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Émission 288 - Deuteromome 12:8 - 14:9

Diffusé le 6 février 2008 - ::

Chapitre 12

Versets 8-12

Le bon Moïse, vieux maintenant, a guidé la première génération d'Israélites hors d'Égypte ; mais ils sont tous morts à cause de leur rébellion contre l'Éternel. Maintenant, il prépare les jeunes loups de la nouvelle vague à entrer en Terre Promise. Il leur indique comment ils devront se comporter dans leur nouveau pays envers l'Éternel leur Dieu, lui seul, qu'ils doivent adorer et vis-à-vis des idoles cananéennes qu'ils ont ordre de réduire en poussière. Je suis dans le chapitre 12 que je compresse.

Vous n'agirez donc plus comme nous agissons ici aujourd'hui, où chacun fait ce qui lui semble bon. Car jusqu'à présent vous ne connaissez pas encore une existence paisible et vous n'avez pas encore reçu le patrimoine que l'Éternel votre Dieu va vous donner pour que vous meniez une existence paisible. Vous vous réjouirez en présence de l'Éternel votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes et les lévites habitant dans vos villes, car ils n'ont reçu ni part, ni patrimoine foncier comme vous (Deutéronome 12.8, 9, 12).

Jusqu'à présent, la Loi était pour le moins négligée. Les Israélites ne respectaient même pas deux pratiques fondamentales du judaïsme : la circoncision et la commémoration de la Pâque. Une fois établi dans son pays, le peuple jouira d'une situation plus paisible qui contrastera avec la longue marche dans le désert et les campagnes militaires de la conquête. Dès qu'Israël sera bien installé, toute la Loi devra être respectée, y compris dans ses dimensions cérémonielles avec les sacrifices complexes et continuels d'animaux, et la célébration rituelle de toutes les fêtes. Cependant, grâce à la bénédiction de Dieu, la joie sera un trait caractéristique de la vie du peuple et du culte rendu à l'Éternel dans le Pays promis.

Versets 21-24

Je continue plus loin en simplifiant.

Si le lieu que l'Éternel votre Dieu choisira pour y établir sa présence est trop loin de chez vous, vous abattrez des bêtes de votre gros ou de votre petit bétail que vous aura donné l'Éternel, en faisant comme je vous l'ai ordonné, et vous pourrez manger tout ce qui vous plaira là où vous habiterez. Seulement, évitez avec soin d'en manger le sang, car le sang c'est la vie, et vous ne mangerez pas la vie avec la viande. Vous n'en mangerez pas, vous le répandrez sur la terre comme de l'eau (Deutéronome 12.21-24).

Alors qu'Israël était dans le désert, la situation était différente. Avant de manger de la viande d'un animal, celui-ci devait obligatoirement être offert en sacrifice, son sang versé sur l'autel des holocaustes et sa graisse brûlée. Une fois installés dans leur pays, les Israélites qui habitaient trop loin du sanctuaire unique seront néanmoins autorisés à consommer de la viande. Cependant, il leur est absolument interdit de procéder à un sacrifice cultuel. Ce n'est que lorsque le prêtre en exercice accomplissait ces rites sur l'autel des holocaustes, que le sang de l'animal couvrait les péchés ; autrement il devait être jeté.

Versets 29-31

Je continue plus loin et termine ce chapitre.

Lorsque l'Éternel votre Dieu aura fait disparaître les nations chez qui vous vous rendez pour les déposséder, lorsque vous les aurez chassées et serez installés dans leur pays, gardez-vous bien de vous laisser prendre au piège en les imitant après leur extermination, et n'allez pas vous rallier à leurs divinités en disant : Comment ces nations adoraient-elles leurs dieux ? Nous voulons nous aussi faire comme elles. Non, vous n'agirez pas ainsi envers l'Éternel votre Dieu. Car ces nations faisaient pour leurs dieux toutes sortes de choses que l'Éternel a en abomination et qu'il déteste ; elles allaient même jusqu'à brûler leurs fils et leurs filles en sacrifice à leurs dieux. Vous obéirez à tout ce que je vous commande et vous l'appliquerez, sans rien y ajouter et sans rien en retrancher (Deutéronome 12.29-13.1).

Selon les croyances en vigueur dans le Proche-Orient ancien, chaque territoire était sous le contrôle d'une divinité principale qu'il fallait se rendre favorable si l'on voulait prospérer à cet endroit. Israël n'est pas à l'abri de telles croyances, ni des pratiques qu'elles génèrent. Même en continuant à servir l'Éternel, le peuple ne devait surtout pas mélanger à son culte celui des divinités adorées par les peuples du pays dont il avait pris possession.

Moïse cite une des abominations les plus hideuses de l'idolâtrie cananéenne et qui était répandue sur l'ensemble de leur territoire. Il s'agit du culte rendu au faux dieu Moloch. Fabriqué en métal, avec les bras en avant, le corps de l'idole était creux. Lors de certaines fêtes religieuses, on y faisait à l'intérieur un feu d'enfer. Une fois que la statue était chauffée à blanc, on déposait sur les bras incandescents de l'idole des bébés qui étaient donc brûlés vifs. En sachant cela, on comprend pourquoi l'Éternel a ordonné l'extermination de ces peuplades.

Chapitre 13

Versets 1-6

Nous voici rendus au chapitre 13 du Deutéronome dans lequel l'Éternel appelle le peuple à réprimer lui-même toute tentative d'introduire dans son sein le culte de faux dieux. Moïse va considérer trois genres de séduction possible : celui d'un homme se réclamant prophète de l'Éternel ; celui d'un proche qui est lui-même devenu idolâtre ; et enfin la séduction due à l'autorité d'un grand nombre. Je commence à lire.

Peut-être un prophète apparaîtra-t-il un jour parmi vous, ou un visionnaire qui vous donnera un signe miraculeux ou vous annoncera un prodige. Si le signe ou le prodige annoncé s'accomplit, et s'il vous dit : Allons suivre d'autres dieux que vous ne connaissez pas et rendons-leur un culte, vous n'écouterez pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car l'Éternel votre Dieu se servira de lui pour vous mettre à l'épreuve, afin de voir si vous l'aimez réellement de tout votre cœur et de tout votre être. C'est à l'Éternel votre Dieu que vous rendrez un culte, c'est lui que vous révérerez ; vous obéirez à ses commandements, vous l'écouterez, c'est à lui seul que vous rendrez un culte, et c'est à lui seul que vous vous attacherez. Quant à ce prophète ou ce visionnaire, il sera puni de mort pour avoir prêché la désobéissance à l'Éternel votre Dieu, qui vous a fait sortir d'Égypte et vous a libérés de l'esclavage, car il aura voulu vous entraîner hors du chemin que l'Éternel votre Dieu vous a ordonné de suivre. Ainsi, vous ferez disparaître le mal du milieu de vous (Deutéronome 13.2-6).

L'accomplissement d'un signe miraculeux par le prophète pouvait servir à authentifier l'origine divine de sa vocation et de son message. Ce fut le cas pour Moïse et aussi pour Jésus. Cependant, un signe prédit peut se réaliser ou un prodige s'accomplir sans que cela ne prouve que cette prophétie vienne de Dieu. Israël devait apprendre le discernement spirituel, car les oracles trompeurs existent aussi pour tester la fidélité du peuple à l'Éternel. C'est le contenu du message qui constitue le critère principal de jugement, et il doit être en harmonie avec la Loi. La Parole révélée de l'Éternel, que contredit l'imposteur, est plus importante que le sentiment d'émerveillement des yeux devant un prodige.

Quant au faux prophète, il doit être mis à mort, non seulement afin d'éliminer le mal, comme un cancer qu'il faut extirper, mais encore pour inspirer une crainte salutaire au peuple. Malheureusement, les Israélites ont désobéi à l'Éternel. Ils sont eux-mêmes devenus idolâtres au point où Dieu se servit des Assyriens puis des Babyloniens comme hache de guerre pour réduire Israël à un tout-petit reste exilé loin de son pays. Des centaines de milliers de Juifs périrent dans les invasions parce qu'ils avaient violé la Loi de leur Dieu et avaient toléré ceux qui les entraînaient à l'idolâtrie.

Versets 7-12

Je continue.

Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils ou ta fille, ou la femme que tu serres contre ton cœur, ou ton ami intime essaie de te séduire en secret en te disant : Allons rendre un culte à d'autres dieux que ni toi ni tes ancêtres n'avez connus, des dieux d'entre les divinités des peuples étrangers, proches ou lointains, qui habitent d'une extrémité de la terre à l'autre, tu n'accepteras pas sa suggestion et tu ne l'écouteras pas ; bien plus, tu ne t'apitoieras pas sur lui, tu ne l'épargneras pas et tu ne couvriras pas sa faute. Au contraire, tu as le devoir de le faire périr. Ta main se lèvera la première sur lui pour le mettre à mort, puis tout le peuple t'imitera. C'est à coups de pierres que tu le feras mourir, parce qu'il a cherché à te détourner de l'Éternel ton Dieu qui t'a fait sortir d'Égypte où tu étais esclave. Tout Israël l'apprendra et sera saisi de crainte, et l'on ne recommencera pas à commettre un tel méfait au milieu de vous (Deutéronome 13.7-12).

L'intimité des relations familiales est rappelée en termes très expressifs pour montrer à quel point toutes les attaches personnelles, aussi plaisantes soient-elles, doivent être immédiatement refoulées en pareil cas. Ces ordonnances font penser à certaines paroles de Jésus que je cite :

Si quelqu'un vient à moi et n'est pas prêt à renoncer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à son propre moi, il ne peut être mon disciple (Luc 14.26).

De nos jours, les systèmes judiciaires des pays occidentaux sont très compréhensifs et sentimentaux en faveur des criminels. Aux États-Unis, un fameux violeur de petites filles a été relâché par un jury afin de suivre un programme de castration chimique dans l'hôpital le plus prestigieux du pays. Suite à cette première médicale, il ne fit l'objet d'aucun suivi judiciaire. Au contraire, selon le droit américain, nul dans son quartier ne devait connaître son passé. En conséquence, il en a encore violé plusieurs dizaines partout où il déménageait. Cela semble incroyable, mais c'est vrai. Son histoire a paru en 2002 dans une édition du magazine féminin Good Housekeeping ; et je ne parlerais pas des innombrables tueurs qui sont relâchés dans la nature pour une raison ou pour une autre par des juges véreux.

Remarquez que ces aberrations sont compréhensibles puisque nous vivons encore sous le règne du prince des ténèbres. C'est toujours Satan qui mène le bal. La méthode divine est très différente de l'humanisme sentimental qui excuse la criminalité. L'Éternel a ordonné à Israël de supprimer le mal afin de protéger les innocents. Par la lapidation, chaque membre du peuple se désolidarisait du coupable et exprimait son accord avec le châtiment, l'éradication du mal et le respect de la Loi. C'étaient les témoins accusateurs qui jetaient la première pierre.

Versets 13-19

Je continue et finis ce chapitre.

Si vous entendez dire que, dans l'une des villes que l'Éternel ton Dieu vous donne pour y habiter, des fauteurs de trouble de votre propre peuple ont entraîné les habitants en disant : « Allons rendre un culte à d'autres dieux que vous ne connaissez pas ! », vous ferez des recherches, vous mènerez une enquête approfondie en interrogeant les gens avec soin. Si la chose est vraie, s'il est établi qu'une telle abomination a été commise chez vous, vous ferez périr par l'épée tous les habitants de cette ville ainsi que le bétail. Vous la détruirez avec tout ce qu'elle contient pour la vouer à l'Éternel. Vous rassemblerez toutes ses richesses au milieu de la place et vous brûlerez entièrement la ville et tous ses biens pour l'Éternel votre Dieu. Elle restera pour toujours un monceau de ruines et ne sera plus jamais rebâtie. Vous ne mettrez la main sur rien de ce qui, voué à la malédiction, a été détruit, afin que l'ardente colère de l'Éternel s'apaise (Deutéronome 13.12-18)

Ce troisième cas est le plus grave puisque toute une population s'est laissée entraîner par des gens pervers. Les chefs du peuple ont la charge de mener une enquête minutieuse. L'accumulation des verbes indique le soin rigoureux avec lequel les faits sont mis en lumière. Le crime, une fois constaté, devra être puni avec une très grande rigueur et sans égard pour le nombre de personnes. Cette communauté israélite s'étant assimilée aux cités idolâtres païennes, elle subira un jugement d'interdit encore plus sévère que les villes cananéennes, à l'exception de Jéricho.

Lorsque la justice est rendue, il ne faut surtout pas que la convoitise gagne les Israélites, car absolument tout, et sans exception, doit être détruit. L'Éternel considère la moindre tolérance comme une connivence avec l'acte de rébellion commis, ce qui attirerait sur tous les Israélites, devenus ainsi complices, la malédiction de l'interdit ; eux-mêmes subiraient alors le courroux de leur Dieu. Dans ce jugement, il est bien sûr sous-entendu que personne dans cette ville ne s'est insurgé contre l'idolâtrie ou que s'il l'a fait il n'est plus là. Soit il s'est enfui, soit il a été éliminé.

Et c'est ainsi que s'achèvent ces deux chapitres qui énonçaient les lois d'ordre cultuelles visant l'éradication de l'idolâtrie. Ces règles draconiennes exigent trois choses :

  • tout d'abord, les lieux de culte cananéens doivent être détruits ;
  • en second lieu, l'exécution des Israélites qui inciteront le peuple à se tourner vers les faux dieux ;
  • et finalement, le maintien d'un lieu de culte unique dans le Pays promis.

Cette dernière ordonnance est liée à l'affirmation que l'Éternel est un seul Dieu. La pratique juive de se rendre à un endroit unique pour adorer l'Éternel sera un frein au développement de particularismes religieux locaux qui menaceraient l'unité de la nation. Cette interdiction de tout culte en dehors du sanctuaire, qui est placé sous le contrôle des prêtres, vise à préserver les Israélites des influences et coutumes païennes dont en particulier la tentation constante de l'idolâtrie.

Chapitre 14

Versets 1-2

Nous voici arrivés au chapitre 14 dans lequel il va être question de règles alimentaires particulièrement strictes pour le peuple de Dieu. Celles-ci étaient beaucoup plus qu'un simple rituel religieux. En les observant, les Israélites en retiraient un réel bienfait physique. Au Moyen-Âge, quand la peste apparut en Europe, la population juive fut à peine touchée tandis qu'un très grand nombre de soi-disant chrétiens mourut. L'hécatombe et la différence entre ces deux populations furent tellement grandes qu'on accusa les Juifs d'avoir empoisonné l'eau et d'être à l'origine de cette maladie. Mais c'étaient leurs habitudes alimentaires et surtout leurs lois d'hygiènes et de quarantaine qui les préservèrent de la peste. Je commence à lire.

Vous êtes les enfants de l'Éternel votre Dieu : vous ne vous ferez donc pas d'incision sur le corps ni de tonsure sur le front de votre tête. Vous êtes, en effet, un peuple saint pour l'Éternel votre Dieu, et l'Éternel vous a choisis parmi tous les peuples répandus sur la surface de la terre pour que vous lui apparteniez comme un peuple précieux (Deutéronome 14.1-2).

Chez tous les peuples païens, en cas de deuil, il était d'usage d'exprimer la vivacité de sa douleur en se faisant des incisions. Il n'aurait pas été digne de la part des Israélites de se livrer à un tel excès et à montrer un désespoir pareil. Ils doivent au contraire faire confiance en ce Dieu qui est leur père et puiser en lui la force de dominer leur chagrin.

Versets 3-6

Je continue.

Vous ne mangerez rien d'abominable. Voici les animaux que vous pourrez manger : le bœuf, le mouton et la chèvre, le cerf, la gazelle et le daim, le bouquetin, le chevreuil, le mouflon, la chèvre sauvage et toute bête qui a les sabots fendus en deux et qui rumine (Deutéronome 14.3-6).

La classification zoologique des Hébreux se fondait sur des critères extérieurs faciles à discerner. Ils pouvaient manger tous les animaux décrétés purs par l'Éternel. Il s'agissait de ceux qui avaient le pied fendu, divisé en deux et qui en plus ruminaient. Certains pensent que c'est une belle image du croyant. En effet, le chrétien est engagé dans deux marches simultanées : une sur terre et une dans le royaume de Dieu. De plus en cours de route, il est exhorté à lire, étudier et méditer les Écritures. C'est un peu comparable à la vache qui mâche, remâche et rumine l'herbe. Le roi David à qui on doit de nombreux psaumes a écrit :

Heureux l'homme qui met toute sa joie dans la Loi de l'Éternel qu'il médite jour et nuit. Il prospère comme un arbre planté près d'un courant d'eau ; il donne toujours son fruit lorsqu'en revient la saison. Son feuillage est toujours vert ; tout ce qu'il fait réussit (Psaumes 1.2-3).

Les animaux marqués impurs étaient ceux qui ne présentaient qu'une seule ou aucune des deux caractéristiques énoncées.

Versets 9-11

Je continue un peu plus loin.

Parmi les animaux aquatiques, vous pourrez manger tous ceux qui ont des nageoires et des écailles. Mais vous ne mangerez pas ceux qui n'ont pas de nageoires et d'écailles, vous les considérerez comme impurs. Vous pourrez manger tout oiseau pur (Deutéronome 14.9-11).

Comme les animaux terrestres, certains poissons et oiseaux étaient déclarés rituellement purs et d'autres impurs.