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Émission 300 - Josue 1:8 - 2:10

Diffusé le 22 février 2008 - ::

Chapitre 1

Verset 8

Moïse n'est plus. L'Éternel a nommé Josué comme son successeur et lui a donné la recette du bonheur, le secret de la réussite. Qui ne voudrait pas le connaître ? Dieu lui a dit de méditer la Loi, de lui obéir et de l'appliquer dans tous les domaines de sa vie. Ainsi, il aura du succès dans tout ce qu'il entreprendra. Ça parait trop simpliste ? Essayez donc pour voir !

Maintenant, Josué doit partir à la conquête d'un territoire bien défendu par des peuplades plus nombreuses et bien mieux préparées à la guerre qu'Israël. C'est lui qui commande et il doit en avoir des sueurs froides, car il est fait de chair et d'os comme moi. Dieu se rend bien compte de la situation et c'est pourquoi il veut encourager son serviteur. Je suis sûr que tous autant que nous sommes, nous avons besoin ici et là, d'une petite tape sur l'épaule, une parole de réconfort et quelques fois un coup de main.

Verset 9

Je continue à lire dans le premier chapitre du livre de Josué.

Je t'ai donné cet ordre : Prends courage et tiens bon, ne crains rien et ne te laisse pas effrayer, car moi, l'Éternel ton Dieu, je serai avec toi pour tout ce que tu entreprendras (Josué 1.9).

En quelque sorte, Josué doit prendre la Loi dans une main et l'épée dans l'autre. Encore une fois, Dieu encourage son serviteur en l'exhortant à lui faire confiance. Il faut se mettre dans les sandales de ce brave homme : d'un côté Moïse, qui était son appui et le confident de l'Éternel n'est plus de ce monde ; de l'autre, un immense peuple indiscipliné qui a démontré à maintes reprises qu'il pouvait se retourner contre ses chefs en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ; devant lui, les Cananéens, bien plus nombreux que les Israélites, bien mieux équipés pour la guerre avec des chars selon la mode égyptienne, et abrités dans des villes puissamment fortifiées.

Humainement parlant, tout reposait sur Josué. Il y avait vraiment de quoi avoir froid dans le dos et faire des cauchemars la nuit. C'est pour cela que l'Éternel insiste en lui disant de ne pas avoir peur, mais de prendre courage, car il l'accompagnerait comme il l'avait fait avec Moïse. Quand Dieu appela le prophète Jérémie à le servir, les temps étaient particulièrement durs, l'époque troublée et les autorités du pays menaçantes à son égard. C'est alors que l'Éternel lui a dit et je cite :

Toi donc, mets ta ceinture et lève-toi, tu leur diras tout ce que je t'ordonnerai. Ne te laisse pas terrifier par eux, sinon c'est moi qui, devant eux, m'en vais te terrifier. Et moi, je fais de toi comme une ville fortifiée, comme un pilier de fer et un rempart de bronze face à tout le pays : face aux rois de Juda, à ses ministres, à ses prêtres et à son peuple. Ils vont combattre contre toi, mais ils ne l'emporteront pas, car je suis avec toi, l'Éternel le déclare, je te protégerai (Jérémie 1.17-19).

Lorsque Dieu envoie, il faut obéir, quel que soit l'ordre donné, mais on peut être assuré de sa présence et certain de la réussite de son projet. Dans le Nouveau Testament aussi, nous trouvons des paroles exhortant les croyants à aller de l'avant par exemple :

Car Dieu lui-même a dit : Je ne te laisserai pas : non, je ne t'abandonnerai jamais. Aussi pouvons-nous dire avec assurance : Le Seigneur vient à mon secours, je n'aurai pas de crainte. Que pourraient me faire les hommes ? (Hébreux 13.5-6).

Versets 10-11

Je continue le texte.

Josué donna aux chefs du peuple les ordres suivants : Parcourez le camp et ordonnez au peuple : Préparez-vous des provisions, car dans trois jours vous franchirez le Jourdain que voici pour aller prendre possession du pays que l'Éternel votre Dieu vous donne (Josué 1.10-11).

Comme je l'ai déjà dit, il faut bien faire une distinction entre la promesse de la possession de ce pays qui était inconditionnelle, et sa jouissance, qui elle dépendait entièrement de l'obéissance du peuple à son Dieu. L'heure est maintenant venue de passer à l'action. Josué, en tant que commandant suprême des armées d'Israël, donne ses ordres aux différents responsables de chaque tribu qui faisaient aussi office de chefs de corps. C'est maintenant que va enfin se réaliser pour de bon la promesse de l'Éternel à Abraham :

Je te donnerai, ainsi qu'à ta descendance, ce pays de Canaan. Il sera votre propriété pour l'éternité (Genèse 17.8).

Curieusement, les Israélites avaient déjà conquis un territoire à l'est du Jourdain, c'est-à-dire qui se trouve hors du Pays que Dieu a promis de donner à Abraham. En effet, suite à leur arrivée dans la région, ils avaient été attaqués par deux rois cananéens puissants qui furent totalement décimés. Suite à cette première campagne militaire victorieuse, un très grand territoire avait été saisi. C'est alors que deux tribus et la moitié d'une autre avaient formulé la requête suivante :

Les descendants de Ruben et de Gad avaient de très grands troupeaux. Ils vinrent trouver Moïse, le prêtre Éléazar et les chefs de la communauté et leur dirent : ce territoire que l'Éternel a soumis aux Israélites, est un pays favorable à l'élevage. Or, tes serviteurs possèdent de nombreux troupeaux. Puis ils ajoutèrent : Si tu veux bien nous accorder une faveur, attribue à tes serviteurs la possession de ce pays et ne nous fais pas traverser le Jourdain (Nombres 32.1-5).

Moïse leur avait accordé leur demande quoiqu’à contrecœur. Voilà donc où nous en sommes avec ces tribus déjà installées bien au chaud, pourrait-on dire, à l'est du Jourdain. Cette affaire complique un peu les choses pour Josué.

Versets 12-15

Je continue le texte.

Aux tribus de Ruben, de Gad et à la demi-tribu de Manassé, Josué s'adressa ainsi : Rappelez-vous ce que vous a ordonné Moïse, le serviteur de l'Éternel. Il vous a dit : « L'Éternel votre Dieu vous a donné ce pays et vous a accordé une existence paisible. » Vos femmes, vos enfants et vos troupeaux peuvent donc rester dans le pays que Moïse vous a donné au-delà du Jourdain, mais vous tous qui êtes des hommes de guerre, vous passerez en ordre de bataille en tête de vos frères et vous leur prêterez main forte, jusqu'à ce que l'Éternel votre Dieu leur ait accordé une existence paisible, comme à vous, et qu'eux aussi soient entrés en possession du pays qu'il leur donne. Ensuite, vous retournerez au pays qui vous appartient et vous occuperez cette contrée que Moïse, le serviteur de l'Éternel, vous a accordée à l'est du Jourdain (Josué 1.12-15).

Ces deux tribus et demie avaient promis de participer à la conquête du pays en faveur de leurs compatriotes et devaient donc envoyer leurs hommes de guerre au combat, c'est-à-dire ceux qui ont plus de 20 ans et qui sont capables de manier les armes. Josué leur rappelle donc leur promesse.

Versets 16-18

Je continue jusqu'à la fin du chapitre.

Ils répondirent à Josué : Nous ferons tout ce que tu nous as ordonné et nous irons partout où tu nous enverras. Nous voulons t'obéir en toute chose, comme nous avons obéi à Moïse. Que l'Éternel ton Dieu soit avec toi, comme il a été avec Moïse. Celui qui s'opposera à ton autorité et désobéira à tes ordres sera mis à mort, quelle que soit la chose que tu auras ordonnée. Prends donc courage et tiens bon ! (Josué 1.16-18).

Ces paroles rapportées ici expriment l'allégeance du peuple à Josué, leur nouveau chef. La suite du récit montre que dans une certaine mesure, ils ont tenu parole et se sont joints aux autres tribus pour la conquête. Cependant, ils ont laissé à l'est du Jourdain un contingent important d'hommes de guerre pour assurer la protection de leurs familles et des troupeaux. Une division s'opérait déjà au sein de la nation. Elle était annonciatrice des graves schismes politiques et de la déchéance spirituelle qui feront partie du futur d'Israël.

Ainsi, lorsque Jésus rendit visite à ce territoire à l'est du Jourdain, les habitants du coin faisaient l'élevage de porcs, un animal rituellement impur selon la Loi de Moïse. De plus, ils chassèrent le Christ hors de leur territoire, car ils ne voulaient rien avoir à faire avec lui. Et c'est ainsi que se termine ce chapitre qui contient trois discours : tout d'abord, l'Éternel transmet ses ordres accompagnés de paroles d'encouragement à Josué, le nouveau chef et représentant d'Israël ; à son tour, il en fait part aux Israélites avec une exhortation particulière adressée aux tribus situées à l'est du Jourdain ; en troisième lieu, le peuple répond à Josué en s'engageant à haute voix à lui obéir.

Ce premier chapitre souligne bien l'enjeu devant lequel se trouve Israël. Il n'y a pas de retour en arrière possible, car tous les ponts sont brûlés, pour ainsi dire. L'Éternel tiendra sa promesse ; il donnera la Terre Promise aux Hébreux. La conquête sera couronnée de succès. Cependant, le peuple ne pourra y demeurer que s'il lui obéit et lui fait confiance.

Chapitre 2

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 2 de Josué, un passage où nous faisons connaissance avec Rahab, une femme aux mœurs, disons, quelque peu légères ; aubergiste le jour, elle se prostitue la nuit. Cependant, et fait remarquable, elle figure dans la liste des héros de la foi que nous donne un texte du Nouveau Testament. Ce n'est pas tout : Rahab figure aussi dans la généalogie du Christ. Elle est en fait l'arrière arrière grand-mère du roi David dont la lignée descend jusqu'à Jésus. En réalité, parmi les ancêtres du Christ, il y a beaucoup de gens pas très catholiques, si je peux me permettre cet abus de langage. L'histoire de ce chapitre s'est passée antérieurement, avant que Josué n'ordonne aux hommes de guerre de préparer des provisions.

Verset 1

Je commence à lire.

De Chittim, Josué, fils de Noun, envoya secrètement deux hommes chargés d'une mission de reconnaissance. Il leur donna cette consigne : « Allez explorer le pays, en particulier la ville de Jéricho ! » Ils partirent et, arrivés à Jéricho, ils entrèrent dans la maison d'une prostituée nommée Rahab, et y passèrent la nuit (Josué 2.1).

L'envoi d'espions était une pratique courante dans le Proche-Orient ancien. Jéricho était une ville fortifiée très ancienne, puisque des fouilles archéologiques ont révélé une occupation constante depuis le 7e millénaire av. J-C. Située à 8 km à l'ouest du Jourdain, bien alimentée en eau et entourée de fortes murailles, cette ville qui détenait une position clé à l'entrée du Pays promis aurait pu soutenir un long siège. C'est l'historien juif Josèphe ainsi que d'autres sources anciennes qui nous apprennent que Rahab était aubergiste, ce qui explique pourquoi les deux espions atterrirent chez elle. Mais comme il fallait bien arrondir les fins de mois, elle avait également une activité annexe.

C'est la deuxième fois qu'Israël envoie des espions dans le pays de Canaan ; la première, il y a de cela environ 40 ans, le peuple avait décidé d'envoyer des éclaireurs pour voir s'ils pouvaient s'emparer du pays ; cette fois-ci, le but est totalement différent : ce n'est plus si , mais comment . Ces deux espions sont donc en mission pour découvrir la meilleure stratégie pour pénétrer en Terre Promise.

Versets 2-3

Je continue le texte.

On prévint le roi de Jéricho que des Israélites étaient arrivés là pendant la nuit pour reconnaître la région. Alors il envoya dire à Rahab : Livre-nous les hommes qui sont venus chez toi et qui logent dans ta maison, car ils sont venus pour espionner tout le pays (Josué 2.2-3).

Les principales villes de Canaan étaient des petits royaumes indépendants régis par des roitelets locaux, genre seigneurs du Moyen-Âge. Ils étaient souvent en guerre les uns contre les autres et les alliances se faisaient et se défaisaient sans cesse. La proximité du camp israélite à une vingtaine de kilomètres de la ville rendait la population et son roi particulièrement nerveux, vigilants et soupçonneux. Ils avaient eu vent de la venue des espions dans leur ville et comme ils savaient fort bien que les deux rois à l'est du Jourdain avaient été mis complètement à plat, alors bien sûr, ils dormaient très mal la nuit.

Versets 4-7

Je continue.

Mais la femme emmena les deux hommes et les cacha, puis elle répondit : Effectivement, des hommes sont venus chez moi, mais j'ignorais d'où ils étaient. Et comme on allait fermer la porte, ils sont repartis à la tombée de la nuit. Je ne sais pas où ils sont allés. Dépêchez-vous de les poursuivre, car vous pouvez encore les rattraper. En fait, elle les avait fait monter sur le toit en terrasse de sa maison et les avait cachés sous un tas de tiges de lin qu'elle avait rangées là. Les envoyés du roi se lancèrent à leur poursuite sur le chemin qui mène aux gués du Jourdain. Dès qu'ils eurent quitté la ville, on referma la porte derrière eux (Josué 2.4-7).

On rencontre plusieurs cas dans les Écritures où le mensonge est utilisé comme ici, en vue de sauver des vies humaines. Dans la perspective biblique, la désobéissance civile est permise uniquement lorsque les autorités s'opposent à la parole révélée de Dieu. Pour ce qui est de la prise de position individuelle dans des cas de figure bien précis, c'est une décision qu'il me faut prendre en mon âme et conscience, comme on dit. Dans cette région, le lin mûrit en mars et ses tiges atteignent un mètre. On les étale encore aujourd'hui sur les terrasses des maisons pour les faire sécher. Ils constituaient donc une assez bonne cachette.

Cette affaire est dangereuse pour tout le monde. Aussi bien Rahab que les espions risquent leur vie. Si effectivement les Israélites avaient quitté Jéricho pour retourner chez eux, ils auraient en toute logique emprunté le chemin qui conduit aux gués du Jourdain, l'endroit où la profondeur du fleuve est la moins grande. Ceux qui sont à leur poursuite vont bien dans la bonne direction, mais le gibier n'y est pas.

Versets 8-9

Je continue.

Rahab monta sur la terrasse et vint trouver ses hôtes avant qu'ils ne se couchent. Elle leur dit : Je sais que l'Éternel vous a donné ce pays : la terreur s'est emparée de nous et tous les habitants de la région sont pris de panique à cause de vous (Josué 2.8-9).

Le discernement et la perspicacité spirituels de Rahab sont étonnants. Elle connaît les projets des Israélites ainsi que la puissance surnaturelle qui les accompagne. L'issue du combat ne fait pour elle pas le moindre doute.

Versets 10-11

Je continue.

Car nous avons entendu que l'Éternel a mis à sec les eaux de la mer des Roseaux devant vous lorsque vous êtes sortis d'Égypte. Nous avons appris comment vous avez traité les deux rois des Amoréens, Sihôn et Og, qui régnaient de l'autre côté du Jourdain, pour les vouer à l'Éternel, en les exterminant. Depuis que nous avons entendu ces nouvelles, le cœur nous manque, et personne n'a plus le courage de vous tenir tête. En effet, c'est l'Éternel votre Dieu qui est Dieu, en haut dans le ciel et ici-bas sur la terre (Josué 2.10-11).

Cette femme est étonnante. De la part d'une païenne, sa confession de foi est remarquable. Ce sont les hauts faits de l'Éternel dont elle a entendu parler qui lui ont dicté sa conduite bienveillante envers les espions. De plus, c'était pour elle le seul moyen de sauver sa vie et celle de sa famille. Ce que savait cette femme faisait sans aucun doute la une des journaux de l'époque, pour ainsi dire. Apparemment, les nouvelles se propageaient plutôt bien dans le Proche-Orient ancien. Rahab connaissait des événements qui s'étaient déroulés 40 ans plus tôt, donc avant sa naissance. Cela veut dire que toutes les pérégrinations du peuple élu étaient connues des Cananéens. Ils avaient tous entendu parler des hauts faits de l'Éternel, depuis les 10 plaies d'Égypte, la traversée de la mer Rouge, la marche dans le désert jusqu'à l'extermination des deux rois amoréens, des cousins cananéens.

Plus Rahab parle, plus je suis ébahi par le degré élevé de sa connaissance en matière de théologie. C'est comme si elle avait suivi un cours dans un institut biblique, sauf que ça n'existait pas. Bien qu'elle vive en pleine idolâtrie, voire même la pratique, elle sait très bien qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu et qu'il est le Seigneur du ciel et de la terre. La connaissance de cette femme est époustouflante. En effet, à cette époque les païens croyaient que les dieux étaient territoriaux, que leur sphère d'intervention se limitait à une zone géographique précise. Or si elle savait tout cela, cela veut dire que cette connaissance était répandue en milieu cananéen. L'apôtre Paul dans le Nouveau Testament affirme que tout le monde sans exception a une connaissance innée de Dieu et donc chacun d'entre nous est responsable de le chercher jusqu'à ce qu'il le trouve. Si je ne le fais pas, je n'ai pas d'excuse.