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Diffusé le 20 février 2008 - ::
Nous voici arrivés au chapitre 32 qui est le cantique de Moïse et qui devint en quelque sorte l'hymne national du peuple élu. Tout Israélite devait l'apprendre et l'enseigner à ses enfants. Quelqu'un a dit : Laissez-moi écrire la musique d'une nation et alors peu importe qui en rédigera les lois ! En d'autres mots, la musique exerce une influence plus forte sur le comportement des gens que les règles civiles. Quand j'ai fait le service militaire, j'ai dû apprendre des chants très rythmés qui accompagnaient nos défilés. La jeunesse, quelle qu'elle soit, s'enivre de musique, c'est son langage. Je commence à lire.
Ô ciel, prête l'oreille, je parlerai. Et toi, ô terre, écoute ce que je vais dire (Deutéronome 32.1).
Les cieux et la terre sont personnifiés et invités à servir de témoins, en faveur de la fidélité de Dieu et contre l'ingratitude du peuple. Le livre du prophète Ésaïe commence de la même manière, suivie d'une plaidoirie contre la rébellion d'Israël.
Je continue.
Mes instructions ruissellent comme la pluie, et ma parole coule ainsi que la rosée comme une fine pluie tombe sur la verdure ou comme des ondées sur l'herbe (Deutéronome 32.2).
À l'image de la pluie et de la rosée, la parole de l'Éternel est féconde et source de vie. Elle purifie et embellit.
Je continue.
Car je vais proclamer comment est l'Éternel. Célébrez la grandeur de notre Dieu ! Il est comme un rocher, ses œuvres sont parfaites, tout ce qu'il fait est juste. Il est un Dieu fidèle qui ne commet pas d'injustice, c'est un Dieu juste et droit (Deutéronome 32.3-4).
L'image du rocher est fréquemment utilisée dans l'Ancien Testament pour évoquer l'Éternel comme un abri protecteur et un solide fondement. Dans le Nouveau Testament, il est dit de Jésus-Christ qu'il est la pierre principale à l'angle de l'édifice que constitue l'Église.
Je continue.
Mais vous, à son égard, vous êtes corrompus, vous n'êtes plus ses fils, à cause de vos tares, gens pervers, dépravés ! Comment peut-on ainsi se conduire envers lui, nation folle, insensée ! N'est-il pas votre père et votre créateur, celui qui vous a faits, qui vous a établis ? (Deutéronome 32.5-6).
L’Éternel est le père d'Israël, et de l'humanité, en vertu du fait qu'il est le Créateur de toutes choses. Lorsqu'il façonna Adam, ce dernier fut surnommé fils de Dieu. Mais après la désobéissance de nos premiers parents, cette expression ne fut plus appliquée à un être humain jusqu'au Nouveau Testament où ceux qui sont nés de nouveau sont appelés enfants de Dieu.
Je continue.
Pensez aux jours d'alors et songez aux années du temps de vos aïeux ! Interrogez vos pères et ils vous le diront, demandez aux vieillards et ils vous l'apprendront. Quand le Très-Haut donna un territoire aux peuples, quand il dissémina les hommes sur la terre, en fixant les frontières des diverses nations, il tint compte du nombre des enfants d'Israël. L'Éternel a pour bien son peuple ; les enfants de Jacob, voilà sa possession (Deutéronome 32.7-9).
L'expression « le Très-Haut » souligne la souveraineté de l'Éternel sur toutes les nations. Dieu, lors de l'attribution d'un territoire à chaque nation, a veillé à ce qu'Israël ait un pays adapté à sa taille.
Je continue.
L'Éternel l'a trouvé dans une steppe aride, dans un désert inhabité, rempli de hurlements. Il a pris soin de lui et il l'a éduqué. Il a veillé sur lui comme sur la prunelle de ses yeux ! Il fut comme un grand aigle qui pousse sa couvée à prendre son envol, planant sur ses aiglons, puis, étendant ses ailes, il les a pris et portés sur ses ailes. Lui seul les a conduits, aucun dieu étranger n'est venu à son aide (Deutéronome 32.10-12).
Ce passage fait ressortir l'attitude maternelle de Dieu envers son peuple. Les aiglons bien douillets dans leur nid ne prennent pas d'eux-mêmes l'initiative de s'élancer dans les grands espaces. Alors, au moment jugé opportun par la maman aigle, elle éjecte littéralement l'aiglon hors du nid. Mais elle l'accompagne dans sa chute au cas où le petit n'arriverait pas à maîtriser son vol. Alors en plein ciel, elle vient se placer délicatement sous lui et le ramène au nid, lui donne quelque nourriture et on recommence.
Je continue.
Il les fit chevaucher les hauteurs du pays, et il les a nourris des productions des champs. Il leur a fait goûter le miel qui s'écoulait dans le creux des rochers et l'huile qui jaillit dans un sol rocailleux, le lait des vaches et des brebis, les viandes grasses des agneaux, des béliers du Basan aussi bien que des boucs. Ils se sont régalés du meilleur des froments, ils ont bu le vin rouge extrait de bons raisins (Deutéronome 32.13-14).
Voilà une description du bon pays où coulent le lait et le miel. En Palestine, les abeilles s'établissent facilement dans les trous des rochers, et l'olivier croît même sur un sol rocailleux.
Je continue.
Mais bientôt Israël, après s'être engraissé, s'est mis à regimber. Devenu gros et gras, bien chargé d'embonpoint, il a abandonné le Dieu qui l'a créé, et il a méprisé le Roc qui l'a sauvé. Ils l'ont rendu jaloux parce qu'ils l'ont trahi en suivant d'autres dieux, et ils l'ont irrité par leurs pratiques abominables. Ils ont sacrifié à des esprits mauvais qui ne sont pas des dieux, à des divinités qu'ils n'avaient pas connues, des dieux nouveaux venus, des dieux que vos ancêtres n'avaient pas redoutés. Israël, tu oublies le rocher protecteur par lequel tu es né, tu négliges le Dieu qui t'a donné la vie (Deutéronome 32.15-18).
Israël est devenu comme un jeune bœuf qui, dans le sentiment de sa force, ne veut pas se laisser mettre le joug. Séduit par la prospérité, celui qui était appelé à vivre d'une manière juste est tombé dans l'orgueil, la désobéissance et l'idolâtrie en oubliant son bienfaiteur.
Je continue.
Quand l'Éternel l'a vu, il s'est mis en colère : il était offensé par ses fils et ses filles, et il a déclaré : Je me détourne d'eux, je verrai bien alors le sort qui les attend. Car ce sont des gens fourbes, des enfants infidèles (Deutéronome 32.19-20).
Dieu a une réaction de jalousie face à son amour bafoué et trahi. Le texte se poursuit par une série de menaces sévères.
Je continue plus loin.
« Je voulais tout d'abord les réduire à néant et faire disparaître jusqu'à leur souvenir du milieu des humains. Mais ce que je craignais c'est que les ennemis y trouvent l'occasion de venir m'insulter, et que leurs adversaires se méprennent et disent : “C'est par notre puissance que nous avons vaincue”, et non : “C'est l'Éternel qui a fait tout cela !” » (Deutéronome 32.26-27).
L'Éternel veut éviter que les nations qu'il utilisera pour châtier son peuple ne se méprennent sur la vraie raison de l'anéantissement d'Israël, et l'attribue à leur force et non pas à la justice divine. Dieu, pour qui toute élévation humaine est une abomination, veut éviter qu'il en soit ainsi.
Je finis ce cantique un peu plus loin avec une citation majestueuse.
Reconnaissez-le donc : C'est moi seul qui suis Dieu, il n'y en a pas d'autre ! C'est moi qui fais mourir et moi seul qui fais vivre, c'est moi qui ai blessé, c'est moi qui guérirai, et de ma main, nul ne peut délivrer (Deutéronome 32.39).
Voilà une forte affirmation de l'unicité de Dieu, de sa souveraineté sur la vie et la mort ; lui seul peut sauver, guérir et délivrer.
Je continue toujours plus loin.
Moïse, accompagné de Josué, fils de Noun, vint réciter tout le texte de ce cantique au peuple. Quand il eut achevé de communiquer toutes ces paroles à tout le peuple d'Israël, il leur dit : Prenez à cœur toutes ces paroles par lesquelles je témoigne contre vous aujourd'hui. Vous les inculquerez à vos enfants afin qu'ils obéissent à tous les commandements de cette Loi et qu'ils les appliquent (Deutéronome 32.44-46).
Par une anticipation prophétique, l'avenir d'Israël est décrit comme déjà réalisé. Son infidélité est considérée, non seulement comme possible, mais certaine. Cependant, après avoir décrit le crime du peuple élu ainsi que son châtiment, le poète révèle la miséricorde de l'Éternel qui va se révéler à son égard au terme de sa douloureuse histoire.
Je finis ce chapitre.
Ce même jour, l'Éternel parla à Moïse et lui dit : Monte sur les Abarim, sur le mont Nébo situé dans le pays de Moab en face de Jéricho, et contemple le pays de Canaan que je donne en possession aux Israélites. Tu vas mourir sur cette montagne où tu vas monter et tu rejoindras tes ancêtres décédés, comme ton frère Aaron est mort sur la montagne de Hor et est allé rejoindre les siens (Deutéronome 32.48-50).
Moïse le grand législateur, celui qui était l'ami de Dieu et qui servit d'intermédiaire au peuple est au bout de son pèlerinage. Il avait donné la Loi, mais celle-ci ne pouvait le faire entrer dans le pays promis à cause de sa faute. Cette Loi ne fait que condamner ; elle ne peut racheter le coupable. Israël est en pleine transition. Josué a été désigné comme le nouveau chef. Il a reçu publiquement le plein soutien de Dieu afin que son autorité ne soit pas contestée.
Cependant, le grand problème n'est pas la succession de Moïse, mais la fidélité du peuple à l'Éternel. Plusieurs dispositions sont prises afin qu'il n'oublie pas la Loi. Celle-ci sera lue périodiquement devant tous et le cantique de Moïse devra être mémorisé. Il constitue un résumé des relations de Dieu avec son peuple et le condamne d'avance pour son infidélité. Cependant, l'Éternel ne reste pas sur une note négative et annonce déjà la restauration d'Israël.
Nous voici maintenant au chapitre 33 du Deutéronome. Le dernier acte public de Moïse avant sa mort consiste à rassembler le peuple pour lui donner son discours d'adieu. En tant que patriarche, il prononce des bénédictions sur les tribus d'Israël. Ce passage est le miroir de la bénédiction de Jacob sur ses 12 fils, dont il emprunte différentes expressions. Mais il en diffère aussi en ce que le père de la nation s'adressait alors à des individus dont il connaissait le caractère et la conduite, tandis que Moïse a devant lui les douze tribus, en fait 13, d'un grand peuple, qui n'ont pas une individualité aussi nettement définie que des personnes.
Ce passage est en quelque sorte l'inauguration d'Israël établi dans la Terre promise à ses pères. Le discours commence et finit par un hymne qui célèbre la majesté et la générosité de l'Éternel en rappelant ses œuvres en faveur de son peuple. Il sert de cadre à tout le reste. La partie centrale du texte est constituée par les paroles solennelles de Moïse sous forme de prière prophétique prononcée sur 12 des 13 tribus, et donnant l'orientation particulière de chacune d'elles dans le territoire que Dieu leur assignera.
Celle de Siméon n'est pas mentionnée, car elle sera absorbée par Juda, ce qui est l'accomplissement d'une malédiction prononcée par Jacob sur son fils à cause de sa cruauté, une histoire sordide relatée dans le livre de la Genèse. Je lis la fin du discours qui est la continuation du début de l'hymne à la gloire de l'Éternel.
Nul n'est semblable à Dieu, ô Israël ! Chevauchant dans le ciel, il vient à ton secours, il est majestueux, monté sur les nuages. Le Dieu d'éternité est un refuge, il est depuis toujours un soutien ici-bas. Et il met devant toi l'ennemi en déroute et il dit : Extermine ! Car Israël demeure dans la sécurité, la source de Jacob jaillit bien à l'écart vers un pays où poussent le froment et la vigne et où le ciel distille la rosée. Que tu es heureux, Israël, car qui est comme toi un peuple secouru par l'Éternel lui-même ? Il est le bouclier qui vient à ton secours, il est aussi le glaive qui te mène au triomphe ! Tes ennemis te flatteront, mais toi, tu marcheras sur les hauteurs de leur pays (Deutéronome 33.26-29).
Et nous voici arrivés au dernier chapitre qui est la conclusion du Deutéronome et de la vie de Moïse. Ce texte bien triste fut probablement écrit par Josué. Je commence à lire en compressant.
Des plaines de Moab, Moïse monta sur le mont Nébo, au sommet du Pisga, qui se trouve en face de Jéricho. L'Éternel lui fit contempler tout le pays. Alors il lui dit : Voilà le pays que j'ai promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, lorsque je leur ai dit : Je donnerai ce pays à vos descendants. Je te l'ai fait voir de tes propres yeux, mais tu n'y entreras pas (Deutéronome 34.1, 4).
Moïse agit selon l'ordre que l'Éternel lui a donné et gravit la pente qui va le conduire, selon l'expression consacrée, à sa dernière demeure. La Loi que Moïse avait suivie dans ses moindres détails ne lui a pas permis d'effacer sa faute. Dans l'Évangile, lors de la transfiguration du Christ, Moïse est à ses côtés. Ce que la Loi était incapable d'accomplir, la grâce, offerte par Jésus, a permis à Moïse d'être présent à ses côtés en Terre promise.
Je continue en compressant.
Moïse, serviteur de l'Éternel, mourut là, dans le pays de Moab, comme l'Éternel l'avait déclaré. Dieu lui-même l'enterra dans la vallée de Moab, et jusqu'à ce jour personne n'a jamais su où était son tombeau (Deutéronome 34.5-6).
L'emplacement inconnu de la sépulture de Moïse a empêché que celle-ci ne devienne un lieu de pèlerinage. Le grand homme de Dieu disparaît sans laisser de trace. Il fut un fidèle serviteur pour un temps limité, au service de Celui qui est l'Éternel. Dieu lui-même l'enterra par l'entremise de l'archange Michel selon un passage du Nouveau Testament (Jude 9). Ce fut là un honneur qui compensa en quelque manière l'humiliation infligée à Moïse par son exclusion de la Terre promise.
Je continue.
Les Israélites le pleurèrent dans les steppes de Moab pendant trente jours, puis le temps du deuil de Moïse prit fin. Josué, fils de Noun, était rempli d'un Esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. Dès lors, les Israélites lui obéirent et se conformèrent aux ordres que l'Éternel avait donnés à Moïse (Deutéronome 34.8-9).
Josué succède à Moïse à la tête du peuple. L'Esprit de l'Éternel lui confère la sagesse à la fois politique et militaire dont il va avoir besoin pour assumer ses nouvelles responsabilités.
Je finis ce chapitre et ce livre.
Au sein du peuple d'Israël, il n'a plus jamais paru de prophète comme Moïse avec qui l'Éternel s'entretenait directement, aucun ne fut son égal (Deutéronome 34.10).
La mort de Moïse marque un tournant important dans l'histoire d'Israël où il a joué un rôle unique. Durant son ministère, l'Ancienne Alliance a été conclue et le peuple de Dieu fut constitué. Cependant, le Nouveau Testament affirmera la supériorité sans conteste de Jésus sur Moïse. En attendant, parce que l'espérance et la force d'Israël résident en l'Éternel son Dieu, et non pas en un homme, un avenir lui est grand ouvert : c'est le Pays Promis. Et pour le chrétien, c'est-à-dire celui qui a placé sa confiance en Jésus-Christ, sa certitude c'est le royaume de Dieu qu'on a coutume d'appeler le paradis.