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Émission 274 - Evangile de Jean 17:2 - 17:15

Diffusé le 17 janvier 2008 - ::

Chapitre 17

Verset 2

Dans le chapitre 17 de l'Évangile de Jean, Jésus parle très longuement à son Père pour être fortifié afin qu'il puisse aller à la croix et accomplir l'œuvre de rédemption pour laquelle il était venu sur terre. Je lis ce chapitre.

Jésus leva les yeux au ciel et dit : — Mon Père, l'heure est venue : fais éclater la gloire de ton Fils, pour qu'à son tour, le Fils fasse éclater ta gloire. En effet, tu lui as donné autorité sur l'humanité entière afin qu'il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés (Jean 17.1-2).

Voilà une affirmation étonnante. Le Fils jouit du pouvoir nécessaire pour juger et accorder la vie éternelle à tous ceux que le Père lui a donnés. Dans ce verset, le verbe « donner » est répété 3 fois, ce qui souligne l'initiative divine. À 5 reprises, tout au long de cette prière, Jésus va appeler les siens « ceux que le Père lui a donnés ». Précédemment dans cet Évangile, Jésus avait déjà dit :

Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le ressusciterai au dernier jour (Jean 6.44).

Le Père est donc celui qui prend l'initiative d'attirer à lui ceux qui recevront la vie éternelle. Dans sa souveraineté, Dieu accorde le salut à qui il veut. Cependant, les Écritures enseignent également que quiconque le désire peut venir à Jésus-Christ. L'offre de la vie éternelle est légitime et s'adresse à tous sans exception. Il m'est impossible de réconcilier ici-bas sur terre ces deux vérités concernant le salut parce que, à l'image du poisson rouge, je suis limité par le bocal dans lequel je vis, sauf que pour moi, le bocal c'est l'univers.

Verset 3

Je continue le texte.

Or, la vie éternelle consiste à te connaître, toi le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ (Jean 17.3).

La vie éternelle, c'est connaître Dieu. Or, il se révèle uniquement en Jésus-Christ. Cette connaissance est une relation personnelle intime caractérisée par l'amour : c'est être aimé par Dieu et l'aimer en retour. Puisque tout être humain continuera d'exister indéfiniment, la vie éternelle n'est pas simplement une existence sans fin ; c'est vivre au sens absolu du terme, c'est être en relation avec Dieu, qui est la source de la vie. La vie éternelle consiste à connaître Dieu au travers de Jésus-Christ en se confiant en lui.

Mais la foi est un instrument, un moyen. Ce qui est important, c'est sur quoi ou sur qui elle s'appuie. Ce qui compte, c'est l'objet de ma foi. Or, seul Jésus-Christ donne la vie éternelle ; lui seul est donc digne de ma foi. Comment y parvenir ? C'est la lecture et la méditation des Écritures qui font découvrir la personne de Dieu par l'intermédiaire de Jésus-Christ. C'est ainsi que petit à petit je viendrai à mettre ma confiance en lui et ainsi recevoir la vie éternelle.

Versets 4-5

Je continue le texte.

J'ai fait connaître ta gloire sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée. Et maintenant, Père, revêts-moi de gloire en ta présence, donne-moi cette gloire que j'avais déjà auprès de toi avant les origines du monde (Jean 17.4-5).

La prière de Jésus reposait sur l'œuvre qu'il avait achevée alors que la croix était encore dans son futur. Ses paroles présument qu'il est prêt à obéir à la volonté de Dieu et aller jusqu'au bout. Au moment de mourir, juste avant qu'il ne rende l'esprit, sa dernière déclaration fut : Tout est accompli ! (Jean 19.30), ce qui signifie que la rédemption de l'homme, qui était le dernier acte de son séjour terrestre et la pièce maîtresse de sa mission, était maintenant terminée. C'est donc avec la certitude que son œuvre ici-bas s'achèverait à la croix, que Jésus répète la demande de retourner à sa gloire initiale avec le Père. Quand un grand personnage politique ou de haut rang passe de vie à trépas, tout le gratin de ce bas monde se rend à ses funérailles qui ont lieu dans un endroit somptueux.

Quand Jésus est né dans une mangeoire, ce sont des bergers, le bas de l'échelle sociale, et des mages, des étrangers, qui lui ont rendu hommage. En toute logique, le monde entier aurait dû se manifester, ou se faire représenter d'une manière ou d'une autre lors de la venue du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs. Il n'en a pas été ainsi, car lorsque Jésus a quitté le ciel, il s'est dépouillé des prérogatives de la divinité et en particulier de sa gloire. Il a également renoncé à l'exercice constant de ses attributs afin de devenir un homme dans tout le sens du terme ; il alla même au-delà puisqu'il prit la place d'un serviteur qui obéirait à son Maître jusqu'à la mort la plus ignoble qui soit. Dans une de ses lettres, l'apôtre Paul nous donne des précisions sur cette chute de statut qu'a dû subir le Christ. Je lis :

Lui qui, dès l'origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l'égalité avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu'il était bien un homme. Il s'abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu'à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.6-8).

Verset 6

Je continue le texte.

— J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris du monde pour me les donner. Ils t'appartenaient, et tu me les as donnés : ils ont gardé ta Parole (Jean 17.6).

Dans la pensée biblique, le nom représente la nature et le caractère d'une personne. Par les actes et les paroles de Jésus, les disciples ont pu découvrir qui était la personne de Dieu, car il leur a dit :

Celui qui m'a vu, a vu le Père (Jean 14.9).

Le petit groupe de disciples a été donné au Fils par le Père, ce qui veut aussi dire qu'ils ont été mis à part du reste du monde ; ce mot « monde » apparaît 18 fois dans ce chapitre pour bien souligner cette idée de séparation entre ceux qui avaient placé leur confiance en Jésus-Christ et les autres.

Versets 7-8

Je continue.

Maintenant ils savent que tout ce que tu m'as donné vient de toi ; car je leur ai transmis fidèlement le message que tu m'avais confié ; ils l'ont reçu. Aussi ont-ils reconnu avec certitude que je suis venu d'auprès de toi ; et ils ont cru que c'est toi qui m'as envoyé (Jean 17.7-8).

Le contenu de cette prière élogieuse est à première vue étonnant. Jésus dit de ses disciples qu'ils savent que ses œuvres et son message venaient du Père. Ils ont reçu sa parole, ils ont la certitude de son origine divine et ils ont cru qu'il avait été envoyé de Dieu. On croirait à l'entendre que Jésus fait référence à des personnes qui ont une foi solide et inébranlable. Or il parle de ses apôtres, ces hommes qui vont se sauver à toutes jambes et abandonner leur Maître. Il s'exprime ainsi parce qu'Il voit au-delà du futur proche déprimant et angoissant. Il sait qu'en 3 ans ils ont progressé considérablement et qu'éventuellement tous vont revenir au bercail et donner leur vie pour lui. C'est dans cette perspective qu'il dit ces paroles.

Verset 9

Je continue.

Je te prie pour eux. Je ne te prie pas pour le reste des hommes, mais pour ceux que tu m'as donnés parce qu'ils t'appartiennent (Jean 17.9).

Jésus pria pour ses disciples au moment de les choisir, pendant son séjour sur terre avec eux, et à la fin de son ministère. Maintenant, il intervient encore en leur faveur auprès du Père. De plus, d'après le Nouveau Testament, il intercède toujours pour ceux qui lui appartiennent. Je cite un passage :

Qui accusera encore les élus de Dieu ? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera ? Le Christ est mort, bien plus : il est ressuscité ! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous (Romains 8.34).

Par ses prières pour ceux qui croient en lui, Jésus montre tout l'amour et l'intérêt qu'il a pour les siens. Dans ce passage qui précède de quelques heures son arrestation, le Seigneur se préoccupe de ses disciples. Il ne prie pas pour le reste des hommes qui sont hostiles et incrédules. Cependant, c'est bien pour eux, pour le monde entier qu'il va s'offrir en sacrifice. De plus, juste avant son ascension, il donnera l'ordre à ses disciples d'aller jusqu'aux extrémités de la terre pour apporter la bonne nouvelle du salut par la foi en lui.

Ce n'est pas tout, car le Saint-Esprit a non seulement un ministère auprès des chrétiens, mais aussi envers les non-croyants. C'est lui qui convainc les êtres humains de péchés, du fait qu'ils sont coupables aux yeux de Dieu, et que dans sa justice il va les juger à moins qu'ils ne se réfugient en Jésus-Christ et l'acceptent comme leur Sauveur.

Verset 10

Je continue.

Car tout ce qui est à moi t'appartient, comme tout ce qui est à toi m'appartient. Ma gloire rayonne en eux (Jean 17.10).

Ces paroles révèlent une nouvelle fois l'unité, l'intimité et l'égalité de Jésus avec le Père. Sous le régime de l'Ancien Testament, l'Éternel habitait parmi le peuple et manifestait sa gloire, puis ce fut Jésus qui le représenta sur terre. Ensuite, ce sont les apôtres qui vont glorifier leur Maître en devenant des serviteurs dévoués et fidèles jusqu'à leur mort.

Aujourd'hui, alors que nous sommes dans l'ère de l'Église, les croyants ont à charge d'honorer Jésus-Christ par une vie vertueuse en obéissant à ses commandements et en devenant des exemples de pardon, de miséricorde et d'amour. Le Saint-Esprit aussi a un rôle important à jouer. C'est lui en effet qui travaille l'esprit et l'intelligence des hommes, qui ont à cœur de chercher Dieu, qui les convainc de leur péché et qui les dirige vers le Christ.

Verset 11

Je continue.

Bientôt, je ne serai plus dans le monde, car je vais à toi, mais eux, ils vont rester dans le monde. Père saint, garde-les par le pouvoir de ton nom, celui que tu m'as donné, pour qu'ils soient un comme nous le sommes (Jean 17.11).

Jésus allait bientôt partir tandis que ses disciples resteraient dans le monde pour accomplir le plan de Dieu en annonçant partout la bonne nouvelle du don gratuit de la vie éternelle et en établissant des églises dans tout l'empire romain et puis dans le monde entier. L'hostilité envers Dieu qui avait été dirigée contre Jésus allait maintenant retomber sur le petit groupe des apôtres et ultérieurement sur tous les croyants. Jésus confie donc ses disciples à la garde du Père pour qu'il les protège et les maintienne unis, à l'exemple de l'unité du Père et du Fils.

Verset 12

Je continue.

Aussi longtemps que j'étais parmi eux, je les ai gardés par le pouvoir de ton nom, ce nom que tu m'as donné ; je les ai protégés et aucun d'eux ne s'est perdu (sauf le fils de perdition pour que s'accomplisse l'Écriture) (Jean 17.12).

Jésus le Bon Berger a pris soin du troupeau que le Père lui avait confié. Toutefois, il en fut différent de Judas, car il n'a jamais été une brebis du Seigneur. Il est appelé le fils de perdition, ce qui était sa véritable nature, qui s'est finalement révélée. Il était un sarment qui ne portait aucun fruit. Il décida en toute connaissance de cause de trahir son Maître et refusa de revenir sur sa décision et de prendre la perche que Jésus lui a pourtant tendue à plusieurs reprises. Son endurcissement avait dépassé le point de non-retour, ce qui fait qu'il préféra se pendre plutôt que de se repentir. Sans le savoir, il était devenu un instrument entre les mains de Satan. Cet épisode tragique montre que même les actions les plus viles des hommes font partie du plan souverain de Dieu. Et c'est ainsi que la trahison de Judas accomplit les paroles d'une prophétie de l'Ancien Testament.

Verset 13

Je continue le texte.

À présent, je retourne auprès de toi, et je dis tout cela pendant que je suis encore dans le monde, pour qu'ils possèdent en eux cette joie qui est la mienne, une joie parfaite (Jean 17.13).

Ce message de réconfort que Jésus adressa à ses disciples leur fut d'un grand secours. En effet, après sa passion, ils se rappelleront ses paroles et connaîtront sa joie parfaite, car ils comprendront alors que le Seigneur aura vaincu le malin et accompli le plan de salut. C'était la garantie qu'ils possédaient la vie éternelle.

Verset 14

Je continue.

Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne lui appartiennent pas, comme moi-même je ne lui appartiens pas (Jean 17.14).

Le Seigneur continue d'intercéder pour les disciples en rappelant le danger qui les guettait parce qu'ils avaient reçu la parole de Dieu qu'il leur avait fait connaître. Un peu plus tôt, Jésus avait dit : je leur ai transmis fidèlement le message que tu m'avais confié et ils l'ont reçu. Les Textes Sacrés génèrent la haine de ceux qui sont contre Dieu. En fait, aucun écrit n'a autant été attaqué que la Bible. Au travers des siècles, un très grand nombre de chrétiens ont préféré endurer le martyre plutôt que de se séparer des Écritures. Celles-ci gênent beaucoup à cause de leur caractère franchement révolutionnaire. En effet, elles enseignent qu'il y a un Dieu unique et que Jésus-Christ est le seul médiateur entre le Créateur et les hommes. Cette position est totalement inacceptable par ceux qui dans leur soif de pouvoir utilisent la religion pour faire pression sur autrui. C'était le cas des pharisiens du temps du Christ.

Aujourd'hui, où il est interdit d'interdire et où tout est acceptable, Jésus, qui a annoncé qu'il n'y avait qu'une seule vérité, est plutôt le mal venu ; son enseignement intransigeant, qui établit un clivage très net entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, remonte le courant humaniste du 21e siècle. Il va carrément à l'opposé de ce qui est considéré comme la sagesse occidentale. De plus, Jésus ne tolère aucun rival et se présente comme le seul chemin qui mène au ciel et l'unique moyen de salut. De telles affirmations sont anachroniques dans une société qui se veut pluraliste ; alors, beaucoup veulent le faire taire. Ceux qui croient au message absolu des Textes Sacrés sont généralement mal vus ; au mieux, comme des bigots, et au pire, comme dangereux.

Verset 15

Je continue le texte.

Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du diable (Jean 17.15).

Bien que Jésus allait quitter cette terre, les croyants, eux, étaient appelés à vivre dans le monde même s'ils n'en partagent pas toutes les valeurs. L'hostilité et la persécution qu'ils auraient à endurer ne sont pas de bonnes raisons pour se retirer de la société et vivre en ermite, en retrait et en sécurité dans une communauté fermée. Dieu veut que ses disciples soient des témoins de la vérité et de la lumière au sein d'un faux système où c'est Satan qui mène le bal.

La première fois que Jésus a prié son Père, c'était pour qu'il garde les croyants sans préciser de quoi ; ici par contre, la requête du Seigneur est spécifique. Il demande la protection de ses disciples contre le diable, qui bien que vaincu est encore un ennemi avec lequel il me faut compter. La plupart du temps, Satan intervient contre les chrétiens indirectement, par le biais de sinistres personnages, hommes iniques assoiffés de pouvoir.

En gros, le diable a deux méthodes différentes : tout d'abord la violence. Au moyen de persécutions, il élimine systématiquement les chrétiens. C'était aussi la manière d'agir nazie avec les Juifs. Mais cette stratégie s'est rarement révélée efficace avec les croyants ; au contraire, le sang des martyres est presque toujours devenu la semence d'où l'Église s'est développée.

Sa seconde façon de s'attaquer aux chrétiens est l'hérésie : un peu de fausse doctrine est introduit par le biais d'un faux frère et comme un peu de levain fait lever toute la pâte, le tout est empoisonné ; comme un parasite dans une ruche, si celle-ci est faible, elle va disparaître. Cette méthode a relativement bien marché au fil des siècles. Aujourd'hui, il y a sur le marché un nombre quasi infini de groupes qui disent détenir la vérité avec un grand V, et qui se proclament les vrais disciples du Christ.

Au temps où la nation d'Israël avait été choisie pour représenter l'Éternel sur terre, la majorité du peuple se montrait infidèle et idolâtre. Cependant, il y a toujours eu un noyau de purs. Aujourd'hui, c'est pareil. Dans le christianisme, il y a de tout, mais aussi les vrais croyants, ceux qui sont fidèles à Jésus-Christ et à sa parole. C'est la responsabilité de toute personne de chercher jusqu'à ce qu'elle trouve Dieu et la vérité.