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Émission 330 - Actes 2:8 - 2:38

By Chemins de VIE
Créé 04/04/2008 - 05:00

Chapitre 2

Versets 8-13

Le jour de la Pentecôte, il s'est passé plusieurs miracles. Les apôtres ont d'abord été baptisés du Saint-Esprit, après quoi ils furent capables de présenter la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dans toutes les langues parlées par les Juifs de la diaspora qui étaient de passage à Jérusalem pour célébrer cette fête. Cette foule d'étrangers, qui se trouvaient dans la ville sainte, était les descendants des Israélites des 12 tribus qui s'étaient réfugiés dans Juda lors de la déportation des tribus du nord par les Assyriens à la fin du 8e siècle av. J-C.

Cependant au début du 6e siècle, la quasi-totalité de ces Israélites avait été emmenée en captivité à Babylone par le roi Nabuchodonosor. L'empire babylonien avait ensuite été conquis par les Mèdes et des Perses. Mais lorsque le roi Cyrus vint au pouvoir, il autorisa tous les Juifs de son royaume qui le désiraient à retourner en Palestine. Cette histoire est racontée dans deux livres de l'Ancien Testament qui font partie des textes historiques et que je couvrirais en temps voulu.

L'Empire des Mèdes et des Perses fut à son tour conquis par Alexandre le Grand. C'est ce qui explique pourquoi beaucoup de Juifs parlaient le grec en plus de la langue de leur pays d'origine. Dans tout l'Empire romain, le grec était privilégié dans le monde des affaires, pour tous les échanges commerciaux et entre peuples d'une province à l'autre. Cela dit, même en exil, les Israélites furent très prolifiques, ce qui correspond d'ailleurs à une des promesses que l'Éternel avait faites à Abraham. Je cite un passage :

Puis Dieu le fit sortir de sa tente et lui dit : Contemple le ciel et compte les étoiles, si tu en es capable. Et il ajouta : Tes descendants seront aussi nombreux qu'elles (Genèse 15.5).

En conséquence, toutes les nations mentionnées dans ce passage avaient une communauté juive qui était quelques fois très importante, surtout en Égypte. D'ailleurs, ceux qui en étaient revenus et qui s'étaient installés à Jérusalem possédaient leur propre synagogue, tellement ils étaient nombreux. Un autre exemple de l'accomplissement de la promesse de Dieu à Abraham est donné par la grande cité grecque de Cyrène située sur la côte ouest de l'Égypte où le quart de sa population était juif.

Pour en revenir à la Pentecôte, tous ces descendants des déportés israélites entendent parler des merveilles de Dieu dans leur propre langue. Cependant, même si le discours leur est compréhensible, les auditeurs auront besoin des explications que Pierre va leur donner plus tard, pour en comprendre toute la portée.

Versets 14-15

Je continue maintenant le texte du chapitre 2 des Actes.

Alors Pierre se leva entouré des Onze et, d'une voix forte, il dit à la foule : — Écoutez-moi bien, vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem : comprenez ce qui se passe. Certains d'entre vous insinuent que ces hommes seraient ivres. Pas du tout ! Il est à peine neuf heures du matin ! (Actes 2.14-15).

Au nom de tous les apôtres qui étaient autour de lui, Pierre, leur porte-parole, se lève. Il avait reçu les clés du royaume, des mains du Christ pourrait-on presque dire, et celles-ci allaient maintenant lui servir à en ouvrir les portes. Il va prêcher le premier sermon de l'Évangile, et il a essentiellement un seul thème : Jésus est Seigneur et Messie. Pierre et les Onze débutent dans leur rôle de témoins de Jésus-Christ. Mais la première chose à l'ordre du jour est de réfuter les accusations d'ivresse. L'apôtre fait remarquer aux incrédules qu'il était 9 h du matin, le moment de prendre le café et pas l'apéritif.

À cette époque, c'était plutôt le soir que les fêtards étaient en état d'ébriété. Au moment où Pierre s'adresse à tous ceux qui sont venus voir ce qui se passait, l'Église venait juste de naître. Elle était encore 100 % juive, tout comme Jérusalem en tant normal, c'est-à-dire lors des fêtes qui attiraient aussi des non-Juifs prosélytes de toutes les nations. Les Romains, quant à eux, logeaient à l'extérieur des villes, et Pilate le gouverneur avait son quartier général à Césarée au bord de la Méditerranée dans la province de Samarie, très loin de la ville sainte.

Versets 16-21

Je continue le discours de Pierre.

Mais maintenant se réalise ce qu'avait annoncé le prophète Joël : Voici ce qui arrivera, dit Dieu, dans les jours de la fin des temps : Je répandrai de mon Esprit sur tous les hommes. Vos fils, vos filles prophétiseront, vos jeunes gens, par des visions, vos vieillards, par des songes, recevront des révélations. Oui, sur mes serviteurs, comme sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit : ils prophétiseront. Je ferai des miracles et là-haut, dans le ciel, et ici-bas sur terre, des signes prodigieux : sang, feu, colonne de fumée. Et le soleil s'obscurcira, la lune deviendra de sang, avant la venue du jour du Seigneur, ce jour grand et glorieux. Alors seront sauvés tous ceux qui feront appel au Seigneur (Actes 2.16-21).

Pierre cite toute la prophétie de Joël et pas seulement les paroles applicables aux événements du moment. Il mentionne également le passage qui a trait aux calamités qui vont survenir sur la nation juive et sur le monde entier. Pierre explique patiemment qu'au lieu d'être ivres, les croyants expérimentaient l'accomplissement de la première partie de ce qui est décrit dans cette prophétie émise environ 8 siècles av. J-C. Elle annonçait que la venue du Saint-Esprit sur le peuple serait l'une des manifestations caractéristiques des temps messianiques.

L'Ancien Testament comme Jean-Baptiste avait prophétisé que c'était par le Messie, par Jésus, que cette promesse s'accomplirait. Elle a effectivement commencé à se réaliser ce même jour où Pierre a pris la parole. Cependant, il n'y a eu aucun miracle tel que ceux décrits par Joël ; nul n'a vu une lune en sang ou une colonne de fumée et le soleil ne s'est pas éteint. La prophétie s'accomplira entièrement au moment où le Christ reviendra sur terre pour y établir son royaume. Les jours de la fin des temps, dont parle Joël (Joël 3.1-5), s'appellent aussi Le Jour de l'Éternel, et il s'étend sur toute la période de l'histoire inaugurée par la venue du Christ, qui inclut tout ce qui est décrit dans le livre de l'Apocalypse et dure jusqu'à son retour en gloire.

Ceci pour dire que l'interprétation des prophéties bibliques est délicate et demande beaucoup de précautions, car elles se situent au croisement entre l'au-delà et l'espace-temps dans lequel nous vivons. Il faut donc bien veiller à les situer dans leur contexte : celui du passage immédiat, mais aussi celui du livre dans lequel elles se trouvent, et en troisième lieu, il est nécessaire de la comprendre par rapport aux autres prophéties qui annoncent le même événement.

L'interprétation d'une prophétie demande le même genre de travail que d'assembler un puzzle. Il en est d'ailleurs de même des paraboles de Jésus. Elles enseignent une vérité spirituelle qui n'est accessible que par ceux qui ont le cœur ouvert et sont donc disposés à la recevoir. Pour les autres, ce n'est qu'une histoire qui n'a ni queue ni tête. Que ce soient les paraboles ou les prophéties, leur compréhension exige beaucoup de réflexions et d'humilité.

Verset 22

Je continue le texte.

Écoutez bien, Israélites, ce que j'ai à vous dire. Vous le savez tous : Jésus de Nazareth, cet homme dont Dieu vous a montré qu'il l'approuvait en accomplissant, par son moyen, au milieu de vous des miracles, des signes et des actes extraordinaires (Actes 2.22).

Cela faisait un mois et demi que Jésus-Christ avait été crucifié et qu'il était ressuscité. La plupart de ces pèlerins se trouvaient déjà à Jérusalem lors de ces événements puisque c'était la Pâque juive, une des 3 fêtes à laquelle tous les hommes juifs devaient assister selon la Loi de Moïse. Ils avaient donc entendu parler des œuvres extraordinaires du Christ tout comme les habitants de la Judée où se trouve Jérusalem. C'est pour cela que Pierre s'adresse à eux tous en disant : Vous le savez tous .

On peut imaginer que l'apôtre a dû retenir leur attention immédiatement. Non seulement, il parlait avec l'autorité du Saint-Esprit, mais il parlait du Christ, qui pour ces Juifs de la diaspora était certainement un personnage énigmatique. Pierre commence par relever les aspects sensationnels du ministère de Jésus. Ainsi, il pouvait à volonté suspendre les lois physiques, ayant une entière maîtrise des forces de la nature et des esprits méchants. De plus, il lisait dans les cœurs comme dans un livre ; sa puissance sur la maladie, la mort ou sur les éléments de la création prouvait son origine divine. Il était donc un émissaire de l'Éternel. À ce point du récit, j'imagine que la foule est bouche bée, accrochée à chaque syllabe de l'apôtre Pierre.

Verset 23

Je continue.

Il a été livré entre vos mains conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu'il avait établi d'avance. Et vous, vous l'avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui sont sans loi (Actes 2.23).

Il est important de se rappeler que la crucifixion n'était pas un événement fâcheux ou un accident de parcours, mais elle était nécessaire et ordonnée par Dieu. Jésus en était tout à fait conscient, ce qu'il a lui-même déclaré. Je le cite :

C'est pourquoi le Père m'aime, parce que je donne ma vie ; mais ensuite, je la reprendrai. En effet, personne ne peut m'ôter la vie : je la donne de mon propre gré. J'ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père (Jean 10.17-18).

La mort du Christ faisait partie du plan grandiose de Dieu arrêté depuis l'éternité pour racheter une humanité à la dérive. En disant à ses auditeurs : Et vous, vous l'avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui sont sans loi, Pierre porte une double accusation ; d'abord, contre la nation juive en général et ensuite contre les Romains qui eurent le dernier mot dans cette affaire. Car même si les choses se sont passées conformément au plan de Dieu, les auteurs du crime devront malgré tout assumer les conséquences de leur acte.

Les païens et les Juifs représentent le monde dans sa globalité, ce qui signifie que chacun d'entre nous — vous et moi inclus — est responsable de la mort du Christ. Il a été crucifié à cause de mes fautes et des vôtres, mais je suis libre d'accepter ce sacrifice ou de le refuser. Cela dit, juridiquement, c'est Israël qui est le plus coupable. D'ailleurs dans le livre des Actes, les apôtres reprochent 8 fois aux Juifs et seulement 2 fois aux païens d'avoir crucifié Jésus.

Verset 24

Je continue.

Mais Dieu a brisé les liens de la mort : il l'a ressuscité, car il était impossible que la mort le retienne captif (Actes 2.24).

Il n'était en effet pas possible que Jésus soit retenu par la mort, parce qu'il a la vie en lui-même. En tant que la seconde personne de la Trinité, il est la source de la vie. En outre, la volonté du Père était qu'il ressuscite. Pierre a dit deux mots en passant concernant les prodiges que Jésus a accomplis, mais elles sont d'une importance très secondaire. Par contre, il va longuement s'arrêter sur sa résurrection.

Versets 25-28

Je continue avec une prophétie tirée d'un Psaume.

En effet, David dit de lui : Je voyais le Seigneur constamment devant moi, car il est à ma droite pour que je ne vacille pas. Voilà pourquoi mon cœur est plein de joie et pourquoi mes paroles débordent d'allégresse. Même mon corps reposera dans l'espérance ; tu ne m'abandonneras pas dans le séjour des morts : tu ne laisseras pas ton serviteur fidèle se décomposer dans la tombe. Car tu m'as fait connaître le chemin de la vie, et tu me combleras de joie en ta présence (Actes 2.25-28).

Les paroles du roi David reflètent les pensées et l'état d'esprit du Christ juste avant son arrestation dans le jardin des Oliviers, quand a commencé son agonie, jusqu'au moment où il poussa un grand cri disant :

Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23.46).

La citation prophétique de David montre bien la proximité de Jésus avec le Père jusqu'à sa mort. Il savait qu'il ressusciterait et serait glorifié, ce qu'il avait d'ailleurs mentionné à ses disciples à plusieurs reprises. Il y a cependant eu une parenthèse, dont la durée ne nous est pas précisée, et pendant laquelle Dieu le Père s'est détourné de Dieu le Fils, parce que Jésus portait tous les péchés de l'humanité sur lui : depuis ceux d'Adam en passant par les miens, et jusqu'à ceux de la dernière personne qui naîtra sur terre avant la fin du monde. C'est pendant ce laps de temps alors qu'il était en croix que Jésus s'est écrié d'une voix forte vers 3 h de l'après-midi :

Eli, Eli, lama sabachthani ? ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Matthieu 27.46).

Versets 29-32

Je continue le texte qui poursuit sur le thème de la résurrection du Christ.

Mes frères, permettez-moi de vous parler franchement : le patriarche David est bel et bien mort et enterré. Son tombeau existe encore près d'ici aujourd'hui. Mais il était prophète et il savait que Dieu lui avait promis, sous la foi du serment, de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. Ainsi il a entrevu par avance la résurrection du Christ, et c'est d'elle qu'il parle en disant que Dieu ne l'abandonnera pas dans le séjour des morts et qu'il ne laissera pas son corps se décomposer. Dieu a ressuscité des morts ce Jésus dont je parle : nous en sommes tous témoins (Actes 2.29-32).

Pierre s'est d'abord adressé à ses auditeurs en leur disant : vous qui habitez la Judée et vous tous qui séjournez à Jérusalem, puis ensuite sous le terme d’ Israélites . Maintenant, il s'identifie à ses compatriotes en les appelant «  Mes frères  », en les entraînant à sa suite. Pierre argumente que la mort et la décomposition du corps de David sont bien la preuve que le roi ne parlait pas de lui-même dans sa prophétie, d'ailleurs son tombeau au sommet du mont Sion est bien connu et vénéré. Cependant, par l'Esprit qui était en lui, il annonçait d'avance la résurrection d'un de ses descendants, celle du Messie Jésus-Christ.

Versets 33-35

Je continue.

Ensuite, il a été élevé pour siéger à la droite de Dieu. Et maintenant, comme Dieu l'a promis, il a reçu du Père l'Esprit Saint et il l'a répandu sur nous. C'est là ce que vous voyez et entendez. En effet, David, lui, n'est pas monté au ciel, mais il a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Viens siéger à ma droite jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds (Actes 2.33-35).

Dans le livre des Actes, des apôtres disent à 5 reprises avoir été témoins de la résurrection du Christ. Ils savaient de quoi ils parlaient. Pierre a prouvé qu'elle a bien eu lieu, premièrement, en citant la prophétie du roi David qui l'annonçait, deuxièmement, par le témoignage oculaire des disciples qui l'ont vu mort, puis vivant pendant 40 jours et qui de plus ont assisté bouche bée à son ascension. Et finalement, la résurrection tout comme l'enlèvement visible de Jésus dans les cieux sont prouvés par les phénomènes surnaturels de la Pentecôte.

La descente du Saint-Esprit sur les 120 disciples réunis a été marquée par des événements miraculeux : d'abord, le formidable brouhaha qui ressemblait à un vent impétueux, puis les flammèches qui se posèrent sur la tête de chaque apôtre, et enfin le parler en langues des nations non-juives.

Verset 36

Je continue.

Voici donc ce que tout le peuple d'Israël doit savoir avec une entière certitude : Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié (Actes 2.36).

Voilà la conclusion de l'argument de Pierre. En utilisant le nom Seigneur pour faire allusion à Jésus-Christ, il fait référence au Seigneur de l'Ancien Testament, c'est-à-dire l'Éternel lui-même.

Verset 37

Je continue.

Ce discours toucha profondément ceux qui l'avaient entendu. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : — Frères, que devons-nous faire ? (Actes 2.37).

Les Juifs qui avaient écouté le discours de Pierre sont stupéfaits et fortement convaincus par le Saint-Esprit que tout ce qu'ils ont entendu est la vérité. Cependant, leur question est teintée de désespoir. S'ils sont responsables d'avoir crucifié leur Messie, qui était maintenant exalté à la droite de Dieu, que pouvaient-ils faire pour se racheter ?

Versets 38-39

Je continue.

Pierre leur répondit : — Repentez-vous pour que vos péchés vous soient pardonnés, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ. Alors, vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera (Actes 2.38-39).

Ce petit passage est très riche d'enseignements. D'abord, il met bout à bout le côté humain du salut avec l'impératif : Repentez-vous, et le côté de la souveraineté divine avec : tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera . Ce texte nous donne la signification du baptême d'eau. C'est le signe de la repentance, de la démarche intérieure qui conduit à la foi et au salut. Dans le livre des Actes, la repentance est mentionnée dix fois par les apôtres.

Par le baptême d'eau, le croyant témoigne qu'il a opéré un retour sur lui-même et a placé sa confiance en Jésus-Christ. Suite à cela, l'orientation de sa vie, ses priorités, ses valeurs ont totalement changé. Le baptême est donc une confession de foi publique et le symbole de l'action de Dieu dans la vie du croyant. Cependant, il ne communique pas de grâce particulière. C'est la foi en Jésus-Christ et elle seule qui procure la vie éternelle.


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