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Diffusé le 2 avril 2008 - ::
L'expansion de l'Église primitive telle qu'elle nous est racontée dans le livre des Actes est due à l'impact de la Parole de Dieu, de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ sur le monde antique, de Jérusalem à Rome en passant par toute la Palestine et l'Asie Mineure, aujourd'hui la Turquie.
Pour bien souligner cet aspect essentiel de l'histoire de l'Église, Luc utilise 7 comptes-rendus judicieusement espacés dans le texte, et qui divisent le livre en tronçons d'importance voisine. Ces petits commentaires viennent renforcer le thème de la progression extraordinaire de l'Église naissante. Je les cite pour mémoire :
1. Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu'il sauvait (Actes 2.47).
2. La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s'accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).
3. Dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, l'Église jouissait alors de la paix. Elle grandissait dans la foi, vivait dans l'obéissance au Seigneur, et s'accroissait en nombre, grâce au soutien du Saint-Esprit (Actes 9.31).
4. Mais la Parole de Dieu se répandait toujours plus (Actes 12.24).
5. Et les Églises s'affermissaient dans la foi et voyaient augmenter chaque jour le nombre de leurs membres (Actes 16.5).
6. C'est ainsi que la Parole du Seigneur se répandait de plus en plus, grâce à la puissance du Seigneur (Actes 19.20).
7. Paul resta deux années entières dans le logement qu'il avait loué. Il y recevait tous ceux qui venaient le voir. Il proclamait le règne de Dieu et enseignait, avec une pleine assurance et sans aucun empêchement, ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ (Actes 28.30, 31).
Tout au long de son récit, Luc mentionne les noms de nombreuses personnes, ce qui rend le livre des Actes très vivant et qui l'enracine dans le contexte de l'histoire contemporaine. Il est le seul des écrivains du Nouveau Testament qui cite ne fût-ce que le nom d'un empereur. En fait, il en mentionne trois nommément : Auguste, Tibère et Claude ; il parle aussi de Néron, mais sans le nommer expressément. Les noms illustres du monde juif et païen de son temps apparaissent dans le récit de Luc. Outre les empereurs romains, il cite plusieurs gouverneurs, les rois de la Judée sous domination romaine, leurs filles et des grands-prêtres juifs de premier plan.
L'écrivain qui situe ainsi son récit dans le contexte de l'histoire de son temps s'oblige à une grande exactitude, car il offre aux critiques de nombreuses occasions de vérifier la justesse de ses propos. La précision de son récit est prouvée par la facilité avec laquelle il manie les titres complexes et changeants de toutes les notabilités qu'il mentionne pour étayer l'historicité de son livre. Ainsi, l'empereur pouvait à tout moment modifier le statut administratif d'une province de l'Empire ; le gouverneur passait par exemple de proconsul à légat impérial.
Mais Luc mentionne aussi des gens ordinaires qui se trouvaient sur son chemin et qui, pour une raison ou pour une autre, ont retenu son attention. Luc fait donc preuve d'une grande précision dans les détails concernant les gens et leurs titres, les lieux géographiques et les événements historiques. Cette exactitude s'étend plus largement à l'atmosphère et à la couleur locale. Il parvient dans chaque cas à rendre l'atmosphère particulière du lieu : Jérusalem avec ses foules intolérantes et promptes à s'enflammer s'oppose à la mercantile Antioche de Syrie, centre d'affaires important où des hommes de toutes croyances et de toutes nationalités se côtoient chaque jour. Rien d'étonnant à ce que ce soit dans cette cité que sera établie la première Église internationale, avec des Juifs et des païens s'y rencontrant en une communion faite de tolérance.
Luc décrit aussi avec exactitude la colonie romaine de Philippes, avec ses magistrats remplis de leur propre importance et ses citoyens si fiers d'être Romains. Il y a Athènes avec ses interminables discussions sur la place publique et la curiosité de ses habitants pour les dernières nouvelles, curiosité que lui reprochaient déjà ses dirigeants 4 siècles plus tôt. Et puis, il y a la ville d'Éphèse et son fameux temple consacré à la déesse Artémis, une des 7 merveilles du monde. La prospérité de cette cité dépendait pour beaucoup du culte à cette divinité, ce qui fait qu'Éphèse était devenue un centre si réputé pour la superstition, les incantations et la magie, que les formules magiques écrites dans le monde antique étaient couramment dénommées lettres éphésiennes . Tout ceci fait que Luc a été appelé un historien de grande classe par un grand nombre de critiques toutes tendances confondues.
Pour en venir aux Actes des Apôtres proprement dits, ce sont surtout les ministères des apôtres Pierre et Paul qui sont décrits et que l'auteur met en parallèle. Ainsi, le livre commence par un cycle de Pierre qui s'étend sur les 12 premiers chapitres et qui est suivi du cycle de Paul qui constitue le reste du livre. Il note que tous deux guérissent un infirme ; que l'un puis l'autre comparaît à Jérusalem devant le Grand-Conseil juif ; qu'ils font les mêmes genres de miracles encore plus extraordinaires que ceux du Christ ; ils sont, l'un et l'autre, rués de coups et gravement meurtris ; Pierre puis Paul ressuscitent un mort ; ils sont tous deux jetés en prison dont ils sont libérés miraculeusement.
Mais à côté de cela, ils ont des rôles très distincts. Ainsi, c'est Pierre qui a pour fonction d'ouvreur du royaume. C'est lui le premier qui prend la Parole lors de la Pentecôte. Sa présence est nécessaire dans la province de Samarie afin que le Saint-Esprit descende sur ceux qui avaient cru à la prédication du diacre Philippe, et c'est encore lui qui annonce l'Évangile au païen Corneille le Romain. Jésus avait bien prédit ce rôle historique de l'apôtre Pierre lorsqu'il lui avait dit et je le cite :
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tous ceux que tu excluras sur la terre auront été exclus aux yeux de Dieu et tous ceux que tu accueilleras sur la terre auront été accueillis aux yeux de Dieu (Matthieu 16.19).
Après Pierre, c'est l'apôtre Paul qui prend le relai et devient le porte-parole de l'Évangile jusque dans Rome, la capitale du monde païen. Luc l'accompagne et sera avec lui alors que l'apôtre y est emprisonné. Au milieu des 110 personnes mentionnées spécifiquement, Jésus est lui très présent, mais pas sous une forme charnelle évidemment. Son quartier général n'est plus à Capernaüm, dans le nord de la Palestine, mais à la droite du Père où il est retourné après être devenu l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde et qui a aussi triomphé de la mort.
Entre nous soit dit, c'est cette victoire du Christ sur la tombe qui donne toute sa valeur au christianisme. Sans la résurrection, la coquille est vide. Il n'y a plus rien. D'ailleurs, dans le livre des Actes, cette victoire sur la mort est au centre de chaque prédication des apôtres. C'est de cette manière que Jésus-Christ est le plus souvent rappelé tout au long du récit. Il n'est plus aux côtés de ses apôtres en chair et en os, mais il est quand même avec eux par l'Esprit qu'il avait promis de leur envoyer, l'Esprit qui le représente, et qui agit avec puissance en son nom.
Le livre des Actes est très riche d'enseignements dans un autre domaine. Ainsi, il présente au chrétien du 21e siècle un défi stimulant. En effet, il dépeint le zèle, la foi, la joie, l'engagement et l'obéissance des premiers croyants qui donnent un bel exemple à suivre à tous ceux qui aujourd'hui se réclament du Christ.
Je commence maintenant à lire le premier chapitre du livre des Actes dans lequel les apôtres se préparent pour la venue du Saint-Esprit.
Cher Théophile, dans mon premier livre, j'ai exposé tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir donné, par le Saint-Esprit, ses instructions à ceux qu'il s'était choisis comme apôtres (Actes 1.1-2).
Par cette phrase, Luc fait référence à son Évangile qu'il avait déjà écrit à l'intention de ce même Théophile, un personnage de haut rang social devenu chrétien. Peut-être même qu'il avait financé la rédaction de ces deux volumes que sont l'Évangile de Luc et le livre des Actes. Cela expliquerait pourquoi ces ouvrages lui sont dédiés. Quoi qu'il en soit, l'objectif ultime de l'auteur est d'affermir la foi de ses lecteurs en démontrant que tout ce qui entourait la personne du Christ et la naissance de l'Église reposait sur des bases historiques incontestables.
Les apôtres de Jésus avaient été les témoins oculaires de son ministère et de sa vie. Ils avaient vu ses miracles, entendu son enseignement, assisté à sa mort et à sa résurrection. Ils avaient vécu avec le Seigneur jour et nuit pendant 3 ans, marché avec lui sur les mêmes routes poussiéreuses de Palestine. Mais malgré tout cela, Judas, l'un des 12, l'avait trahi, et Pierre l'avait renié. Quant aux autres, ils s'étaient enfuis lorsque leur Maître fut arrêté par les religieux juifs.
Lorsque Luc dit : j'ai exposé tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner , il veut dire que ce livre des Actes, qu'il est sur le point de rédiger, poursuit le récit du ministère et de l'enseignement que Christ a débutés sur terre et qu'il a déjà commenté dans son Évangile. Jésus avait commencé une œuvre qui continue encore aujourd'hui par l'entremise de ses disciples qui sont éparpillés de par le monde, mais qui font partie de l'Église universelle.
Les chrétiens se rassemblent dans des assemblées très diverses, mais tous croient un certain nombre de vérités fondamentales concernant l'authenticité des Écritures ainsi que Dieu et la personne et l'œuvre du Christ. Juste avant son ascension, Jésus avait donné deux commandements. Je cite le passage :
Vous voyez que les Écritures enseignent que le Messie doit souffrir, qu'il ressuscitera le troisième jour, et qu'on annoncera de sa part aux hommes de toutes les nations, en commençant par Jérusalem, qu'ils doivent se repentir afin d'obtenir le pardon des péchés. Vous êtes les témoins de ces événements. Quant à moi, j'enverrai bientôt sur vous ce que mon Père vous a promis. Vous donc, restez ici dans cette ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut (Luc 24.46-49).
Le groupe des apôtres avait ordre de rester à Jérusalem et ils devaient aussi aller dans le monde en tant que témoins. Ces instructions peuvent avoir semblé contradictoires, mais il fallait y obéir à l'une et à l'autre.
Je continue.
Après sa mort, il se présenta à eux vivant et leur donna des preuves nombreuses de sa résurrection. Il leur apparut pendant quarante jours et leur parla du Règne de Dieu (Actes 1.3).
Jésus est apparu de nombreuses fois à ses disciples dont une dizaine nous est rapportée. Au cours de ces manifestations, il a prouvé qu'il était bien vivant, qu'il n'avait rien d'un esprit désincarné puisqu'il possédait un corps bien réel pouvant être vu et touché, et qui lui permettait de manger les mêmes aliments qu'auparavant. Cependant, ce corps de résurrection avait des caractéristiques tout autres que celui de son incarnation. Ainsi, il pouvait apparaître et disparaître à volonté et se déplacer d'une ville à une autre instantanément. Il avait à la fois un pied sur la terre et l'autre au ciel. Il était dans la présence de ses disciples, mais en même temps hors de l'espace-temps. C'est en étant avec ces hommes et ces femmes que Jésus leur a fourni les preuves qu'il avait véritablement vaincu la mort et il les a convaincus.
Mais moi, je n'ai pas eu le privilège de côtoyer le Christ ressuscité. Cependant, nous croyons tous en des tas de faits historiques sur la base de livres ou de professeurs, et nous ne les questionnons pas bien que nous n'en ayons pas été les témoins oculaires. Je crois que Napoléon a remporté la bataille d'Austerlitz, mais je n'y étais pas. En fait, les preuves de ce conflit sont relativement peu nombreuses, mais il n'est jamais venu à l'idée de quiconque de le mettre en doute.
Mais avec la résurrection de Jésus-Christ, on entre dans le domaine métaphysique, ce qui est un anathème dans un contexte comme le nôtre en Occident, qui se proclame scientifique et humaniste. Ce ne sont pourtant pas les preuves qui manquent pour qui veut bien étudier cette possibilité de la résurrection. Le problème ne réside pas avec les faits, mais avec le cœur de l'homme qui par nature est incrédule et ennemi de Dieu.
Heureusement pour l'humanité, Jésus est bel et bien sorti du tombeau et a triomphé de la mort. La période entre la résurrection et l'ascension fut de 40 jours, temps pendant lequel Jésus enseigna ses disciples concernant le millénium, c'est-à-dire le royaume de Dieu à venir, et qui débutera lorsque Jésus reviendra de façon spectaculaire dans l'histoire de l'humanité pour juger les nations et établir son règne sur terre. Ce thème avait déjà constitué une grande partie de son enseignement avant qu'il ne soit crucifié. En fait, c'est ainsi qu'il avait commencé son ministère, disant :
Le temps est accompli. Le Royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Marc 1.15).
Cependant, il trouva encore bon d'en parler à ses disciples pendant les 40 derniers jours de sa présence visible avec eux. L'annonce du royaume de Dieu sur terre constitua donc le début et la fin de tout l'enseignement de Jésus-Christ.
Je continue le texte.
Or, un jour qu'il prenait un repas avec eux, il leur recommanda de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre que son Père leur accorde le don qu'il leur avait promis. — C'est le don que je vous ai annoncé, leur dit-il. Car Jean a baptisé dans l'eau, mais vous, c'est dans le Saint-Esprit que vous serez baptisés dans peu de jours (Actes 1.4-5).
Jean-Baptiste avait effectivement prédit un baptême de l'Esprit qui serait opéré par Jésus. Je cite le passage :
Moi, je vous baptise dans l'eau, en signe de votre changement de vie. Mais quelqu'un vient après moi : il est bien plus puissant que moi et je ne suis même pas digne de lui enlever les sandales. C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu (Matthieu 3.11).
La différence entre Jean-Baptiste et le Seigneur est très nette : le premier lie son ministère à l'eau qui est un symbole de repentance, tandis que Jésus baptise de la puissance du Saint-Esprit. Jésus demande donc à ses disciples d'attendre jusqu'à ce que le Saint-Esprit descende sur eux afin de les rendre capables de mener à bien la tâche qu'il leur a confiée, c'est-à-dire, témoigner de lui jusqu'aux extrémités de la terre. Les apôtres ont peut-être bien du zèle et de l'enthousiasme, mais c'est très insuffisant. Ils ont déjà démontré que par eux-mêmes ils ne comprenaient pas grand-chose à l'enseignement que leur donnait Jésus et qu'ils étaient totalement incapables d'accomplir quoi que ce soit pour Dieu.
Jusqu'à présent, ils n'ont rien de très attrayant à leur actif. Ils se sont tout d'abord enfuis comme des lapins au moment où leur Maître fut arrêté par les autorités juives. Ensuite, ils sont restés cachés sous leur lit tremblant de peur. Voilà pourquoi Jésus leur demande d'attendre jusqu'à ce que le Saint-Esprit descende sur eux. Ce baptême de l'Esprit, le jour de la Pentecôte, sera aussi le début officiel de l'Église, ce qu'explique un passage du Nouveau Testament que je lis :
En effet, nous avons tous été baptisés par un seul et même Esprit pour former un seul corps, que nous soyons Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres. C'est de ce seul et même Esprit que nous avons tous été abreuvés (1Corinthiens 12.13).
Suite à ce baptême, les apôtres seront revêtus de puissance, ce qui les transformera et leur permettra de continuer l'œuvre du Seigneur.
Je continue le texte.
Comme ils étaient réunis autour de lui, ils lui demandèrent : — Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rendras le royaume à Israël ? (Actes 1.6).
Dans l'esprit des disciples, le baptême du Saint-Esprit et la venue du royaume promis étaient étroitement liés parce que dans l'Ancien Testament les deux événements sont fréquemment cités en même temps. Il est donc normal que les apôtres aient pensé que le rétablissement du royaume d'Israël était proche dans le temps.
Je continue.
Il leur répondit : — Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les périodes critiques que le Père a fixés de sa propre autorité (Actes 1.7).
Jésus ne reproche pas à ses disciples d'espérer le rétablissement du royaume. Par contre, il leur dit que la réponse à leur question n'est pas à l'ordre du jour. Ils ne peuvent connaître ni le moment précis, ni les événements qui précipiteront la venue du dit royaume. Il est cependant intéressant de remarquer que Jésus fait bien référence à un règne littéral sur terre puisqu'il l'insère dans l'espace-temps et autour de circonstances particulières bien que non précisées.
Ceci est important, car la venue du millénium, le règne de 1 000 ans du Christ sur terre, fait partie de l'espérance et de l'aspiration des croyants de tous les temps, aussi bien des Juifs pieux que des chrétiens. C'est alors seulement que la vraie justice, la liberté, l'égalité et la fraternité habiteront ce monde comme l'eau couvre les océans.