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Diffusé le 31 janvier 2008 - ::
Dans le livre du Deutéronome, Moïse répète les 10 commandements à la nouvelle génération d'Israélites. Il est toujours utile de les entendre à nouveau, surtout qu'ils constituent la fondation de la culture occidentale. Je continue avec le 4e commandement.
Observe le jour du sabbat et fais-en un jour consacré à l'Éternel, comme l'Éternel ton Dieu te l'a commandé. Tu travailleras pendant six jours et tu feras tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré à l'Éternel ton Dieu ; tu ne feras aucun travail ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni tout ton bétail, ni l'étranger qui réside chez toi, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte et que l'Éternel ton Dieu t'a tiré de là en intervenant avec puissance ; c'est pourquoi l'Éternel ton Dieu t'a demandé d'observer le jour du sabbat (Deutéronome 5.12-15).
Tous les commandements sont répétés dans le Nouveau Testament à l'exception de celui qui concerne le jour du sabbat. Il était en effet propre à la nation d'Israël, parce que les Hébreux avaient été esclaves en Égypte et que l'Éternel les avait délivrés de la servitude. Je lis le passage :
Et toi, dis ceci aux Israélites : Surtout, observez bien mes sabbats ; car c'est là un signe entre moi et vous, de génération en génération, le signe que moi, l'Éternel, je vous rends saints (Exode 31.13).
Jusqu'à présent, il a été plus spécifiquement question des devoirs envers Dieu. Maintenant, les thèmes abordés vont concerner les rapports humains.
Je continue.
Honore ton père et ta mère, comme l'Éternel ton Dieu te l'a ordonné, afin de jouir d'une longue vie et de vivre heureux dans le pays que l'Éternel ton Dieu te donne (Deutéronome 5.16).
Les enfants qui apprennent à respecter leurs parents arrivent plus facilement par la suite à se soumettre à Dieu que ceux qui ont été élevés dans un climat d'anarchie.
Je continue.
Tu ne commettras pas de meurtre (Deutéronome 5.17).
Le verbe hébreu signifie littéralement assassiner. Il s'agit de tuer avec une préméditation motivée par un grief personnel. Ce commandement n'a rien à voir avec un accident, une situation de guerre ou par légitime défense.
Je continue.
Tu ne commettras pas d'adultère (Deutéronome 5.18).
Il n'est pas exagéré de dire que le sexe est comme la poussière, il y en a partout ; ce qui fait qu'il a perdu son caractère sacré. Banalisé comme une lessive ou tout autre produit, il est aussi le principal appât de la publicité. Ce n'était évidemment pas l'intention du Créateur qu'il en soit ainsi. L'Éternel ordonne à l'homme et à la femme de demeurer fidèles à son conjoint.
Je continue.
Tu ne commettras pas de vol (Deutéronome 5.19).
Le vol à la tire n'étant pour ainsi dire plus sanctionné, la saison est ouverte en permanence. Les touristes n'ont qu'à bien se tenir. J'ai aussi lu quelque part que tout habitant de Paris peut compter sur au moins deux cambriolages durant sa vie d'adulte. L'apôtre Paul développe ce commandement. Je le cite :
Que le voleur cesse de dérober ; qu'il se donne plutôt de la peine et travaille honnêtement de ses mains pour qu'il ait de quoi secourir ceux qui sont dans le besoin (Éphésiens 4.28).
Je continue.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain (Deutéronome 5.20).
Cela concerne aussi bien une cour de justice que des médisances, de faux bruits destinés à détruire la réputation de quelqu'un.
Je finis le Décalogue avec le dernier des 10 commandements.
Tu ne porteras pas tes désirs sur la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient (Deutéronome 5.21).
Le simple désir d'une femme, sans commettre l'adultère proprement dit, est déjà un péché consommé devant Dieu. C'est ce que Jésus a enseigné dans le Sermon sur la Montagne. Je cite le passage.
Vous avez appris qu'il a été dit : « Tu ne commettras pas d'adultère. » Eh bien, moi je vous dis : Si quelqu'un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son cœur (Matthieu 5.27-28)
La convoitise en général est une souillure morale. Plusieurs textes du Nouveau Testament parlent de ce désir de posséder. J'en cite un :
Que votre conduite ne soit pas inspirée par l'amour de l'argent ; contentez-vous de vos biens actuels, car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai pas ni ne t'abandonnerai (Hébreux 13.5).
À la lecture du Décalogue, on réalise pourquoi Jésus a dit que toute la Loi était résumée dans le plus grand commandement de la Loi que j'ai cité auparavant et que je rappelle :
Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même (Luc 10.27).
Celui qui mettrait ces paroles en pratique obéirait automatiquement aux 10 commandements. L'amour pour Dieu et son prochain est l'antidote à tous les travers humains. De plus, l'un ne va pas sans l'autre comme le précise bien l'apôtre Jean dans une de ses lettres que je cite :
Si quelqu'un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c'est un menteur. Car s'il n'aime pas son frère qu'il voit, il ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas (1Jean 4.20).
Je continue le texte en compressant.
Ces paroles-là, l'Éternel les a prononcées d'une voix forte, du milieu du feu, et de l'épaisse nuée, pour toute l'assemblée qui se tenait au pied de la montagne. Il n'y ajouta rien. Puis il les écrivit sur deux tables de pierre qu'il me remit (Deutéronome 5.22).
Le peuple fut effrayé et ses responsables vinrent voir Moïse pour lui dire :
Va donc toi-même t'approcher ! Tu écouteras tout ce que dira l'Éternel notre Dieu, puis tu nous le répéteras. Nous l'écouterons et nous obéirons (Deutéronome 5.27).
Les Israélites promirent d'obéir à toute la Loi, ce qui enchanta Dieu.
Je continue.
L'Éternel entendit vos paroles pendant que vous me parliez, et il me dit : J'ai entendu ce que t'a dit ce peuple et je l'approuve pleinement. Si seulement ils pouvaient garder ces mêmes dispositions à me révérer et à suivre tous les jours tous mes commandements, afin qu'eux et leurs descendants soient heureux pour toujours (Deutéronome 5.28-29).
La bénédiction est un thème important dans le livre du Deutéronome. La recette du bonheur pour Israël était d'obéir à la Loi que son Dieu lui avait donnée.
Je finis le chapitre avec l'exhortation de Moïse.
Ayez donc soin de faire ce que l'Éternel votre Dieu vous a commandé, sans vous en détourner ni à droite ni à gauche. Suivez exactement le chemin que l'Éternel votre Dieu vous a prescrit, et vous vivrez heureux et vous jouirez d'une longue vie dans le pays dont vous allez prendre possession (Deutéronome 5.32-33).
C'est sûr que la plupart des Israélites étaient bien disposés et se disaient en eux-mêmes qu'ils obéiraient à leur Dieu. Malheureusement, cette bonne volonté, alors qu'ils écoutaient Moïse, fut de courte durée. Elle s'éteignit presque aussi vite qu'un feu de paille. Dès le début de la conquête, il y aura déjà de sévères entorses aux ordres de l'Éternel. Puis éventuellement, Israël deviendra aussi perverti que les autres nations. Le châtiment divin sera alors terrible. La nation subit des guerres destructrices et finalement l'exil, et ce n'est pas fini.
Approuver les commandements de Dieu lorsque je les écoute est une chose, mais ce n'est pas suffisant. Encore faut-il que je les mette en pratique chaque jour de ma vie ! Cependant, si je suis honnête avec moi-même, je devrais reconnaître que j'en suis totalement incapable. La Loi est bonne, mais moi je suis mauvais. Elle est comme un miroir qui révèle ma condition spirituelle décadente devant Dieu, et c'est pour cela que j'ai besoin d'un Sauveur.
Nous voici arrivés au chapitre 6 du Deutéronome. Bien que ce livre soit une répétition de la Loi, l'accent porte sur la bienveillance de l'Éternel à l'égard d'Israël et sur l'obéissance qu'il demande au peuple en réponse à son amour. Dans le Nouveau Testament, aimer Dieu c'est lui obéir. Jésus a dit à ses disciples :
Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements (Jean 14.15).
L'apôtre Jean dit la même chose dans une de ses lettres où il écrit :
Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. Aimer Dieu consiste à garder ses commandements (1Jean 4.19 ; 5.3).
C'était ce que l'Éternel voulait que les Israélites apprennent, afin qu'ils aient avec lui une relation basée sur l'amour et non sur une religion légaliste creuse. Une pratique faite de rites peut facilement devenir quelque chose comme une représentation théâtrale dans laquelle les figurants sont en carton, sans vie, alors que Dieu m'a créé pour avoir une relation de cœur à cœur avec lui.
Dans l'Ancien Testament, l'Éternel prouve son amour pour Israël en le faisant sortir d'Égypte, en suppléant à tous ses besoins, et en demeurant bienveillant envers lui malgré ses actes de rébellion répétés. Tout cela est une chose, mais c'en est une tout autre que de revêtir notre frêle humanité et de descendre ici-bas afin de mourir pour des pécheurs ennemis de Dieu. C'est ce qu'affirment les apôtres Jean et Paul que je cite :
Voici en quoi consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés ; aussi a-t-il envoyé son Fils pour apaiser la colère de Dieu contre nous en s'offrant pour nos péchés. Alors que nous étions ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils (1Jean 4.10 ; Romains 5.10).
Après cette introduction, je commence à lire le chapitre 6 du Deutéronome.
Voici les commandements, les ordonnances et les lois que l'Éternel ton Dieu m'a chargé de t'enseigner pour que tu les appliques dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession, et que tu craignes l'Éternel ton Dieu en obéissant toute ta vie à toutes ses ordonnances et à tous ses commandements que je te transmets. Ils sont pour toi, pour tes fils et pour leurs descendants. Ainsi tu jouiras d'une longue vie. C'est pourquoi, ô Israël, écoute-les, veille à y obéir, et applique-les, afin d'être heureux et de devenir très nombreux dans ce pays ruisselant de lait et de miel, comme l'Éternel, le Dieu de tes ancêtres, te l'a dit (Deutéronome 6.1-3).
Moïse exhorte les Israélites à craindre l'Éternel, c'est-à-dire à respecter, révérer et honorer Dieu, ce qui dans la pratique revient, encore une fois, à lui obéir en observant tous ses commandements. C'est là pour Israël la condition de son bonheur. Précédemment, Dieu avait dit :
Si seulement ils pouvaient garder ces mêmes dispositions à me révérer et à suivre tous les jours tous mes commandements, afin qu'eux et leurs descendants soient heureux pour toujours (Deutéronome 5.29).
En effet, si seulement ils pouvaient. Mais comme je l'ai déjà dit, le cœur des Israélites va rapidement devenir froid à l'égard de son Dieu. Plus tard, le prophète Ésaïe dira de la part de l'Éternel :
Ce peuple se tourne vers moi, mais ce n'est qu'en paroles, et il me rend hommage, mais c'est du bout des lèvres : car au fond de son cœur, il est bien loin de moi, et la vénération qu'il me témoigne n'est faite que de règles que des hommes lui ont enseignées (Ésaïe 29.13).
Non seulement les Israélites étaient tenus d'obéir à la Loi, mais aussi de l'enseigner à leur progéniture. Cette idée de l'héritage spirituel que les pères ont à transmettre aux enfants revient plusieurs fois dans ce chapitre.
Je continue le texte.
Écoute, Israël, l'Éternel est notre Dieu, il est le seul Éternel (Deutéronome 6.4).
Cette phrase est le début de la confession de foi traditionnelle d'Israël qui s'appelle le Shema . C'est le premier mot hébreu de ce credo juif et il veut dire : Écoute. Encore aujourd'hui, elle est récitée matin et soir par les Juifs pieux. L'unicité de Dieu est fortement soulignée ici, comme d'ailleurs à plusieurs autres reprises dans le livre du Deutéronome. Cette première phrase de la confession de foi d'Israël utilise deux mots différents pour Dieu.
En fait, elle dit ceci : Écoute, Israël, Yaweh est notre Élohim, il est le seul Yaweh. Yaweh est un mot formé de 4 consonnes. On l'appelle le tétragramme. Il est considéré comme le nom personnel du Dieu saint, et signifie celui qui est, dans le sens qu'il est le seul être éternel. Le mot Élohim est un pluriel de majesté de la Trinité. Ce n'est pas tout. Le texte hébreu de ce verset tout simple offre une singulière particularité, à laquelle les commentateurs juifs attribuent une très grande importance. En juxtaposant la dernière consonne du premier et du dernier mot de cette phrase, on obtient le mot hébreu qui signifie témoin.
Les copistes écrivent ces deux lettres en caractères majuscules pour indiquer que le shema représente le grand témoignage de la foi israélite. Cela semble peut-être un peu complexe, mais c'est de cette façon que Dieu communique qui il est et ce qu'il attend de ceux qui désirent lui obéir. Soit dit en passant que le mot Jéhovah a été fabriqué en prenant les consonnes de Yaweh, le nom personnel du Dieu saint, et en y juxtaposant les voyelles de Élohim.
Cette phrase « Écoute, Israël, Yaweh est notre Élohim, il est le seul Yaweh » est l'affirmation la plus brève et la plus catégorique possible du caractère unique de la personne divine. Non seulement il ne peut être question pour Israël que de ce Dieu-là, mais le monde entier n'en a pas d'autre, malgré l'idée répandue que chaque peuple avait son ou ses dieux particuliers, capables de le protéger. Dans un monde où régnaient le polythéisme et l'idolâtrie, Israël devait se distinguer en représentant l'unique vrai Dieu. Cette unicité qui est soulignée avec force est répétée à plusieurs reprises dans le livre du Deutéronome.
Je continue le texte.
Tu aimeras l'Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force (Deutéronome 6.5).
Ce commandement de l'amour de Dieu, si central dans le Deutéronome, a été qualifié par Jésus de premier et plus grand commandement, inséparable de celui de l'amour du prochain. Je cite le passage. Cet amour implique un engagement total de l'homme, exprimé par la triple formule : de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta force. C'est tout l'homme qui est concerné : volonté, intelligence, sentiments et actes. Le cœur est nommé le premier parce que c'est le moyen par lequel l'homme entre en contact avec son Créateur. L'âme vient en second. C'est le souffle de vie, la personnalité humaine qui comprend la totalité de ses facultés d'intelligence, de conscience, de pensées, de sentiments et de volonté. En troisième lieu, la force désigne l'énergie que l'âme déploie au dehors, sous l'impulsion du cœur rempli de Dieu.
Il est impossible de concevoir une relation avec Dieu qui serait plus élevée et plus spirituelle que celle exprimée ici. C'est pour cela que Jésus a qualifié ce commandement de premier et de plus grand. Cet amour d'Israël pour l'Éternel est censé constituer sa réponse à l'amour de Dieu pour son peuple qu'il a manifesté concrètement en le libérant d'Égypte, en lui donnant sa Loi, en le protégeant durant le séjour au désert, et en lui octroyant le bon pays qu'il est sur le point de conquérir.