Chapitre20
Introduction
À commencer ce nouveau chapitre, on a envie de crier Alléluiah, car il s'agit de la résurrection de Jésus-Christ. C'est sur cet événement qui est au cœur même de la foi chrétienne que se fonde l'espérance de la vie éternelle. Pourtant, on en parle du bout des lèvres ; un peu lors des fêtes de Pâque et des enterrements et puis c'est fini. Mais l'apôtre Jean, lui, met l'accent sur le triomphe de Jésus sur la mort.
Son Évangile se termine par cette proclamation majestueuse suivie d'un épilogue. Chacun des évangélistes souligna certains aspects de cette victoire. Dans le Nouveau Testament et dès la Pentecôte, la résurrection de Jésus-Christ était au centre de toutes les prédications des apôtres.
Versets 1-2
Je commence à lire le chapitre 20 qui commence par le tombeau vide.
Le dimanche matin, très tôt, Marie de Magdala se rendit au tombeau. Il faisait encore très sombre. Elle vit que la pierre fermant l'entrée du sépulcre avait été ôtée de devant l'ouverture. Alors elle courut prévenir Simon Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait. — On a enlevé le Seigneur de la tombe, leur dit-elle, et nous n'avons aucune idée de l'endroit où on l'a mis (Jean 20.1-2).
Nous sommes à l'aube du dimanche matin, et plusieurs femmes se rendent au sépulcre. Marie de Magdala était particulièrement dévouée au Christ vivant ou mort. Elle lui était reconnaissante de l'avoir délivrée de 7 démons. Elle avait été présente à la croix et maintenant elle fait partie des premières personnes qui se rendent sur la tombe de Jésus qui est en fait une sorte de grotte funéraire. Or celle-ci avait été fermée par une énorme pierre et gardée par des soldats, suite à la demande que les religieux avaient adressée à Pilate. Je lis le passage tiré d'un autre Évangile :
Fais donc surveiller étroitement la tombe jusqu'à ce troisième jour : il faut à tout prix éviter que ses disciples ne viennent dérober le corps pour dire ensuite au peuple qu'il est ressuscité d'entre les morts. Cette dernière supercherie serait encore pire que la première. Pilate leur déclara : — D'accord ! Prenez un corps de garde et assurez la protection de ce tombeau à votre guise. Ils se rendirent donc au tombeau et le firent surveiller après avoir apposé les scellés sur la pierre en présence de la garde (Matthieu 27.65-66).
Curieusement, ces dignitaires faux-jetons n'ont pas oublié les prédictions du Christ sur sa résurrection le troisième jour, même si ses propres disciples n'en tenaient aucunement compte. Pour s'assurer que nul ne violerait le sépulcre, une corde fut tendue en travers de la pierre qui le fermait. Elle était scellée à chaque extrémité avec de la cire et l'imprimatur de Pilate. Il fallait briser ce sceau pour déplacer la pierre et celui qui s'y amuserait serait exécuté sans délai.
Quand Marie arriva, elle vit que la pierre avait été roulée, et supposait un acte de vandalisme parce qu'elle ne s'attendait pas à la résurrection et ignorait tout des précautions draconiennes qui avaient été prises par Pilate et les religieux. Il est vrai que dans l'Antiquité les tombeaux des gens riches étaient régulièrement dévalisés. Dans certains coins de la planète, il en est d'ailleurs toujours ainsi. Elle pensait sans doute que les chefs des Juifs, à cause de leur haine mordante envers Jésus, avaient dérobé son corps. En réalité, ils auraient tous donné leur fortune pour pouvoir déployer devant tout le monde les dépouilles du Christ.
Mais il n'y avait plus de corps dans cette grotte funéraire, car Jésus était ressuscité. Les 4 évangélistes donnent des détails différents concernant les événements successifs qui se sont déroulés ce dimanche. On peut en faire une synthèse et les mettre dans l'ordre suivant : des femmes se rendent au sépulcre de grand matin pour embaumer le corps de Jésus. Trois sont mentionnées : Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé. D'autres, non nommées, les suivent derrière. Elles se demandent comment elles vont entrer dans le sépulcre à cause de la pierre.
Les femmes à peine arrivées sur place, la terre se met à trembler. Les trois femmes voient alors quelqu'un vêtu de blanc et qui a l'aspect de l'éclair rouler la pierre et s'asseoir dessus. Les gardes et les femmes sont terrorisés. Marie de Magdala rebrousse chemin et rencontre Pierre et Jean qui se précipitent au sépulcre. Pendant ce temps, les autres femmes pénètrent à l'intérieur de la grotte funéraire, alors que deux hommes vêtus de blanc sont présents. L'un d'eux leur certifie que Jésus n'est plus là, mais qu'il est ressuscité. Les femmes quittent le sépulcre avec une crainte mêlée d'une grande joie et se hâtent d'aller porter la nouvelle aux apôtres. Pierre et Jean arrivent au tombeau, y entrent, observent et repartent. Les anges ont disparu et les soldats aussi. Marie de Magdala revient au sépulcre en pleurant, car elle n'a pas encore compris que Jésus est ressuscité. Alors, le Seigneur lui apparaît, mais elle ne le reconnaît pas immédiatement.
Ensuite, Jésus se manifeste également aux autres femmes qui sont en route pour Jérusalem et leur donne un message pour ses disciples. La résurrection n'est pas un événement par lequel Jésus force ses opposants à croire en lui ; il n'a plus de contact avec le monde des incrédules. Par contre, il est encore apparu un nombre de fois à un ou plusieurs de ses disciples afin de fortifier et de renouveler leur foi, avant de finalement retourner définitivement dans les cieux lors de son ascension.
Versets 3-9
Je continue le texte.
Pierre sortit donc, avec l'autre disciple, et ils se rendirent tous deux au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple, plus rapide que Pierre, le distança et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il vit les linges funéraires par terre, mais il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, arriva alors. Il entra dans le tombeau, vit les linges qui étaient par terre, et le linge qui avait enveloppé la tête de Jésus, non pas avec les linges funéraires, mais enroulé à part, à sa place. Alors l'autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau. Il vit, et il crut. En effet, jusque là ils n'avaient pas encore compris que Jésus devait ressusciter d'entre les morts, comme l'avait annoncé l'Écriture. Les deux disciples s'en retournèrent alors chez eux (Jean 20.3-9).
Pierre et Jean courent au sépulcre. Jean arrive le premier, mais n'y pénètre pas tout de suite de peur de profaner ce lieu ou de se rendre rituellement impur, on ne sait pas trop. Pierre lui, toujours aussi impulsif, entre sans hésiter. Jean le suit et tous deux sont maintenant à l'intérieur. Ils voient les bandelettes par terre et le linge qui entourait la tête de Jésus à sa place et toujours enroulé parce qu'il avait gardé la forme de la tête de Jésus ; la myrrhe et l'aloès formaient une sorte de colle et il n'était pas possible de se glisser hors de cet enchevêtrement.
Lorsque Lazare est ressuscité, il sortit enveloppé comme un saucisson, parce qu'il avait toujours le même corps charnel. Jésus, lui, est passé au travers des bandelettes mêmes ainsi que du linge. Jésus traversera plus tard des portes fermées. C'est là une propriété d'un ressuscité. En outre, le sépulcre n'était évidemment pas ouvert pour laisser sortir Jésus, mais pour permettre aux disciples et au monde de constater que le Seigneur était ressuscité.
Devant le tombeau vide, Pierre et Jean sont perplexes. Comment un voleur aurait-il pu laisser les bandes ainsi disposées, et pourquoi quelqu'un aurait-il pris la dépouille de Jésus ? Tout ça n'a pas de sens parce qu'ils ne s'attendaient pas du tout à la résurrection malgré tout ce que Jésus leur avait dit. Ils croyaient que les femmes racontaient n'importe quoi, ou s'étaient trompées de tombeau à cause de l'obscurité. Enfin, Jean comprend que l'absence du corps et la disposition des bandes et du linge ne sont pas le résultat d'une infraction.
Après avoir vu de ses yeux, il croit que quelque chose d'extraordinaire s'est passé, mais n'était pas sûr quoi ; peut-être, se dit-il, que Jésus a été enlevé au ciel par Dieu. Jean commente en toute franchise qu'après avoir été avec le Seigneur pendant 3 ans les disciples n'avaient pas encore compris que Jésus devait ressusciter d'entre les morts, comme l'avait annoncé l'Écriture. Finalement, Pierre et Jean très perplexes retournent chez eux et il nous est dit plus loin qu'ils s'enferment à double tour par peur des Juifs. Leur foi est encore bien vacillante.
Versets 11-14
Je continue.
Pendant ce temps, Marie se tenait dehors près du tombeau, et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha vers le tombeau : elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui dirent : — Pourquoi pleures-tu ? — On a enlevé mon Seigneur, leur répondit-elle, et je ne sais pas où on l'a mis. Tout en disant cela, elle se retourna et vit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui (Jean 20.11-14).
La scène est surréaliste. Marie de Magdala est dehors et pleure devant le sépulcre. Elle s'avance et regarde à l'intérieur. Elle voit le tombeau vide ainsi que deux êtres de lumière qui lui posent une question pour l'amener à croire à la réalité de la résurrection. Mais elle ne comprend toujours pas, car pour elle Jésus est mort et on a volé son corps. Alors, le Seigneur lui apparaît, mais comme c'était la dernière chose à laquelle elle s'attendait, elle ne réagit pas.
À plusieurs reprises, Jésus n'a pas été reconnu après sa résurrection. Cela était dû en partie à son apparence physique qui était légèrement différente de ce qu'elle avait été auparavant ; mais la véritable raison était que les disciples ne s'attendaient absolument pas à un événement aussi extraordinaire. Ils n'ont donc pas songé un seul instant que c'était Jésus qui était là devant eux. Cela dit, le fait que le Seigneur ait choisi de se manifester en tout premier lieu à Marie de Magdala est très significatif. Il aurait pu rendre visite au grand-prêtre et l'envoyer en enfer par la même occasion, ou à Pilate pour lui faire dresser les cheveux sur la tête, ou à ses disciples incrédules.
Mais non, il choisit Marie parce qu'elle l'aimait vraiment. Elle était une des femmes qui se tenaient devant la croix et fut l'une des 3 premières à venir au sépulcre le dimanche matin. De plus, après en être repartie, elle y était revenue une nouvelle fois. Elle n'arrivait pas à se faire à l'idée que son Seigneur était mort, ni à se détacher de lui. Cela me fait penser à un proverbe de l'Ancien Testament où la sagesse personnifiée parle. Je le cite :
Moi, j'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui me recherchent ne manquent pas de me trouver (Proverbes 8.17).
Cette apparition à Marie est aussi une preuve de l'historicité de cet Évangile. En effet, aucun auteur juif de l'Ancien Monde n'aurait inventé une histoire dans laquelle le premier témoin d'un événement aussi extraordinaire et de la plus haute importance eut été une femme.
Versets 15-16
Je continue.
— Pourquoi pleures-tu ? lui demanda Jésus. Qui cherches-tu ? Pensant que c'était le gardien du jardin, elle lui dit : — Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, pour que j'aille le reprendre. Jésus lui dit : — Marie ! Elle se tourna vers lui et s'écria en hébreu : — Rabbouni (ce qui veut dire : Maître) ! (Jean 20.15-16).
Jésus essaie de faire naître la foi chez Marie, mais elle est aux antipodes de croire. Il avait enseigné à ses disciples qu'il était le Bon Berger qui appelle ses brebis par leur nom et elles le suivent parce qu'elles reconnaissent sa voix. C'est lorsqu'il l'appelle par son nom que Marie de Magdala sut enfin que c'était le Bon Berger qui se tenait là devant elle. Un jour, je vais mourir. Mais dans la suite des temps, le moment viendra où le Seigneur m'appellera par mon nom, et alors je ressusciterai pour la vie éternelle.
Versets 17-18
Je continue le texte.
— Ne me retiens pas, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères et dis-leur de ma part : Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. Marie de Magdala alla donc annoncer aux disciples : — J'ai vu le Seigneur ! Et elle leur rapporta ce qu'il lui avait dit (Jean 20.17-18).
Marie a dû se précipiter et vouloir sauter au cou de Jésus. Elle avait déjà été séparée de lui une première fois lors de la crucifixion et ne voulait plus le perdre. Mais Jésus lui signifie que sa relation avec lui sera désormais différente ; il ne veut pas qu'elle fonde sa foi sur une restauration provisoire du passé. Il en profite pour décrire les relations dans la communauté des disciples comme des liens familiaux. Les chrétiens deviennent des membres de la famille de Jésus et ont Dieu comme Père. Cependant, il fait aussi une différence nette entre sa relation avec le Père et celle des croyants avec le Père. Moi je peux devenir un enfant de Dieu par la foi en Jésus-Christ, tandis que lui, il est le Fils éternel, la deuxième personne de la Trinité. Le Seigneur dit aussi qu'il est en route vers le Père, mais il ne s'agit pas de son ascension. Ce dimanche de la résurrection il allait monter dans le royaume des cieux afin de présenter son sang versé dans le tabernacle céleste. C'est cette démarche qui transforma le trône du jugement de Dieu en un lieu de miséricorde. Ensuite, il va redescendre et demeurer quelque temps sur terre avec ses disciples avant de quitter définitivement ce monde. Marie est chargée d'annoncer la bonne nouvelle aux disciples qui bien sûr ne la croient pas. Je cite le passage parallèle de l'Évangile de Luc :
Elles revinrent du tombeau et allèrent tout raconter aux Onze, ainsi qu'à tous les autres disciples. C'étaient Marie de Magdala et quelques autres femmes, mais ceux-ci trouvèrent leurs propos absurdes et n'y ajoutèrent pas foi (Luc 24.9-11).
Bravo les disciples !
Versets 19-20
Je continue le texte.
Ce même dimanche, dans la soirée, les disciples étaient dans une maison dont ils avaient verrouillé les portes, parce qu'ils avaient peur des chefs des Juifs. Jésus vint : il se trouva là, au milieu d'eux, et il leur dit : — Que la paix soit avec vous ! Tout en disant cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie parce qu'ils voyaient le Seigneur (Jean 20.19-20).
Donc les apôtres, de vrais modèles de courage, sont planqués sous leur lit. Ils méritent qu'on les applaudisse à nouveau. Lorsque Jésus leur apparaît, il utilise la salutation traditionnelle : Que la paix soit avec vous ! Elle est particulièrement appropriée à la situation. Les disciples ont d'une part peur des représailles des autorités, et d'autre part, leur conscience est travaillée. Ils ont honte à cause de l'attitude lâche qu'ils ont eue à l'égard de Jésus lors de son arrestation. Lorsqu'il leur apparaît, ils sont tout d'abord terrorisés, et ce n'est que plus tard qu'ils acceptent l'évidence que le Seigneur est ressuscité. Je cite le passage parallèle d'un autre Évangile :
Pendant qu'ils s'entretenaient ainsi, Jésus lui-même se trouva au milieu d'eux et leur dit : La paix soit avec vous. Mais ils furent saisis de crainte et d'effroi, croyant voir un esprit. Pourquoi êtes-vous troublés ? leur dit-il. Pourquoi les doutes envahissent-ils votre cœur ? Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c'est bien moi. Touchez-moi et regardez ! Car un esprit n'a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j'en ai (Luc 24.36-39).
Malgré son corps de gloire, Jésus porte encore les marques de la crucifixion : celles des clous et de la lance. Il les gardera sur lui pour toute l'éternité ; elles sont la preuve et le souvenir du prix fort qu'il a dû payer afin de racheter ceux qui au cours des siècles lui ont fait et lui feront confiance.
Versets 21-23
Je continue le texte.
— Que la paix soit avec vous, leur dit-il de nouveau. Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après avoir dit cela, il souffla sur eux et continua : — Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés en seront effectivement tenus quittes ; et ceux à qui vous les retiendrez en resteront chargés (Jean 20.21-23).
Jésus confie à ses apôtres une mission similaire à ce que fut la sienne. Il les envoie comme lui-même a été envoyé par le Père. Il l'avait déjà mentionné dans sa longue prière lorsqu'il a dit :
Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie (Jean 17.18).
Ses disciples sont investis de son autorité pour annoncer le pardon des péchés grâce à la proclamation de l'Évangile dans la puissance du Saint-Esprit. Ce geste de souffler sur eux rappelle le souffle de l'Éternel lorsqu'il créa Adam, le premier homme, dans le jardin d'Éden. Cet acte annonce la naissance d'une nouvelle humanité qui aura en elle la vie de résurrection du Christ. Jésus donne à ses apôtres un avant-goût de ce qui se produira dans 50 jours lors de la Pentecôte. En attendant d'être remplis de la plénitude du Saint-Esprit, ils reçoivent un don partiel de connaissance, de discernement spirituel et de puissance. Ainsi, ils pourront commencer leur nouvelle mission dès à présent.
Cette période intérimaire de 50 jours qui va séparer la résurrection de la Pentecôte fait la transition entre le régime de la Loi de Moïse et celui de la Grâce en Jésus-Christ. Selon le livre des Actes des Apôtres qui fait suite aux Évangiles, la proclamation de la résurrection d'une part et celle du pardon des péchés d'autre part furent les thèmes de la prédication des apôtres dès la Pentecôte. La remise des fautes est l'essence même de la nouvelle alliance entre Dieu et l'homme sur la base de la mort du Christ.