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Émission 302 - Josue 4:1 - 5:14

Diffusé le 26 février 2008 - ::

Chapitre 4

Versets 1-7

L'Éternel vient de faire un miracle en permettant aux tribus d'Israël de traverser le Jourdain alors qu'il était en crue. Ils doivent marquer d'un symbole cet événement, afin de bien s'en souvenir, car il est de la nature humaine d'oublier très vite. C'est vrai que j'ai cette mauvaise tendance à voir essentiellement ce qui ne me convient pas dans ma vie et oublier toutes mes bénédictions.

Versets 8-9

Je continue dans le 4e chapitre de Josué.

Les Israélites firent ce que Josué leur avait ordonné : ils prirent douze pierres au milieu du lit du Jourdain, une pour chaque tribu d'Israël, comme l'Éternel l'avait demandé à Josué, ils les emportèrent au campement et les posèrent là. Josué érigea aussi douze autres pierres au milieu du lit du Jourdain, à l'endroit où les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance avaient posé leurs pieds, et elles y sont restées jusqu'à ce jour (Josué 4.8-9).

Nous avons donc 12 pierres au bord du Jourdain et 12 au beau milieu. Celles qui étaient dans le fleuve devaient être particulièrement grosses et en amas afin de résister aux crues régulières. Le fait qu'à la fin de sa vie, ces pierres étaient toujours au même endroit semble indiquer qu'elles étaient visibles de la berge.

Versets 10-14

Je continue.

Les prêtres qui portaient le coffre se tinrent au milieu du lit du Jourdain jusqu'à ce qu'on eût exécuté tout ce que l'Éternel avait ordonné à Josué de demander au peuple. Josué se conforma ainsi aux ordres que Moïse lui avait donnés. C'est rapidement que le peuple traversa le fleuve. Lorsque tout le monde eut passé de l'autre côté, le coffre de l'Éternel porté par les prêtres reprit la tête du peuple. Les hommes des tribus de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé marchèrent en ordre de bataille en tête des autres Israélites, comme Moïse le leur avait demandé. Ils étaient environ quarante mille soldats armés, équipés pour la guerre, qui s'avancèrent pour le combat, devant l'Éternel, en direction des plaines de Jéricho. Ce jour-là, l'Éternel honora Josué aux yeux de tous les Israélites, et ils respectèrent son autorité comme ils l'avaient fait pour Moïse durant toute sa vie (Josué 4.10-14).

Le verbe qui est traduit par respecter est généralement utilisé pour exprimer le profond respect et la révérence de l'homme pour Dieu. Il n'est employé qu'en de très rares occasions pour désigner l'allégeance du peuple envers des hommes investis de la charge de le conduire, comme ici Josué. Il faut aussi remarquer que, comme promis, les hommes de guerre des deux tribus et demie installées de l'autre côté du Jourdain se sont joints à la fête pour ainsi dire.

Versets 15-19

Je continue.

Ensuite l'Éternel dit à Josué : Ordonne aux prêtres qui portent le coffre contenant l'acte de l'alliance de sortir du milieu du Jourdain. Josué donna cet ordre aux prêtres : Sortez du milieu du Jourdain ! Dès que les prêtres qui portaient le coffre de l'alliance de l'Éternel eurent quitté le lit du fleuve et posé le pied sur la terre ferme, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et se mirent à couler comme auparavant le long de ses berges. C'est le dixième jour du premier mois que le peuple traversa le Jourdain. Ils établirent leur camp à Guilgal, à la limite orientale de Jéricho (Josué 4.15-19).

Par le plus grand des hasards voulus de Dieu, c'était la date anniversaire de l'institution de la Pâque, qui eut lieu quarante ans auparavant jour pour jour.

Versets 20-24

Je continue jusqu'à la fin de ce chapitre.

C'est à Guilgal que Josué fit ériger les douze pierres ramassées dans le lit du Jourdain. Puis il dit aux Israélites : Lorsque plus tard vos descendants demanderont à leurs pères ce que sont ces pierres, vous leur expliquerez comment le peuple d'Israël a traversé le Jourdain à pied sec parce que l'Éternel votre Dieu a asséché le lit du fleuve devant vous jusqu'à ce que vous l'ayez traversé tout comme il avait asséché la mer des Roseaux devant nous pour que nous la traversions. Il a agi ainsi pour que tous les peuples de la terre sachent combien grande est sa puissance et pour que vous-mêmes vous révériez l'Éternel votre Dieu pour toujours (Josué 4.20-24).

Ce récit important relate une étape décisive de l'histoire d'Israël : la frontière du Pays promis est enfin franchie et le sol de cette terre est foulé. La Palestine est depuis des siècles l'objet de la promesse divine et de l'espérance des Israélites. La manière dont ils franchissent le fleuve est racontée comme si c'était une action liturgique. C'est à l'Éternel, le Seigneur de toute la terre, qu'Israël doit cette traversée miraculeuse, un signe manifeste de sa présence au milieu du son peuple et un signe de sa toute-puissance.

Israël est exhorté à garder la mémoire de cette action éclatante et d'en raconter l'histoire aux générations à venir. Cette démonstration de la puissance de l'Éternel est une source de confiance et de réconfort pour les Israélites, et de terreur pour les peuples du pays.

Chapitre 5

Verset 1

Nous voici arrivés au chapitre 5 de ce livre, qui raconte 3 événements tout aussi importants l'un que l'autre :

  • le rite de la circoncision est accompli,
  • la manne qui a nourri le peuple pendant 40 ans cesse de tomber du ciel chaque matin,
  • et le Capitaine invisible de l'armée de l'Éternel rend visite à Josué.

Je commence à lire.

Tous les rois des Amoréens établis sur la rive occidentale du Jourdain et tous les rois des Cananéens établis sur le littoral de la mer Méditerranée apprirent que l'Éternel avait asséché le Jourdain devant les Israélites jusqu'à ce qu'ils l'aient traversé. Alors le courage leur manqua et ils perdirent tous leurs moyens en face des Israélites (Josué 5.1).

Toutes ces peuplades se croyaient protégées non seulement par leurs dieux respectifs, mais surtout par les crues du Jourdain. Ils pensaient qu'ils avaient beaucoup de temps devant eux pour préparer leurs effectifs, graisser les roues de leurs chars et affûter leurs armes. Et voici que soudainement Israël, soutenu par un Dieu qui fait des miracles extraordinaires, est à deux pas de leurs villes fortifiées. Il y a effectivement de quoi avoir la peur au ventre.

Versets 2-5

Je continue.

À cette même époque, l'Éternel dit à Josué : Fais-toi des couteaux de silex et circoncis cette deuxième génération d'Israélites. Josué se munit de couteaux de silex et circoncit les Israélites sur la colline d'Araloth. Voici pourquoi Josué les circoncit : tous les hommes en âge de porter les armes qui étaient sortis d'Égypte étaient morts en chemin dans le désert après avoir quitté l'Égypte. Ils étaient tous circoncis. Mais les garçons nés pendant la traversée du désert, après la sortie d'Égypte, ne l'avaient pas été (Josué 5.2-5).

La nouvelle génération avait négligé le rite de la circoncision. Sans doute que cette pratique a une composante hygiénique, surtout sous le soleil de plomb de Palestine, mais sa première raison d'être est nettement religieuse. C'est le signe visible de l'alliance entre l'Éternel et les descendants d'Abraham. De plus, seuls les hommes circoncis avaient le droit de célébrer la Pâque. Avec Noé, et tout de suite après le déluge, l'Éternel avait établi l'arc-en-ciel comme signe d'alliance entre lui et l'humanité. C'est beaucoup plus romantique que de couper le prépuce des garçons.

Versets 6-9

Je continue.

Pendant quarante ans, les Israélites avaient marché dans le désert jusqu'à l'extinction de toute la génération des hommes en âge de porter les armes au moment de la sortie d'Égypte. En effet, parce qu'ils n'avaient pas obéi à l'Éternel, l'Éternel avait juré de ne pas leur laisser voir le pays qu'il avait promis par serment à leurs ancêtres de nous donner, ce pays ruisselant de lait et de miel. Mais il leur substitua leurs fils : ce sont eux que Josué circoncit puisqu'ils ne l'avaient pas été pendant la marche dans le désert. Après que tout le peuple eut été circoncis, ils restèrent sur place dans le camp jusqu'à leur guérison. Puis l'Éternel dit à Josué : Aujourd'hui, j'ai fait rouler loin de vous la honte ramenée d'Égypte. C'est pourquoi cet endroit fut appelé Guilgal (Le roulement), nom qu'il a conservé jusqu'à ce jour (Josué 5.6-9).

La circoncision qui est une coupure exprime symboliquement la rupture nette avec le passé d'esclaves et d'idolâtres du peuple israélite. Et comme il est important qu'ils s'en souviennent, ils en portent constamment la marque sur eux, dans leur chair. Ce rite par lequel l'Israélite entre dans l'alliance avec Dieu a son équivalent dans le Nouveau Testament ; il s'agit de la circoncision de cœur plus couramment appelée régénération ou nouvelle naissance.

Cette expérience spirituelle est généralement suivie du baptême d'eau par les adultes et les enfants en âge de le demander. Le baptême aussi est un rite, mais il symbolise la circoncision de cœur, il n'est pas un moyen de grâce qui permet d'entrer dans une alliance avec Dieu. Quant au baptême des bébés, pratiqué par diverses Églises, il ne se trouve ni dans le Nouveau, ni dans l'Ancien Testament.

Verset 10

Je continue.

Pendant que les Israélites campaient à Guilgal, ils célébrèrent la Pâque le soir du quatorzième jour du mois, dans les plaines de Jéricho (Josué 5.10).

C'était au printemps qu'Israël traversa le Jourdain, que les hommes furent circoncis et que le peuple célébra la Pâque de l'Éternel. Cette fête est importante, car elle symbolise la délivrance de l'esclavage des Israélites, et surtout le fait que leurs premiers-nés mâles ne moururent pas comme ceux des Égyptiens lors de la dixième plaie. L'ange de la mort les épargna parce que chaque famille avait enduit les cadres de sa porte d'entrée avec du sang frais d'un agneau sacrifié qui fut ensuite mangé avec des herbes amères et du pain non levé. Cet animal immolé est la Pâque de l'Éternel.

Verset 11

Je continue le texte.

Le lendemain, ils mangèrent des produits du pays : des pains sans levain et des épis grillés. À partir du lendemain de ce jour-là, la manne cessa de tomber puisqu'ils pouvaient se nourrir des produits du pays ; il n'y eut plus de manne pour les Israélites qui vécurent des productions du pays de Canaan cette année-là (Josué 5.11).

La fête des pains sans levain qui dure 7 jours commence par la Pâque. Cette célébration marque, d'une part, la fin d'une époque importante de l'histoire d'Israël, je veux parler du séjour au désert durant lequel le peuple vivait de la manne, et d'autre part, le début d'une nouvelle période, celle de la vie sédentaire des tribus dans le pays de Canaan. Cette manne, qui descendait du ciel tous les matins et qui nourrissait les Israélites, était une image prophétique qui annonçait Jésus, la manne spirituelle. L'Évangile dit que ceux qui mettent leur pleine confiance en lui ont la vie éternelle et ne mourront jamais. Je cite le passage :

Car je suis le pain qui donne la vie. Vos ancêtres ont bien mangé la manne dans le désert et cela ne les a pas empêchés de mourir. Mais c'est ici le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas. C'est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain-là, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai pour que le monde vive, c'est mon propre corps (Jean 6.48-51).

Verset 13

Je continue le texte.

Un jour où Josué se trouvait près de Jéricho, il vit soudain un individu qui se tenait debout devant lui, avec son épée dégainée à la main. Josué s'avança vers lui et lui demanda : Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? (Josué 5.13).

Josué était en reconnaissance pour évaluer les fortifications de Jéricho qu'il lui fallait capturer, car c'était en quelque sorte cette ville qui était la porte d'entrée de tout le Pays de Canaan. Il ne voulait pas s'enfoncer à l'intérieur du Pays en sachant qu'il avait un puissant ennemi quelque part sur ses arrières ; avancer en regardant derrière est très inconfortable. Et puis voilà soudain qu'apparaît devant lui un homme armé, sorti de nulle part. Alors, Josué sursaute. Il ne s'attendait pas du tout à rencontrer la moindre âme qui vive.

Versets 14-15

Je continue.

Non, répondit l'homme. Je suis le chef de l'armée de l'Éternel et je viens maintenant. Alors Josué se prosterna, le visage contre terre, et lui dit : Seigneur, je suis ton serviteur, quels sont tes ordres ? Le chef de l'armée de l'Éternel lui répondit : Ôte tes sandales de tes pieds, car l'endroit où tu te tiens est un lieu saint. Et Josué obéit (Josué 5.14-15).

Ce personnage énigmatique apparaît ici et là tout au long des Textes Sacrés. Il se nomme l'Ange de l'Éternel. En réalité, il s'agit d'une préincarnation du Fils de Dieu, de Jésus-Christ. Le fait qu'il dit : je viens maintenant , suggère qu'il était attendu et qu'il correspond à l'ange dont la venue et l'action avaient préalablement été annoncées à Moïse. Je cite le passage :

Je vais envoyer un ange devant vous pour vous protéger en chemin et vous conduire au lieu que j'ai préparé pour vous. Respectez-le et obéissez-lui. Ne lui résistez pas, il ne tolérerait pas votre rébellion, car il est mon représentant. Mais si vous lui obéissez pleinement et si vous faites tout ce que je vous ai ordonné, je serai l'ennemi de vos ennemis et l'adversaire de vos adversaires. Car mon ange marchera devant vous et vous fera entrer dans le pays des Amoréens, des Hittites, des Phéréziens, des Cananéens, des Héviens et des Yebousiens, et je les exterminerai (Exode 23.20-23).

Ce représentant de l'Éternel est divin puisque sa présence rend l'espace autour de lui, saint. En conséquence, Josué doit retirer ses sandales devant lui en signe de profond respect ; jamais une chose pareille ne se produit devant un simple messager, au contraire, tout au long des Écritures, lorsque des anges apparaissent, ils refusent systématiquement la moindre courbette. On le voit aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament et à plusieurs reprises dans le livre de l'Apocalypse. Je cite un passage :

Et je tombai à ses pieds [c'est l'apôtre Jean qui parle] pour l'adorer, mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu ! (Apocalypse 19.10).

Dans ce texte, il en est tout autrement, puisque le chef de l'armée de l'Éternel accepte tout à fait le geste d'adoration de Josué. Il ne peut donc s'agir que d'une des personnes de la Trinité. Cela dit, il est intéressant de noter une nouvelle similitude entre Moïse et Josué au niveau de leur vocation et de la mission qui leur fut confiée. Dans l'épisode du buisson ardent, L'Éternel s'était manifesté à Moïse avant de le charger de la libération de son peuple. Ici, il se révèle à Josué qui est lui-même sur le point d'engager une longue guerre de conquête.

À la tête d'une patrouille, il venait probablement de faire un tour de la ville de Jéricho pour en examiner ses remparts. Il était peut-être même découragé, car il ne voyait pas comment il allait s'y prendre pour faire une brèche. Les Israélites ne possédaient ni catapultes, ni autres engins de guerre. Cette ville apparaissait bien être à l'image de sa réputation, c'est-à-dire imprenable. C'est à ce moment-là que l'Ange de l'Éternel s'est révélé à lui, une épée à la main, pour bien confirmer la nature militaire de la mission qui attend Israël. Cette apparition avait pour but d'encourager Josué et de lui rappeler une fois encore que c'était l'Éternel lui-même qui allait combattre à la tête d'Israël.

Le fait que le peuple ait accepté ces cérémonies de la circoncision, qui est le signe de l'alliance, et de la Pâque, qui est la commémoration de la délivrance de l'esclavage égyptien, est de très bon augure. Cette excellente disposition de leur part est un gage de sa fidélité envers l'Éternel, leur Dieu. Ces deux rites précédèrent également le départ de la première génération d'Égypte ; ce qui est une autre similitude entre cet événement passé et l'entrée en Terre Promise. Cette apparition de l'Ange de l'Éternel pour encourager Josué me rappelle une parole du Nouveau Testament que l'apôtre Paul a écrite et que je cite :

Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous ? Qui accusera encore les élus de Dieu ? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera ? Le Christ est mort, bien plus : il est ressuscité ! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous (Romains 8.31, 33, 34).

Quel privilège que de lire ces paroles de réconfort !