Chapitre 6
Versets 24-25
La prise de Jéricho, racontée dans le chapitre 6 du livre de Josué, fut la première victoire israélite contre les Cananéens, un peuple aux pratiques infâmes à cause de leur idolâtrie criminelle. Ayant refusé de se repentir, ils expérimentèrent le jugement divin entre les mains de Josué. Comme le dit un texte du Nouveau Testament :
On ne se moque pas de Dieu ! (Galates 6.7).
Sobre pensée qui fait réfléchir.
Versets 26-27
Je finis le chapitre 6.
À la même époque, Josué prononça ce serment solennel : Maudit soit devant l'Éternel celui qui tentera de rebâtir cette cité, de reconstruire Jéricho. C'est au prix de son fils aîné qu'il posera ses fondations, et au prix de son fils cadet qu'il fixera ses portes. L'Éternel fut avec Josué, et sa renommée se répandit dans tout le pays (Josué 6.26-27).
Les fondations des villes païennes étaient parfois accompagnées de sacrifices d'enfants dont on a retrouvé les squelettes enterrés près des portes. La perversion de ces peuplades était telle qu'il n'y avait pas de limites à l'horreur. La parole prophétique menaçante de Josué s'est accomplie littéralement, comme le rapporte un texte de l'Ancien Testament que je lis :
C'est sous le règne d'Achab roi d'Israël, qu'un certain Hiel de Béthel rebâtit Jéricho. La pose des fondations coûta la vie à son fils aîné Abiram et lorsqu'on en posa les portes, son cadet Segoub mourut. Cela arriva conformément à la parole que l'Éternel avait prononcée par l'intermédiaire de Josué, fils de Noun (1Rois 16.34).
À cette époque, le décès des garçons, surtout lorsqu'ils avaient déjà atteint l'adolescence, était une catastrophe, beaucoup plus que celui de filles. Dans le cas de ce Hiel de Béthel, ses deux fils ne furent pas offerts en sacrifice, mais ils périrent suite à un châtiment divin à cause de la prophétie émise par Josué. Cet homme a évidemment fait peu de cas de la sentence de mort qui avait été prononcée contre quiconque reconstruirait cette ville ; mal lui en a pris.
Cette première victoire d'Israël souligne avec force qu'elle fut avant tout l'œuvre de l'Éternel. La destruction de Jéricho est présentée à la fois sous des traits guerriers et liturgiques, avec cette procession qui dura 7 jours et le rôle primordial joué par les 7 prêtres qui transportent l'arche sacrée. Le texte souligne aussi l'importance de l'obéissance et de la foi, que ce soit celle du peuple ou de Rahab.
Chapitre 7
Verset 1
Nous voici maintenant arrivés au chapitre 7 de ce livre dont le sujet est la déroute d'Israël face à une ville ridiculement petite. Cette défaite eut pour cause le méfait d'un homme du nom d’Akân qui n'a pas pu dominer sa cupidité. À sa place, en aurais-je été capable ? Je commence à lire.
Les Israélites commirent un acte d'infidélité à l'égard des objets voués à l'Éternel : Akân, fils de Karmi et descendant de Zabdi et de Zérah, de la tribu de Juda, prit pour lui certains de ces objets, et l'Éternel se mit en colère contre les Israélites (Josué 7.1).
Un seul homme commit une faute, mais toute la nation en a pâti. On peut facilement imaginer la scène. Pendant le combat, c'était la grande confusion. Akân entre dans les ruines d'une habitation et cherche les occupants ici et là quand soudain dans une sorte de penderie, il voit un manteau magnifique, et par terre des sacs remplis d'argent ; il y a même de l'or. Il est tout seul ; personne ne saura rien. Il enveloppe cet habit et met les sacs en bandoulière. Il sort de la ville incognito et les cache en lieu sûr. Il viendra les récupérer plus tard. Et voilà : ni vu ni connu, sauf de l'Éternel qui a pris note.
Versets 2-3
Je continue.
De Jéricho, Josué envoya des hommes à la ville d'Aï près de Beth-Aven à l'est de Béthel, en leur demandant d'explorer cette région. Ils allèrent explorer Aï. À leur retour, ils dirent à Josué : Il est inutile d'envoyer toute l'armée : deux ou trois mille hommes suffiront pour battre Aï. Ne donne pas de fatigue à tout le peuple, car l'adversaire est peu nombreux (Josué 7.2-3).
On a situé Aï à une bonne dizaine de kilomètres à l'ouest de Jéricho. Les Israélites pénètrent donc plus en avant à l'intérieur du pays. Grisés par la victoire qu'ils viennent de remporter, les combattants tombent dans l'orgueil et commencent à croire qu'ils ont vaincu en partie grâce à leur valeur guerrière. En conséquence, ils considèrent la prise d’Aï dans une perspective purement militaire. L'Éternel est mis hors circuit, car pensent ces soldats, nous n'avons pas besoin de lui. Ces blancs-becs se montrent décidément bien présomptueux.
Versets 4-5
Je continue.
Ainsi, environ trois mille soldats allèrent attaquer la ville, mais ils furent mis en fuite par les habitants d'Aï qui leur tuèrent environ trente-six hommes : ils les poursuivirent depuis la porte de la ville jusqu'à Chebarim et les battirent dans la descente. Alors le peuple atterré perdit tous ses moyens (Josué 7.4-5).
Voilà une défaite cuisante qui rabaisse le caquet des hommes de guerre israélites, et qui les laisse pantois. Ce fut la douche froide pour Josué qui voyait déjà une victoire facile et sans anicroche ; quelque chose comme une petite partie de pétanque, un dimanche après-midi. Il est dans un état de choc.
Verset 6
Je continue.
Josué déchira ses vêtements, il se jeta, la face contre terre, devant le coffre de l'Éternel et resta là jusqu'au soir. Les responsables d'Israël firent de même. Et ils se jetèrent de la poussière sur la tête (Josué 7.6).
Déchirer ses vêtements consistait en réalité à les découdre en signe de grande consternation et de détresse ou de deuil ; même chose pour ce qui est de jeter de la poussière en l'air. Josué et les responsables du peuple sont en proie au plus grand découragement parce qu'ils constatent que l'Éternel n'est plus avec leurs armées. Or sans lui, la conquête de Canaan s'avère impossible. Ce n'est pas la première fois que Josué vit des moments difficiles avec les enfants d'Israël ; mais alors, il pouvait s'appuyer sur l'immense personnalité de Moïse qui parlait à l'Éternel de bouche à bouche. Tandis que maintenant c'est lui, le grand patron et tous les regards se portent dans sa direction.
Versets 7-9
Je continue.
Josué s'écria : Ah ! Seigneur Éternel, pourquoi donc as-tu fait traverser le Jourdain à ce peuple, si c'est pour nous livrer aux Amoréens et nous faire périr ? Si seulement nous étions restés de l'autre côté du fleuve ! Maintenant, je te prie, Seigneur, que puis-je dire après qu'Israël a pris la fuite devant ses ennemis ? Les Cananéens et les autres habitants du pays l'apprendront, ils nous encercleront et feront disparaître notre nom de la terre. Comment alors feras-tu reconnaître ta grandeur ? (Josué 7.7-9).
Sous le régime de la théocratie qui était la forme de gouvernement d'Israël, il n'y avait pas de milieu. Avec Dieu, ce n'était qu'une suite de victoires, mais sans lui ce ne serait que des défaites jusqu'à la disparition pure et simple d'Israël. Donc, il faut redresser la barre au plus vite. Josué adopte la bonne attitude. Il va dans la tente de la rencontre, et là il implore l'Éternel de la même manière que le faisait Moïse. Comme son prédécesseur, Josué est préoccupé par l'honneur de son Dieu et la reconnaissance de sa gloire tant par Israël que par les nations païennes. Il est devenu l'intermédiaire, le médiateur entre l'Éternel et le peuple.
Versets 10-11
Je continue.
L'Éternel répondit à Josué : Lève-toi ! Pourquoi restes-tu prostré la face contre terre ? Israël a commis un péché. On a transgressé l'alliance que j'avais établie pour eux. On a pris des objets qui m'étaient voués, on en a dérobé, caché et mis dans ses propres affaires (Josué 7.10-11).
Arrête de gémir, lui répond l'Éternel, et remue-toi ; passe à l'action ! C'est ainsi que Josué apprend que la défaite de ses armées devant Aï a une cause précise. Maintenant à lui de la découvrir et d'y remédier. Dieu lui a révélé que des objets qui lui appartiennent sont actuellement dans le camp au lieu d'avoir été soit détruits soit remis aux prêtres. En second lieu, le coupable de ce crime court toujours pour ainsi dire. Il est lui aussi présent dans le sein d'Israël. En conséquence, la nation tout entière est coupable d'une transgression rituelle, relevant certes de l'ignorance, mais faute tout de même.
Versets 12-14
Je continue.
C'est pourquoi les Israélites ne pourront plus résister à leurs ennemis, ils fuiront devant eux car ils sont sous le coup d'une sentence de destruction. Je ne continuerai pas à être avec vous si vous ne détruisez pas ce qui est au milieu de vous. Maintenant, lève-toi, Josué, convoque le peuple et purifie-le. Dis-leur : « Purifiez-vous pour demain, car voici ce que déclare l'Éternel, le Dieu d'Israël ! Vous avez au milieu de vous, Israélites, ce qui m'est voué. Vous ne pourrez pas résister à vos ennemis tant que vous n'aurez pas ôté cela du milieu de vous. Demain matin, vous vous présenterez devant moi, par tribus. Puis la tribu que l'Éternel désignera par le sort se présentera, groupe familial par groupe familial, et le groupe familial que l'Éternel désignera s'avancera famille par famille. Dans la famille que j'aurai désignée, les hommes se présenteront un par un » (Josué 7.12-14).
Les Israélites apprennent la nouvelle. Quelqu'un dans leurs rangs a offensé l'Éternel et c'est pour cela que leur armée a été vaincue. Tous sont appelés à se soumettre à une série d'actes rituels de purification nécessaire avant toute manifestation divine. D'après un autre texte, ce sera le grand-prêtre qui désignera par le sort le coupable, au moyen de deux petits objets qui s'appellent l'ourim et le toummim.
Personne n'est vraiment sûr de leur apparence. C'étaient des bâtonnets ou une sorte de dés ou d'osselets. Le grand-prêtre interrogeait l'Éternel puis tirait de sa poche soit l'ourim, soit le toummim. L'un avait valeur de oui et l'autre de non. Ils étaient utilisés pour effectuer un choix entre plusieurs possibilités, et connaître ainsi la réponse de Dieu. Si seulement on bénéficiait de ce procédé pour déterminer le coupable dans toutes les affaires qui vont en justice. Mais il faudra attendre le règne du Christ pour cela, car à présent nous ne sommes pas sous un régime théocratique.
Versets 15-18
Je continue en compressant.
« Celui qui sera désigné comme coupable d'avoir pris ce qui m'était voué sera brûlé avec tout ce qui lui appartient, parce qu'il a transgressé l'alliance de l'Éternel et qu'il a commis une infamie en Israël. » Le lendemain, Josué se leva de bon matin et fit avancer les Israélites et Akân, fils de Karmi, descendant de Zabdi et de Zérah de la tribu de Juda, fut désigné par le sort (Josué 7.15-18).
Ce fut donc à la suite d'une longue procédure que le coupable fut désigné. Cet Akân aurait mieux fait d'avouer sa faute la veille, mais pour lui c'était de la superstition cette histoire de tirage au sort. Et puis personne ne l'avait vu, il en était sûr.
Versets 19-21
Je continue.
Josué lui dit : Mon fils, je te prie solennellement, au nom de l'Éternel, le Dieu d'Israël, de l'honorer en m'avouant ce que tu as fait, sans rien me cacher. Akân lui répondit : C'est vrai, j'ai commis une faute envers l'Éternel, le Dieu d'Israël. Voici ce que j'ai fait : J'ai vu dans le butin un magnifique manteau de Babylone, deux cents pièces d'argent et un lingot d'or d'une livre. J'en ai eu fortement envie, alors je m'en suis emparé. Ces objets sont enterrés au milieu de ma tente, et l'argent est en dessous (Josué 7.19-21).
C'est pathétique ! Akân était son pire ennemi. Et je suis pareil, parce qu'en moi habite le principe du mal. Il occupe le même corps que moi, utilise le même cerveau et les mêmes mains pour accomplir ses mauvaises actions. Un des textes du Nouveau Testament, dont le sujet est la langue, dit ceci :
Mais la langue… est pleine d'un venin mortel. Nous nous en servons pour louer le Seigneur, notre Père, et nous nous en servons aussi pour maudire les hommes, pourtant créés pour être ceux qui lui ressemblent. De la même bouche sortent bénédiction et malédiction (Jacques 3.8-10)
Akân n'est pas seul, il est en bonne ou plutôt mauvaise compagnie. Combien de ces grands hommes qu'a connus notre monde ont été conquis par un vice ou par un autre ? Absolument tous ! Ceux qui ont fait un peu de latin et même les autres ont certainement entendu l'expression « Veni vidi vici ». Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu ! C'est ainsi que César en tant que général, annonça au Sénat sa victoire sur le roi du Pont, dans l'actuelle Turquie. Mais dans la réalité, que ce soit une ville, une femme ou n'importe quoi d'autre, César était le conquis. Il voyait, convoitait et prenait. Comme tous les despotes, il était l'esclave de ses vices.
Peut-être que cet Akân qui a fait chuter Israël était un homme de grande valeur militaire, mais dans sa vie personnelle et spirituelle, il était une vraie misère ; il a vu, convoité et pris ce qui lui était absolument interdit par l'Éternel.
Versets 22-26
Je continue jusqu'à la fin du chapitre en compressant.
Josué envoya des hommes à la tente d'Akân, ils se dépêchèrent d'y aller et retrouvèrent effectivement le manteau enfoui dans la tente et l'argent en dessous. Ils prirent le tout et l'apportèrent à Josué qui aidé de tous les Israélites, saisit Akân avec tout ce qui lui appartenait, et ils les menèrent dans la vallée du Malheur. Alors tous les Israélites le tuèrent à coups de pierres. Ils lapidèrent aussi tous les siens et brûlèrent les cadavres. Puis on éleva sur lui un grand tas de pierres qui existe encore aujourd'hui. Après cela, l'Éternel abandonna sa colère (Josué 7.22-26).
Le châtiment fut particulièrement sévère. Le texte nous apprend aussi que tous les membres de sa famille qui s'étaient rendus complices de ce méfait, ne serait-ce que par connivence, l'ont également payé de leur vie. C'est sûr qu'au jour d'aujourd'hui, au 21e siècle, et surtout en Occident, un jugement pareil ne fait pas bonne presse. Cela provient du fait que les gens qui vont jusqu'à croire en Dieu se le sont fabriqué à leur propre image.
Or les Textes Sacrés me font connaître le seul vrai Seigneur du ciel et de la terre, mon créateur, celui à qui je dois respect, révérence et adoration. Si je le trouve trop sévère, c'est mon problème, pas le sien. C'est à moi d'ajuster la vision que j'ai de lui pour la rendre conforme à l'enseignement des Écritures. Bien sûr, je peux choisir de le rejeter parce qu'il n'est pas à mon goût, mais c'est exactement ce qu’Akân et certains membres de son clan ont fait. Et cette attitude les a menés au désastre. À bon entendeur, salut !