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Émission 308 - Josue 18:1 - 20:1

By Chemins de VIE
Créé 05/03/2008 - 05:00

Chapitre 18

Verset 1

Nous voici rendus au chapitre 18 qui continue le découpage du Pays promis ; 7 tribus n'ont toujours pas reçu d'héritage parce qu'ils font traîner les choses en longueur, se contentant de vivre en nomades sous des tentes. Alors, Josué vient les secouer de leur torpeur. Avant de les blâmer, je me dis que quelques fois j'ai moi aussi besoin d'une petite pousse. Je commence à lire.

Toute la communauté des Israélites se réunit à Silo ; ils y dressèrent la tente de la Rencontre, car tout le pays était soumis devant eux (Josué 18.1).

Silo se trouve à une quarantaine de kilomètres au nord de Jérusalem. Elle occupait une position centrale pour les tribus principales, c'est-à-dire Juda et les descendants de Joseph, c'est-à-dire Manassé et Éphraïm. Cette ville servit de capitale à la fois politique et religieuse d'Israël puisque c'est là que fut dressé le tabernacle dans lequel résidait l'Éternel. Cette installation avait pour but de promouvoir un sens d'unité nationale et de rappeler aux Israélites que c'était en adorant leur Dieu et en lui demeurant fidèle qu'ils seraient prospères et vivraient en paix. Plus tard, le tabernacle sera transféré dans une autre cité, puis sous le règne de David à Jérusalem où Salomon construira le temple.

Versets 2-3

Je continue.

Mais il restait parmi les Israélites sept tribus qui n'avaient pas encore pris possession de leur patrimoine. Josué dit alors aux Israélites : Pendant combien de temps encore négligerez-vous d'aller prendre possession du pays que l'Éternel, le Dieu de vos ancêtres, vous a donné ? (Josué 18.2-3).

Les paroles de remontrances que Josué leur adresse montrent bien qu'il y a une distinction nette entre les guerres de conquête menées par tout Israël sous son commandement et celles menées plus tard par chacune des tribus. Apparemment, les 7 qui restaient se contentaient de poursuivre une vie de nomades sous leurs tentes sans manifester beaucoup d'enthousiasme pour le pays que l'Éternel avait promis de leur donner. En conséquence, Josué se fâche, car comme chacun sait, la nature a horreur du vide. Chaque jour de retard donnait une nouvelle occasion aux Cananéens de revenir sur les lieux d'où ils avaient été chassés.

Versets 4-6

Je continue.

Désignez trois hommes par tribu et je les enverrai en mission : ils iront parcourir le pays et ils feront le plan de leurs patrimoines respectifs, après quoi ils reviendront me trouver. Alors ils le partageront en sept parts. Les descendants de Juda conserveront leur territoire au sud, et ceux de Joseph le leur au nord. Établissez donc un relevé descriptif du pays en y délimitant sept parts. Vous viendrez ensuite me le présenter et je tirerai ici vos lots au sort devant l'Éternel notre Dieu (Josué 18.4-6).

Ce tirage au sort est indiscutable parce qu'il aura lieu dans le parvis du tabernacle devant l'Éternel. Il a dû falloir un certain temps pour dresser un plan précis du territoire restant en 7 lots bien cadastrés qui seront tirés au sort et donnés aux tribus n'ayant encore rien reçu. D'après l'historien juif Josèphe, ces 21 hommes étaient tous experts géomètres, un savoir-faire qui leur avait été inculqué par leurs parents qui l'avaient eux-mêmes appris des Égyptiens.

Versets 9-11

Je continue plus loin et finis ce chapitre.

Ces hommes partirent donc et parcoururent le pays, ils en dressèrent le relevé, ville par ville, sur un document, et partagèrent tout le territoire en sept sections. Puis ils revinrent trouver Josué au camp de Silo. Devant l'Éternel, à Silo, Josué partagea le pays entre les Israélites par tirage au sort, en assignant à chaque tribu la part qui lui revenait. Le premier lot revint aux familles de la tribu des Benjaminites. Le territoire qui leur échut était situé entre celui des descendants de Juda et celui des descendants de Joseph (Josué 18.9-11).

Le lot de Benjamin était en sandwich entre Juda et Éphraïm, ce qui minimisait la rivalité entre les deux tribus principales. Leur territoire, composé de montagnes et de ravins, avait seulement 40 km de largeur sur 25 à l'endroit le plus long. Cependant, c'est chez eux que se trouvent des villes stratégiques importantes comme Jéricho et surtout Jérusalem où sera construit plus tard le temple de l'Éternel. Cette opportunité est l'accomplissement de la parole de Jacob sur son fils Benjamin lorsqu'il lui a dit en langage imagé que Dieu résiderait au milieu de son territoire. Je cite le passage :

Aimé de l'Éternel, il demeure en sécurité auprès de lui, ce Dieu qui le protège continuellement, qui habite lui-même entre ses deux épaules (Deutéronome 33.12).

Chapitre 19

Verset 1

Nous voici maintenant au chapitre 19 qui décrit l'attribution d'un héritage aux autres tribus. Je commence à lire.

Le deuxième lot échut par le sort aux familles de la tribu de Siméon. Leur territoire était au milieu de celui de Juda (Josué 19.1).

Comme Juda avait trop reçu en partage, la partie sud avec 17 villes et leurs villages est donnée à Siméon. Mais au fil du temps, ce territoire sera à nouveau assimilé à Juda tandis que ses habitants émigreront au nord et seront identifiés à Éphraïm et Manassé, les fils de Joseph. Lorsqu’Israël se scindera en deux états indépendants, celui du nord comptera 10 tribus et les descendants de Siméon seront inclus avec celles-ci. Le royaume du sud comptera Juda et Benjamin. Cette dispersion de Siméon parmi d'autres tribus est un accomplissement d'une parole de leur ancêtre Jacob que je cite :

Siméon et Lévi sont frères, ils se sont mis d'accord pour semer la violence. Maudit soit leur emportement, car il est implacable ! Moi je les éparpillerai au milieu de Jacob, je les disperserai en Israël (Genèse 49.5, 7).

À cause de leur fonction sacerdotale, les Lévites non plus n'ont jamais eu de territoire en propre. Ils habitaient au milieu des autres tribus.

Versets 10-17

Je continue plus loin.

Le troisième lot fut attribué par tirage au sort aux familles de la tribu de Zabulon. Le quatrième lot fut attribué par le sort aux familles d'Issacar (Josué 19.10, 17).

C'est sur le territoire de Zabulon, situé à l'ouest du lac de Galilée, que se trouve Nazareth, la ville où Jésus-Christ vécut jusqu'au moment où il commença son ministère. La tribu d'Issacar devint propriétaire d'une belle et fertile vallée qu'elle n'occupa pas avant le temps du roi David. Ayant peur des Cananéens qui y habitaient, ils choisirent d'habiter dans les montagnes au lieu de conquérir ce qui leur revenait. Malgré les victoires spectaculaires qu'Israël avait remportées grâce à l'appui de l'Éternel, la majorité du peuple était intimidé et vivait dans la crainte des premiers habitants du pays.

Verset 24

Je continue plus loin.

Le cinquième lot échut par le sort aux familles de la tribu d'Aser (Josué 19.24).

Leur territoire s'étendait le long de la côte méditerranéenne et incluait les anciennes cités phéniciennes de Tyr, aujourd'hui appelée Sur, et de Sidon qui est Sayda, et qui font partie du Liban actuel. Cependant, ils ne purent jamais s'emparer de ces deux fiefs et faillirent donc comme toutes les autres tribus. Aser avait un rôle stratégique important, car elle faisait tampon contre les invasions venant du nord. Du temps du roi David, leur rôle était devenu insignifiant, mais l'identité de ces Israélites se perpétua puisqu'on retrouve un de ses membres, une femme très pieuse, dans un passage de l'Évangile que je condense :

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était très âgée. Elle ne quittait jamais le Temple où elle servait Dieu, nuit et jour, par le jeûne et la prière. Elle arriva, elle aussi, au même moment ; elle louait Dieu et parlait de l'enfant Jésus à tous ceux qui attendaient que Dieu délivre Jérusalem (Luc 2.36-38).

Tous les détails que nous donnent les Écritures sont là pour nous rappeler que Dieu s'intéresse aux petites choses de notre quotidien. Nous ne menons pas une vie privée du tout, nous sommes au contraire un grand livre ouvert devant lui.

Verset 32

Je continue plus loin.

Le sixième lot échut par le sort aux familles de Nephtali (Josué 19.32).

Cette tribu était elle aussi dans le nord avec le Jourdain et la mer de Galilée comme frontière orientale. Elle subit l'invasion des Assyriens de plein fouet. Cependant, le prophète Ésaïe contraste son premier malheur avec sa gloire qui vint sous la forme du ministère du Christ qui a essentiellement eu lieu en Galilée, et donc sur son territoire.

Versets 40-47

Je continue plus loin.

La septième part fut attribuée par le sort aux familles de la tribu de Dan. Mais le territoire des Danites leur échappa. Alors les Danites allèrent attaquer Léchem. Ils s'emparèrent de la ville et en tuèrent les habitants, puis ils en prirent possession et s'y installèrent. Ils donnèrent à Léchem le nom de Dan, du nom de leur ancêtre (Josué 19.40, 47).

Le territoire le moins désirable et le plus petit revint aux Danites. Il était délimité par la Méditerranée et les tribus de Juda, Éphraïm et Benjamin. Mais comme ils étaient sans cesse attaqués par les Amorites, et au lieu d'invoquer l'Éternel pour qu'il les délivre, ils émigrèrent loin dans le nord et s'emparèrent de Léchem. Aujourd'hui, cette ville s'appelle Dan et se trouve à l'extrémité nord d'Israël. Les Danites comme presque tous les autres Israélites révélèrent leur faiblesse intrinsèque qui était le manque de foi en l'Éternel.

Versets 49-50

Je continue plus loin et jusqu'à la fin du chapitre.

Lorsque les Israélites eurent fini de partager le pays en patrimoines délimités, ils attribuèrent un patrimoine à Josué, fils de Noun, parmi les leurs. Sur l'ordre de l'Éternel, ils lui donnèrent la ville qu'il avait demandée, c'est-à-dire Timnath-Sérah dans la région montagneuse d'Éphraïm. Josué rebâtit la ville et s'y installa (Josué 19.49-50).

Homme plein de talents, Josué sait tout faire ; et à la fin de sa vie, le voilà bâtisseur ! L'attribution aux différentes tribus d'une portion du Pays promis commence et finit par celle destinée aux deux vétérans du désert. La possession de Caleb fut déterminée en premier lieu tandis que celle de Josué vient en queue de train, tout à la fin, comme il convient à un serviteur. Il choisit pour lui-même un des pires endroits possible : une ville en ruines dans la partie la plus aride d'Éphraïm, sa tribu d'origine. C'est là qu'il sera enterré. Josué ne voulait surtout pas donner l'impression qu'il tirait le moindre profit de sa position de chef suprême et s'est contenté des miettes.

Quel esprit désintéressé ! Quel contraste avec la plupart de nos politiciens qui utilisent leur position et leur influence pour s'enrichir sur le dos des contribuables ! Il semble que les Israélites n'ont pas insisté pour que leur brillant général obtienne une meilleure part. Ils étaient satisfaits de lui laisser une ruine sur un bout de terre dénudée, ce qui est déplorable. Mais lui, que ce soit comme aide de camp de Moïse, porte-parole de l'Éternel, général d'armée ou administrateur, du début à la fin de sa carrière, Josué fut un serviteur modèle.

Chapitre 20

Introduction

Nous voici maintenant au chapitre 20 de ce livre et qui concerne les cités refuges. Selon la coutume de l'époque, lorsqu'il y avait mort violente, le parent le plus proche du défunt devenait le vengeur du sang versé. Il avait le devoir d'exercer la justice avec l'aide des autorités, en ôtant lui-même la vie au coupable. Par contre lorsqu'il s'agissait d'un accident, alors le responsable pouvait échapper au vengeur de sang en allant immédiatement chercher refuge dans une des villes spécialement désignées pour ça. Elles sont mentionnées pour la première fois par l'Éternel à Moïse. Je lis le passage :

Celui qui frappera un homme et causera sa mort, sera puni de mort. Cependant, s'il n'avait pas l'intention de donner la mort, mais que Dieu a fait tomber l'homme entre ses mains, je te désignerai un endroit où il pourra se réfugier. Par contre, si quelqu'un agit avec préméditation, et qu'il assassine son prochain par ruse, vous irez jusqu'à l'arracher à mon autel pour le faire mourir (Exode 21.12-14).

Versets 1-3

Je commence à lire ce chapitre.

L'Éternel parla à Josué et lui demanda de communiquer les instructions suivantes aux Israélites : Choisissez-vous les villes de refuge dont je vous ai parlé par l'intermédiaire de Moïse. Celui qui aura tué quelqu'un involontairement, par inadvertance, pourra s'enfuir dans l'une de ces villes qui vous serviront ainsi de refuge contre l'homme chargé de punir le crime (Josué 20.1-3).

Ces cités refuges protégeaient ceux qui étaient coupables d'un homicide involontaire jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur cette fâcheuse affaire. Je cite un des textes de la Loi de Moïse :

Ces villes vous serviront d'asile pour protéger le meurtrier de l'homme chargé de punir le crime, afin qu'un meurtrier ne soit pas mis à mort avant d'avoir comparu devant la communauté pour être jugé (Nombres 35.12).

Tout au long de l'Ancien Testament, les Écritures font une distinction très nette entre l'assassinat pur et simple et l'homicide involontaire qui est dû à une circonstance malheureuse. Les Écritures nous en donnent même un exemple que je lis :

Voici dans quel cas le meurtrier pourra se réfugier dans l'une de ces villes et y avoir la vie sauve. Ce sera le cas, par exemple, s'il s'est rendu avec son camarade en forêt pour y couper du bois, et si pendant que sa main brandissait la hache pour abattre un arbre, le fer s'est détaché du manche et a touché son compagnon qui en est mort. Cet homme-là pourra s'enfuir dans l'une de ces villes et avoir la vie sauve (Deutéronome 19.4-5).

Selon la tradition, les chemins qui conduisaient à ces cités refuges étaient très bien balisés et entretenus afin de faciliter la fuite du meurtrier involontaire. Ces passages qui ont trait à la peine capitale soulèvent les passions, car beaucoup de pays, tels ceux de la Communauté européenne par exemple, n'exécutent plus ceux qui sont coupables de crimes de sang. À cette époque, et selon la Loi de Dieu, il n'y avait aucune forme de pitié et aucun rachat possible pour un meurtrier.

Par contre et d'après ce passage, l'accident est considéré comme une action de Dieu. C'est lui qui en prend la responsabilité. En anglais, on appelle ça «  an act of God  ». Cette vision du monde est très cohérente avec l'enseignement des Écritures qui présente le Créateur comme absolument souverain sur tout l'univers et celui qui contrôle tout ce qui s'y passe. En conséquence, il est évident que s'il avait voulu, Dieu aurait pu empêcher ce malheur d'arriver ; mais il a choisi pour des raisons qui ne nous sont pas révélées de ne pas altérer le cours naturel des choses.

Cela dit, celui qui avait causé la mort de son prochain n'était pas innocenté pour cela. Il devait faire très vite, et parvenir aux portes d'une de ces cités refuge avant d'être rattrapé par le vengeur du sang, car ce n'est qu'à l'intérieur de la ville qu'il était en sûreté. Les cités de refuge sont une belle image de la personne de Jésus-Christ, car c'est seulement lorsque je cherche refuge à ses côtés, en mettant ma confiance en lui, que je suis en sûreté et épargné par le jugement de Dieu. D'ailleurs, un texte du Nouveau Testament l'explique ainsi :

En ce sens, Dieu, voulant donner aux héritiers de la promesse une preuve supplémentaire du caractère immuable de sa décision, intervint par un serment, afin que nous ayons un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l'espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous l'avons comme une ancre solide et ferme, pour notre âme (Hébreux 6.17-19).


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