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Émission 289 - Deuteromome 14:22 - 16:1

Diffusé le 7 février 2008 - ::

Chapitre 14

Versets 22-26

Moïse est en train de préparer la nouvelle génération d'Israélites à son entrée en Terre promise, en leur précisant les ordonnances auxquelles l'Éternel veut qu'ils obéissent. J'en suis à l'offrande de la dîme, un sujet avec lequel beaucoup de gens sont mal à l'aise. Voyons ce que dit l'Ancien Testament à ce sujet.

Chaque année, vous prélèverez la dîme de tous les produits de vos champs. Vous mangerez, devant l'Éternel votre Dieu au lieu qu'il aura choisi pour y établir sa présence, la dîme de votre blé, du vin nouveau et de l'huile, ainsi que les premiers-nés de vos troupeaux de gros et de petit bétail. Ainsi vous apprendrez à révérer l'Éternel votre Dieu tous les jours de votre vie. Lorsque l'Éternel t'aura comblé de bénédictions, si tu ne peux pas transporter ta dîme jusqu'à l'endroit que l'Éternel ton Dieu aura choisi pour y établir sa présence parce qu'il sera trop loin de chez toi, tu vendras la dîme, tu prendras l'argent et tu te rendras au lieu que l'Éternel ton Dieu aura choisi. Là, tu achèteras avec l'argent tout ce qui te plaira : bœufs, moutons ou chevreaux, vin ou autres boissons alcoolisées, bref, tout ce dont tu auras envie, et tu le consommeras là devant l'Éternel ton Dieu, en te réjouissant avec ta famille (Deutéronome 14.22-26).

L'ordre est donné de prélever une dîme sur les produits agricoles et aussi de consacrer à l'Éternel tous les premiers-nés du bétail. Cela revenait à les donner aux Lévites qui à leur tour en versaient le dixième aux prêtres. La dîme des récoltes doit être consommée par l'Israélite lui-même ainsi que sa famille dans le sanctuaire central, à moins que ce lieu de culte ne soit trop éloigné. Dans ce cas, il faut être pratique et échanger la dîme des produits agricoles contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Arrivé sur le lieu où se trouve le sanctuaire, l’Israélite se servait alors de la somme provenant de cette vente pour acheter des victuailles afin de se réjouir devant l'Éternel.

Versets 28-29

Je continue et finis ce chapitre.

Tous les trois ans, vous prélèverez toute la dîme des récoltes de cette année-là, et vous la déposerez à l'intérieur de votre ville. Alors les lévites, qui n'ont pas de part de patrimoine foncier comme vous, viendront, ainsi que les immigrés, les orphelins et les veuves qui habitent dans votre ville, et ils mangeront à satiété. Alors l'Éternel votre Dieu vous bénira dans tous les travaux que vous entreprendrez (Deutéronome 14.28-29).

La loi de Moïse mentionne plusieurs dîmes. Tout d'abord et chaque année, le dixième des produits agricoles annuels de chaque Israélite était apporté au sanctuaire et servait à son entretien. Cela représentait une partie du salaire des Lévites et des prêtres.

Une autre dîme annuelle était levée et ajoutée aux premiers-nés des troupeaux. Cette richesse servait à payer les voyages et les frais d'entretien des Israélites lorsqu'ils se rendaient aux fêtes qui étaient célébrées sur les lieux du sanctuaire. À cette occasion, ils en consommaient une partie en famille, tandis que le reste revenait aux Lévites.

Une année sur trois, une troisième dîme était collectée en faveur des pauvres et des Lévites. Ces derniers redonnaient toujours un dixième de ce qu'ils recevaient, c'est-à-dire la dîme de la dîme, aux prêtres qui bénéficiaient aussi d'autres sources de revenus.

Chapitre 15

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 15 dans lequel plusieurs ordonnances ayant trait à la vie sociale des Israélites sont précisées. Moïse va répéter les règles qui gouvernent ceux qui choisissent de rester serviteurs à vie au service de leur maître, une fois que leur temps obligatoire est terminé. Mais avant cela, il va être question des indigents.

Dans les pays démocratiques, les gouvernements successifs mettent en place divers plans d'action pour lutter contre la pauvreté qu'elle soit ponctuelle ou endémique. Ils font des tas de promesses et prétendent avoir la solution à tous les problèmes afin de se faire élire aux prochaines élections. Dans ce chapitre, c'est l'Éternel qui présente son programme contre la détresse économique et le paupérisme. Je commence à lire :

Tous les sept ans, vous remettrez les dettes. Voici ce qui concerne cette remise des dettes : lorsque l'année de la remise aura été proclamée en l'honneur de l'Éternel, tout créancier remettra la dette contractée envers lui par son prochain, qui est son compatriote, sans rien exiger de lui (Deutéronome 15.1-2).

Selon l'enseignement contenu dans deux autres livres écrits par Moïse, tous les 7 ans il y avait une relâche de la terre. Je cite le passage :

Pendant six années tu ensemenceras ta terre et tu en récolteras les produits ; mais la septième année, tu la laisseras en jachère. Les pauvres de ton peuple mangeront ce qu'ils y trouveront et ce qu'ils laisseront nourrira les bêtes sauvages. Tu feras de même pour tes vignes et tes oliviers (Exode 23.10-11).

Cette relâche est donc étendue aux personnes, c'est-à-dire aux pauvres qui ont dû emprunter pour survivre. Au bout de 7 années de travaux, le débiteur renonçait aux sommes prêtées. Cette loi permettait de remettre les pendules à l'heure si je puis m'exprimer ainsi. Elle avait un effet régulateur qui évitait des disparités trop grandes entre les niveaux socio-économiques des familles.

Nos systèmes capitalistes vont dans le sens contraire et encouragent les extrêmes. Ainsi, certaines personnes sont totalement démunies parce qu'elles ne travaillent pas pour une raison ou pour une autre, tandis que d'autres sont immensément riches et passent le plus clair de leur temps à s'amuser et profiter de la vie. L'hyper libéralisme sauvage permet à certains hommes d'affaires, PDG, athlètes ou acteurs de cinéma de gagner plusieurs millions d'euros ou de dollars par an, voire par mois, alors que beaucoup doivent se contenter d'une misère et survivre plutôt mal. Les ordonnances de la Loi de Moïse évitaient ces excès.

Verset 3

Je continue.

Vous pourrez exiger des étrangers le remboursement de leurs dettes, mais vous annulerez les dettes de vos compatriotes envers vous (Deutéronome 15.3).

L'étranger dont il est question ici n'est pas l'homme non israélite établi en Israël et faisant plus ou moins partie du peuple, mais quelqu'un qui a choisi de rester en dehors de l'alliance avec Dieu. Il est complètement hors du circuit social israélite et n'est donc pas assujetti à cette loi de la relâche au bout de 7 ans de travaux.

Versets 4-5

Je continue.

En fait, il ne doit pas y avoir de pauvres parmi vous, car l'Éternel votre Dieu veut vous combler de bénédictions dans le pays qu'il vous donne comme patrimoine foncier pour que vous en preniez possession à condition toutefois que vous l'écoutiez pour obéir à tous les commandements que je vous transmets aujourd'hui et pour les appliquer (Deutéronome 15.4-5).

Les bénédictions divines, liées à l'obéissance aux commandements, devaient assurer la prospérité de chacun. Mais l'homme étant ce qu'il est, Dieu avait aussi promulgué ces différentes lois dans le but de prévenir le paupérisme en Israël. Dans bien des villes du tiers-monde se juxtaposent une richesse scandaleuse et une extrême misère qui se caractérise par une mendicité outrancière. Les despotes en particulier amassent des sommes fabuleuses d'argent sale sur des comptes secrets de pays dont je ne citerais pas les noms. La corruption, la cruauté et la cupidité des uns font l'indigence des autres.

L'homme est un loup pour l'homme, c'est très connu, ce qui à mon avis est une preuve incontournable que le mal habite le cœur de chacun d'entre nous. Je ne vois pas d'autres explications possibles. Si je suis placé dans les circonstances appropriées, je serai fort tenté et tout à fait capable de manifester le pire des vices. C'est aussi ce qui est arrivé à Israël qui comme chacun sait se montrera désobéissant à Dieu au possible.

Verset 6

Je continue.

Car l'Éternel votre Dieu vous bénira comme il vous l'a promis. Alors vous prêterez de l'argent à beaucoup de nations étrangères, sans jamais avoir besoin d'emprunter. En effet, vous dominerez beaucoup de nations, et aucune ne vous dominera (Deutéronome 15.6).

À cause de la bénédiction sans précédent dont devra jouir Israël, il deviendra le créancier de toutes les autres nations qui deviendront dépendantes de lui. Cette parole prophétique, qui promet aux enfants d'Abraham la souveraineté financière sur les autres peuples, s'est partiellement réalisée. En effet, les Juifs, malgré leur désobéissance à la Loi, sont de tout temps devenus les dépositaires de beaucoup de richesses. On compte à leur acquis, non seulement des institutions bancaires, mais aussi une grande quantité d'or et de pierres précieuses ainsi que de nombreuses œuvres d'art, du moins jusqu'à l'époque nazie. Dans le passé, la banque Rothschild a financé bon nombre de nations, et aujourd'hui, Tel-Aviv est, je crois, l'un des principaux centres mondiaux du façonnage et du commerce du diamant.

Versets 7-8

Je continue le texte.

Si l'un de tes compatriotes tombe dans la pauvreté dans le pays que l'Éternel ton Dieu te donne, tu ne lui fermeras pas ton cœur et tu ne lui refuseras pas ton aide. Au contraire, tu lui ouvriras ta main toute grande et tu lui prêteras suffisamment selon ses besoins (Deutéronome 15.7-8).

L'Éternel insiste beaucoup sur l'exercice de la miséricorde envers ceux qui sont dans le besoin. L'Israélite doit se montrer disposé à prêter en tout temps, et la proximité de l'année de relâche ne doit pas entraver sa générosité. Il est un fait que le petit État d'Israël reçoit encore aujourd'hui des dons du monde entier que lui envoient les Juifs de la diaspora. Cela est particulièrement vrai lorsqu'un conflit éclate avec les nations environnantes.

Lors de la guerre des 6 jours ou du Yom Kippour, les Israélites ont levé des fonds partout dans le monde, ce qui a permis à cet état insignifiant de se procurer les armes dont il avait besoin. Ce principe qui consiste à aider son frère dans le besoin a aussi été enseigné par le Christ et ensuite par tous les auteurs du Nouveau Testament. Exercer la miséricorde est une des marques de tous ceux qui dans leur cœur croient en Dieu. Malheureusement, l'individualisme prôné par nos sociétés occidentales nanties s'est introduit dans l'Église, ce qui a considérablement effrité cet altruisme commandé par Dieu.

Versets 10-11

Je continue plus loin.

Donne-lui généreusement et non pas à contrecœur. Et pour cela, l'Éternel ton Dieu te bénira dans tout ce que tu feras et dans tout ce que tu entreprendras. En fait, il y aura toujours des nécessiteux dans le pays : c'est pourquoi, je t'ordonne d'ouvrir toute grande ta main à ton compatriote, au malheureux et au pauvre dans ton pays (Deutéronome 15.10-11).

Diverses raisons expliquent pourquoi il y aura toujours des pauvres : l'oppression des riches, la paresse, des circonstances adverses comme la maladie ou un revers de fortune. Cependant en filigrane, on distingue déjà la désobéissance à venir des Israélites aux commandements, ce qui les privera des bénédictions divines, sans compter tous les jugements qu'ils endureront à cause de l'idolâtrie.

Versets 12-14

Je continue le texte.

Si l'un de tes compatriotes hébreux, homme ou femme, se vend à toi comme esclave, il sera à ton service pendant six ans. La septième année, tu lui rendras la liberté. Mais le jour de sa libération, tu ne le laisseras pas partir les mains vides. Tu lui donneras en présent une part de ce que l'Éternel t'aura accordé comme bénédiction : du petit bétail, du blé et du vin (Deutéronome 15.12-14).

Les modalités de la remise en liberté d'un esclave ont partiellement été données dans l'Exode (21.2-11), un autre livre de Moïse. Elles s'inscrivent dans la continuation des ordonnances précédentes, car elles concernent un Israélite qui est devenu tellement pauvre qu'il a dû se vendre comme esclave afin de rembourser une dette. Ici, Moïse rajoute une règle qui est très conforme à l'esprit d'humanité de tout le Deutéronome ; le maître doit remplir la valise et le chariot de celui qu'il libère. De cette manière, il aura un petit pécule qui lui permettra de se refaire une santé économique. En suivant la Loi, il n'aurait pas dû y avoir d'indigents en Israël, ni d'excès de richesses détenues par une minorité.

Versets 16-17

Je continue en compressant la suite.

Il peut arriver que ton esclave te dise : Je ne veux pas te quitter, parce qu'il s'est attaché à toi et à ta famille et qu'il est heureux chez toi. Alors tu prendras un poinçon et tu lui perceras l'oreille en l'appuyant contre le battant de ta porte. Ainsi, il sera pour toujours ton serviteur. Tu agiras de même pour ta servante (Deutéronome 15.16-17).

L'esclave qui choisit de demeurer comme tel est une image du Seigneur Jésus-Christ. En effet, après avoir volontairement choisi de devenir un serviteur au bénéfice des hommes, il a obéi jusqu'au bout à Dieu son Père. Je cite un passage du Nouveau Testament qui l'explique :

Lui qui, dès l'origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l'égalité avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu'il était bien un homme. Il s'abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu'à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.6-8).

Jésus-Christ s'est ainsi identifié à la race humaine à tout jamais. Aujourd'hui même et pour l'éternité, il porte toujours en lui sur son corps de ressuscité, les stigmates du calvaire : les marques des clous et du coup de lance.

Versets 18-22

Et c'est ainsi que se termine ce chapitre 15 du Deutéronome. Par toutes ces ordonnances relatives aux dîmes, à la remise des dettes et à la libération de l'esclavage, l'Éternel donne une leçon d'humanité à qui veut bien l'écouter. De telles règles de vie ont une portée sociale considérable.

Cet appel à la solidarité entre compatriotes et à la générosité envers les plus défavorisés est une manière pour l'Israélite de montrer sa reconnaissance envers l'Éternel qui l'a comblé de bienfaits. Ces lois soulignent aussi les droits de l'Éternel, non seulement sur les terres cultivées, mais encore sur l'économie du pays et sur les relations sociales. Israël devait traiter les esclaves avec compassion, ce qui apparaît aussi dans les autres écrits de Moïse. Je cite un passage :

Si ton prochain qui vit près de toi devient pauvre et se vend à toi, tu le traiteras comme un ouvrier salarié ou comme un immigré. Alors il quittera ton service pour retourner dans sa famille et rentrer en possession du patrimoine de ses ancêtres. Car ceux que j'ai fait sortir d'Égypte sont mes serviteurs ; ils ne doivent pas être vendus comme esclaves. Parce que tu révères ton Dieu, tu ne les traiteras pas avec brutalité (Lévitique 25.39, 41-43).

La Loi de Moïse m'interdit d'exploiter et de brutaliser mon prochain sous prétexte qu'au gré des circonstances je me retrouve dans une position de supériorité économique par rapport à lui. Cette façon de faire contraste nettement avec celle des nations environnantes, comme plus tard à Rome, et à une certaine époque en Europe et aux États-Unis, où l'esclave ne jouissait d'aucun droit.

Chapitre 16

Versets 1-8

Nous voici au chapitre 16 dans lequel il est question des trois célébrations obligatoires pour tous les hommes israélites : la Pâque, la Pentecôte et la fête des Cabanes. Je commence à lire en compressant.

Aie soin de célébrer la Pâque en l'honneur de l'Éternel ton Dieu au cours du mois des épis ; car c'est au cours d'une nuit de ce mois-là que l'Éternel votre Dieu vous a fait sortir d'Égypte. Tu immoleras un bœuf, un mouton ou une chèvre comme sacrifice pascal, en l'honneur de l'Éternel ton Dieu, au lieu qu'il aura choisi pour y établir sa présence. Vous immolerez la victime le soir, au coucher du soleil, c'est-à-dire au moment où vous êtes partis d'Égypte. Pendant six jours vous mangerez du pain sans levain, le septième jour, vous aurez une réunion cultuelle en l'honneur de l'Éternel votre Dieu. Vous ne ferez aucun travail ce jour-là (Deutéronome 16.1-2, 8).

Cette recommandation relative à la Pâque était d'autant plus nécessaire que pendant son séjour au désert le peuple ne l'avait célébrée qu'une seule fois. C'est une commémoration de la libération de l'esclavage et de la miséricorde divine lorsque la dernière des 10 plaies d'Égypte décima tous les premiers-nés égyptiens. Les Hébreux avaient reçu l'ordre d'enduire les battants de leurs portes avec le sang d'un agneau sacrifié qui devait être mangé le 14 du mois au soir et en toute hâte.

Lorsque cette nuit-là, l'ange de la mort vint pour exercer le jugement de Dieu, il vit ce sang qui protégeait tous ceux qui étaient à l'intérieur de la maison, et passa outre. C'est une très belle image de Jésus-Christ, car tous ceux qui cherchent en lui un refuge échappent au jugement et reçoivent la vie éternelle.