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Diffusé le 23 janvier 2008 - ::
Dans la dernière partie de l'Évangile de Jean se joue le plus grand drame de toute l'humanité : la condamnation de Jésus. Il a tout d'abord comparu devant les autorités religieuses juives puis ensuite devant le gouverneur. Le procès devant Pilate est particulièrement détaillé et construit en 7 scènes où on voit le gouverneur faisant les allées et venues entre Jésus qui est à l'intérieur du palais, et les autorités religieuses juives qui sont dehors.
D'abord à l'extérieur Pilate reçoit Jésus et essaie de comprendre l'accusation qui est portée contre lui. Il l'emmène à l'intérieur et l'interroge. Ensuite, il sort à nouveau et propose de le relâcher, mais rien à faire. Alors, il rentre une nouvelle fois dans son palais et décide de faire flageller Jésus. Puis, il le fait à nouveau sortir en supposant que la punition était suffisante, mais sans succès. Il retourne encore à l'intérieur et est de plus en plus mal à l'aise. Finalement, il sort une dernière fois et essaie de libérer Jésus, mais il se heurte à une foule déchaînée, dont la haine a été attisée par les religieux. L'apôtre Jean montre clairement le rôle de Pilate qui condamne le Christ à mort tout en le sachant et le déclarant innocent.
L'ironie et les phrases à double sens occupent une place importante dans le récit. En signe de dérision vis-à-vis des autorités juives, Pilate présente plusieurs fois Jésus comme leur roi. Mais sans le savoir, il proclamait la vérité haut et fort. Les accusateurs de Jésus ont refusé de pénétrer à l'intérieur du palais afin de ne pas se souiller rituellement au contact des Romains. Par contre, ils respirent la haine et le meurtre. Avant d'aller prendre le repas de fête et manger l'agneau de la Pâque, ils font en sorte que le véritable Agneau Pascal soit sacrifié.
De guerre lasse, le texte dit : Pilate le leur livra pour qu'il soit crucifié. À ce moment crucial de l'histoire humaine, Jésus allait au supplice. Il était le sacrifice parfait qui allait expier mes fautes et les vôtres si vous l'acceptez. Pour Dieu, la croix est l'endroit où sa justice implacable fut parfaitement satisfaite et sa sainteté affirmée. Après la crucifixion, le trône de l'Éternel, qui était jusqu'alors un feu dévorant, devient un lieu de miséricorde où le pénitent trouve le pardon et la vie éternelle. Pour le croyant, la croix est l'endroit où ont été expiées ses fautes, Jésus les ayant prises sur lui. Je cite un texte du Nouveau Testament :
Il a pris nos péchés sur lui et les a portés dans son corps, sur la croix... Oui, c'est par ses blessures que vous avez été guéris (1Pierre 2.24).
La présence de Jésus sur terre signifiait la fin du royaume de Satan. Il croit pourtant s'être débarrassé de lui pour de bon, mais en réalité la croix a scellé son jugement final et de plus le diable a perdu son droit légal sur l'humanité, l'emprise qu'il avait à cause de la culpabilité de l'homme vis-à-vis de Dieu et à cause de la mort, la conséquence du péché. Je lis un passage :
Jésus a réduit à l'impuissance, par la mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable, et a délivrer tous ceux qui étaient réduits à l'esclavage leur vie durant par la peur de la mort (Hébreux 2.14-15).
Ce que Jésus-Christ a accompli sur la croix est sans pareil dans tout l'univers ; c'est l'événement central du plan de Dieu pour racheter une humanité déchue. Voilà pourquoi il est important de bien réfléchir avant de mettre Jésus de côté en le plaçant au même niveau que n'importe quel autre dirigeant religieux. Le Nouveau Testament nous met en garde contre ma négligence à l'égard des réalités spirituelles. Je cite à nouveau un passage :
Comment pourrons-nous échapper nous-mêmes au châtiment si nous négligeons un si grand salut ? Car ce salut a tout d'abord été annoncé par le Seigneur lui-même, ceux qui l'ont entendu en ont ensuite confirmé la validité pour nous (Hébreux 2.3).
Je continue le texte.
Jésus, portant lui-même sa croix, sortit de la ville pour se rendre à l'endroit appelé « Lieu du Crâne » (en hébreu : « Golgotha »). C'est là qu'ils le crucifièrent, lui et deux autres. On plaça une croix de chaque côté de la sienne. Celle de Jésus était au milieu (Jean 19.17-18).
Jean ne nous donne aucun détail morbide concernant la crucifixion. Dieu ne voulait pas de voyeurisme. Même si le jugement de la croix me concerne au plus haut point, c'était avant tout une affaire entre le Père et le Fils, notre champion pour ainsi dire. Sous le régime de la Loi de Moïse avec le système lévitique des sacrifices interminables, lorsque le peuple d'Israël offrait un animal pour l'expiation du péché, celui-ci était transporté hors du camp ou de la ville. C'était une image annonciatrice de ce qui allait se passer avec l'Agneau de Dieu lorsqu'il ôterait le péché du monde. En effet, le Seigneur a actualisé ce symbole en étant crucifié hors des murs de Jérusalem. Un des auteurs du Nouveau Testament précise bien ce point. Je le cite :
En effet, le sang des animaux offerts en sacrifice pour le péché est apporté dans le sanctuaire par le grand-prêtre, mais leurs corps sont brûlés en dehors du camp. C'est pourquoi Jésus, lui aussi, est mort en dehors de la ville pour purifier le peuple par son propre sang (Hébreux 13.11-12).
Non seulement Jésus portait les fautes de l'humanité, mais il fut dans tout son être identifié au péché. Les deux autres qui furent exécutés en même temps que le Seigneur étaient des malfaiteurs, et l'un se repentit. On l'appelle d'ailleurs le bon larron.
Je continue le texte.
Pilate fit placer un écriteau que l'on fixa au-dessus de la croix. Il portait cette inscription : « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs ». Comme l'endroit où Jésus avait été crucifié se trouvait près de la ville, beaucoup de Juifs lurent l'inscription écrite en hébreu, en latin et en grec (Jean 19.19-20).
Pilate continua volontairement à irriter les autorités religieuses avec l'inscription qui indiquait le crime de Jésus. Ce type d'écriteau servait d'avertissement à la population. Dans le rapport du gouverneur à Rome, et pour les archives, Jésus fut officiellement exécuté pour des motifs politiques. Il s'était proclamé roi alors que dans l'empire il n'y en avait qu'un et c'est César. Cependant, sans le vouloir, Pilate proclame haut et fort une nouvelle fois la royauté universelle du Christ. L'inscription rédigée en trois langues disait la vérité.
Je continue.
Les chefs des prêtres protestèrent auprès de Pilate : — Il ne fallait pas mettre « le roi des Juifs », mais « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs ». Pilate répliqua : — Ce que j'ai écrit restera écrit (Jean 19.21-22).
Les chefs religieux sont mécontents de l'écriteau du gouverneur. Mais cette fois-ci, il en a assez et refuse de se laisser manipuler comme auparavant. Il estime sans doute qu'il avait déjà fait assez de travail malpropre pour eux et savoure maintenant cette petite blague qu'il leur a faite. Sa réponse arrogante aux religieux complète une série de remarques étonnantes de la part de Pilate, philosophe, théologien et prophète malgré lui.
Je les rappelle : Qu'est-ce que la vérité ? Voici l'homme ! Voici votre roi ! Crucifierais-je votre roi ? Et maintenant : Ce que j'ai écrit restera écrit. C'est bien Pilate qui parlait et qui écrivait, mais c'est Dieu qui tenait la plume et bougeait la langue. Il avait voulu que cette inscription soit rédigée en trois langues pour que tous puissent bien la lire. L'hébreu était la langue de la religion ; le grec, celle de la culture et de la connaissance ; le latin, celle de la loi et de l'ordre. La majesté du Christ transcende toutes les réalisations humaines.
Je continue.
Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun d'eux. Restait la tunique qui était sans couture, tissée tout d'une seule pièce de haut en bas. Les soldats se dirent entre eux : — Au lieu de la déchirer, tirons au sort pour savoir qui l'aura. C'est ainsi que s'accomplit cette prophétie de l'Écriture : Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré ma tunique au sort. C'est exactement ce que firent les soldats (Jean 19.23-24).
Les soldats accomplirent sans le savoir une prédiction d'un Psaume écrit par le roi David. Au 1er siècle, les habits coûtaient cher et appartenaient de droit aux bourreaux. Jésus mourut probablement tout nu. Cela faisait partie de son humiliation.
Je continue.
Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. En voyant sa mère et, à côté d'elle, le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : — Voici ton fils. Puis il dit au disciple : — Voici ta mère. À partir de ce moment-là, le disciple la prit chez lui (Jean 19.25-27).
En contraste avec l'indifférence cruelle des soldats, quatre femmes observent la scène, le cœur brisé par la douleur. Lors de la naissance de Jésus, ses parents l'avaient amené au temple où se trouvait le vieux prophète Siméon. Je lis le passage :
Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : — Sache-le : cet enfant est destiné à être, pour beaucoup en Israël, une occasion de chute ou de relèvement. Il sera un signe qui suscitera la contradiction : ainsi seront dévoilées les pensées cachées de bien des gens. Quant à toi, tu auras le cœur comme transpercé par une épée (Luc 2.34-35).
Pour Marie, de voir son fils sur la croix, c'était comme une épée qui la transperçait. Le fait que Jésus confie sa mère à Jean prouve que celle-ci était veuve.
Je continue.
Après cela, Jésus, sachant que désormais tout était achevé, dit, pour que l'Écriture soit accomplie : — J'ai soif. Près de là se trouvait un vase rempli de vinaigre. On attacha donc une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d'une branche d'hysope, et on l'approcha de la bouche de Jésus. Quand il eut goûté le vinaigre, Jésus dit : — Tout est accompli. Il pencha la tête et rendit l'esprit (Jean 19.28-30).
Jésus prit la parole à 7 reprises sur la croix. Aux dires de Jean, il était tout à fait conscient que de multiples prophéties s'accomplissaient. C'est celui qui est l'eau de vie qui a dit : J'ai soif. Le paradoxe est frappant. La 6e parole de Jésus est : Tout est accompli, un seul mot en grec. On a retrouvé des reçus d'impôts sur papyrus portant ce verbe à la forme passive, écrit en travers. Cela signifiait entièrement payé. Jésus a dit en substance que son œuvre rédemptrice était accomplie. Il avait subi le châtiment de la justice de Dieu que je méritais. Sa dernière parole nous est rapportée par l'Évangile de Luc qui écrit :
Alors Jésus poussa un grand cri : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Après avoir dit ces mots il mourut (Luc 23.46).
Je continue le texte.
Comme on était à la veille du sabbat, et de plus, d'un sabbat particulièrement solennel, les chefs des Juifs voulaient éviter que les cadavres restent en croix durant la fête. Ils allèrent trouver Pilate pour lui demander de faire briser les jambes des suppliciés et de faire enlever les corps. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes au premier des criminels crucifiés avec Jésus, puis à l'autre. Quand ils arrivèrent à Jésus, ils constatèrent qu'il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. L'un des soldats lui enfonça sa lance dans le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui rapporte ces faits, les a vus de ses propres yeux et son témoignage est vrai. Il sait parfaitement qu'il dit la vérité pour que, vous aussi, vous croyiez. En effet, tout cela est arrivé pour que se réalise cette parole de l'Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. De plus, un autre texte déclare : Ils tourneront leurs regards vers celui qu'ils ont transpercé (Jean 19.31-37).
En 1968, on a découvert les restes d'une personne qui avait été crucifiée. Les tibias avaient été sectionnés net. Les condamnés prenaient appui sur leurs jambes afin de respirer. En les brisant, on accélérait leur mort par asphyxie. Le sang et l'eau qui sortirent du corps percé d'un coup de lance nous sont rapportés parce qu'ils attestent l'humanité de Jésus. Il était véritablement homme et il mourut réellement. Encore ici, plusieurs prophéties sont accomplies. Jean fut un témoin oculaire de la crucifixion, et il nous la rapporte afin que je croie que tout s'est passé comme il l'a décrit.
Je continue.
Après ces événements, Joseph, de la ville d'Arimathée, alla demander à Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus. Il était aussi disciple du Seigneur, mais il s'en cachait par peur des autorités religieuses. Pilate y consentit. Joseph alla donc prendre le corps de Jésus. Nicodème vint également. C'était lui qui, auparavant, était allé trouver Jésus de nuit. Il apporta environ trente kilogrammes d'un mélange de myrrhe et d'aloès. Tous deux prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de linges funéraires en y mettant des aromates, selon les usages funéraires des Juifs (Jean 19.38-40).
L'œuvre totale du salut accomplie par le Christ s'est faite en trois temps. Il fut crucifié, enseveli, et il ressuscita. C'est ainsi que l'apôtre Paul définit l'Évangile. Je le cite :
Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j'avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l'avaient annoncé les Écritures (1Corinthiens 15.3-4).
Par rapport à ces événements et à la personne de Jésus, c'est mon attitude, ma position et ma foi qui déterminent si oui ou non je suis né de nouveau et possède la vie éternelle. Après la crucifixion, les Romains laissaient habituellement les corps en pâture aux bêtes de proie ; le fait de ne pas avoir d'ensevelissement convenable constituait l'humiliation finale de la crucifixion. Mais selon la loi de Moïse, on ne pouvait laisser un corps exposé pendant la nuit et surtout pas un jour de sabbat.
Arrivent alors sur scène ces deux hommes qui étaient des personnages fort influents. Ils faisaient tous deux partie du Grand Conseil d'Israël, la Haute Cour de Justice qui avait condamné Jésus à mort. L'Évangile de Luc fait les éloges de Joseph en ces termes :
Il y avait un homme, appelé Joseph, un membre du Grand-Conseil des Juifs. C'était un homme bon et droit qui n'avait pas approuvé la décision ni les actes des autres membres du Grand-Conseil. Il venait d'Arimathée, en Judée, et attendait le royaume de Dieu (Luc 23.50-51).
Arimathée était située à 30 km de Jérusalem. Nicodème, lui, était allé voir Jésus de nuit pour essayer de comprendre qui était ce faiseur de miracles. Ils étaient tous deux devenus des disciples de Jésus, mais en secret, à cause de leur statut social qu'ils voulaient préserver. Cependant ici, ils sortent au grand jour et prennent le risque quasi certain de se faire bannir du Grand Conseil et de perdre leur position privilégiée parmi les autorités religieuses et vis-à-vis du peuple.
De plus, les aromates leur coûtèrent une fortune. Ce n'était pas peu de chose. Leur démarche tout à fait désintéressée prouve qu'ils avaient tous deux résolument pris le parti de Jésus et qu'ils l'avaient accepté comme le Messie. Ils ont obtenu la permission de Pilate de descendre son corps et s'occupent de tout afin qu'il reçoive un ensevelissement honorable.
Pendant ce temps, les apôtres et autres disciples sont perdus quelque part dans la nature, sauf Jean qui est peut-être bien présent pour aider ces deux hommes dans leur tâche. Il leur faut en effet procéder très rapidement et tout finir avant le coucher du soleil qui marquait le début du sabbat. La quantité d'aromates est très importante et correspond à ce qui aurait été utilisé pour des funérailles royales. La coutume voulait qu'on lave le corps du défunt, puis qu'il soit complètement enveloppé à l'aide de bandelettes de lin imprégnées de myrrhe et d'aloès. Mais cela ne correspondait pas à une momification comme cela se faisait en Égypte et pour laquelle il fallait vider tout le sang et retirer les organes du corps.
Je finis le chapitre.
Non loin de l'endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin dans lequel se trouvait un tombeau neuf où personne n'avait encore été enseveli. Comme c'était, pour les Juifs, le soir de la préparation du sabbat, ils déposèrent Jésus dans cette tombe parce qu'elle était toute proche (Jean 19.41-42).
La découverte du suaire de Turin a soulevé des controverses. Mais étant donné l'incertitude qui plane encore sur les pratiques d'ensevelissement des Juifs de cette époque et sur le sens exact de certains mots, il est préférable d'éviter tout dogmatisme. Chose certaine, le corps de Jésus fut placé dans le sépulcre neuf que Joseph s'était fait taillé pour lui-même. Il se trouvait dans un jardin privé et non dans un cimetière.
Là encore s'est réalisée une prophétie de l'Ancien Testament qui disait que le Messie serait enterré avec les riches. Cet ensevelissement complétait l'humiliation du Christ et scellait la réalité de sa mort. Jésus s'identifiait ainsi aux croyants qui eux aussi mourront et seront ensevelis.