Chapitre 16
Versets 9-10
Dans le chapitre 16 du Deutéronome, il est question de la célébration des fêtes en l'honneur de l'Éternel, car les Israélites étaient appelés à se réjouir ensemble devant leur Dieu. J'ai déjà parlé de la Pâque. Maintenant, il est question de la Pentecôte qui à l'origine est bel et bien une fête juive.
À partir du jour du début de la moisson, vous compterez sept semaines, et vous célébrerez la fête des Semaines en l'honneur de l'Éternel votre Dieu. Vous lui offrirez des dons volontaires en fonction des bénédictions que votre Dieu vous aura accordées (Deutéronome 16.9-10).
Il est question ici de la fête de la moisson ou des semaines encore appelée Pentecôte. Ce mot provient du grec qui désigne le nombre 50. C'est en effet le 50e jour après Pâque qu'avait lieu cette célébration. On cueillait et apportait au sanctuaire les premiers épis mûrs pour les consacrer cérémonieusement à l'Éternel. Cette fête était célébrée en grande pompe au temps de Jésus-Christ. On allait alors chercher une gerbe d'orge dans un champ voisin de Jérusalem, et on la rapportait en une procession solennelle dans le Temple.
Verset 11
Je continue.
Vous vous réjouirez devant l'Éternel votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes, les lévites qui habitent dans vos villes, les immigrés, les orphelins et les veuves qu'il y aura parmi vous, dans le lieu que l'Éternel votre Dieu aura choisi pour y établir sa présence (Deutéronome 16.11).
La joie est un thème important dans le livre du Deutéronome. On voit ici encore une fois le souci de Dieu pour les laisser pour compte. Dans cette ordonnance sont mentionnés 2 fois 4 groupes de personnes. Cette recommandation est paraphrasée par un commentateur juif de la façon suivante : Si tu veux rendre heureux ces quatre premiers qui sont à toi, c'est-à-dire les fils, les filles, les serviteurs et les servantes, songe à réjouir les quatre suivants, mes protégés à moi, c'est-à-dire les Lévites, ceux qui sont attachés au service du culte, les immigrés, les orphelins et les veuves.
Versets 13-14
Je continue en compressant avec la troisième convocation annuelle obligatoire.
Lorsque vous aurez rentré le blé battu et terminé la vendange, vous célébrerez pendant sept jours la fête des Cabanes. Vous serez dans la joie en célébrant la fête, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes avec les lévites et les immigrés, les orphelins et les veuves qui habitent parmi vous (Deutéronome 16.13-14).
Cette fête, qui durait 7 jours, était une commémoration de la protection divine durant les 40 années de pérégrinations du peuple d'Israël au désert. Elle marquait également la fin de toutes les récoltes de l'année.
Verset 16
Je continue.
Trois fois par an, tous les hommes se présenteront donc devant l'Éternel votre Dieu au lieu qu'il aura choisi : lors de la fête des pains sans levain, de la fête des Semaines et de celle des Cabanes. On ne se présentera pas les mains vides devant l'Éternel (Deutéronome 16.16).
Ce passage résume les fêtes obligatoires. Il va sans dire que les femmes étaient libres d'accompagner les hommes quand elles le pouvaient, mais cela ne leur était pas imposé par la Loi comme aux hommes. En Orient, on ne se présente jamais devant un supérieur sans lui offrir un présent. Cette offrande à Dieu était un signe non seulement de respect, mais encore de reconnaissance pour tous ses dons.
Verset 18
Je continue.
Dans toutes les villes que l'Éternel votre Dieu vous donnera, vous instituerez des juges et des magistrats dans vos tribus, et ils jugeront le peuple en rendant de justes jugements (Deutéronome 16.18).
Maintenant que le peuple va commencer à mener une vie sédentaire et se disperser dans toute la Palestine, une organisation judiciaire bien structurée devient nécessaire. Des magistrats devront être établis dans toutes les villes. Celles-ci étaient entourées d'une muraille avec une entrée principale. Ce lieu jouait le rôle de place publique. C'est là que la justice y était rendue et où avaient lieu les rassemblements des citoyens. Le nombre de juges ne nous est pas donné parce qu'il variait en fonction de l'importance de la ville. L'historien juif Josèphe écrit que dans les localités ordinaires ils étaient au nombre de sept, auxquels étaient adjoints deux Lévites qui jouaient le rôle d'experts.
Versets 19-22
Je finis ce chapitre.
Vous ne fausserez pas le cours de la justice, vous ne ferez pas preuve de partialité envers les personnes, et vous ne vous laisserez pas corrompre par des cadeaux, car ceux-ci aveuglent même les sages et compromettent la cause des innocents. Cherchez à rendre une pleine justice afin que vous viviez et que vous conserviez la possession du pays que l'Éternel votre Dieu vous donne. Vous ne vous planterez pas de pieu sacré en bois à côté de l'autel que vous érigerez pour votre Dieu. Vous ne dresserez pas non plus chez vous de ces stèles sculptées que l'Éternel votre Dieu déteste (Deutéronome 16.19-22).
La justice doit être équitable pour tous et sans trace d'idolâtrie. Au moment de rendre leur verdict, les juges sont mis en garde contre la tentation de rechercher des oracles provenant de divinités païennes, ce qui était une pratique courante chez les voisins d'Israël.
Chapitre 17
Verset 1
Nous voici maintenant arrivés au chapitre 17. Je commence à lire.
Tu n'offriras pas à l'Éternel ton Dieu un animal — bœuf ou mouton — ayant quelque défaut ou malformation. Ce serait une abomination aux yeux de l'Éternel ton Dieu (Deutéronome 17.1).
Dieu énonce la règle qui détermine la qualité de l'animal propre à pouvoir servir de sacrifice. En règle générale, il fallait que ce soit un mâle d'un an en pleine force de l'âge, sans aucune trace visible d'imperfection ou de maladie. La tentation était grande pour les éleveurs de se débarrasser sur le dos du culte des animaux dont la valeur marchande était diminuée par une tare quelconque. Mais l'Éternel n'en veut pas, car un pareil comportement le déshonore. L'Éternel ne se contente pas de mes restes ; au contraire, il désire ce que j'ai de mieux. C'est en lui donnant la cerise du gâteau que j'apprends la générosité et que je me fais moi-même du bien. Par contre, celui qui se montre avare et mesquin vis-à-vis de Dieu nuit à son âme. De plus, il y a des chances qu'il agisse de même à l'égard de ses semblables et tôt ou tard ça se saura.
Versets 2-5
Je continue.
Il se peut que vous trouviez parmi vous, dans l'une des villes que l'Éternel votre Dieu va vous donner, un homme ou une femme qui fasse ce que l'Éternel votre Dieu considère comme mal et qui transgresse son alliance, en allant rendre un culte à d'autres dieux et se prosterner devant eux, devant le soleil, la lune ou toute la multitude des étoiles, contrairement à ce que j'ai ordonné. Dès que le fait vous aura été rapporté et que vous en aurez connaissance, vous ferez une enquête minutieuse. Si la chose est vraie, s'il est établi qu'une telle abomination a été commise en Israël, vous amènerez aux portes de la ville celui ou celle qui s'est rendu coupable de cette mauvaise action, et vous l'exécuterez à coups de pierres (Deutéronome 17.2-5).
Cette situation a déjà été traitée, mais est reprise ici dans la perspective de la procédure à suivre. Elle est longuement développée parce que la sanction est la peine capitale. Les condamnés étaient exécutés près de la porte principale qui donnait accès à la ville, mais en dehors de celle-ci. Entre les divinités égyptiennes et l'idolâtrie cananéenne, les faux dieux foisonnaient. Le sens de l'émerveillement que produisent un ciel étoilé ou les astres du jour éveille le sens religieux présent en tout homme. C'est ce qui explique pourquoi les corps célestes qui composent l'armée des cieux étaient en priorité l'objet de l'adoration des êtres humains. Tout ce qui n'était pas maîtrisable ou compris était divinisé.
Versets 6-7
Je continue.
C'est seulement sur la déposition de deux ou de trois témoins qu'on le mettra à mort, les déclarations d'un seul témoin ne suffiront pas pour cela. Les témoins seront les premiers à lui jeter des pierres pour le mettre à mort, et le reste du peuple interviendra ensuite. Ainsi, vous ferez disparaître le mal du milieu de vous (Deutéronome 17.6-7).
Les condamnations n'étaient jamais arbitraires. Quelqu'un qui n'aimait pas son voisin ne pouvait pas se précipiter chez les juges et l'accuser d'adorer le soleil, ou le dieu babylonien Ashtaroth, ou Baal, ou n'importe quelle autre idole. Même lorsqu'il y avait deux témoins ou plus, une enquête minutieuse devait être menée. Les Israélites n'avaient pas la gâchette facile. Ils n'envoyaient pas une personne au peloton d'exécution à la légère. Lorsqu'après sa mise en examen l'accusation s'avérait fondée, les témoins assumaient les conséquences de leurs déclarations jusqu'au bout, en jetant eux-mêmes la première pierre.
Versets 8-12
Je continue.
S'il se présente une affaire de meurtre, de litige, de coups et blessures ou quelque autre affaire qu'il est trop difficile au tribunal local de traiter, vous vous rendrez au lieu que l'Éternel votre Dieu aura choisi et vous irez trouver les prêtres-lévites et le juge qui sera alors en fonction. Vous les consulterez, et ils rendront pour vous leur verdict. Vous agirez selon les instructions qu'ils vous auront données et selon le verdict qu'ils auront rendu sans vous en écarter ni dans un sens ni dans l'autre. Si quelqu'un refuse par orgueil d'écouter le prêtre qui se tient là au service de l'Éternel votre Dieu, ou le juge, cet homme sera puni de mort. Vous ferez disparaître ainsi le mal du milieu d'Israël (Deutéronome 17.8-9, 11-12).
Il est question ici de l'institution d'un tribunal suprême siégeant sur les lieux du sanctuaire unique. Il ne s'agit pas d'une cour d'appel à laquelle aurait pu recourir l'accusé. C'est une haute cour, qualifiée pour trancher dans des affaires criminelles, civiles ou correctionnelles. C'est le tribunal inférieur qui la saisissait lorsque ses membres ne parvenaient pas à se mettre d'accord. Le principe n'est pas nouveau. Déjà au désert, les situations difficiles étaient entendues par Moïse et Aaron. Cette cour suprême sera composée d'une juridiction religieuse et civile : des prêtres et des juges. Plus tard, cette institution deviendra le Sanhédrin, la cour de justice supérieure d'Israël, celle-là même qui condamna le Christ en violant la justice.
Versets 14-15
Je continue.
Lorsque vous serez entrés dans le pays que l'Éternel vous donne, que vous en aurez pris possession et que vous y serez installés, il se peut que vous disiez : Donnons-nous un roi comme toutes les nations qui nous entourent. Vous établirez alors sur vous le roi que l'Éternel votre Dieu aura choisi ; c'est l'un de vos compatriotes que vous prendrez pour régner sur vous ; vous ne pourrez pas choisir un étranger pour roi (Deutéronome 17.14-15).
Dans une vraie théocratie, l'Éternel n'est pas seulement le Dieu, il est aussi le Roi d'Israël ; c'est lui qui le gouverne par l'intermédiaire d'exécutants qu'il choisit. C'est là l'état idéal du peuple de Dieu. Pour diriger la sortie d'Égypte et conduire le peuple dans le Pays promis, l'Éternel avait appelé Moïse, un serviteur hors du commun, et qui, à bien des égards, avait exercé une autorité royale. La royauté n'était donc pas nécessairement une chose mauvaise en soi.
De plus, connaissant l'esprit rebelle qui animait le peuple, Moïse, tout comme l'Éternel, savait que seul un représentant visible du Roi divin pourrait maintenir l'ordre et l'unité entre les tribus. L'institution terrestre de la royauté était donc une nécessité relative destinée à combler un déficit spirituel. En fait, tout dépendait de l'attitude qu'allait adopter le monarque. Si le futur roi gouvernait en conformité avec la Loi divine, alors tout irait bien pour Israël. Voilà pourquoi cette institution, sans être ordonnée, est cependant prévue dans le livre du Deutéronome.
Versets 16-17
Je continue.
Ce roi ne devra pas avoir une importante cavalerie, et il ne renverra pas le peuple en Égypte pour s'y procurer des chevaux en grand nombre. Car l'Éternel vous a dit : Vous ne retournerez plus par ce chemin-là. Qu'il ne prenne pas un grand nombre de femmes, pour qu'il ne se corrompe pas. Qu'il n'amasse pas non plus de grandes quantités d'argent et d'or (Deutéronome 17.16-17).
Les règles concernant un roi sont surtout destinées à prévenir Israël des dangers de cette institution plutôt qu'à lui en vanter les bienfaits. Trois interdictions vont être données. Elles tendent à établir une ligne de démarcation bien nette entre la royauté israélite et celle des autres nations.
- En premier lieu, le roi ne doit pas vouloir briller par la puissance de ses armées en cherchant à se procurer une puissante cavalerie qui ne convient qu'aux nations conquérantes. Or les meilleurs chevaux provenaient des haras égyptiens.
- Dieu ne voulait pas qu'Israël renoue avec l'Égypte à cause de tous les risques de contamination idolâtre que cela comportait.
- Le roi ne devra pas adopter l'abus des autres nations avec des harems remplis d'une multitude de femmes de peur que son cœur ne se détourne de l'Éternel, non seulement par suite d'une vie de sensualité, mais aussi à cause de l'origine étrangère et païenne de certaines de ces femmes, qui amèneraient avec elles leurs rites idolâtres.
Salomon, le roi le plus glorieux qu'Israël ait connu, a transgressé toutes ces ordonnances. Il possédait une très grande quantité de chevaux qui provenaient d'Égypte, une armée puissante et conquérante, des centaines de femmes et de concubines qui vers la fin de sa vie l'ont détourné de l'Éternel. Et pour finir, il avait tellement d'or qu'il était le plus riche de tous les souverains de son époque. En transgressant les trois interdits divins, Salomon a provoqué le déclin de la royauté qui aboutira au schisme d'Israël en deux royaumes ainsi que l'introduction d'une idolâtrie épouvantable qui conduira au jugement de Dieu.
Versets 18-20
Je finis ce chapitre.
Quand il accédera au trône, il écrira sur un livre pour son usage personnel, une copie de cette Loi que lui communiqueront les prêtres-lévites. Cette copie ne le quittera pas, il y lira tous les jours de sa vie afin qu'il apprenne à révérer l'Éternel son Dieu, en obéissant à toute cette Loi et en appliquant toutes ces ordonnances. Ainsi, il ne s'enorgueillira pas pour s'élever au-dessus de ses compatriotes et il ne déviera de la Loi ni dans un sens ni dans l'autre. De la sorte, il s'assurera, ainsi qu'à ses descendants, un long règne sur le trône d'Israël (Deutéronome 17.18-20).
Ce qui distingue le roi d'Israël des despotes orientaux, c'est qu'au-dessus de sa volonté et de ses caprices, il y a une loi supérieure qui est la même pour le plus petit Israélite que pour lui. Le monarque proclamera sa soumission à l'Éternel, le véritable Roi d'Israël, en recopiant la Loi. Il la lira tous les jours afin qu'elle le guide dans l'exercice de son gouvernement. Cette règle existait également parmi les peuples hittites où les vassaux du suzerain devaient copier un exemplaire du traité d'alliance entre eux.
Chapitre 18
Versets 1-2
Nous voici arrivés au chapitre 18. Après avoir parlé des futurs dirigeants civils et politiques, le législateur traite maintenant des autorités religieuses ; d'abord des prêtres, puis des prophètes. Je commence à lire.
Les prêtres-lévites et tous les autres descendants de Lévi ne recevront ni part ni héritage comme le reste des Israélites ; ils vivront des sacrifices consumés en l'honneur de l'Éternel, et de ce qui lui revient. Ils n'auront pas de patrimoine foncier au milieu de leurs compatriotes ; l'Éternel est leur patrimoine, comme il le leur a lui-même déclaré (Deutéronome 18.1-2).
Les prêtres étaient les descendants d'Aaron le frère de Moïse. Ils étaient Lévites également. Tous les membres de cette tribu étaient chargés du service du culte et de tout ce qui touchait le sanctuaire. Celui-ci fut d'abord un tabernacle dans le désert, une immense tente qu'on démontait, transportait et remontait plus loin ; ensuite, ce fut un temple construit à Jérusalem. Certaines villes avec leurs terres environnantes étaient destinées aux Lévites, car leur tribu n'avait pas droit à un territoire qui lui soit propre dans le pays de Canaan. Ils étaient entretenus par les dîmes des autres Israélites qui à cette époque constituaient l'impôt.
Versets 3-5
Je continue.
Voici ce qui revient de droit aux prêtres de la part du peuple : tous ceux qui offriront en sacrifice un bœuf ou un mouton leur remettront l'épaule, les joues et l'estomac. Vous leur donnerez également les premiers produits du sol en blé, vin nouveau et huile ainsi que la première laine que vous tondrez sur vos moutons ; car, parmi vos tribus, l'Éternel votre Dieu a choisi Lévi et ses descendants pour qu'ils se tiennent pour toujours au service du sanctuaire en son nom (Deutéronome 18.3-5).
Les Israélites ont le devoir de subvenir aux besoins de ceux qui sont appelés par l'Éternel à s'occuper du service du culte. Il ressort de tous les textes parlant de l'entretien des prêtres qu'en plus de la dîme ils recevaient toujours un morceau de viande provenant des trois parties de l'animal sacrifié : la tête, le corps et les membres. Donc, Dieu s'occupe aussi bien du plus petit Israélite que du Lévite qui est responsable du service du Sanctuaire, que des prêtres. Et comme je l'ai bien noté, il s'inquiète également des veuves, des orphelins et des indigents.