Chapitre 23
Versets 18-19
Il se trouve que l'Éternel est un Dieu très pratique, c'est pourquoi Moïse donne au peuple d'Israël, sur le point d'entrer en Terre promise, toute une série de règles de vie qui ont pour but de lui permettre de vivre harmonieusement. Aujourd'hui, nous nous croyons plus malins que nos ancêtres. Notre culture occidentale arrogante et supérieure a écarté Dieu et ses préceptes de sa route pour le remplacer par l'humanisme. Le résultat se trouve dans vos journaux du matin et le journal télé du soir.
Versets 20-21
Je lis maintenant dans le chapitre 23 du livre du Deutéronome.
Lorsque tu prêteras de l'argent, des vivres ou toute autre chose à un compatriote, vous n'exigerez pas d'intérêt de sa part. Vous pouvez exiger des intérêts lorsque vous faites un prêt à un étranger, mais vous ne prêterez pas à intérêt à vos compatriotes. Alors l'Éternel votre Dieu vous bénira dans tout ce que vous entreprendrez dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession (Deutéronome 23.20-21).
L'Éternel n'apprécie pas le capitalisme sauvage tel qu'il existe en certains points du globe où les plus forts et les plus riches exploitent le bas peuple. L'Israélite financièrement en bonne santé devait aider son frère sans profiter de la situation défavorable de ce dernier. Cette ordonnance ne s'applique pas aux étrangers, car ceux-ci se prêtaient de l'argent les uns aux autres avec intérêt.
Versets 22-26
Je finis le chapitre.
Quand tu auras fait un vœu à l'Éternel votre Dieu, tu n'en différeras pas l'accomplissement, car l'Éternel ton Dieu ne manquerait pas de t'en demander compte, et tu porterais la responsabilité d'une faute. D'ailleurs, tu n'es pas tenu de prononcer un vœu ; si tu t'en abstiens, tu ne seras pas coupable pour cela. Mais si une promesse a franchi tes lèvres, tu dois la tenir et accomplir le vœu que tu auras librement fait à l'Éternel ton Dieu de ta propre bouche. Si tu viens à passer par le vignoble de ton prochain, tu pourras manger autant de raisin que tu veux, jusqu'à satiété, mais tu n'en emporteras pas dans ton panier. De même, si tu traverses le champ de blé mûr de ton prochain, tu pourras cueillir des épis à la main, mais tu n'en couperas pas à la faucille (Deutéronome 23.22-26).
Les Écritures exhortent fréquemment le lecteur à veiller sur sa langue et à ne pas proférer des paroles en l'air ; une promesse légère est facile à faire, mais beaucoup moins à tenir. La maraude était permise à condition de ne pas faire une véritable récolte de produits sur le dos du propriétaire.
Chapitre 24
Versets 1-4
Nous voici rendus au chapitre 24 qui commence par des ordonnances régulant le divorce. Je commence à lire.
Supposons qu'un homme ait épousé une femme et que, plus tard, il cesse de la considérer avec faveur parce qu'il trouve quelque chose d'infâme à lui reprocher. Alors il rédige une lettre de divorce, il la lui remet et la renvoie de chez lui. Après être partie de chez lui, cette femme se remarie avec un autre homme. Supposons que ce second mari cesse aussi de l'aimer, qu'il rédige à son tour une lettre de divorce, la lui remette et la renvoie de chez lui, ou supposons qu'il meure. Dans ce cas, le premier mari qui l'a renvoyée n'aura pas le droit de la reprendre pour femme, car elle est devenue impure pour lui, et ce serait une chose abominable aux yeux de l'Éternel. Vous ne chargerez pas de péché le pays que l'Éternel votre Dieu vous donne en possession (Deutéronome 24.1-4).
Le but de cette loi n'est pas d'instituer le divorce, qui était un fait admis dès les temps anciens, mais de rendre la séparation conjugale définitive une fois qu'elle a été suivie d'un second mariage par la femme. Dans une lettre de divorce, le mari était obligé d'articuler ses griefs. C'était pour la femme une protection contre les caprices de son mari. Cette lettre lui évitait d'être renvoyée d'une manière totalement arbitraire. Jésus a enseigné que le divorce ne devrait pas être, ce qui a hérissé le poil des religieux de son époque qui se sont référés à ce passage de la Loi pour en défendre le principe ; sur quoi Jésus a répondu :
C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de divorcer d'avec vos épouses. Mais, au commencement, il n'en était pas ainsi. Aussi, je vous déclare que celui qui divorce et se remarie, commet un adultère, sauf en cas d'immoralité sexuelle (Matthieu 19.8-9).
En cas d'infidélité, le mariage est automatiquement dissout.
Verset 5
Je continue le texte.
Lorsqu'un homme vient de se marier, il sera dispensé du service militaire et on ne le chargera d'aucune obligation particulière ; il restera disponible pour son foyer pendant un an, et fera la joie de la femme qu'il aura épousée (Deutéronome 24.5).
Voilà une prescription touchante et qui se préoccupe davantage du bonheur de la jeune femme que de celui du mari.
Versets 6-7
Je continue.
On ne prendra pas en gage les deux meules de son prochain, on ne saisira même pas celle du dessus, car ce serait prendre en gage ses moyens d'existence. Si l'on découvre qu'un Israélite a enlevé l'un de ses compatriotes israélites et l'a réduit en esclavage ou l'a vendu, cet homme sera puni de mort. Ainsi vous ferez disparaître du milieu de vous la souillure qu'entraîne le mal (Deutéronome 24.6-7).
Les deux pierres de meule, une fixe et une mobile servaient à moudre le grain nécessaire à la nourriture quotidienne. Il est donc interdit de s'en saisir. Celui qui met en esclavage un compatriote défait l'œuvre de l'Éternel qui délivra les Israélites d'Égypte. En conséquence, il a commis une faute de lèse-majesté qui exige la peine capitale. Le reste du chapitre est une suite de prescriptions sans rapport logique les unes des autres, sur la lèpre, mais surtout sur les rapports avec l'argent.
Versets 10-22
Je finis ce chapitre en compressant.
Si tu prêtes quelque chose à ton prochain, tu ne pénétreras pas dans sa maison pour te saisir d'un gage ; tu attendras dehors que l'emprunteur t'apporte son gage à l'extérieur. S'il s'agit d'un pauvre, tu ne te coucheras pas sans lui avoir restitué le gage. Tu ne manqueras pas de le lui rapporter au coucher du soleil pour qu'il puisse s'en couvrir à son coucher en te bénissant, et l'Éternel ton Dieu considérera cela comme une marque de justice. Tu n'exploiteras pas l'ouvrier journalier qui est d'humble condition ou pauvre qu'il s'agisse d'un Israélite ou d'un immigré habitant chez toi dans ton pays. Tu lui donneras son salaire chaque jour avant le coucher du soleil, car étant pauvre, il attend sa paie avec impatience ; sinon il en appellerait à l'Éternel contre toi et tu porterais la responsabilité d'un péché. Tu ne fausseras pas le cours de la justice au détriment d'un immigré, ni d'un orphelin, et tu ne prendras pas en gage le vêtement d'une veuve. Quand tu moissonneras ton champ, si tu oublies une gerbe dans le champ, ne retourne pas pour la ramasser, laisse-la pour l'immigré, pour l'orphelin ou la veuve, afin que l'Éternel ton Dieu te bénisse dans tout ce que tu entreprendras. Quand tu secoueras tes oliviers, ne cueille pas ensuite ce qui reste aux branches, ce sera pour l'immigré, l'orphelin ou la veuve. De même, quand tu vendangeras ta vigne, n'y reviens pas pour grappiller ce qui reste, ce sera pour l'étranger, l'orphelin ou la veuve. Rappelez-vous que vous avez été esclaves en Égypte ; c'est pourquoi je vous ordonne d'agir ainsi (Deutéronome 24.10-22).
Ces ordonnances montrent bien que Dieu prend soin des plus faibles et qu'il ne veut surtout pas qu'ils soient laissés pour compte. Ainsi, il était interdit de dépouiller le pauvre de ce qui lui était strictement nécessaire pour vivre. Si j'avais vécu à cette époque, je n'aurais pas pu entrer dans la maison de mon prochain qui me devait de l'argent. C'était lui, le débiteur qui choisissait le gage qu'il voulait bien me remettre à moi, le créancier. Les Israélites devaient constamment se souvenir de l'immigré, de la veuve et de l'orphelin en veillant qu'ils aient de quoi survivre. De la même manière dont l'Éternel est venu au secours des Hébreux quand ils étaient dans la détresse en Égypte, ils doivent à leur tour faire preuve de miséricorde envers les démunis.
Chapitre 25
Versets 1-3
Nous voici arrivés au chapitre 25 qui continue avec une série d'ordonnances diverses, mais très pratiques. L'Éternel a toujours le souci de défendre l'innocent et de punir le coupable tout en secourant les plus faibles. Je commence à lire.
Si deux hommes sont en litige, ils se présenteront devant le tribunal, on les jugera, l'innocent sera acquitté et le coupable condamné. Si ce dernier a mérité d'être battu, le juge le fera étendre par terre et le fera battre en sa présence d'un nombre de coups proportionnel à la gravité de son délit. Mais on ne lui infligera pas plus de quarante coups, car dépasser ce nombre de coups serait dégrader votre compatriote (Deutéronome 25.1-3).
L'usage de la bastonnade existait depuis toujours. Cette loi est destinée à en empêcher les abus. Les Juifs n'appliquaient que 39 coups pour être sûrs de ne pas dépasser les 40. C'est ce que l'apôtre Paul dut subir à 5 reprises à cause de son témoignage pour le Christ. Ce genre de châtiment a totalement disparu des pays civilisés. Cette manière sommaire de rendre la justice séance tenante n'a pas en Orient le caractère infâme qu'elle aurait chez nous. Il n'empêche que ce procédé, surtout s'il était administré sur une place publique, en ferait réfléchir plus d'un et diminuerait du coup le nombre de petits larcins et peut-être de gros délits.
Verset 4
Je continue.
Tu ne mettras pas de muselière à un bœuf pendant qu'il foule le blé (Deutéronome 25.4).
Le blé était foulé par un bœuf qui tirait une sorte de herse et piétinait les épis. Les sentiments d'humanité qui dictent la plupart des préceptes précédents doivent être étendus aux animaux domestiques comme le bœuf de trait. Après avoir labouré péniblement le sol en automne et que vient la moisson, il ne doit pas être privé de jouir lui aussi du fruit de son dur labeur. Mise à part une sollicitude envers les animaux, ce dicton concerne les rapports sociaux. Il veut dire que le travailleur a droit à des égards de la part de celui qui l'emploie.
Versets 5-6
Je continue.
Si deux frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans laisser d'enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille ; son beau-frère l'épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle. Le premier fils qu'elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt pour que ce nom ne s'éteigne pas en Israël (Deutéronome 25.5-6).
Cette ancienne coutume datant des patriarches s'appelle la loi du lévirat, parce qu'en latin lever veut dire beau-frère. En Israël, hormis les descendants de la tribu de Lévi, toutes les familles possédaient des terres qu'elles cultivaient. Quand un homme mourrait sans laisser d'enfant, sa veuve se retrouvait seule et sans soutien. Elle prenait alors l'initiative de demander au beau-frère qui habitait le plus près de chez elle de l'épouser ; peu importe s'il était marié ou pas, vu que la polygamie était tolérée. C'était un devoir que le beau-frère devait accomplir envers sa belle-sœur dont l'existence devait être assurée, et un devoir envers le défunt lui-même afin que son nom ne disparaisse pas des registres d'état civil israélite ; quelque chose qu'il fallait éviter à tout prix.
Versets 7-10
Je continue.
Si cet homme n'a pas envie d'épouser sa belle-sœur, elle se rendra à la porte de la ville vers les responsables et leur dira : Mon beau-frère refuse de perpétuer le nom de son frère en Israël, il ne veut pas remplir son devoir de beau-frère. Alors les responsables de la ville le convoqueront et lui parleront. S'il persiste dans son refus d'épouser sa belle-sœur, celle-ci s'approchera de lui en présence des responsables, elle lui ôtera sa sandale et lui crachera au visage ; puis elle déclarera à haute voix : « Voilà comment doit être traité l'homme qui ne veut pas constituer une famille pour son frère ! » Dès lors, on surnommera la famille de cet homme en Israël « la famille du Déchaussé » (Deutéronome 25.7-10).
Si le beau-frère refuse d'épouser la veuve, elle le traînait en justice et attirait une certaine disgrâce sur lui et sa maison. Par contre, il était inconcevable que la belle-sœur ne veuille pas se marier avec son beau-frère, parce qu'en Israël, ne pas avoir d'enfants était considéré comme le plus grand des malheurs. Cette histoire de sandale est une coutume de l'époque. La chaussure était considérée comme l'emblème de la propriété. Lors de la cession d'un bien immobilier, l'ancien propriétaire ôtait l'un de ses souliers et le donnait à son successeur, montrant par là qu'il lui cédait ses droits.
Dans le cas qui nous occupe, c'est donc elle qui déchausse son beau-frère, prenant les juges à témoin qu'il a honteusement manqué à son devoir de l'épouser. L'insulte est cinglante, car les Israélites n'allaient nu-pieds que dans les circonstances les plus lamentables. Le déchaussé est une expression qui désigne un homme qui s'est montré déloyal envers son frère, sa tribu et sa nation, et qui ne respecte ni son honneur, ni celui de sa famille. Il faut aussi savoir qu'en Israël se marier n'était pas du tout un choix personnel et une histoire privée et individuelle, mais une affaire de famille où tout le monde avait son mot à dire.
Versets 11-12
Je continue avec un passage fort désagréable.
Supposons que deux Israélites se battent ensemble et que la femme de l'un d'eux intervienne pour délivrer son mari des coups de son adversaire. Si elle empoigne ce dernier par les organes sexuels, vous lui couperez la main sans vous laisser apitoyer (Deutéronome 25.11-12).
Ce texte me donne des sueurs froides. J'accepte la Parole de Dieu, mais j'ai du mal à comprendre la justice de cette ordonnance très dure. À côté de la loi du talion : œil pour œil et dent pour dent , c'est la seule mutilation prescrite par la Loi de Moïse, alors que celles-ci étaient monnaie courante et pratiquées à tour de bras chez les autres peuples.
Versets 13-16
Je continue en simplifiant.
Tu n'auras pas dans ton sac deux sortes de poids différents : l'un plus lourd, l'autre plus léger. Tu n'auras pas dans ta maison deux mesures de capacité : l'une plus grande et l'autre plus petite. Car l'Éternel ton Dieu a en abomination ceux qui commettent de telles fraudes (Deutéronome 25.13-16).
Dans l'antiquité, cette façon de procéder n'était pas rare de la part des marchands indélicats. Ils utilisaient les instruments de mesure lourds et grands pour acheter, et les légers et petits pour vendre bien entendu.
Versets 17-19
Je continue jusqu'à la fin du chapitre.
Rappelez-vous comment les Amalécites vous ont traités quand vous étiez en chemin après votre sortie d'Égypte ; sans aucun respect de Dieu, ils vous ont rejoints sur votre route et ont attaqué par derrière les éclopés qui fermaient votre marche, alors que vous étiez épuisés et à bout de forces. Lorsque l'Éternel votre Dieu vous aura assuré une existence paisible en vous délivrant de tous vos ennemis d'alentour, dans le pays qu'il vous donne comme patrimoine pour que vous le possédiez, vous détruirez les Amalécites de dessous le ciel pour effacer leur souvenir. N'oubliez pas de faire cela (Deutéronome 25.17-19).
Les Amalécites s'étaient révélé un peuple lâche et perfide. Ils avaient attaqué par surprise les arrières du peuple d'Israël en marche dans le désert ; après quoi, une bataille rangée en bonne et due forme les avait mis en déroute. Suite à cette victoire, l'Éternel avait déjà prononcé des paroles de jugement contre eux. Je les cite :
J'effacerai complètement le souvenir d'Amalec de sous le ciel. Puis il ajouta : — Puisqu'on s'est attaqué au trône de l'Éternel, l'Éternel fera la guerre à Amalec de génération en génération (Exode 17.14, 16).
Saül, le premier roi d'Israël, recevra lui aussi l'ordre de les exterminer. Il ne l'exécutera que partiellement. Ceux qui resteront seront ensuite battus par David, puis plus tard par la tribu de Siméon.
Chapitre 26
Versets 1-4
Nous voici rendus au chapitre 26 qui commence par une belle cérémonie similaire à la fête annuelle des premiers fruits. Ce passage va énoncer les formes liturgiques que devront revêtir la première offrande des fruits du pays ainsi que la dîme tri-annuelle. Je commence à lire.
Lorsque vous serez arrivés dans le pays que l'Éternel votre Dieu vous donne comme patrimoine, lorsque vous en aurez pris possession et que vous y serez installés, chacun de vous prélèvera une part de tous les premiers produits du sol qu'il aura récoltés dans le pays que l'Éternel votre Dieu vous donne, il les déposera dans une corbeille et se rendra au lieu que l'Éternel votre Dieu aura choisi pour y établir sa présence. Il ira trouver le prêtre qui sera en fonction à ce moment-là et lui dira : Je déclare aujourd'hui devant l'Éternel ton Dieu que je suis entré dans le pays que l'Éternel avait promis par serment à nos ancêtres de nous donner. Le prêtre prendra la corbeille de sa main et la déposera devant l'autel de l'Éternel votre Dieu (Deutéronome 26.1-4).
Après la première récolte, dans leur nouveau pays, un échantillon des premiers fruits sera présenté à l'Éternel dans une corbeille. Cette offrande exceptionnelle n'aura lieu qu'une seule fois. Elle signifie la prise de possession du pays et exprime la reconnaissance du peuple envers l'Éternel.