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Émission 309 - Josue 20:1 - 22:9

Diffusé le 6 mars 2008 - ::

Chapitre 20

Versets 1-3

Sous le régime de l'Ancien Testament, celui qui était coupable d'homicide involontaire devait fuir dans une ville qui était désignée comme cité refuge, et dans laquelle il était préservé du vengeur de sang, c'est-à-dire de celui qui est chargé de faire justice. Aujourd'hui, ça ne se fait plus ainsi, du moins sous nos tropiques dans les pays qu'on dit civilisés, un euphémisme pour ne pas dire qu'on prend grand soin de protéger les criminels, mais passons là-dessus.

Versets 4-9

Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre 20.

L'homicide s'enfuira donc dans l'une de ces villes et s'arrêtera à l'entrée de la porte pour exposer son cas aux responsables de la ville. Ceux-ci l'admettront auprès d'eux dans la ville et lui attribueront un lieu, et il habitera là chez eux. Si l'homme chargé de punir le crime le poursuit, ils ne lui livreront pas le meurtrier, puisque c'est par inadvertance qu'il a tué la personne, sans avoir jamais éprouvé de haine pour elle. Il restera dans cette ville jusqu'à ce qu'il comparaisse devant l'assemblée pour être jugé, et jusqu'à la mort du grand-prêtre en fonction à cette époque-là. Après cela, il pourra retourner dans sa maison, dans sa ville d'origine, celle dont il s'était enfui. Des villes furent désignées pour servir de refuge à tout Israélite et aux étrangers séjournant parmi eux ; quiconque aurait tué quelqu'un involontairement pourrait s'y enfuir pour ne pas être tué par le vengeur de sang chargé de punir le crime, avant qu'il ne comparaisse devant l'assemblée (Josué 20.4-6, 9).

Les Israélites choisirent 6 villes de refuge, 3 de chaque côté du Jourdain. La fuite dans l'une d'entre elles ne mettait pas le meurtrier à l'abri de la justice, mais elle le protégeait contre l'homme chargé de punir le crime pendant toute la période que durait l'enquête et après s'il était reconnu innocent. Le coupable arrivait donc aux portes de la cité refuge et expliquait son cas, ce qui s'était passé, aux anciens de la ville qui siégeaient là et représentaient la justice. On lui accordait alors l'asile provisoire jusqu'à ce qu'un jugement en bonne et due forme soit prononcé. S'il était acquitté, la ville de refuge devenait sa résidence permanente dont il ne devait jamais sortir, jusqu'à la mort du grand-prêtre alors en exercice. Ce n'est qu'après qu'il était libre de retourner dans sa possession familiale. Mais il pouvait être ainsi exilé pendant des années voire des décennies ou même décéder avant qu'il ne puisse retourner chez lui.

L'homicide involontaire était donc considéré comme une faute très grave et sanctionnée par une sorte de bannissement. Cette pratique juive me concerne aussi, car que je sois d'origine israélite ou païenne, je fais partie de l'humanité qui a crucifié Jésus-Christ. Certes, les bourreaux ont agi par ignorance, comme le dit d'ailleurs l'apôtre Pierre que je cite :

À présent, mes frères, je sais bien que vous avez agi sans savoir ce que vous faisiez, aussi bien vous que vos chefs (Actes 3.17).

De même que tout le peuple juif du temps du Christ, je suis moi aussi d'une certaine manière, coupable d'homicide involontaire envers le Christ. En plus, je suis aussi sous la condamnation de Dieu pour avoir enfreint ses commandements moraux. Cependant, et malgré cette double accusation, si je place ma confiance en la personne de Jésus, il devient ma ville de refuge pour ainsi dire, et je me trouve alors en sécurité, échappant au jugement de Dieu. C'est ce que le Nouveau Testament enseigne ; je cite deux passages :

Nous dont le seul refuge a été de saisir l'espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous l'avons comme une ancre solide et ferme, pour notre âme ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme un précurseur, devenu Grand-Prêtre pour l'éternité. Maintenant donc, il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ (Hébreux 6.18-20 ; Romains 8.1).

Chapitre 21

Versets 1-3

Nous voici arrivés au chapitre 21 de Josué et qui concerne les descendants de la tribu de Lévi. Je commence à lire.

Les chefs de groupe familial des lévites vinrent trouver le prêtre Éléazar, Josué, fils de Noun, et les chefs de groupe familial des autres tribus d'Israël à Silo, dans le pays de Canaan. Ils leur dirent : L'Éternel a ordonné par l'intermédiaire de Moïse de nous donner des villes pour que nous y habitions, avec leurs terres attenantes pour que nous y fassions paître notre bétail. Les Israélites prélevèrent donc sur leur patrimoine un certain nombre de villes avec leurs terres attenantes pour les donner aux lévites, conformément à l'ordre de l'Éternel (Josué 21.1-3).

Les Lévites ne recevaient pas un territoire en propre, car ils exerçaient un ministère sacerdotal au bénéfice de toutes les autres tribus. Ils reçurent en partage 48 villes, dont les 6 cités refuges. Elles étaient disséminées dans tout le pays avec les terres et champs attenants. Les Lévites les partageaient avec les habitants des autres tribus. Les premiers détails ont été donnés par l'Éternel à Moïse dans le livre des Nombres (Nombres 35.1-8). La suite du texte explique que les villes furent d'abord choisies et ensuite, par tirage au sort, chacune des trois branches familiales de la tribu de Lévi, dont la lignée des prêtres, fut assignée à son lieu de résidence.

Verset 41

Je passe sur toutes les énumérations des noms et des lieux et je continue plus loin.

Au total les lévites reçurent quarante-huit villes avec les terres attenantes dans les territoires des autres Israélites (Josué 21.41).

Dix des 48 villes se trouvaient à l'est du Jourdain. Cette dispersion de la tribu de Lévi était comme pour celle de Siméon, l'accomplissement de la parole de malédiction prononcée sur eux par leur père Jacob. En effet, suite au viol de leur sœur par le fils du roi, ils avaient monté une souricière bien conçue qui leur avait permis d'exterminer tous les habitants d'une ville. C'est ce qui leur avait attiré les foudres de leur père. Je rappelle à nouveau sa malédiction prophétique :

Siméon et Lévi sont frères, ils se sont mis d'accord pour semer la violence. Non, je ne veux pas m'associer à leur complot ! Je mets un point d'honneur à ne pas approuver leurs délibérations ! Car mûs par leur colère, ils ont tué des hommes ; poussés par leur caprice, ils ont mutilé des taureaux. Que leur colère soit maudite, car elle est violente. Maudit soit leur emportement, car il est implacable ! Moi je les éparpillerai au milieu de Jacob, je les disperserai en Israël (Genèse 49.5-7).

J'ai déjà noté que les descendants de Siméon émigreront dans le nord et se confondront avec d'autres tribus Israélites. Quant à leur territoire, il sera absorbé par la tribu de Juda. Cependant pour Lévi, s'il est vrai que la malédiction de son père Jacob se soit littéralement accomplie, les choses se sont passées différemment. En effet, lors de l'affaire du veau d'or, une crise particulièrement grave, toute la tribu de Lévi s'est jointe à Moïse pour exécuter les milliers d'Israélites coupables d'idolâtrie. En récompense, Dieu fit d'eux une source de bénédiction pour tous leurs frères puisqu'ils devinrent la tribu sacerdotale et les intermédiaires entre l'Éternel et le peuple.

Versets 43-45

Je continue et finis ce chapitre.

L'Éternel donna aux Israélites tout le pays qu'il avait promis par serment à leurs ancêtres. Ils en prirent possession et s'y établirent. L'Éternel leur accorda de vivre sans être inquiétés par aucun ennemi autour d'eux, comme il l'avait promis par serment à leurs ancêtres ; il leur donna la victoire sur tous leurs ennemis, aucun d'eux ne put leur résister. Ainsi toutes les promesses de bienfaits que l'Éternel avait données au peuple d'Israël s'accomplirent : aucune d'elles ne resta sans effet (Josué 21.43-45).

C'est ainsi que se termine la deuxième et très longue partie du livre de Josué consacré à l'allocation des territoires aux différentes tribus d'Israël. Cette brève conclusion s'attache à souligner que l'Éternel a tenu la promesse qu'il avait faite aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob de donner le pays de Canaan à leurs descendants. Dieu a donc satisfait à toutes ses obligations. Cela ne voulait pas dire que tous les coins du Pays promis étaient sous la juridiction israélite, puisqu'il avait lui-même décidé qu'ils ne pourraient le conquérir dans sa totalité que progressivement. Je cite le passage :

C'est seulement petit à petit que l'Éternel ton Dieu chassera ces nations devant toi, tu ne pourras pas les éliminer d'un seul coup, sinon les bêtes sauvages se multiplieraient dangereusement chez toi (Deutéronome 7.22).

En conséquence, beaucoup reste encore à faire et il appartiendra à chacune des tribus de mener à son terme la suprématie territoriale. Mais déjà, plusieurs propos laissent entendre qu'elles n'y arriveront pas. En effet, Israël en tant que peuple désobéira à son Dieu et sombrera dans l'idolâtrie la plus vile ce qui le conduira à la servilité, des guerres désastreuses et pour finir plusieurs exils que nous connaissons sous l'appellation de la diaspora.

La première partie du livre avait été entièrement consacrée aux trois campagnes menées par tout Israël sous le commandement de Josué, et qui grâce à des victoires décisives et importantes avait permis au peuple d'Israël de s'établir dans le Pays Promis.

La deuxième partie du livre a expliqué en détail le partage qui a eu lieu tout de suite après la fin des conquêtes. Il fallait qu'il ait lieu avant la disparition de Josué. Effectivement, la fixation des limites territoriales assignées aux différentes tribus exigeait la présence d'un homme à poigne, à l'autorité incontestée. Cette répartition est décrite comme l'exécution des ordres précédemment donnés par l'Éternel à Moïse.

La description détaillée et fastidieuse de l'héritage alloué à chaque tribu a pour but de fonder le droit foncier inaliénable d'Israël, de chacune de ses tribus, et de chacun de ses groupes familiaux. Elle aura force de loi pour les générations suivantes. Ce partage, détaillé au maximum dans la deuxième partie du livre, a trois grandes sections. La première a décrit l'attribution de la partie est du Jourdain à deux tribus et demie ; la seconde section concerne l'héritage des 9 tribus et demie restantes à l'ouest du Jourdain. Celles-ci sont réparties en deux groupes : d'une part les grandes tribus, c'est-à-dire Juda et les deux issues de Joseph ; et d'autre part, les autres plus petites. La troisième section décrit les 48 villes, dont les cités refuges, qui furent allouées aux Lévites.

Chapitre 22

Versets 1-4

Nous voici arrivés au chapitre 22, où commence la troisième et dernière partie du livre consacré aux actions de Josué. Il va renvoyer chacun chez soi et régler une première dispute. Je commence à lire.

Alors Josué réunit les hommes de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé et leur dit : Vous avez fait tout ce que Moïse, serviteur de l'Éternel, vous a ordonné et vous avez obéi à tout ce que je vous ai commandé. Durant toutes ces années jusqu'à ce jour, vous n'avez pas abandonné vos compatriotes et vous avez obéi fidèlement à l'ordre que l'Éternel vous avait donné. Maintenant, l'Éternel votre Dieu a accordé à vos compatriotes une existence paisible dans le pays, comme il le leur avait promis. Vous pouvez donc maintenant partir et rentrer dans le pays qui vous appartient et que Moïse, serviteur de l'Éternel, vous a donné en propriété de l'autre côté du Jourdain (Josué 22.1-4).

Moïse avait effectivement demandé aux tribus installées à l'est du Jourdain de se joindre aux autres Israélites pour la conquête de Canaan. Elles ont rempli leur devoir avec fidélité, et Josué, leur général, les félicite. Ces hommes avaient guerroyé pendant au moins 7 ans, et même s'ils avaient eu des occasions de retourner chez eux en permission, ils passaient le plus clair de leur temps sur les champs de bataille. Ils sont maintenant démobilisés et renvoyés dans leurs familles avec tous les honneurs militaires.

Versets 5-8

Je continue.

Seulement, veillez bien à appliquer le commandement et la Loi que Moïse, serviteur de l'Éternel, vous a transmis : aimez l'Éternel, votre Dieu ! Suivez tous les chemins qu'il a prescrits pour vous, obéissez à ses commandements, attachez-vous à lui et servez-le de tout votre cœur et de tout votre être ! Puis Josué les bénit et les renvoya, et ils rentrèrent chez eux. Moïse avait donné un territoire dans le Basan à la moitié de la tribu de Manassé. L'autre moitié fut installée par Josué à l'ouest du Jourdain avec leurs compatriotes israélites. Lorsque Josué les renvoya chez eux, il leur donna sa bénédiction et ajouta : Vous vous en retournez chez vous avec de grandes richesses, avec des troupeaux très nombreux, avec une quantité considérable d'argent, d'or, de bronze et de fer, ainsi que des vêtements en abondance. Vous partagerez ce butin pris sur vos ennemis avec vos compatriotes (Josué 22.5-8).

Comme les Égyptiens presque 50 ans plus tôt, les Cananéens avaient été dépouillés de leurs richesses par Israël. Les guerriers des deux tribus et demie de l'est qui étaient restés sur place auraient peut-être préféré partir, mais ils ne le purent, car il fallait bien que certains assurent la défense des familles ainsi que le travail des champs et les récoltes. Josué établit fermement le principe que les honneurs et les richesses ne sont pas que pour les combattants qui partent au front, mais aussi pour ceux qui assurent les arrières.

Maintenant, les obligations militaires de ces hommes de guerre étaient remplies. Toutefois, leur général leur rappelle leurs devoirs spirituels qui sont la condition de la bénédiction divine. Il les exhorte à obéir et aimer Dieu, à lui demeurer fidèles et à le servir. Josué s'est comporté comme un parent qui met en garde un enfant sur le point de quitter le bercail pour aller voler de ses propres ailes. Il sentait bien que le Jourdain était une frontière naturelle qui séparait ces deux tribus et demie du reste d'Israël et que cette coupure les inciterait à s'éloigner de l'Éternel et tomber dans l'idolâtrie.

Versets 9-11

Je continue.

Les descendants de Ruben, de Gad et la demi-tribu de Manassé partirent donc et quittèrent les autres Israélites à Silo dans le pays de Canaan pour retourner au pays de Galaad, le territoire que Moïse leur avait donné en propriété sur l'ordre de l'Éternel. Lorsqu'ils arrivèrent à Gueliloth aux environs du Jourdain qui se trouve dans le pays de Canaan, ils érigèrent là un autel monumental au bord du fleuve. La nouvelle en parvint aux autres Israélites car on racontait : Voilà que les hommes de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé ont construit un autel face au pays de Canaan près de Gueliloth sur les bords du Jourdain, du côté des Israélites (Josué 22.9-11).

Une fois que les guerriers de l'est eurent atteint les rives du Jourdain, ils se souvinrent de leur première traversée miraculeuse qu'ils avaient vécue tous ensemble, de la victoire éclatante sur Jéricho ainsi que des autres conquêtes. Tout cela leur revint en mémoire et ils se sentirent soudainement très seuls, isolés des autres tribus restées loin derrière eux. En effet, ce n'était pas un simple cours d'eau qui allait les séparer de leurs frères de sang, mais toute la vallée du Jourdain qui a entre 10 et 20 km de large, à laquelle il faut ajouter des montagnes de chaque côté qui s'élèvent jusqu'à 700 m d'altitude. Tout cela fait que la zone frontalière entre les tribus d'un côté du fleuve et celles situées de l'autre, était très conséquente. C'est pour cela qu'ils construisirent cet immense autel qui pouvait se voir de très loin et qui représentait l'autel des holocaustes dans le parvis du tabernacle.

En effet, c'était le culte à l'Éternel qui était le vrai lien qui unissait les 12 tribus, car Israël était une véritable théocratie, la seule que le monde ait connue, mais pas la dernière. En effet, lorsque Jésus-Christ établira son royaume sur terre, qu'on appelle le millénium, alors tous les peuples seront gouvernés par le Fils de Dieu et connaîtront enfin une longue période de paix véritable.