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Émission 286 - Deuteromome 8:1 - 9:15

Diffusé le 4 février 2008 - ::

Chapitre 8

Versets 1-2

L'homme par nature oublie très vite ses bénédictions pour s'attarder sur ce qui ne lui convient pas dans sa vie. C'est pour cela que le chapitre 8 du Deutéronome commence par rappeler la bienfaisance divine à l'égard d'Israël. Alors qu'elle était en pérégrinations dans le désert où tout lui manquait, la nation a survécu grâce à l'assistance continuelle de l'Éternel qui s'est révélé leur Dieu fidèle. Je commence à lire.

Vous vous appliquerez à obéir à tous les commandements que je vous donne aujourd'hui, afin que vous viviez, que vous deveniez nombreux et que vous puissiez entrer dans le pays que l'Éternel a promis par serment à vos ancêtres et en prendre possession. N'oublie jamais tout le chemin que l'Éternel ton Dieu t'a fait parcourir pendant ces quarante ans dans le désert afin de te faire connaître la pauvreté pour t'éprouver. Il a agi ainsi pour découvrir tes véritables dispositions intérieures et savoir si tu allais, ou non, obéir à ses commandements (Deutéronome 8.1-2).

Le désert est présenté comme le lieu privilégié de l'épreuve, mais aussi de l'éducation du peuple. C'est là que Dieu a testé la foi d'Israël et la réalité de son engagement envers lui. C'est aussi dans un désert que le Christ fut tenté par le diable.

Le feu de l'adversité trempe mon caractère, et manifeste ce qu'il y a en moi, tout au fond de mon cœur. Moïse se rendait compte du danger qui guettait le peuple lorsqu'il passera brusquement des privations à l'abondance. Le souvenir de l'aridité du passé à cheminer dans le désert doit immuniser le peuple en le préservant contre l'orgueil et la fausse sécurité, qu'engendre si facilement la dolce vita, la vie douce.

Verset 3

Je continue.

Oui, il t'a fait connaître la pauvreté et la faim, et il t'a nourri avec cette manne que tu ne connaissais pas et que tes ancêtres n'avaient pas connue. De cette manière, il voulait t'apprendre que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole prononcée par l'Éternel (Deutéronome 8.3).

La Parole de Dieu est à l'âme ce que le pain est au corps. Au cours de son séjour au désert, Israël était dépendant du don de la manne. C'est ainsi que le peuple a appris à compter sur la fidélité de l'Éternel pour sa subsistance. Cette philosophie de vie reconnaît la présence de Dieu par le biais du Saint-Esprit et des Écritures dans mon quotidien. Je le place ainsi sur un piédestal et le désigne comme l'origine de toutes mes bénédictions.

Cette vision des choses est opposée à la tendance humaine à faire de la nature la source des biens dont il jouit. Que je cultive un champ ou me rende à l'usine ou au bureau, je dois tout à Dieu qui me donne la santé, l'intelligence et l'énergie nécessaires pour accomplir une tâche qui me permet de pourvoir à mes besoins. Le fait de rendre grâces au Créateur avant de prendre un repas est aussi un acte de reconnaissance envers lui pour tous ses dons.

Versets 4-5

Je continue.

Le vêtement que tu portais ne s'est pas usé sur toi et tes pieds ne se sont pas enflés pendant ces quarante ans. Ainsi, en y réfléchissant, tu reconnaîtras que l'Éternel ton Dieu fait ton éducation comme un père éduque son enfant (Deutéronome 8.4-5).

Ce n'est pas seulement dans le domaine de l'alimentation que les Israélites furent les objets des soins méticuleux et miraculeux du Seigneur, mais aussi dans celui de la santé. Ils n'étaient jamais malades, sauf lorsqu'il y avait un jugement à cause de leur rébellion. Ils ne souffrirent pas du gonflement des pieds, un symptôme du béribéri, fréquent en Orient, et qui est dû à un manque de vitamines B.

De plus, leurs habits se conservèrent intacts d'une manière tout à fait extraordinaire. Imaginez un vêtement inusable qui ne se déchirait jamais. Année après année, la même robe était tout aussi neuve qu'au premier jour ; les couleurs, toujours aussi vives, ne bougeaient pas d'un poil, et les taches disparaissaient d'elles-mêmes. Il est néanmoins possible que ces dames n'aient pas trop apprécié ce prodige, car coquettes, elles auraient bien voulu changer de toilettes. Mais comme dans le désert la mode ne changeait pas, ce n'était pas trop grave.

Durant leurs pérégrinations, les Israélites ont supporté sans en souffrir toutes les fatigues de ce long et terrible voyage. Dieu a mis Israël dans la position de dénuement et d'impuissance d'un petit enfant, afin qu'il apprenne à connaître la sollicitude, les secours et les soins attentifs et éducatifs de l'Éternel, qui l'avait adopté en assumant le rôle de père.

Verset 6

Je continue.

Obéis donc à ses commandements, marche sur les chemins qu'il te prescrit et ainsi respecte-le (Deutéronome 8.6).

L'exhortation générale de tout ce passage est si fréquente qu'on pourrait l'appeler le refrain du Deutéronome. Pourtant, elle est fort utile, car destinée à faire pénétrer dans les cœurs israélites le grand principe que les bénédictions divines sont directement liées à l'observation des commandements de la Loi.

Versets 7-10

Je continue.

Car l'Éternel ton Dieu va te faire entrer dans un bon pays, un pays plein de cours d'eau, de sources et de nappes souterraines qui s'épandent dans la plaine et la montagne. C'est un pays où poussent le froment et l'orge, la vigne, les figuiers et les grenadiers, un pays d'oliviers, d'huile et de miel où tu ne mangeras pas parcimonieusement, un pays où tu ne manqueras de rien, dont les roches contiennent du fer, et où tu pourras extraire du cuivre des montagnes. Ainsi, tu jouiras de ces biens, tu mangeras à satiété, et tu béniras l'Éternel ton Dieu pour le bon pays qu'il t'aura donné (Deutéronome 8.7-10).

Le Deutéronome est le livre qui mentionne le plus souvent la fertilité et la beauté de la Terre Promise, car c'était le moment d'encourager le peuple à foncer et prendre possession de l'abondance mise à sa disposition par l'Éternel. Les Israélites avaient reçu des promesses de bénédictions temporelles valables sur cette terre, qui leur étaient exclusivement destinées et pour lesquelles ils devaient remercier leur Dieu.

La Palestine est constituée de nombreux courants d'eau, ce qui établit un contraste frappant avec le désert bien évidemment, mais aussi avec l'Égypte qui ne possède que le Nil, un grand fleuve certes, mais sans affluents. Le fer ne fut découvert qu'au 12e siècle av. J-C dans le Proche-Orient. Il jouissait alors d'un très grand prestige. On le trouve dans la composition des formations basaltiques dans le nord du pays de Canaan. Avec le cuivre, il abondait également dans la vallée au sud de la mer Morte. Un certain nombre de mines exploitées par le roi Salomon au 10e siècle av. J-C ont été remises en activité par l'État d'Israël.

Versets 14-17

Je continue plus loin.

Prends garde de ne pas céder à l'orgueil et d'oublier l'Éternel ton Dieu, qui t'a fait sortir d'Égypte, du pays où tu étais esclave, qui t'a conduit à travers ce vaste et terrible désert peuplé de serpents venimeux et de scorpions, dans des lieux arides et sans eau où il a fait jaillir pour toi de l'eau du rocher le plus dur. Prends donc garde de ne pas te dire : C'est par mes propres forces et ma puissance que j'ai acquis toutes ces richesses (Deutéronome 8.14-15, 17).

Dans le désert, Israël dépendait de manière étroite de l'Éternel. Il lui a montré qu'il était capable de le nourrir, de le protéger et de le diriger, lui apprenant ainsi à reconnaître que sa vie et son bonheur dépendaient de lui. Mais la prospérité du bon pays dans lequel Israël va s'installer peut constituer un danger s'il n'y prend pas garde. En effet, il risque progressivement et insidieusement d'oublier cette grande leçon apprise au désert et de sombrer dans l'autosatisfaction ou le culte des faux dieux.

Versets 18-20

Je finis ce chapitre.

Souviens-toi au contraire que c'est l'Éternel ton Dieu qui te donne la force de parvenir à la prospérité et qu'il le fait aujourd'hui pour tenir envers toi les engagements qu'il a pris par serment en concluant alliance avec tes ancêtres. Mais si vous en venez à oublier l'Éternel votre Dieu, et à rendre un culte à d'autres dieux, à les servir et à vous prosterner devant eux, je vous avertis aujourd'hui que vous périrez totalement. Vous périrez comme les nations que l'Éternel votre Dieu va faire périr devant vous, parce que vous ne lui aurez pas obéi (Deutéronome 8.18-20).

L'impartialité absolue de Dieu est rappelée ici, comme dans beaucoup d'autres passages, afin d'avertir solennellement Israël de rester sur le qui-vive, d'observer la Loi et obéir à toutes les directives que l'Éternel lui donnera. Que ce soit le peuple choisi ou n'importe qui, l'avertissement suivant tiré du Nouveau Testament nous concerne tous. Je le lis :

Celui qui sème pour satisfaire ses propres penchants d'homme livré à lui-même récoltera ce que produit cet homme, c'est-à-dire la corruption (Galates 6.8).

Chapitre 9

Versets 1-3

Nous voici arrivés au chapitre 9 du Deutéronome. Je commence à le lire.

Écoute, Israël ! Te voilà aujourd'hui sur le point de franchir le Jourdain pour aller à la conquête de nations plus grandes et plus puissantes que toi, qui vivent dans des villes importantes, fortifiées par des remparts montant jusqu'au ciel. Ce sont des peuples puissants, des géants de la race des Anaqim. Tu les connais et tu as entendu dire : Qui peut résister aux descendants d'Anaq ? Mais sache aussi aujourd'hui que l'Éternel ton Dieu marche lui-même devant toi comme un feu dévorant ; il détruira ces peuples, il les fera plier devant toi, si bien que tu prendras possession de leur territoire et tu les feras périr sans tarder, comme l'Éternel te l'a promis (Deutéronome 9.1-3).

La conquête est une œuvre tellement grandiose qu'elle serait impossible si l'Éternel ne marchait devant le peuple comme un feu consumant. Ce symbole représente la sainteté divine qui détruit le mal et celui qui s'obstine à s'y livrer. Ce passage souligne à nouveau que la domination du pays de Canaan n'a pas été une expédition militaire ordinaire, mais qu'elle a été un jugement exercé par le Dieu saint sur des peuples incurablement corrompus.

Versets 4-6

Je continue.

Lorsque l'Éternel ton Dieu les aura dépossédés en ta faveur, ne t'avise pas de penser : C'est parce que je suis juste que l'Éternel m'a fait venir pour prendre possession de ce pays. Non ! C'est à cause de la perversité de ces nations qu'il va les chasser devant toi. Ce n'est vraiment pas parce que tu es juste, ou que tu as la droiture dans le cœur, que tu vas entrer en possession de leur pays ; en vérité, c'est parce que ces nations sont perverses que l'Éternel ton Dieu va les déposséder en ta faveur. C'est aussi pour tenir la promesse que l'Éternel a faite avec serment à tes ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. Sache donc bien que ce n'est pas parce que tu es juste que l'Éternel ton Dieu te donne ce bon pays en possession ; en fait, tu es un peuple rebelle (Deutéronome 9.4-6).

Il y avait bien d'autres nations idolâtres ; mais les Cananéens avaient joint à ce travers une perversité toute particulière qui leur a valu le jugement inexorable de l'Éternel. Les Israélites doivent bien se faire à l'idée qu'ils n'ont strictement rien à voir dans leur victoire. Ils ne méritent rien et ne sont pas meilleurs que les autres peuples ; au contraire, ils sont même pires. Précédemment, dans un autre livre de Moïse, l'Éternel les avait qualifiés de nation réfractaire, insoumise, opiniâtre et au cou raide. C'est uniquement par grâce et en vertu des promesses faites à leurs ancêtres, les patriarches, à commencer par Abraham, qu'Israël reçoit la Terre promise en partage.

On peut faire une application au Nouveau Testament et à l'Église de Jésus-Christ. Je ne parle pas d'un organisme institutionnel quelconque, protestant ou catholique ou autre, mais de l'ensemble de tous ceux qui à un moment donné de leur vie se sont considérés comme des pécheurs sous le coup du jugement divin et qui se sont repentis. Cette Église n'est pas composée de gens bien-pensants et qui sont supérieurs aux autres. Au contraire ! Ils ont réalisé qu'à cause de leur culpabilité, ils avaient besoin d'un sauveur et c'est pour cela qu'ils sont allés au Christ et sont devenus chrétiens.

Versets 7-8

Je continue le texte du Deutéronome qui se poursuit avec les rappels des rébellions d'Israël et en particulier la triste affaire du veau d'or.

Rappelle-toi — et ne l'oublie jamais — combien tu as provoqué la colère de l'Éternel ton Dieu dans le désert : depuis le jour où vous êtes sortis du pays d'Égypte jusqu'à votre arrivée en ce lieu-ci, vous n'avez cessé de lui désobéir. Souvenez-vous en particulier à quel point vous avez irrité l'Éternel au mont Horeb : il s'est emporté contre vous au point de vouloir vous exterminer (Deutéronome 9.7-8).

Cet incident est décrit en détail dans le livre de l'Exode. J'en cite un petit passage :

Aussitôt, tous se défirent des pendants d'or qui étaient à leurs oreilles et les apportèrent à Aaron. Celui-ci les reçut de leurs mains, façonna l'or au burin et en coula la statue d'un veau. Alors le peuple s'écria : — Voici ton dieu, Israël, qui t'a fait sortir d'Égypte ! (Exode 32.3-4).

C'est l'ancienne génération, celle dont les os blanchissent sous le soleil du désert, qui s'était rendue ainsi coupable. Cependant, la nouvelle vague ne vaut pas mieux que leurs aïeux. Ils feront de même et leurs descendants encore pire.

Versets 9-12

Je continue en compressant.

Quand j'étais monté sur la montagne pour recevoir les tablettes de pierre de l'alliance que l'Éternel avait conclue avec vous, je suis resté là-haut durant quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire. Puis il m'a dit : Va, redescends vite de cette montagne, car ton peuple que tu as conduit hors d'Égypte s'est corrompu ; ils se sont vite détournés de la voie que je leur avais commandé de suivre. Ils se sont fabriqué une idole de métal fondu (Deutéronome 9.9, 12).

Il est étonnant que l'Éternel puisse remettre entre les mains de Moïse les tables de la Loi en gage de l'alliance au moment même où il sait que le peuple la viole en sombrant dans l'idolâtrie. Mais il accomplit fidèlement son rôle de Dieu de l'alliance, sans tenir compte de la conduite du peuple, laissant ainsi plein cours à la liberté de choix et d'action aussi bien du peuple que de Moïse. Cette manière de faire de l'Être tout-puissant et omniscient est la condition même de l'histoire, c'est-à-dire du développement moral des êtres humains créés libres ; autrement, nous ne serions que des marionnettes.

Versets 15-19

Je continue un peu plus loin.

Alors, je m'en suis retourné, je suis redescendu de la montagne qui était encore tout embrasée, tenant des deux mains les deux tablettes de l'alliance. J'ai regardé et j'ai constaté qu'en effet vous aviez commis un péché contre l'Éternel, votre Dieu : vous vous étiez fabriqué une idole de métal fondu en forme de veau, vous vous étiez vite détournés de la voie que l'Éternel vous avait prescrite. Alors j'ai pris les deux tablettes, et je les ai jetées à terre des deux mains et les ai brisées sous vos yeux. Ensuite, je me suis effondré devant l'Éternel et suis resté comme la première fois sans manger ni boire durant quarante jours et quarante nuits à cause du grand péché que vous aviez commis en faisant ce que l'Éternel juge mauvais et par lequel vous aviez provoqué sa colère. Car je redoutais cette colère, cette fureur, dont l'Éternel était animé contre vous au point de vouloir vous détruire. Mais cette fois encore, l'Éternel m'a exaucé (Deutéronome 9.15-19).

Moïse, connaissant la sainteté de l'Éternel, était effrayé. Il savait aussi qu'il était un Dieu de miséricorde et avait déjà reçu l'assurance que le peuple ne serait pas détruit. Mais quand il descendit de la montagne, il vit de ses yeux le veau d'or devant lequel une foule s'inclinait, alors que d'autres s'adonnaient à tous les dérèglements d'une immense partouse. Car, il faut bien le dire, l'idolâtrie et les délits sexuels vont généralement de pair.

Face à ce mal commis par le peuple, Moïse fut tellement bouleversé qu'il éprouva le besoin de recommencer son intercession. Il se tint alors devant Dieu, jeûnant et priant pendant quarante jours et autant de nuits pour obtenir non seulement la non-extermination du peuple, mais aussi le retour de la gloire de l'Éternel au milieu du camp d'Israël, car il s'était retiré. Et Moïse demande également le renouvellement de l'alliance que les Israélites venaient de rompre. L'Éternel a ainsi prouvé à Moïse, à Israël et à nous qu'il est véritablement un Dieu de miséricorde. Quel réconfort !