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Diffusé le 3 avril 2008 - ::
L'Église n'est pas une conception humaine. De toute éternité, elle fait partie du plan souverain de Dieu. Les apôtres que Jésus avait choisis n'ont compris sa mission qu'après son ascension dans les cieux. Il va sans dire qu'ils étaient totalement incapables d'accomplir quoi que ce soit par eux-mêmes. En fait lorsque Jésus fut arrêté, ils s'enfermèrent à double tour dans une maison de Jérusalem, tremblant comme des feuilles et attendant que l'orage passe.
Après la résurrection de leur maître, les apôtres lui avaient demandé quand il établirait son royaume sur terre. Ce à quoi Jésus avait répondu qu'il ne leur appartenait pas de connaître les temps et les moments. Par contre, il leur dit :
Le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'au bout du monde (Actes 1.8).
Cette parole de la fin de l'Évangile est répétée dans le 1er chapitre du livre des Actes au verset 8. C'est là où nous en sommes. Les apôtres sont donc appelés à devenir les témoins de Jésus partout dans le monde et jusqu'à Rome. La tâche est immense si l'on réalise que cette capitale est située à la distance considérable de 2 250 km de Jérusalem à vol d'oiseau. Pour ce faire, les disciples bénéficieront de la présence du Saint-Esprit à leur côté, ce qui se manifestera par des dons surnaturels, celui de guérison en particulier, et par la puissance de leurs prédications qui entraînera la conversion de foules de Juifs et de païens à Jésus-Christ.
Jésus partage l'humanité en 3 classes : les Israélites, les Samaritains, c'est-à-dire à moitié judaïsants et à moitié idolâtres, et en troisième lieu, le monde païen. Chacun de ces trois groupes nécessitera la présence de l'apôtre Pierre pour que le royaume lui soit ouvert et qu'il reçoive le baptême de l'Esprit. Ce découpage ethnique opère une division du livre en trois parties. Celles-ci correspondent à l'annonce de l'Évangile qui progressera en un cercle allant en s'élargissant à partir de Jérusalem, son centre.
Je continue.
Après ces mots, ils le virent s'élever dans les airs et un nuage le cacha à leur vue (Actes 1.9).
Quand Jésus naquit sur terre, il fut enveloppé dans des langes par Marie sa mère. Quand il quitta ce monde, il fut entouré d'une nuée semblable à celle qui nous est décrite dans l'Ancien Testament et qui représentait l'Éternel. Elle se situait au-dessus du sanctuaire alors qu'Israël campait dans le désert. L'ascension du Christ marque la conclusion de son ministère sur terre dans une enveloppe corporelle. Il fallait qu'il en soit ainsi, afin que le Saint-Esprit promis puisse venir. Jésus va demeurer dans la gloire à la droite du Père jusqu'à son retour pour juger la terre et instaurer son royaume de 1 000 ans.
Je continue.
Ils gardaient encore les yeux fixés au ciel pendant qu'il s'éloignait, quand deux hommes vêtus de blanc se présentèrent devant eux et leur dirent : — Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, en redescendra un jour de la même manière que vous l'avez vu y monter (Actes 1.10-11).
Les disciples étaient en état de transe et on les comprend. L'événement était unique dans l'histoire de l'humanité et ils avaient l'immense privilège d'y assister. Alors, deux anges les rappellent à l'ordre, en leur précisant que le Christ reviendra pareillement dans une nuée et sur le mont des Oliviers, à la vue de tous les hommes comme l'attestent un passage de l'Ancien Testament ainsi que le début du livre de l'Apocalypse. Je les lis :
Voici ! Il vient au milieu des nuées, et tout le monde le verra et même ceux qui l'ont percé et toutes les familles de la terre se lamenteront à cause de lui. En ce jour-là, il posera ses pieds sur le mont des Oliviers, près de Jérusalem, du côté du levant. Le mont des Oliviers se fendra d'est en ouest en deux parties ; une immense vallée se creusera entre les deux (Apocalypse 1.7 ; Zacharie 14.4).
De la même manière dont Jésus a quitté ce monde en s'élevant dans une nuée, il reviendra pour établir un royaume de justice sur terre. L'histoire de l'humanité ne va pas continuer telle qu'elle a été indéfiniment.
Je continue.
Alors les apôtres quittèrent la colline qu'on appelle mont des Oliviers, située à environ un kilomètre de Jérusalem, et rentrèrent en ville. Dès leur arrivée, ils montèrent à l'étage supérieur de la maison où ils se tenaient d'habitude. C'étaient Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques, fils d'Alphée, Simon le Zélé, et Jude, fils de Jacques. D'un commun accord, ils se retrouvaient souvent pour prier, avec quelques femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus (Actes 1.12-14).
Apparemment, toute la famille de Jésus s'est jointe au groupe des disciples, probablement suite à la résurrection qui les a convaincus qu'il était véritablement le Messie. C'est ici la seule mention de Marie dans le livre des Actes, car elle n'eut aucun rôle particulier dans l'établissement de l'Église. Cependant, sa réputation était rétablie ; finis les cancans, car il était désormais évident que son fils premier-né était le Fils de Dieu né d'une vierge.
Les premiers croyants se réunissaient avec les apôtres dans une pièce aménagée sur le toit en terrasse d'une maison palestinienne qui devait appartenir à l'un d’eux. Les femmes mentionnées sont celles qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée. Elles étaient présentes à la croix et furent les premières à se rendre au tombeau le dimanche de la résurrection. Leurs noms sont mentionnés dans les Évangiles.
Je continue.
Un de ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères. Ils étaient là environ cent vingt. — Mes frères, dit-il, il fallait que les prophéties de l'Écriture s'accomplissent : car le Saint-Esprit, par l'intermédiaire de David, a parlé à l'avance de Judas, qui a servi de guide à ceux qui ont arrêté Jésus. Cet homme était l'un des nôtres et il a eu sa part dans le service qui nous avait été confié (Actes 1.15-17).
Pierre assume son rôle de chef. Les paroles, que Jésus lui a dites : Je te donnerai les clés du royaume des cieu x, furent suivies par son reniement. Mais suite à sa réhabilitation, il jouera un rôle prépondérant dans le groupe des apôtres et dans l'histoire de l'Église qu'il ouvre par sa présence et ses paroles, successivement aux Juifs, aux Samaritains et aux païens, comme je l'ai déjà dit. Il commence donc à rappeler les événements entourant Judas, depuis les prophéties le concernant jusqu'à son acte de traîtrise. Pierre insiste sur la maîtrise par Dieu des circonstances, soulignant comment chaque événement entourant la mort de Jésus trouve sa place dans le plan divin.
Je continue.
Avec l'argent qu'il a reçu en paiement de son crime, il a permis d'acheter un champ ; il y est tombé la tête la première, il s'est éventré, et ses intestins se sont répandus sur le sol. Tous les habitants de Jérusalem l'ont appris : c'est pourquoi ils ont appelé ce champ : Akeldama, ce qui, dans leur langue, signifie : « le champ du sang » (Actes 1.18-19).
D'après les Évangiles, on sait que Judas jeta l'argent de la trahison à l'intérieur du temple et alla se pendre. Je lis le passage :
Judas jeta les pièces d'argent dans le Temple, partit, et alla se pendre. Les chefs des prêtres ramassèrent l'argent et déclarèrent : — On n'a pas le droit de verser cette somme dans le trésor du Temple, car c'est le prix du sang. Ils tinrent donc conseil et décidèrent d'acquérir, avec cet argent, le « Champ-du-Potier » et d'en faire un cimetière pour les étrangers (Matthieu 27.5-7).
Ce champ du potier fut acheté au nom de Judas et pour le bénéfice des étrangers. On apprend que sa mort fut plutôt dramatique. Il a certainement dû se pendre au-dessus d'une falaise, et quand la corde ou la branche s'est cassée, il est tombé sur un rocher et s'est éventré. Suite à cela, les gens de la ville ont renommé ce lieu le champ du sang.
Je continue.
Or, il est écrit dans le livre des psaumes : Que sa maison reste vide et que personne n'y habite. Et plus loin : Qu'un autre prenne sa charge. Nous devons donc choisir l'un de ceux qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus sillonnait le pays avec nous, depuis le moment où Jean l'a baptisé jusqu'au jour où il a été enlevé du milieu de nous. Cet homme sera ainsi, avec nous, un témoin de sa résurrection (Actes 1.20-22).
Une fois le rappel du méfait de Judas terminé, Pierre prend l'initiative de le remplacer afin que le nombre des apôtres reste douze. Parmi les critères retenus pour choisir ce disciple, il faut qu'il ait été un témoin oculaire de la vie, mort et résurrection du Christ. Les apôtres avaient conscience de l'importance de leur charge et de leur mission. Ils savaient qu'en particulier, ils étaient appelés à être les témoins des faits et gestes et de l'enseignement de Jésus. Les douze sont les apôtres de la continuité entre l'Ancienne Alliance et la Nouvelle ; ils sont les représentants du reste fidèle d'Israël.
Paul s'appelait Saul de Tarse et fut le persécuteur de l'Église. Il deviendra lui aussi apôtre, mais des non-Juifs. Il n'aurait pas pu remplacer Judas, n'ayant pas été un témoin oculaire de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ. Il est celui qui est venu après-coup et l'exemple type, on pourrait même dire l'archétype des grands pécheurs sauvés par la grâce de Dieu.
Je continue jusqu'à la fin du premier chapitre.
On présenta deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé le Juste, et Matthias. Et l'on fit alors cette prière : — Toi, Seigneur, tu connais le cœur de tous les hommes. Désigne toi-même celui de ces deux frères que tu as choisi pour occuper, dans cette charge d'apôtre, la place que Judas a désertée afin d'aller à celle qui lui revenait. Puis ils tirèrent au sort. Matthias fut désigné. C'est lui qui fut adjoint aux onze apôtres (Actes 1.23-26).
Devant choisir entre Justus et Matthias, les apôtres commencent par prier en reconnaissant la souveraineté du Seigneur. Ensuite, ils tirèrent au sort, une pratique qui était courante dans l'Ancien Testament. Ce n'était pas une décision au petit bonheur la chance, puisque les deux hommes choisis répondaient aux critères préalablement définis, mais elle souligne la souveraineté de Dieu qui en dernière finalité est celui qui choisit. Je cite à cet égard un texte du livre des Proverbes de l'Ancien Testament :
On jette le sort dans les pans du vêtement, mais c'est de l'Éternel que dépend toute décision (Proverbes 16.33).
Cependant, c'est la dernière fois dans les Écritures qu'on a recours à cette procédure pour déterminer la volonté de Dieu.
Nous voici arrivés au chapitre 2 de Luc qui relate deux événements particulièrement importants : le jour de la Pentecôte avec la venue du Saint-Esprit, et la première prédication de Pierre qui ouvre l'ère de l'Église aux Juifs. Je commence à lire.
Quand le jour de la Pentecôte arriva, les disciples étaient tous rassemblés au même endroit (Actes 2.1).
Cette fête annuelle avait lieu 50 jours après la Pâque. On lui avait associé le souvenir du don de la Loi au Sinaï. En d'autres mots, la Nouvelle Alliance, c'est-à-dire l'Église, débuta le même jour de l'année que l'Ancienne Alliance de l'Éternel avec Israël. On ne sait pas précisément où les disciples de Christ étaient rassemblés à ce moment-là, sans doute une maison dans Jérusalem.
Je continue.
Tout à coup, un grand bruit survint du ciel : c'était comme si un violent coup de vent s'abattait sur eux et remplissait toute la maison où ils se trouvaient assis. Au même moment, ils virent apparaître des sortes de langues qui ressemblaient à des flammèches. Elles se séparèrent et allèrent se poser sur la tête de chacun d'eux (Actes 2.2-3).
La description de la venue du Saint-Esprit est faite au moyen de comparaisons. N'étant pas visible, il s'est manifesté de manière à devenir perceptible à la vue et à l'ouïe. Il a causé un ramdam considérable qui fait qu'il ne pouvait pas passer inaperçu. C'était quelque chose comme 100 trains de marchandises qui traversent votre salon en même temps. Ensuite, il s'est manifesté par des mèches qui semblaient allumées. La scène présente des points communs avec les manifestations divines de l'Ancien Testament. Le symbolisme est important. En effet, les mots traduits par Esprit et vent ont la même racine en grec, la langue du Nouveau Testament.
Plusieurs fois dans l'Ancien Testament, Dieu se révèle par le biais du feu ou de flammes, ce qui représente sa sainteté et le jugement. D'ailleurs dans le livre de l'Apocalypse, le dernier du Nouveau Testament, il est question du baptême du feu qui consumera les incroyants. Mais ici, ces flammèches représentent simplement Dieu le Saint-Esprit. Lors de la Pentecôte, le Saint-Esprit s'est incarné en quelque sorte, dans les disciples qui étaient rassemblés. Ce nouvel organisme composé de tous ces croyants était le début de l'Église.
Je continue.
Aussitôt, ils furent tous remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler en d'autres langues, chacun s'exprimant comme le Saint-Esprit lui donnait de le faire. Or, à ce moment-là, des Juifs pieux, venus de toutes les nations du monde, séjournaient à Jérusalem (Actes 2.4-5).
Ce verbe traduit par remplis décrit toujours une plénitude de l'Esprit qui est temporaire et rend capable d'accomplir un service ou de parler de la part de Dieu. Le baptême de l'Esprit, lui, est différent. Il a lieu une seule fois au moment où quelqu'un place sa confiance en Jésus-Christ, reçoit donc la vie éternelle et entre dans l'Église universelle. Les disciples furent donc à la fois remplis et baptisés du Saint-Esprit. Les langues dans lesquelles ils s’exprimaient étaient différentes de l'araméen, leur langue maternelle. La Pentecôte était, avec la Pâque et la fête des Cabanes, l'une des trois célébrations où des Juifs de la diaspora venus du monde entier, c'est-à-dire des quatre coins de l'Empire, se rendaient à Jérusalem en pèlerinage.
Au même moment, les disciples furent rendus capables par l'Esprit de s'exprimer dans des dialectes qu'ils ne connaissaient pas. L'objectif de ce prodige était bien entendu de glorifier Dieu et d'annoncer la personne de Jésus-Christ à tous ces pèlerins venus en visite à Jérusalem. Ce parler miraculeux est mentionné deux autres fois dans ce livre, et toujours comme preuve d'une manifestation du Saint-Esprit. Cet événement extraordinaire marqua le début de l'Église. Jusque-là, elle avait été annoncée par Jésus-Christ ; elle devint une réalité ce jour-là grâce au baptême de l'Esprit. La Pentecôte, tout comme le premier Noël ou la résurrection du Christ, ne peut se répéter. Il s'agit chaque fois d'un événement unique dans l'histoire de l'humanité.
Je continue.
En entendant ce bruit, les Juifs accoururent en foule et furent saisis de stupeur. En effet, chacun d'eux les entendait parler dans sa propre langue. Dans leur étonnement, ils n'en croyaient pas leurs oreilles et disaient : — Voyons ! Ces gens qui parlent, ne viennent-ils pas tous de Galilée ? (Actes 2.6-7).
Les pèlerins juifs entendent le vacarme causé par la venue du Saint-Esprit et qui ressemblait au vrombissement d'immenses moteurs ou encore à un cyclone de passage. C'était assourdissant. Alors comme des badauds remplis de curiosité, les voilà tous qui rappliquent pour aller voir ce qui se passe. Les Juifs se trouvent face à face avec les disciples qui s'adressent à eux dans leur propre dialecte.
Or la majorité de ces croyants venaient de Galilée, c'étaient donc des gens sans instruction parlant avec un fort accent régional. Les pèlerins sont évidemment sidérés de les entendre s'exprimer dans toutes les langues des peuples entourant la Méditerranée. On est en droit de penser qu'ils parlaient de manière raffinée et sans faute de grammaire.
Je continue.
Comment se fait-il donc que nous les entendions s'exprimer chacun dans notre langue maternelle ? Nous sommes Parthes, Mèdes ou Élamites, nous habitons la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont ou la province d'Asie, la Phrygie ou la Pamphylie, l'Égypte ou le territoire de la Libye près de Cyrène, ou bien, nous vivons à Rome, nous sommes Juifs de naissance ou par conversion, nous venons de la Crète ou de l'Arabie, et pourtant chacun de nous les entend parler dans sa propre langue des choses merveilleuses que Dieu a accomplies ! Ils n'en revenaient pas. Plongés dans la plus grande perplexité, ils se demandaient entre eux : « Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? » Mais d'autres tournaient la chose en ridicule : « C'est le vin doux, disaient-ils, ils ont trop bu ! » (Actes 2.8-13).
Les incroyants juifs sont tout de suite prêts à tourner en dérision un événement qu'ils ne comprennent pas, qui dans leur tête n'a pas d'assise rationnelle. Le même état d'esprit qui critique ce qui ne correspond pas à des données bien cadrées est encore monnaie courante, surtout dans le pays de Descartes. En fait, si j'accepte uniquement ce que je comprends et ce qui me semble avoir une explication logique, non seulement je suis arrogant, mais je me prive aussi d'une bonne partie de la réalité.