Chapitre 22
Versets 9-11
Israël en tant que nation a plus ou moins pris possession de la Palestine. Ces conquêtes terminées, les combattants des tribus qui ont reçu leur héritage sur la rive est du Jourdain sont rentrés chez eux. Mais avant de quitter la Terre Promise proprement dite, ils ont construit un immense autel afin qu'il serve de témoin au fait que c'était le même peuple qui habitait de chaque côté du fleuve. Cependant, les autres Israélites font une lecture de cet autel qui est très différente, comme quoi les incompréhensions entre êtres humains surgissent facilement.
Versets 12-16
Je continue le chapitre 22 du livre de Josué tout en le compressant.
Dès que les Israélites l'apprirent, ils se rassemblèrent tous à Silo, pour aller attaquer les hommes des tribus transjordaniennes. Ils se rendirent auprès des hommes de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé en Galaad et leur parlèrent en ces termes : Voici ce que vous fait dire toute la communauté de l'Éternel : « Pourquoi vous révoltez-vous contre le Dieu d'Israël ? Pourquoi vous détournez-vous maintenant de l'Éternel ? Car, en construisant un autel pour vous-mêmes, vous vous révoltez contre lui » (Josué 22.12-16).
Soupçonnant les tribus de l'est du Jourdain d'avoir érigé leur propre autel, concurrent de celui de l'Éternel, le seul légitime, les tribus de l'ouest ont la gâchette un peu facile et s'apprêtent à faire la guerre à leurs frères. On peut admirer leur zèle pour Dieu, mais la sagesse leur fait défaut.
Verset 19
Je continue plus loin.
Si le pays qui vous a été donné en propriété vous paraît impur, venez donc dans le territoire qui appartient à l'Éternel, et où il a établi sa demeure, et installez-vous au milieu de nous ; mais ne vous révoltez pas contre l'Éternel et ne vous opposez pas à nous en vous construisant un autel rival de celui de l'Éternel notre Dieu ! (Josué 22.19).
À la défense des tribus de l'ouest, il faut dire qu'ils avaient peur d'un jugement de l'Éternel contre eux tous. C'est en effet ce qui était arrivé à plusieurs reprises : pour la faute de quelques-uns, tout le peuple avait été châtié. Alors, ils offrent d'accommoder leurs frères de l'est et de les prendre chez eux, ce qui était une proposition très généreuse et magnanime, car onéreuse et fort complexe à réaliser maintenant que le partage avait été fait.
Versets 21-29
Je continue plus loin.
Les hommes de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé répondirent aux responsables d'Israël : Le Dieu suprême, l'Éternel, oui, le Dieu suprême, l'Éternel sait ce qu'il en est ; qu'Israël aussi le sache. Si c'est pour nous révolter et être infidèles à l'Éternel que nous avons construit cet autel, alors qu'il ne nous épargne pas, que l'Éternel lui-même nous en demande compte. Mais ce n'est pas le cas ! Nous l'avons fait parce que nous avions peur qu'un jour vos descendants ne disent aux nôtres : « Qu'avez-vous à faire avec l'Éternel, le Dieu d'Israël ? » C'est alors que nous avons pensé à construire cet autel, non pour y offrir des holocaustes et des sacrifices, mais pour servir de témoin entre nous et vous, et pour les générations qui nous succéderont, attestant que nous aussi nous rendons notre culte à l'Éternel devant lui, par nos holocaustes, nos sacrifices de communion et nos autres sacrifices. Nous voulions éviter qu'un jour vos descendants ne disent aux nôtres : « Vous n'avez rien à faire avec l'Éternel ! » Nous nous sommes dit : S'ils venaient un jour à parler ainsi, à nous ou à nos descendants, nous pourrons leur répondre : Regardez l'autel que nos ancêtres ont construit et qui est une réplique de l'autel de l'Éternel. Ils l'ont fait pour servir de témoin entre nous et vous ! Ainsi nous n'avons jamais eu l'idée de nous révolter contre l'Éternel et d'abandonner son culte en érigeant un autel rival de l'autel de l'Éternel notre Dieu qui est dressé devant son tabernacle (Josué 22.21-24, 26-29).
Au lieu de se fâcher, les représentants des tribus de l'est candidement et en toute sincérité expliquent la raison de leur action. En disant : Le Dieu suprême, l'Éternel, oui, le Dieu suprême, l'Éternel sait ce qu'il en est , ils jurent à l'aide d'une formule très solennelle. Ils prennent Dieu comme témoin, en utilisant ses 3 noms principaux, qu'ils n'ont rien fait de répréhensible. Cet autel a été construit pour le bénéfice des générations futures. Il est un témoignage de l'appartenance des tribus de l'est au même peuple que celles de l'ouest, et de leur fidélité au même Dieu, l'Éternel, qui est adoré au tabernacle à Silo.
Cependant, cette mesure de précaution était inutile. En effet, selon la Loi de Moïse, tout Israélite de sexe masculin devait se rendre au tabernacle de l'Éternel au moins 3 fois par an. L'observation de cette ordonnance était suffisante pour préserver l'unité de la nation d'Israël aussi bien spirituellement que politiquement. De plus, la construction d'un autre autel, fut-il bien intentionné, était à long terme dangereux. L'histoire d'Israël montrera bien que c'est l'abandon du sanctuaire comme centre unique du culte qui marquera la fin de l'unité de la nation. Les tribus établiront des centres cultuels indépendants, ce qui entraînera des rivalités, l'idolâtrie et la faiblesse militaire de toute la nation.
Versets 30-33
Je finis le chapitre en compressant.
Lorsque le prêtre Phinéas, les responsables et les chefs des familles d'Israël eurent entendu les explications des hommes de Ruben, de Gad et de Manassé, ils furent satisfaits. Après cela, ils revinrent en terre de Canaan, auprès des autres Israélites, et leur rendirent compte de ce qui s'était passé. Les Israélites furent satisfaits et ils bénirent Dieu (Josué 22.30-33).
Tout est bien qui finit bien, ou presque. Selon la Loi, tout autel autre que celui situé dans le parvis du tabernacle et consacré à l'Éternel devait être détruit. Ce récit souligne le problème constitué par la localisation des territoires des deux tribus et demie à l'est du Jourdain. Cette situation restera une menace constante pour l'unité politique et religieuse d'Israël.
Chapitre 23
Versets 1-2
Nous voici maintenant arrivés au chapitre 23 qui relate l'avant-dernière exhortation de Josué à tout le peuple, peu de temps avant sa mort. Jacob avait fait de même en rassemblant ses douze fils, puis Moïse aussi lorsqu'il convoqua toutes les tribus. Les dernières paroles de quelqu'un revêtent toujours un caractère très solennel. Je commence à lire.
Une longue période s'écoula après que l'Éternel eut accordé aux Israélites de vivre sans être inquiétés par aucun ennemi autour d'eux, et Josué était devenu très vieux. Il convoqua tout Israël, ses responsables, ses chefs, ses juges et ses officiers, et leur dit : Je suis devenu très vieux (Josué 23.1-2).
Josué doit avoir presque 110 ans. Cela fait environ une quinzaine d'années que le partage a été fait et que les Israélites sont bien installés dans le pays de Canaan. Tous les vétérans sont là. Depuis qu'ils ont enterré la hache de guerre, ces combattants sont devenus agriculteurs, chefs de famille, et responsables du peuple. Ils sont venus sans hésiter une seconde pour entendre l'exhortation de leur chef suprême.
Versets 3-8
Je continue en compressant.
Vous avez constaté vous-mêmes comment l'Éternel votre Dieu a traité tous ces peuples devant vous : il a lui-même combattu pour vous. Voyez : j'ai attribué en possession à vos tribus le territoire de ces peuples qui subsistent encore. L'Éternel, votre Dieu, les dépossédera lui-même en votre faveur, il les fera fuir au fur et à mesure de votre avance et vous posséderez leur pays, comme il vous l'a promis. Appliquez-vous donc de toutes vos forces à obéir et à appliquer tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi de Moïse, sans vous en écarter ni d'un côté ni de l'autre. Ne vous mêlez pas à ces populations qui subsistent parmi vous. N'ayez aucune pensée pour leurs dieux, ne prêtez pas serment par leur nom, ne leur rendez pas de culte et ne vous prosternez pas devant eux pour les adorer. Attachez-vous uniquement à l'Éternel, votre Dieu, comme vous l'avez fait jusqu'à présent (Josué 23.3-8).
Josué rafraîchit la mémoire de ses compatriotes en leur rappelant qu'ils doivent leur territoire à l'Éternel seul. C'est lui qui a combattu pour eux et les a installés dans le pays de Canaan. Il les exhorte avec conviction à ne participer à aucun culte idolâtre qui était monnaie courante tout autour d'eux, et à obéir à toute la Loi de Moïse, car c'est en cela que réside la clé de leur succès et de la prospérité. Tant que ces hommes étaient engagés dans des campagnes militaires contre des peuples étranges dans un pays inconnu, la crainte les avait motivés à rester fidèles à l'Éternel. Mais maintenant qu'ils vivaient dans la paix et l'abondance, le danger de l'autosatisfaction et de la corruption spirituelle était bien réel.
Versets 11-13
Je continue plus loin.
Veillez donc sur vous-mêmes pour aimer l'Éternel votre Dieu ! Car si vous vous détournez de lui et si vous vous associez au reste de ces peuples qui subsistent parmi vous, si vous vous alliez à eux par des mariages et si vous avez des relations avec eux, sachez bien que l'Éternel votre Dieu ne continuera pas à déposséder ces peuples en votre faveur. Alors ils deviendront pour vous des pièges et des filets, ils seront des fouets à vos côtés, et des épines dans vos yeux. Et vous finirez par disparaître de ce bon pays que l'Éternel votre Dieu vous a donné (Josué 23.11-13).
Pour la deuxième fois, Josué exhorte ses compatriotes à être sur leurs gardes et à demeurer attachés à l'Éternel de toute leur force. La bénédiction divine, dans le Pays promis, ne leur sera accordée que s'ils se montrent obéissants envers leur Dieu. C'est pourquoi toute alliance avec les peuplades alentour est à proscrire, car tôt ou tard elle compromettrait leur loyauté envers l'Éternel, ce qui ne manquerait pas d'entraîner leur bannissement. Josué a très bien compris qu'il n'existe pour Israël que deux possibilités : soit la nation restera fidèle à son Dieu, soit elle épousera l'idolâtrie cananéenne ambiante.
Dans le domaine spirituel, la neutralité n'existe pas. C'est pareil aujourd'hui pour chacun d'entre nous. L'humanisme est une bonne chose sauf en théologie où elle n'est qu'une forme d'idolâtrie parmi d'autres. En effet, si je ne suis pas attaché au vrai Dieu tel qu'il s'est révélé en la personne du Christ, je serai la proie et l'esclave de tas de choses. La largesse d'esprit dans le domaine spirituel est une servitude. Que je pratique une religion ou pas, que je dise croire ou pas, tout cela revient au même, car en définitive je vais être au service de moi-même. C'est Jésus lui-même qui a dit :
Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse. Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre (Matthieu 12.30 ; 6.24).
Versets 14-16
Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre.
Voilà que je m'en vais par le chemin que prend tout être humain. Reconnaissez de tout votre cœur et de tout votre être qu'aucune des promesses de bienfait que l'Éternel votre Dieu vous a faites n'est restée sans effet : elles se sont toutes accomplies pour vous, sans exception aucune. Eh bien, comme il a tenu toutes ses promesses de bienfaits, l'Éternel votre Dieu accomplira aussi toutes ses menaces contre vous, jusqu'à vous faire disparaître de ce bon pays qu'il vous a donné. Si vous violez l'alliance qu'il a établie pour vous et si vous allez rendre un culte à d'autres dieux en vous prosternant devant eux, l'Éternel se mettra en colère contre vous et vous disparaîtrez sans tarder de ce bon pays qu'il vous a donné (Josué 23.14-16).
Josué ponctue sa troisième salve d'exhortations avec l'imminence de sa mort afin d'en accentuer leur portée. Il rappelle la fidélité de l'Éternel à ses promesses et met en garde ses compatriotes une nouvelle fois contre le jugement qui les attend s'ils désobéissent à leur Dieu et tombent dans l'idolâtrie. Le grand danger qui menaçait Israël n'était pas de nature militaire, mais morale et spirituelle. L'histoire subséquente montrera que toutes ces exhortations étaient nécessaires, mais ne furent pas suivies.
Chapitre 24
Versets 1-2
Nous voici arrivés au dernier chapitre du livre de Josué dans lequel, juste avant de mourir, il donne son dernier discours, tout comme Moïse l'avait fait avant lui. Il exhorte le peuple à renouveler son alliance avec l'Éternel son Dieu. Je commence à lire.
Josué rassembla toutes les tribus d'Israël à Sichem. Il convoqua les responsables, les chefs, les juges et les officiers d'Israël et ils se placèrent devant Dieu. Alors Josué dit à tout le peuple : Voici ce que déclare l'Éternel, le Dieu d'Israël : Il y a bien longtemps, vos ancêtres, en particulier Térah, le père d'Abraham et de Nahor, ont habité de l'autre côté de l'Euphrate et ils rendaient un culte à d'autres dieux (Josué 24.1-2).
Cette rencontre solennelle a lieu à Sichem, une ville de refuge située dans une vallée à une cinquantaine de kilomètres au nord de Jérusalem et sur le territoire de la tribu d'Éphraïm. Moïse avait choisi ce lieu pour la promulgation solennelle de la Loi, ainsi que des bénédictions et malédictions qui y étaient attachées. C'est là que se trouvait le tabernacle, le centre religieux d'Israël, sa capitale pourrait-on dire. Josué est inquiet, il n'a pas l'esprit tranquille. Alors, il convoque tous les chefs et magistrats du pays pour un renouvellement officiel de l'alliance avec l'Éternel. À l'image des traités du Proche-Orient ancien, il commence par une évocation historique, et plus spécifiquement avec l'arrière-plan idolâtre de la famille d'Abraham pour mieux souligner la grâce de Dieu qui a pris l'initiative d'y arracher leurs ancêtres.
Face à une humanité déchue et rebelle, l'Éternel choisit un homme, Abraham, et lui demanda de quitter sa patrie à cause de l'idolâtrie qui y régnait. Son plan était de faire de cet homme une nation sainte de laquelle serait issu le Messie qui viendrait donner à tout être humain la possibilité d'obtenir la vie éternelle. Le discours de Josué se poursuit avec une rétrospective sur le passé d'Israël, depuis les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, ses 12 fils, jusqu'à la sortie d'Égypte des 12 tribus, 13 avec les Lévites, et la conquête du pays de Canaan.
Versets 12-15
Je continue plus loin.
Ainsi ce ne sont ni vos épées, ni vos arcs qui vous ont donné la victoire. Je vous ai donné un pays que vous n'aviez pas cultivé, des villes que vous n'aviez pas bâties et où vous êtes installés, des vignobles et des oliviers que vous n'aviez pas plantés, mais dont vous mangez les fruits. Maintenant donc, dit Josué, respectez l'Éternel et servez-le de façon irréprochable et avec fidélité. Rejetez les dieux auxquels vos ancêtres rendaient un culte de l'autre côté de l'Euphrate et en Égypte, et rendez un culte à l'Éternel seulement. S'il vous déplaît de servir l'Éternel, alors choisissez aujourd'hui à quels dieux vous voulez rendre un culte : ceux que vos ancêtres adoraient de l'autre côté de l'Euphrate ou ceux des Amoréens dont vous habitez le pays ; quant à moi et à ma famille, nous adorerons l'Éternel (Josué 24.12-15).
Dieu, par la bouche de Josué, rappelle les bénédictions qu'il a accordées à son peuple et renouvelle son appel à la fidélité à son alliance, ce qui inclut bien évidemment le rejet des faux dieux. L'idolâtrie restera une tentation constante pour Israël jusqu'au retour de l'exil babylonien. À la suite de Moïse et à l'instar des prophètes à venir, Josué lance un défi courageux en plaçant le peuple devant le choix fondamental : adorer l'Éternel ou d'autres dieux. Quant à lui, sa décision est prise. Il servira l'Éternel.
Versets 16-18
Je continue le texte en compressant.
Le peuple répondit : Loin de nous la pensée d'abandonner l'Éternel pour adorer d'autres dieux ! Car c'est l'Éternel notre Dieu qui nous a fait sortir, nous et nos ancêtres, d'Égypte, il a accompli sous nos yeux des signes extraordinaires. C'est l'Éternel qui a chassé devant nous tous ces peuples, et en particulier les Amoréens qui habitaient la contrée. Oui, nous aussi, nous voulons adorer l'Éternel, car il est notre Dieu (Josué 24.16-18).
Touché par la forte conviction de leur ancien général et par son exemple, le peuple, tel un seul homme, promet fidélité à son Dieu. Quelle bonne disposition d'esprit de leur part ! Comme quoi une seule personne, consacrée corps et âme à l'Éternel, peut propager le feu sacré à tous ceux qu'il touche.