me semble qu'aujourd'hui c'est pareil, ceux qui font la manche aiment beaucoup s'installer à l'entrée des églises et pour certains, les affaires marchent plutôt bien. À cette époque, l'aide publique n'existait pas, ce qui fait que les indigents en étaient réduits à mendier. Cette belle porte séparait le parvis extérieur destiné aux non-Juifs des autres réservés aux seuls Juifs.

Versets 3-6

Je continue.

Quand il vit Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans la cour du Temple, il leur demanda l'aumône. Les deux apôtres fixèrent les yeux sur lui. — Regarde-nous ! lui dit Pierre. L'infirme les regarda attentivement : il pensait qu'il allait recevoir d'eux quelque chose. Mais Pierre lui dit : — Je n'ai ni argent ni or, mais ce que j'ai je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! (Actes 3.3-6).

L'invocation du nom de Jésus-Christ correspond à un appel à son autorité et à sa puissance. Bien que la première Église ait partagé ses possessions terrestres, Pierre n'en avait nullement tiré profit. Il était resté pauvre. Il y a là une certaine discordance avec beaucoup de ceux qui se sont dit ses successeurs. On raconte que Thomas d'Aquin, un Père de l'Église, étant venu au Vatican à Rome rendre visite au pape Innocent IV, fut stupéfait par l'amoncellement de trésors qu'il y vit. Le pape, devant son étonnement, lui a dit :

Vous voyez, Thomas, je ne peux pas dire, comme saint Pierre, que je n'ai ni argent ni or. Non, lui répondit Thomas, mais vous ne pouvez pas non plus dire comme lui, à un boiteux : lève-toi et marche !

Versets 7-11

Je continue le texte.

Et, en même temps, Pierre prit l'infirme par la main droite et le fit lever. Aussitôt, ses pieds et ses chevilles se raffermirent, d'un saut il fut debout et se mit à marcher. Il entra avec eux dans la cour du Temple : il marchait, il sautait de joie et louait Dieu. Tout le monde le vit ainsi marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c'était bien lui qui était toujours assis à mendier près de la « Belle Porte » du Temple. En voyant ce qui venait de lui arriver, les gens étaient remplis de stupeur et de crainte. Quant à lui, il ne quittait plus Pierre et Jean. Tout le peuple accourut et se rassembla autour d'eux dans la cour du Temple, sous le portique de Salomon, et ils étaient stupéfaits (Actes 3.7-11).

La guérison surnaturelle de cet infirme par l'entremise de Pierre et Jean ainsi que sa réaction exubérante attira une foule stupéfaite par ce miracle. Les Juifs qui se rendaient régulièrement au temple avaient souvent remarqué ce mendiant paralysé, mais ils ne l'avaient jamais vu marchant, sautant, et louant Dieu , et ne comprennent pas pour l'instant comment il a été guéri. Ce prodige avait rassemblé une foule sous un grand portique couvert construit sur les fondations du temple de Salomon, et qui en portait le nom. Ce genre de guérison était prophétisé comme faisant partie du royaume de Dieu. Je lis un passage.

À ceux qui sont troublés dites : « Prenez courage, n'ayez aucune crainte, votre Dieu va venir pour la rétribution et pour régler ses comptes. Il viendra lui-même et vous sauvera. » Ce jour-là s'ouvriront les oreilles des sourds et les yeux des aveugles. Et alors le boiteux bondira comme un cerf, et le muet criera de joie, car des eaux jailliront dans le désert et, dans la steppe, des torrents couleront (Ésaïe 35.4-6).

Verset 12

Je continue le texte.

Quand Pierre vit cela, il s'adressa à la foule : — Hommes israélites, qu'avez-vous à vous étonner ainsi de ce qui vient de se passer ? Pourquoi nous fixez-vous avec tant d'insistance comme si c'était nous qui, par notre propre pouvoir ou notre piété, avions fait marcher cet homme ? (Actes 3.12).

Pierre évalua la situation et vit là une occasion de prêcher. Il cherche tout d'abord à se distinguer des magiciens et guérisseurs païens, déclarant qu'il n'est pas un thaumaturge. Il va d'abord expliquer l'origine de cette guérison pour ensuite exhorter ses auditeurs à se tourner vers le Christ.

Versets 13-15

Je continue.

Non, c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos ancêtres, qui vient ici de manifester la gloire de son serviteur Jésus — ce Jésus que vous avez livré à Pilate et renié devant lui alors qu'il était décidé de le remettre en liberté. Oui, vous avez renié celui qui est saint et juste. À sa place, vous avez demandé comme faveur la libération d'un meurtrier. Ainsi vous avez fait mourir le Prince de la vie. Mais Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins (Actes 3.13-15).

Pierre attribua la puissance de guérison à Jésus, décrit ici par plusieurs qualificatifs dont : le serviteur de Dieu et le Juste. On retrouve d'ailleurs ces termes dans une prophétie que je cite.

Mais il a plu à Dieu de le briser par la souffrance. Bien que toi, Dieu, tu aies livré sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance. Il vivra de longs jours et il accomplira avec succès ce que désire l'Éternel. Car après avoir tant souffert, il verra la lumière, et il sera comblé. Et parce que beaucoup de gens le connaîtront, mon serviteur, le Juste, les déclarera justes et se chargera de leurs fautes (Ésaïe 53.10-11).

Pierre souligne la conduite irrationnelle du peuple qui a commis trois fautes graves.

Avec ce titre, Pierre culpabilise le peuple d'Israël un maximum. Il enfonce le couteau dans leur plaie béante, celle d'avoir fait mourir celui qui est la source de la vie éternelle et qui a le pouvoir de la transmettre aux hommes. Dans l'Évangile, Jésus a dit de lui :

Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante. Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis (Jean 10.10-11).

Certes, Jésus s'est offert volontairement en sacrifice, mais il n'empêche que la culpabilité des Juifs est bien réelle. De plus, l'irrationalité du péché apparaît dans toute son horreur. Le crime qu'ils ont commis, assassiner le Prince de la vie, est mille fois pire que de tuer la poule aux œufs d'or. Bien sûr et heureusement, la mort n'avait pas le pouvoir de retenir le Christ dans ses griffes, et il est donc ressuscité après avoir accompli la rédemption du genre humain.

Les apôtres mentionnaient systématiquement la résurrection dans leurs prédications. Elle était à leurs yeux, ainsi qu'à ceux de tout chrétien, un événement capital. Dans ce court passage, Pierre décrit Jésus au moyen de 4 qualificatifs différents : le serviteur de Dieu, le Juste et le Prince de la vie, que j'ai déjà commentés, mais il l'appelle aussi le Saint qui est un titre de l'Éternel dans l'Ancien Testament. Ce n'est pas tout ; Pierre prend soin de mentionner que ce miracle a été fait pour manifester la gloire de Jésus-Christ.

Verset 16

Je continue le texte.

Et c'est parce que nous croyons en Jésus, que la puissance de ce nom a rendu à cet homme que vous voyez et que vous connaissez, la force de se tenir debout. Oui, cette foi qui est efficace par Jésus a donné à cet homme une parfaite guérison, comme vous pouvez tous vous en rendre compte (Actes 3.16).

La guérison de l'infirme a eu lieu à cause de la foi de Pierre et de Jean dans le nom de Jésus, c'est-à-dire sa personne, qui il est en tant que Seigneur de gloire. Dans le livre des Actes, il n'y a pas moins de 33 références au nom de Jésus.

Versets 17-18

Je continue.

À présent, mes frères, je sais bien que vous avez agi sans savoir ce que vous faisiez, aussi bien vous que vos chefs. Mais Dieu a accompli de cette manière ce qu'il avait annoncé d'avance par tous ses prophètes : le Messie qu'il avait promis d'envoyer devait souffrir (Actes 3.17-18).

Après avoir donné une explication de la guérison et affirmé la responsabilité de ses auditeurs, Pierre va maintenant les exhorter à s'amender. Il reconnaît tout d'abord qu'ils ont agi par ignorance, dans le sens où ils n'avaient pas reconnu que Jésus était vraiment le Messie. Or dans l'Ancien Testament, les sacrifices couvraient les fautes commises par inadvertance ou encore les menus larcins commis contre son prochain. Mais tous les autres péchés étaient considérés à main levée contre l'Éternel , c'est-à-dire une rébellion et donc un crime de lèse-majesté qui entraînait automatiquement la peine de mort.

Dans la situation présente, et au travers de la culpabilité des Juifs et des Romains, Dieu a réalisé son objectif. Les prophéties de l'Ancien Testament, qui annonçaient que le Messie devait expier les péchés des hommes, se sont accomplies. Désormais, vous et moi pouvons être par la foi au bénéfice du calvaire du Christ ; c'est par ses souffrances qu'il a expié mes fautes.


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